On croyait tout savoir sur les nuisances du téléphone portable. On était loin du compte. A l'échelle planétaire (trafic de déchets électroniques, massacres de populations et d'espèces menacées), nationale (surveillance électronique, destruction de paysages, bombardement publicitaire ...), locale (destruction du Grésivaudan, pollution, pillage des ressources et des fonds publics ...) et individuelle (addiction au gadget, effet "bulle", autisme social ...), découvrons le fléau universel qu'est le portable.
"Compte tenu du très fort développement prévisible du Centre de Recherche en Nanotechnologies de la zone d'activité des Fontaines et de la Zone Industrielle de Crolles, soutenu localement et nationalement, il est indispensable de compléter de façon urgente sa desserte, pour assurer son accessibilité."1
On sait que pour devenir une agglomération de "statut international", une "Silicon Valley à la française", et bientôt un "Pôle de compétitivité", la cuvette grenobloise a sacrifié depuis un siècle ses paysages, son environnement, la santé de ses habitants, la démocratie locale et le contrôle de sa vie.2 Livrée au techno-gratin, la ville se consume dans la R&D et la course à la Croissance, dont le dernier avatar sont ces nanotechnologies qui imposent aujourd'hui une nouvelle bretelle d'autoroute. Il faut bien transporter jusqu'à Crolles les produits chimiques stockés à Lancey, sur l'autre rive de l'Isère, et les employés de l'Alliance, contraints de se loger jusqu'à Albertville. Rien que de très conforme au projet de "continuité urbaine de Genève à Valence" prévu par le Schéma directeur pour 2020. On ne fait pas de mégapole sans bretelles d'autoroute, et ce semi-échangeur de Bernin en préfigure bien d'autres, et de plus imposants.
Rappel : Crolles II, ce sont des investissements colossaux (2,8 milliards d'euros dont 543 M? d'aides publiques), la destruction des terres agricoles du Grésivaudan, le transport et le stockage de produits hautement toxiques, les bouchons sur l'autoroute, la guerre économique contre Chinois et Américains, le pillage des ressources en eau, les contrôles d'identité à l'entrée de l'Alliance, la soumission des chercheurs du CEA aux exigences des industriels STMicroelectronics, Philips et Freescale Semiconductors, la visite régulière des autorités - Chirac, Sarkozy, Devedjian, etc. LA fierté du techno-gratin.
Des téléphones portables Pour quoi faire ?
*** "Allo, c'est moi. J'suis dans le bus. J'arrive. A tout de suite."
Ne souriez pas. Si vous trouvez dérisoire le résultat de ces sacrifices, gaspillages et destructions, c'est que vous n'entendez rien à la réalité économique. Le téléphone portable, c'est une innovation, et comme l'a expliqué Michel Destot, maire de Grenoble, avec l'innovation "apparaît le développement des activités économiques qui génère lui-même des emplois pour l'ensemble de nos concitoyens. Il y a là une véritable mine d'or, prenons-en conscience."3
Le téléphone portable génère bien d'autres choses que des emplois et de l'or. Non seulement il accélère la destruction de la planète, mais il contribue à la technification totale du monde. Des effets dont jamais les chercheurs du CEA-Léti, sous-traitant de Nokia, ne parlent dans leurs réunions mensuelles à la Fnac, ce débitant de téléphones prétendument "agitateur d'idées".
Le téléphone portable est un concentré de nuisances
I - nuisible pour l'environnement
D'abord à cause de sa puce :
Eric D. Williams, chercheur à l'université des Nations Unies à Tokyo, a mesuré les éléments nécessaires à la fabrication d'une puce de 2 grammes. Résultat : 1,7 kg d'énergie fossile, 1 m34
A Crolles, l'usine à puces de l'Alliance STMicroelectronics/Freescale/Philips engloutit 700 m3
Crolles II, site Seveso, consomme des produits toxiques comme la phosphine (hydrogène phosphoré), le thilane ou l'arsine (hydrogène et arsenic) : "des gaz de combats", se vantait un salarié de ST lors d'une visite publique. Les produits chimiques sont stockés à des kilomètres du site, notamment à Lancey, et circulent chaque jour dans des camions qui traversent l'agglomération.
Officiellement, en 2002 l'Alliance a rejeté dans l'atmosphère 9 tonnes de NOx, 10270 tonnes de CO2, 40 tonnes de COV5. C'est déjà énorme. Mais un salarié de l'usine confie, sans vouloir en dire plus, que la teneur en produits polluants des rejets dans l'atmosphère serait faussée par l'utilisation de gaz pulsés. Comment le vérifier ? La direction ne communique pas sur les chiffres.
