Afrique : les fleurs du mal

Publié le par Lauranne Provenzano

La florissante industrie horticole nuit à la santé des ouvriers agricoles et à la nature


 

La floriculture est en plein boom au Kenya. En quelques années, le pays est devenu le principal fournisseur – en majorité de roses– de l’Europe. A tel point que cette activité est en passe de détrôner le tourisme et la culture du thé, qui ont fait les beaux jours du pays. Mais cette opportunité économique comporte un pendant inquiétant : la protection de l’environnement et des populations est sérieusement menacée.

 

Pourtant, l’activité florale n’a été créée au Kenya qu’en 1972 et rivalise déjà avec les secteurs traditionnels pourvoyeurs de fortes devises. Son client principal : l’Europe, qui fait venir 15% de ses fleurs, fleurs séchées, feuillages et bulbes du Kenya.


Une menace pour les hommes et l’environnement

Si de grandes firmes horticoles telles que la britannique Flamingo ou la danoise Sher Agencies ont choisi d’investir au Kenya, c’est non seulement pour son fort potentiel mais aussi et surtout pour la souplesse de sa législation. La main d’œuvre y est très bon marché, puisque les ouvriers de l’industrie florale touchent entre un et deux dollars par jour. L'eau douce –celle du lac Naivasha en particulier–- est utilisée sans réel contrôle et les normes environnementales fixées par le gouvernement du pays sont plus que flexibles. Dès lors, l’industrie florissante de la fleur kényane possède son revers humain et environnemental.

 

Les populations sont réellement en danger. A commencer par les risques liés à l’utilisation de fortes doses de pesticides qui contiennent du chlorure de méthyle, un fumigeant pour sols qui ravage l’organisme. Parmi les femmes qui travaillent dans le secteur de la floriculture, deux sur trois souffrent de nausées dues aux pesticides, note le World Ressource Institute (WRI, une ONG américaine). Les travailleurs peuvent être affectés de différentes façons : maux de tête, problème d’épiderme, vision brouillée, troubles de l’équilibre, de la mémoire, insomnies, dépression entre autres. A plus long terme, cela peut déboucher sur des cancers ou des maladies respiratoires, cardio-vasculaires et nerveuses. La faune et la flore également, sont menacées par la pollution.

 

. La main d’œuvre, très bon marché puisqu’elle est payée entre 1 et 2 dollars par jour, est la première victime de l’explosion du secteur, tant au niveau de l’exploitation dont est l’objet qu’au niveau de l’exposition aux poisons contenus dans les engrais chimiques et autres pesticides.

 

Lauranne ProvenzanoAfrik.com (France)

 

 

Intégralité de l'article publié sur internet le 16-09-2008 (http://www.infosdelaplanete.org)

 




 

 

Une suggestion, cueillir quelques fleurs des champs (en prenant bien soin de ne prendre que les tiges) !

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