La suppression de postes de fonctionnaires : absurdité économique et régression inacceptable !

Publié le par "Bab", sur bellaciao - Bernard Grignon


A l’occasion de la présentation de ses vœux à la presse, lundi 17 janvier, le ministre du budget et de la fonction publique, François Baroin a confirmé que la politique de non-remplacement d’un départ sur deux dans le secteur public se poursuivrait au rythme de 100 000 départs en trois ans. Si l’on additionne ces prévisions avec les 100.000 suppressions de postes de fonctionnaires déjà réalisées il y aura donc au total 200.000 suppressions de poste dans la fonction publique entre 2007 et 2013.

Il ne s’agit pas là d’une mince saignée, mais d’une attaque frontale envers les services publiques, les mettant en difficultés matérielles pour remplir leurs missions.

Alors bien sur le gouvernement explique et justifie ces mesures en assurant qu’une meilleure organisation des services permettra de faire mieux avec toujours moins et qu’en aucune manière la qualité du service publique ne sera affectée. La seule préoccupation étant «d’assainir» les comptes de la nation en faisant des économies sur le dos des services publiques.


Mais en quoi ces arguments sont-ils crédibles ?


Pour ce qui est du coût d’un fonctionnaire en données corrigés, celui-ci est bien moins élevé qu’on veut le faire croire. Lorsque l’on a retiré les différentes cotisations sociales, les impôts directs, la TVA, la TIPP (taxe sur les produits pétroliers), ce sont près de 70% du coût employeur et salarié qui sont reversés dans les caisses de l’état et des organismes sociaux. D’ailleurs s’il s’agissait bien de logique de gestion économique, il est étonnant de constater qu’elle ne s’applique pas en ce qui concerne les fonctionnaires des impôts puisqu’ils subissent aussi des réductions d’effectifs alors que rapportée au coût total employeur leur rentabilité est tout à fait exceptionnelle : les 5000 inspecteurs faisant du contrôle «sur place» permettent de récupérer 10 milliards d’euros, soit 2 millions par fonctionnaire !

Si dans ce cas particulier du contrôleur des impôts on peut parler de valeur monétaire crée, pour les autres agent ils produisent quant à eux des services qui ne sont pas vendus sur le marché mais dont le paiement est collectif grâce aux impôts et cotisations sociales.


Qui veut noyer son chien l’accuse d’avoir la rage : le service public est présenté comme une charge insupportable, avec l’idée, absurde selon laquelle son activité non marchande est financée par prélèvement sur l’activité marchande. Loin d’affaiblir l’économie, une production non marchande s’ajoute en fait à la production marchande. Les travailleurs des services publics produisent donc bien le revenu qui les rémunère.

Ce n’est pas en réduisant le nombre de fonctionnaires que l’on réduit les besoins de services publics de la population, alors la solution semble être toute trouvée par les porteurs du dogme de réduction du nombre de fonctionnaires : il faut déléguer des missions de service public à des opérateurs privées.


C’est dans ce cadre que depuis 1995 la France comme tous les pays membres de OMC, se doit d’appliquer les mesures préconisées par l’AGCS (Accord Général sur la Commercialisation des Services)


Mais alors qui peut croire un seul instant que le rapport «qualité prix» sera meilleur si ce service rendu doit dégager des bénéfices? Le système de santé des États Unis nous donne l’exemple criant du manque d’efficience aussi bien économique que qualitative d’une gestion totalement privée : bien qu’étant le pays qui dépense le plus pour son système de santé (16% du PIB ), il ne se retrouve qu’à la 37ème place mondiale pour ce qui est de ses performances.


On le voit bien ce qui préside à ces destructions massive d’emplois publics n’a de cohérence ni économique, ni sociale, c’est à un appauvrissement collectif auquel on assiste. Nous nous devons de défendre l’emploi public et par la même les services publics, la seule richesse de ceux qui n’ont rien.


 

 

Article publié le vendredi 25 mars 2011 sur http://bellaciao.org/fr/spip.php?article115413

 

 

 

 

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La première manière de contribuer efficacement à conserver le peu qu'il en reste est de les utiliser systématiquement, à commencer par l'enseignement et les hôpitaux publics.

N'oublions pas également de continuer à envoyer du courrier par la poste (le courrier électronique non polluant et "tellement plus pratique" est un leurre, un piège grossier !)

 

Il est également essentiel d'y conserver un esprit critique et de dire systématiquement ce qui va et ce qui ne va pas dans la manière dont ce service est assuré.

 

 

Quelques exemples :

 

- Attitude du personnel à souligner, que ce soit pour les encourager ou pour signaler tout dysfonctionnement ou mauvaise volonté…


- Manque de personnel : ne pas s'en prendre au personnel lui-même, mais aux responsables sur place et aux véritables décideurs (politiques), ainsi qu'à leurs complices (fonctionnaires eux-mêmes à tous les niveaux). Leur dire, leur écrire et le faire savoir !


- Automatisation des fonctions : Refuser d'utiliser les cartes à puce (ex. la carte dite "vitale", dont on peut parfaitement se passer) et autres robots "mis à notre disposition pour nous faciliter la tâche" et expliquer notre geste autour de nous


- Qualité des repas dans les établissements hospitaliers  et  autres cantines : Refuser toute alimentation provenant de Sodexo ou des autres empoisonneurs publics (renvoi des plateaux et apport de sa propre nourriture) et expliquer pourquoi au personnel ainsi qu'aux responsables de cet état de fait (le mieux étant de les inviter à ingurgiter eux-mêmes leurs saloperies !)

 


 

Si nous ne le faisons pas (individuellement, sans attendre que "les autres" en fassent autant), qui d'autre le fera ?


 

Quand tout aura été privatisé, nous n'aurons définitivement plus le choix !



 

N'oublions jamais la différence fondamentale :



Une entreprise privée (y compris, bien entendu, celles appelées hypocritement de "service au public"), quelle qu'elle soit, n'a pour seul et unique objectif que de faire du profit. C'est leur seule raison d'être et le fondement même du système capitaliste.


 Les Services publics sont à la disposition de tous sans aucune restriction ; ils constituent un des éléments fondateurs de notre société encore un tant soit peu "humaine". Mais pour combien de temps encore ?

 

 

 

 

 

A chacun de choisir, à chacun d'agir et de le faire savoir…

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Publié dans S'INFORMER et AGIR

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A
<br /> <br /> Bonjour, Je suis tout à fait d'accord avec vous, mais pour le respect de vos lecteurs, corrigez vos<br /> fautes d'orthographe. ex: LES service(s) public(s) et pas "les service public" ou les" services publiques"... Je vous assure que vous serez plus crédible...<br /> <br /> <br /> Amicalement. Aline.<br /> <br /> <br /> <br />
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