Autour de sa puce, votre téléphone a besoin de coltan :
Le coltan est un minerai résistant à la chaleur. Celui-ci est extrait notamment en République Démocratique du Congo.
Comme les diamants, le coltan a été au centre d?une guerre pour le contrôle des ressources qui a tué plus de trois millions de personnes dans sept pays. Au Congo, de nombreux enfants sont retirés de l?école pour aller travailler dans les mines de coltan. Le minerai est acheté aux rebelles congolais et à des compagnies minières hors-la-loi par trois sociétés : Cabot Inc. aux Etats-Unis, HC Starc en Allemagne, et Nigncxia en Chine. Ces sociétés transforment le minerai en une poudre qu?elles vendent à Nokia, Motorola, Ericsson, Sony, Siemens et Samsung.6
Les mines de coltan sont situées sur le territoire des derniers gorilles des plaines, qui sont la cible des mineurs. Au rythme du saccage actuel, les spécialistes estiment à 10 ou 15 ans maximum l'espérance de survie de l'espèce.7
Chaque fois que vous passez un coup de fil sur votre portable, vous jouez avec la santé des habitants du Grésivaudan, avec la vie des Congolais et celle des derniers grands singes de la planète.
*** "Allo ? Ouais, je suis à la boulangerie. Une baguette. Non, je parlais à la dame. Quoi ? A moins le quart, OK."
Le Téléphone portable est également jetable :
"Force est de constater que les Smartphones ont considérablement évolué. L'Orange SPV originel ? Démodé ! Le P800 de Sony Ericsson ? Presque ringard ! Les derniers appareils du genre accueillent volontiers les cartes Flash 64 Mo et embarquent des slots SD qui vous permettront de porter la mémoire totale à 1 Go." 8
Au-delà du jargon hystérique typique des amateurs de gadgets électroniques, on aura compris l'essentiel : dans leur monde, le danger c'est la ringardise. Il faut changer son téléphone portable ou son "assistant personnel" aussi souvent que l'exigent la mode, le "progrès" et les fabricants. "En moyenne les Japonais changent de mobile tous les douze à dix-mois", indique Yoshimi Ogawa9, patronne d'Index Corporation, société japonaise qui vend du "contenu" pour portables, et qui a acheté le club de foot grenoblois.
Changer de téléphone signifie jeter son téléphone. Depuis le lancement de ce gadget sur le marché, 500 millions d'exemplaires ont déjà été jetés, grossissant les montagnes de déchets électroniques et électriques (DEEE). Rien qu'en France, nous en produisions 25 kg par personne en 2001, et ce chiffre doit doubler d'ici 2013. "Or, ces déchets sont loin d'être anodins. Ils concentrent un mélange complexe de matières et de composants particulièrement toxiques. Métaux lourds, cadmium, mercure, et plomb en grande quantité : 40 % du plomb trouvé dans les décharges provient de l'électronique de consommation. Les rebuts électroniques et électriques sont pour l'essentiel incinérés avec les déchets ménagers et provoquent ainsi d'importantes émissions de dioxines. Ces substances, ennemies de longue date de l'air, des sols et des nappes phréatiques, menacent également la santé des êtres vivants. Quelques mois suffisent pour qu'un téléphone mobile dernier cri et un ordinateur ultra-performant se métamorphosent en bombes à retardement pour l'environnement." 10
Aux apôtres du "recyclage" censé résoudre le problème, précisons la fin de l'histoire : "Plus de la moitié des ordinateurs "recyclés" (NDR : aux Etats-Unis) sont en réalité expédiés en Chine, où des travailleurs médiocrement payés récupèrent les parties jugées intéressantes des appareils (voir www.ban.org). Mais cela se traduit par une sérieuse pollution, en raison des quantités importantes de plastique et de métaux lourds entrant dans la composition des ordinateurs. Les pièces inutiles sont brûlées, provoquant des émanations toxiques, ou abandonnées dans des décharges où l'eau de ruissellement entraîne les polluants dans les nappes phréatiques. Non loin de Hong Kong, dans la ville de Guiyu, spécialisée dans ce "recyclage" particulier, les enquêteurs ont constaté que l'eau n'était plus potable et devait être acheminée par citernes de villes voisines, tandis que les maladies se multiplieraient du fait de la pollution de l'air." 11
Plus près de nous, à Bourg-Fidèle (Ardennes), l'usine Métal Blanc a été jugée en février 2005 pour la contamination par le plomb et le cadmium du sol, de l'air et de l'eau, avec des conséquences sur la santé d'une quarantaine de personnes (salariés et enfants voisins essentiellement)12. L'activité de cette usine ? Le recyclage. On voit que les nuisances sont aussi durables que le développement des industries qui les provoquent.
