Nourrir la planète en 2050 ?
…L’éradication de la faim dans le monde passera également par des modifications profondes de nos modes de vie et de nos habitudes, même si cela représente un vrai défi social, culturel et politique. Il faut un demi hectare (5000 m2) de terre cultivable pour produire 70 kg de boeuf ou 10.000 kg de pommes de terre.
Entre 30000 et 60000 litres d’eau sont nécessaires pour produire 1 kg de viande de boeuf contre seulement 800 litres pour 1 kg de blé. La production de viande utilise ainsi 60 % des réserves d’eau mondiale. Le bétail des pays riches mange autant de céréales que les indiens et les chinois réunis (2,5 milliards d’êtres humains. Près de 50 % de toutes les récoltes alimentaires dans le monde servent à nourrir le bétail et 64 % des terres cultivables servent à la production de viande (pâturages et fourrage). En terme d’impact économique et écologique, nous devons donc nous interroger sur nos modes de vie et nos choix alimentaires qui ne seront sans doute plus supportables pour la planète dans un monde de 9 milliards d’habitants.
Nous devons aussi sérieusement réévaluer l’intérêt d’accroître la production mondiale des agrocarburants. Pour produire 10 % de leur consommation en 2020, les Etats-Unis devraient mobiliser 43 % de leur surface agricole et l’Europe 38 %, selon l’AIE ! Alors que les terres en jachère ne représentent que 7 % de la surface agricole de l’Union.
En 2008, on estime que 15 millions d’hectares étaient utilisés au niveau mondial pour la production d’agrocarburants, soit 1 % du total des terres arables. Selon les prévisions de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), si les pays adoptent les politiques en cours d’examen sur la sécurité énergétique et les émissions de CO2, alors 52,8 millions d’hectares seront nécessaires à la culture d’agrocarburants, soit cette fois 3,8 % du total des terres arables. Compte tenu de la raréfaction des terres agricoles et l’augmentation de la demande agricole mondiale, une perspective est-elle vraiment souhaitable ?
On voit donc que cette question essentielle de la sécurité alimentaire et de l’éradication de la faim dans le monde doit être abordée non seulement sous l’angle économique et politique mais également dans ses dimensions sociales et culturelles et chacun d’entre nous, par ses choix de vie personnels et ses attitudes de consommation "équitables", peut contribuer à résoudre ce redoutable problème. (Bel euphémisme !)
René TREGOUËT (www.tregouet.org), sur http://www.notre-planete.info