La “sécurité” contre la démocratie

Publié le par Le Comité pour la Liberté d'Expression et d'Association - Bernard Grignon

 

 

 

Sans vouloir vous casser le moral, un jour où les peuples du monde peuvent, pour une fois, faire la fête !...

 

 

 

 

 

On craignait le pire. Le pire est advenu.


 IL FAUT TOUT FAIRE POUR SAUVER

ALI AARRASS

  

 

  

Ali Aarrass, ressortissant belgo-marocain, a été extradé de l'Espagne vers le Maroc le 14 décembre dernier.
 

A ce jour pourtant, aucun membre de sa famille, aucun de ses proches n’a eu droit (ne fût-ce qu’une seule fois) à un contact, à un coup de téléphone, à une petite phrase de la part des autorités –qu'elles soient marocaines, espagnoles ou belges. Depuis le 14 décembre, Ali n’a plus donné signe de vie. Tout contact avec le monde extérieur lui est interdit. 

 


Or, début  février les premières informations ont commencé à filtrer.

Comme on pouvait le craindre, elles sont accablantes. Au cours des premiers jours de sa garde-à-vue, Monsieur Aarrass a été torturé. Il a été privé de sommeil et soumis à des interrogatoires incessants. Au cours de ceux-ci, il aurait fait l’objet d’injections de produits chimiques, de chocs électriques dans les parties génitales, du supplice de la bouteille (viol) et de nombreux autres sévices inqualifiables. Il semble que, lorsqu’il a été présenté pour la première fois devant un juge d’instruction, Ali Aarrass se trouvait dans un tel état qu’il a été impossible de l’auditionner. Lors de sa seconde présentation, l’avocat d'Ali a pu l’accompagner mais le juge d’instruction a refusé d’acter les allégations de torture contre A. Aarrass.

D’après des sources marocaines, Ali Aarrass a été maintenu en garde à vue à la prison de Salé, où il aurait été intensivement interrogé par la BNPJ, la Brigade nationale de la police judiciaire (une police d’investigation et d’enquête ne s’occupant que des «grandes affaires»). Selon le journal marocain Assabah, Ali a été emmené, cagoulé, dans différentes villes du Maroc –les enquêteurs s'acharnant à découvrir des caches d'armes et toutes sortes d'arsenal dont Arrass aurait participé à la constitution. Autant le dire: rien n’a été trouvé. Entre-temps, M. Aarrass aurait également comparu devant le procureur du Roi le 24 décembre 2010. Comparution devant le procureur incluse, Ali n’a cependant jamais eu droit à la présence ou à l'aide d'un avocat. Les Rapports de l’instruction ont eux aussi été rédigés hors la présence de tout avocat. En définitive, le défenseur d'Aarrass n’a pu consulter son dossier que le 18 janvier 2011, jour de la comparution du prévenu devant le juge d’instruction auprès de la Cour d’appel de Rabat. En charge des affaires de terrorisme, Abdelkader Chentouf est ce «super-juge», abondamment qualifié par la presse du régime de «sommité juridique de la lutte antiterroriste»: c'est lui qui s’est notablement  distingué dans le dossier et le procès Belliraj...

On est donc ici entré dans ce que l'on pouvait craindre le plus: «la véritable» affaire Aarrass..., à savoir les pratiques atroces dont usent méthodiquement les agents de la BNPJ pour extorquer de prétendus aveux à de prétendus coupables. A propos des mœurs déployés par cette Brigade spéciale, Amnesty International avait pourtant prévenu à l'avance des risques encourus par tous prévenus jugés au Maroc en décrivant les interrogatoires endurés par sept personnes à Fès, le 28 juin dernier, toutes arrêtées pour soi-disant «association non autorisée»: «Ces sept hommes ont été appréhendés par la Brigade nationale de la police judiciaire. Ils ont été conduits au Centre de détention de la BNPJ à Casablanca et placés dans des cellules séparées pendant 72 heures. Durant cette période, ils affirment avoir été laissés nus, menottés et les yeux bandés, sans nourriture et avec très peu d’eau. Tous disent avoir été torturés, et notamment –pour au moins cinq d’entre eux– violés à l’aide de stylos et d’autres objets introduits de force dans leur anus. Selon leurs dires, ils ont été contraints à signer des déclarations qu’on ne leur a pas laissés lire, sous la menace d’être jetés par une fenêtre s’ils refusaient…» (Communiqué de A.I., 21 juillet 2010). (...)

 

 

 

Pour accéder à l'intégralité de ce message, cliquez sur ce lien :


http://www.leclea.be/securite_vs_democratie/message_clea_10-02-2011.html ]

 

 

 

 

 

 

 

 

"Si vous êtes prêt à sacrifier un peu de liberté, pour votre sécurité, alors vous ne méritez ni l'une ni l'autre"

 

(Thomas Jefferson)

 

 

 

 

 

 

 

 

"Quand le peuple ne réclamera plus rien d'autre que l'argent et la sécurité, c'est qu'il aura intériorisé sa condition d'esclave."

 

(Tocqueville)

 

 

 


 

"Ceux qui ne bougent pas ne sentent pas leurs chaînes"

 

(Rosa Luxembourg)

 

 


 

"Un homme qui aurait raison seul contre ses concitoyens constitue une majorité"

 

(H. D. Thoreau)

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