II - Nuisible pour la santé
"Rentabilité oblige, les téléphones mobiles ont été mis sur le marché sans que des études préalables de nuisance aient été faites. Autrement dit, les utilisateurs sont les cobayes d'une expérience planétaire dont on ignore encore, faute de recul suffisant, les conséquences sur la santé."
Depuis ce constat de Science et Vie en avril 1999, scientifiques, industriels et gouvernements jouent au ping-pong avec les enquêtes sur la santé des porteurs de mobiles. L'Organisation mondiale de la santé a lancé une étude en 1996, dont on attend les résultats pour 2005 : oui ou non les portables et les antennes-relais sont-ils un danger pour la santé ?
"Les champs électromagnétiques générés par les antennes des téléphones portables provoquent indirectement des ruptures dans les brins d'ADN de cellules humaines et animales. Ils vont même jusqu'à perturber la synthèse de certaines protéines.
Tels sont deux des résultats marquants de l'étude européenne Reflex , dévoilée le 8 décembre dernier par la fondation allemande Verum, basée à Munich. Financée par l'Union européenne ainsi que par les gouvernements suisse et finlandais, elle a mobilisé douze laboratoires pendant quatre ans.
(...) Le Pr Franz Adlkofer, coordinateur du projet et directeur exécutif de la fondation Verum, assène d'ailleurs que l'étude démontre l'existence "d'un mécanisme physiopathologique qui pourrait être à la base du développement de désordres fonctionnels ou de maladies chroniques chez l'animal et chez l'homme". (...) les impacts biologiques observés sur les cellules sont apparus pour des doses d'énergie (...) inférieures au seuil de 2 W/kg actuellement recommandé par la Commission internationale de protection contre les rayonnements non ionisants et repris par la législation française." 13
"(...) ces ondes électromagnétiques atteignent, à 2 cm de profondeur, la région la plus superficielle -mais aussi la plus sensible- du cerveau : le cortex, ou écorce cérébrale (...), provoquant une élévation de la température du tissu cérébral. "Au niveau du cortex, cette augmentation est d'environ 1°C", explique Luc Vershaeve, de l'équipe d'Anne-Marie Maes, au Vlaamse Instelling voor Technologish Onderzoek, à Mol (Belgique). Tout se passe exactement comme dans un four à micro-ondes, sauf qu'ici c'est le centre névralgique du corps humain qui subit un échauffement. "Si l'on téléphone régulièrement et pendant de longues périodes il n'est pas impossible que l'effet thermique finisse par léser l'ADN cellulaire et provoquer des tumeurs cancéreuses" précise Luc Verschaeve"
14
III - Les ondes nuisibles pour la vérité
Pourquoi les cobayes humains ne sont-ils pas informés ? Parce que le lobby de la téléphonie mobile ne laisse rien passer, verrouille les résultats négatifs, enfume les autorités sanitaires, attaque en diffamation les citoyens qui expriment leurs inquiétudes 15.
"D'une façon générale, tous les résultats mettant en cause la téléphonie mobile sont systématiquement rejetés par les fabricants de portables. Le Dr Henry Lai qui travallait sous contrat avec Wireless Technology Research (WTR) une société sous la tutelle de fabricants de téléphones mobiles, s'est vu refuser la publication de ses travaux parce qu'ils démentaient le credo des fabricants. (...) "Ils me demandaient d'interpréter différemment mes résultats afin de les rendre plus favorables à la téléphonie mobile", s'insurge le chercheur.
La même mésaventure est arrivée au biologiste américain Ross Adey, qui effectuait une étude pour le compte de Motorola (...). Comme le fabricant refusait d'admettre ses conclusions, à savoir l'effet nocif des ondes électromagnétiques sur des animaux de laboratoire, il a préféré arrêter sa collaboration scientifique. "Tout se passe comme autrefois avec les fabricants de cigarettes, qui refusait de réveler toutes les études montrant les dangers du tabac" proteste Henry Lai." 16
En France, quatre chercheurs du Comité scientifique sur les champs électromagnétiques ont publié en février 2004 leur livre blanc des incidences de la téléphonie mobile et des antennes relais sur votre santé : "Votre GSM, votre santé : on vous ment !" 17.
