Les fleurs, des cadeaux empoisonnés
Qui oserait nier l'importance des fleurs dans notre vie, tant sentimentale qu'économique ? Mais offrir un bouquet de fleurs, peut parfois nous faire participer à un commerce qui ne respecte pas la dignité et la santé des travailleurs, qui pollue et dégrade l'environnement. Et avec les fleurs, peut-être offrons-nous aussi... des pesticides. Destinées à nous enchanter par leurs formes, couleurs et parfums, les fleurs font vivre tout un commerce qui comporte, d'un côté, bon nombre de détaillants et, de l'autre, une industrie productrice : la floriculture. Celle-ci, devenue une importante branche exportatrice dans de nombreux pays, suit les lois de la concurrence : pour être compétitif, il faut présenter des produits apparemment de qualité, à des prix les plus bas possible. Les firmes transnationales dominent le secteur et trouvent dans les pays du sud, terres agricoles, main d'oeuvre à bon marché et autorités nationales peu exigeantes.
QUELQUES CHIFFRES
La Colombie exporte annuellement des fleurs d'une valeur d'environ 600 millions de dollars. Les surfaces consacrées à la culture des fleurs en 1998- 1999, y sont estimées entre 4.500 et 9000 hectares. De 1994 à 1998, les Etats Unis ont importé 28.000 tonnes de roses et 23.500 tonnes d'oeillets, la Grande Bretagne 6.250 tonnes d'oeillets. Ce que la plupart des consommateurs ignorent Les fleurs du commerce sont souvent le résultat de processus complexes de sélection, voire de manipulations génétiques. Elles sont cultivées de manière industrielle : grandes monocultures qui dégradent et banalisent les paysages. Elles sont pulvérisées de pesticides, produits hautement toxiques compromettant la santé des travailleurs du secteur et de leur famille. De plus, ils polluent les sols, l'eau et l'air. Des problèmes peuvent être transférés dans les pays importateurs, étant donné l'absence de normes de sécurité. En effet, contrairement aux denrées alimentaires, il n'y a pas d'exigence de limites de résidus de pesticides dans et sur les fleurs commercialisées. Autres aspects négatifs de l'extension de la floriculture : la consommation énorme d'eau, au détriment des besoins sanitaires et environnementaux, ainsi que le sacrifice des terres fertiles au détriment des cultures vivrières, si importantes pour les populations. En outre, les paysans locaux n'ont pas les moyens de rivaliser avec les grosses exploitations, dont ils deviennent alors les ouvriers; ce qui conduit à une dégradation progressive du tissu social et culturel. Enfin, le commerce des fleurs occupe un volume important dans le transport aérien, contribuant ainsi au gaspillage d'énergie et à la pollution. Voilà donc un champ d'activité dont les impacts négatifs cumulés risquent de peser bien plus lourds que les intérêts commerciaux ou les plaisirs éphémères qu'il est sensé procurer.
Pour en savoir plus, consulter sur le site : http://www.pan-belgium.be
Et mieux encore, la seule bonne solution, est d'offrir des fleurs des champs, en veillant bien à ne pas en arracher les racines. Si vous n'en trouvez pas, il faudra mettre votre imagination en route pour trouver une autre idée de cadeau (un pot de confitures ou des pâtes de fruits "maison", des fleurs séchées cueillies par vous-même,...)