Ces scientifiques, en pointe dans le domaine, avaient été écartés du groupe d'experts consultés par l'AFSSE (Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement) en 2003. Leur livre résume ce que les autorités françaises n'ont pas voulu entendre : "Cette publication a été rendue nécessaire en raison des nombreux troubles observés chez les riverains des stations-relais de téléphonie mobile (dont l'installation en France a été particulièrement anarchique) et chez les utilisateurs de téléphones portables. Sont passés en revue les travaux scientifiques mondiaux relatifs à l'exposition des êtres vivants aux ondes de la téléphonie mobile. On peut y constater des effets particulièrement nocifs sur le système nerveux et le métabolisme cellulaire. Les publications officielles françaises, destinées à permettre le développement technologique sans entrave, y sont examinées et critiquées.
Les études épidémiologiques menées un peu partout dans le monde révèlent clairement l'étiologie des nombreux malaises ressentis par les utilisateurs de téléphones portables et les riverains d'antennes relais (insomnies, troubles cardiaques, hypertension, céphalées...) ainsi que l'existence possible d'un lien entre cette exposition et des pathologies lourdes telles des maladies neurodégénératives, certaines formes de cancer ?" 18
Rendons hommage aux rares scientifiques capables de résister, quand les représentants de la téléphonie mobile, eux, évoquent des "symptômes subjectifs"19 chez leurs clients qui se plaignent.
Les opérateurs, eux, ont été entendus par l'AFSSE lors de la consultation de 2003, affirmant à cette occasion : "Depuis quelques mois, nous assistons à un véritable marché de la peur qui rend malades les personnes fragiles. Ces dernières dorment mal ou ont mal à la tête à force d?être inquiétées par des discours alarmistes."
20
IV - Le triomphe du conformisme
Fin 2004 l'Autorité de régulation des télécommunications recensait 44,55 millions de possesseurs de téléphones portables en France, soit un taux de pénétration de 74 %.21 "Deux adolescents sur trois entre 12 et 17 ans en possèdent un. Ils sont 91 % entre 18 et 24 ans. Si l'on excepte les personnes âgées et les enfants en bas âge, le marché arrive aux limites de la saturation." 22 Pourquoi excepter les enfants en bas âge ? "Rose (pour les filles), bleu (pour les garçons), deux oreilles et, à la place du nez, un gros bouton pour choisir parmi cinq numéros pré-enregistrés : papa, maman, la nounou ... BabyMo, "premier téléphone portable entièrement conçu pour l'enfant" cible les 4-10 ans et ne coûte que 1 euro si vous souscrivez pour votre bambin un forfait de deux heures par mois sur une durée d'un an chez Bouygues, Orange ou SFR."23. "Ces nouvelles générations sont préparées à un monde où les nouvelles technologies seront omniprésentes", explique au Monde 2 Régis Bigot, directeur adjoint du département "Conditions de vie et aspirations des Français" au CREDOC.
Harcèlement publicitaire, appareils à 1 fr. puis 1 ?, disparition des cabines téléphoniques, coût exorbitant des appels depuis un fixe vers un mobile et pression sociale ont fait du téléphone portable la technologie au développement le plus rapide de l'histoire. Plus que tous ses prédécesseurs, ce gadget pousse au mimétisme et au conformisme si chers aux marketeurs. "Ne pas céder au portable, c'est ne pas avoir peur d'exister par nous-mêmes, affirme Françoise, 35 ans, libraire dans le Sud-Ouest. J'ai fini par céder à la pression de mon entourage. Ce qui les gênait dans mon attitude, c'était le refus de m'aligner sur le comportement dominant." 24
Faites le test. Dites à vos collègues que vous n'avez pas de portable. Hors les exceptions qui chuchotent : "Tu as bien raison, j'aimerais en faire autant", la majorité s'esclaffe : "T'es contre le progrès ? Tu t'éclaires à la bougie ?" ou s'inquiète : "Mais comment tu fais ?"
Si trois Français sur quatre se demandent comment ils ont fait pour se passer de portable jusqu'ici, c'est grâce au bourrage de crâne du marketing et des sociologues des "usages" qui, au "laboratoire d'idées" IDEAs Lab de Minatec par exemple, vendent leur méthode aux marchands de gadgets.25
Une méthode efficace, et brevetée : la "Conception Assistée par l'Usage" ("design smart process") a été inventée par un Grenoblois, sociologue et anthropologue de l'innovation au CNRS, Philippe Mallein. En 1999 il a créé sa société, Ad Valor, pour vendre sa méthode. "Celle-ci identifie les usages des technologies avant même la conception de nouveaux produits. Objectif : créer de véritables nouveaux produits, avec de véritables nouveaux usages, et ne pas seulement s'adapter à ce que le marché semble demander." 26
C'est bien ce qu'il nous semblait. Le "marché" (nous) n'a jamais demandé de téléphone portable. Mais grâce à Mallein, de nouveaux "usages" (besoins en novlangue), ont été créés.
Il faut voir le sourire glorieux de Michel Ida, patron d'IDEA's Lab, quand, dans ses conférences sur les "objets intelligents", il demande au public : "qui a un téléphone portable ?"
Il faut entendre le cynisme de Denis Marsacq, du laboratoire "Sources d'énergie miniatures" du CEA-Grenoble, sous-traitant de Nokia dans la recherche sur les mini-piles à combustible pour portables, lâchant lors d'une conférence à la Fnac : "Bien sûr ces piles coûteront plus cher que le rechargement d'un téléphone sur une prise électrique, mais nous ciblons les adolescents, qui sont immatures et moins rationnels, et nous pensons qu'ils accrocheront au "sans fil" total."
Souvenons-nous : ne pas seulement s'adapter à ce que le marché semble demander.
C'est ainsi que vos collègues s'esclaffent. Et Mallein, le sociologue jaune, de qualifier les drogués de gadgets de "pionniers", et les réfractaires de "conformistes". Orwell nous l'avait bien dit : "La Guerre c'est la Paix ? La Liberté c'est l'Esclavage ? L'Ignorance c'est la Force".
De même que dans 1984 l'histoire est réécrite chaque jour, on ne saura bientôt plus qu'il existait un temps où l'on ne s'appelait pas pour se dire qu'on arrivait. Comme on ne sait plus aujourd'hui qu'il a existé un temps où l'on ne s'appelait pas du tout. Où l'on frappait à la porte des gens pour leur parler.
*** "Vi1 2m1 c tro top"
Leur soumission hypnotique au marketing conduit les consommateurs à négliger l'essentiel : "Recul sensible des dépenses de nourriture, progrès spectaculaires des achats de loisirs, notamment dans la haute technologie... En quelques années, les habitudes de consommation des Français ont profondément changé (...) Pour continuer à acheter les produits qui les font rêver () ils rognent ostensiblement sur les produits alimentaires de marque vendus par la grande distribution et prennent le chemin des magasins de proximité à bas prix, les fameux hard discounters."27 Un choix cohérent, puisque les hard discounters regorgent de produits à base d'OGM28 : quand on est "techno" on l'est jusqu'à sa sauce barbecue.
En rognant sur leur alimentation, les Français ont permis aux opérateurs de téléphonie mobile d'engranger 16,7 milliards d?euros en 2002, soit l'équivalent du chiffre d'affaire de la construction aéronautique et spatiale.29 Le constructeur Nokia a réalisé un chiffre d'affaire global de 29,26 milliards d'euros en 2004 30, et estime que 630 millions de téléphones seront vendus dans le monde en 2005, toutes marques confondues.
Sans parler des "services" annexes : en France en 2004 le chargement de sonneries musicales a rapporté 8,5 M? aux sites de téléchargement payant, qui tablent sur un marché de 160 à 200 M? par an 31. Index Corporation réalisait en 2003 un chiffre d'affaires de 150 M?' en vendant ses "contenus" pour téléphones mobiles : sonneries, fonds d'écran, jeux, horoscopes, strip teases, etc.
Si ce marché est si porteur, c'est que le rouleau-compresseur marketing a su capter ce qui, dans ce monde high tech et dévoué à la guerre économique, avait été détruit : les rapports sociaux. Il est typique du système de nous vendre, à coup d'innovations, des remèdes aux maux causés par les innovations précédentes. Vous ne parlez plus à vos voisins à cause de la télévision ? Téléphonez-leur !
D'après les opérateurs de téléphonie mobile, le portable serait un objet qui "valorise" ("il véhicule nos signes extérieurs de richesse ou d'originalité"), "rassure" ("tout se passe comme si ce petit objet (...) protégeait d'un monde potentiellement hostile"), "renforce les liens" ("il sert à appeler des personnes que l'on voit tout le temps et qui habitent près de chez soi, et ce, pour des conversations courtes et répétées"), voire "permet de se déclarer".32
Les opérateurs ont compris le bénéfice qu'ils pouvaient tirer d'individus dévalorisés, angoissés, incapables de communiquer ou de supporter l'inconnu. Leur argument de vente dessine en négatif la société techno-marchande qui crée ces individus. Pourquoi aurions-nous besoin d'une médiation électronique pour communiquer si ce n'est pour nous adapter à un monde qui atomise chacun de nous et morcelle nos vies ? Rappel : dans un pays où trois habitants sur quatre sont équipés de l'appareil-qui-renforce-les-liens, 15 000 personnes sont mortes dans l'indifférence générale en trois semaines de canicule. Sans doute ne faisaient-elles pas partie des personnes "qu'on voit tout le temps", et à qui il est urgent de téléphoner pour prévenir qu'on sera en retard.
Supposé renforcer les liens avec les proches, le portable permet à coup sûr d'éviter le contact avec des inconnus. Voyez ces urbains égarés, accrochés à leur portable pour se faire guider à distance plutôt que de demander leur chemin à des gens. Ou ces zombies en transit rivés à leurs SMS, certains d'éviter ainsi le regard de leurs voisins de bus.
"Selon Béatrice Fracchiolla, sociologue et chercheuse en pointe sur les nouvelles technologies, son usage immodéré (NDR : du portable) sert à combler les temps de déplacements quotidiens qui sont souvent source d'angoisse. "Ce temps passé en transit dans des sortes de "non-lieux" successifs, au milieu d'une foule anonyme, entraîne une perte d'identité", écrit-elle dans la revue Esprit critique, fondée en 1999. (...) La sociologue voit dans le portable (...) autant de tentatives de reconquête par l'humain d'espaces urbains chaotiques. Des moyens d'être mobile, comme autant de "palliatifs au rapport de voisinage qui diminue au fur et à mesure que les villes s'agrandissent et s'étendent, que leurs frontières deviennent de plus en plus délétères."" 33
*** "Mais chérie puisque je te dis que je suis à Angoulême ! Bon, je te rappelle."
La prothèse crée le handicap :
Comme la prothèse qui remplace un membre, le téléphone est supposé réparer artificiellement les dégâts de ce monde-là, qui fait de nous les rouages de la machine à produire et à consommer en masse, à faire la queue au supermarché, au multiplexe, au télésiège, au péage d'autoroute. Sans doute les opérateurs ont-ils raison d'attribuer le succès du portable à la crainte "d'un monde potentiellement hostile" et sans doute ont-ils quelque intérêt à renforcer un peu plus cette hostilité du milieu, à chaque lancement d'un nouveau service ou d'une nouvelle norme de communication sans fil.
Puis, la prothèse se substituant au membre, les machines nous privent de l'usage de nos facultés. Depuis la voiture, les citadins ne savent plus marcher pour les trajets les plus minimes (plus de la moitié des déplacements en voiture concernent des trajets de moins de 3 km), et, se plaignant de l'"épidémie" d'obésité qui les frappe, de la pollution, des morts sur la route, des guerres pour le pétrole, etc, ne songent même plus à retomber sur leurs pieds. Ils ont oublié comment on vivait sans voiture, et cet oubli est une amputation. La prothèse s'est faite handicap.
Observons les utilisateurs de téléphones mobiles : devenus incapables de se repérer dans l'espace et d'être à l'heure à un rendez-vous (parce qu'ils croient pouvoir être partout à la fois ?), incapables même d'imaginer comment faire pour retrouver quelqu'un quelque part sans portable, ils ont en outre perdu la faculté de vivre le présent.
Amputés de leur présence au monde, ils s'envoient des SMS pendant que le train traverse des paysages inconnus.
Non seulement le téléguidage rend le territoire virtuel, mais le bavardage incessant au portable transforme la vie en son commentaire ? partagé malgré eux par les voisins du bavard bruyant. Une extraction de la réalité qui culmine avec les fonctions appareil photo et caméra désormais intégrées à tous les téléphones. L'important n'étant plus ce que l'on est en train de vivre, mais les images qu'on en tire. Même les chanteurs pop s'émeuvent de ces forêts de portables tendus à bout de bras par des spectateurs pressés de les mettre en boîte. "Tout ce qui était directement vécu s'est éloigné dans une représentation."
*** "Devine d'où je t'appelle ?"
Le portable s'avère l'inverse de ce qu'il prétend être - un outil de communication. Depuis combien de temps n'avez-vous pas eu une conversation non interrompue par une sonnerie ? Conditionnés, nous trouvons ça normal, mais faisons un pas de côté : regardons-nous, la bouche ouverte, stoppés par le réflexe pavlovien de nos interlocuteurs plus pressés de répondre au coup de sonnette que de nous laisser finir notre phrase. On en est là.
L'histoire retiendra peut-être que la civilisation occidentale du XXIe siècle fut celle des "brouilleurs de portables" installés dans les salles de spectacle et de cinéma pour remplacer la faculté d'attention aux autres. Le progrès, sans doute.
Enchaînés par le sans-fil :
Devenus accros à ce gadget comme les fumeurs à leur tabac, les bébés à leur tétine (comme celle-ci on porte son portable autour du cou) et les déprimés à leurs anxiolitiques, les propriétaires de portables passent leur temps à vérifier qu'ils n'ont pas oublié leur téléphone, que celui-ci est bien chargé, qu'ils n'ont pas reçu de nouveaux messages, etc, et ajoutent à l'hostilité perçue du monde un motif d'angoisse supplémentaire : le risque de se faire voler leur appareil (la hausse des chiffres de la délinquance doit beaucoup aux vols de portables). "On déclare d?ailleurs retourner plus volontiers chez soi pour récupérer son portable plutôt que ses papiers en cas d'oubli." 34
Voilà le sans-fil sous son vrai jour de fil à la patte supplémentaire. Voilà l'autonomie de l'individu un peu plus cabossée par une prothèse techno qui dispense de trouver en soi les ressources pour se démêler des aléas du quotidien. Voilà achevée la couverture totale du territoire, jusqu'aux sommets de montagnes, devenus des squares où il n'y a qu'à sonner pour être secouru en hélico.
Voilà enfin effacée la frontière entre vie privée et vie publique, mêlées dans la même obsession du contact permanent. Les entreprises ont bien compris l'intérêt de ce boulet aux pieds de leurs employés. Désormais joignables tout le temps, ceux-ci n'ont plus d'excuses pour ne pas se consacrer entièrement à leur tâche. Voyages en train, embouteillages, files d'attente, pauses : tout ce temps doit être rentabilisé en gardant le contact avec le bureau. Vitesse, rentabilité, flexibilité, le portable est l'outil idéal du business : les entreprises le considèrent comme le deuxième moyen de communication facteur de productivité.35
Une récente publicité rappelle ce que nous avons perdu, sur fond de paysage sauvage : "Allez où votre portable ne passe pas." Pour nous fourguer ? un 4x4.
Le téléphone mobile n'est pas seulement un gadget polluant : il façonne le monde, "révolutionne notre quotidien" comme disent les chercheurs et les industriels, sans que jamais nous ne l'ayons choisi. Et ce techno-totalitarisme s'impose à tous, gogos et réfractaires, qu'on le veuille ou non. Contrairement aux niaiseries lâchées par les employés du CEA, nous n'avons pas le choix d'avoir un portable ou pas, si nous voulons encore faire partie de la société. A un postulant pour un job de manutentionnaire, la responsable d'une agence d'intérim grenobloise : "Vous n'avez pas de portable ? Mais ça va pas être possible !"
*** "Allo, j'suis dans le rayon, là. Je prends quoi comme café, en poudre ou en grain ?"
V - Filez droit, vous êtes tracés !
Derrière le joujou high tech se cache un super-traceur d'individus, exact opposé de la liberté promise par les vendeurs de portables et du "nomadisme" frelaté vanté par le faisan Attali. Quelle est cette liberté qui nous attache à une laisse électronique, à un objet dont la présence dans notre poche suffit à nous localiser partout ? En France 35 000 antennes-relais maillent le territoire et enregistrent les signaux émis par les GSM, tandis que les factures détaillées des opérateurs reconstituent l'intégralité de nos appels. Preuve de la fiabilité du système : "Le portable en dit tant sur la localisation et les fréquentations des suspects qu'il est devenu un outil indispensable pour la police (...) Qu'il s'agisse de déterminer un emploi du temps, un itinéraire ou un réseau de relations, l'étude des appels téléphoniques fixes et mobiles est devenue "un recours quasi systématique", selon un magistrat." 36
Pas besoin d'être un criminel pour être cyber-fliqué. Les journalistes de l'Equipe l'ont compris quand une juge s'intéressant à leurs sources - que la loi leur permet de protéger - a fait appel à la technologie. "Tout ce que vous allez dire au téléphone pourra être retenu contre vous. Tel est le message que la Justice vient de délivrer à la presse (...). Il suffit que la police le demande pour que les opérateurs fournissent la liste des appels reçus et envoyés pendant une période donnée. Si les textes (NDR : législatifs) permettent aux journalistes de garder le silence, rien n'empêche de faire parler la technologie à leur place. C'est ce qu'on appelle une avancée pour la liberté de la presse." 37
Les lycéens qui ont manifesté contre la loi Fillon au printemps dernier ont aussi fait les frais de leurs portables, mis sur écoute très facilement. "Le réseau GSM est précieux pour les micros espions. Il suffit d'une puce téléphonique - la carte SIM - et d'un peu de technique pour permettre à un micro espion de fonctionner sur le réseau du portable. Les enquêteurs peuvent donc l'écouter en toute légalité en composant un simple numéro téléphonique et profiter ainsi d'une meilleure couverture qu'un micro classique." 38
L'intégration de la géolocalisation (GPS) dans les portables permet désormais le suivi de tous par tous. L'opérateur japonais NTTDoCoMo a créé le premier téléphone espion, avec un service de localisation des porteurs depuis un ordinateur ou un autre portable. "Idéal pour repérer les membres de la famille tels que les enfants ou les personnes âgées", vend NTT.
Idéal aussi pour le harcèlement publicitaire : une boutique peut repérer des passants à proximité et leur envoyer une offre sur leur téléphone, avec le plan du quartier. La société française Watisit propose ainsi un système d'"hyperlocalisation", Wherisit, "permettant d'orienter par SMS les cibles vers les distributeurs les plus proches."
"S'appuyant sur l'omniprésence du téléphone mobile dans notre quotidien, Watisit renforce l'attractivité des supports de communication et facilite les réactions d'intérêt des personnes touchées par les campagnes." 39
La traçabilité du cheptel humain est un des marchés d'avenir pour l'industrie électronique. Puces, RFID (système d'identification à distance par radio-fréquence), implants sous-cutanés, données biométriques : la technologie permet de nous suivre, nous identifier, nous ficher, nous contrôler. Il faut juste nous faire accepter cette nouvelle condition d'hommes soumis. Le téléphone portable et ses gadgets ludiques sont parfaits pour ça. Ils nous conditionnent à l'idée d'être tracés, et nous préparent à la domestication totale. Les industriels qui ne s'embarrassent pas de fioritures l'ont expliqué dans un programme d'action publié en 2004 par le GIXEL (Groupement des industries de l'interconnexion, des composants et des sous-ensembles électroniques) :
"La sécurité est très souvent vécue dans nos sociétés démocratiques comme une atteinte aux libertés individuelles. Il faut donc faire accepter par la population les technologies utilisées et parmi celles-ci la biométrie, la vidéosurveillance et les contrôles.
Plusieurs méthodes devront être développées par les pouvoirs publics et les industriels pour faire accepter la biométrie. Elles devront être accompagnées d'un effort de convivialité par une reconnaissance de la personne et par l'apport de fonctionnalités attrayantes:
- Éducation dès l'école maternelle, les enfants utilisent cette technologie pour rentrer dans l'école, en sortir, déjeuner à la cantine, et les parents ou leurs représentants s'identifieront pour aller chercher les enfants.
- Introduction dans des biens de consommation, de confort ou des jeux : téléphone portable, ordinateur, voiture, domotique, jeux vidéo
- Développer les services « cardless » à la banque, au supermarché, dans les transports, pour l'accès Internet ..." 40
Vous avez gobé le portable ? Vous avalerez les contrôles biométriques !
Si nous voulons vraiment préserver ce qui reste de notre environnement, nous affranchir de la marchandise, briser les paillasses de ce monde-laboratoire, résister au techno-contrôle : refusons le téléphone portable.
www.piecesetmaindoeuvre.com, Grenoble,le 8 juin 2005
NOTES
1 Enquête publique création du semi-échangeur "Crolles II", avril 2005
2 cf "Croissance à la grenobloise ? Comment on nous détruit" sur www.piecesetmaindoeuvre.com).
3 In L'espace alpin et la modernité, bilan et perspectives au tournant du siècle, sous la direction de Daniel J. Grange, PUG 2002
4 Libération 21/11/02
5 d'après le "Bilan de l'environnement industriel en Rhône-Alpes" de la DRIRE)
6 source COLTAN
7 Sciences et Avenir, juin 2004
8 Stuff, février 2005
9 Le Journal du Net, 27/01/04
10 Le Figaro Magazine 7/07/01
11 Le Monde 17/04/02
12 Le Monde 23/02/05
13 01net, 14/01/2005 - http://www.01net.com
14 Science et Vie, avril 1999
15 cf affaire d'Etienne Cendrier à Paris, 2003
16 Science et Vie, avril 1999)
17 R. Gautier, P. Le Ruz, D. Oberhausen, R. Santini - Editions Marco Pietteur)
18 cf http://csifcem.free.fr
19 Association française des opérateurs de téléphonie mobile : www.afom.fr)
20 Extrait des auditions des opérateurs de téléphonie mobile par l'AFSSE, 10/01/03 ? www.afsse.fr)
21 (Le Monde, 27/01/05
22 Le Monde 2, 19/02/05)
23 Télérama 16/02/05
24 Le Monde 2, 19/02/05)
25 cf Aujourd'hui le Nanomonde n°3, www.piecesetmaindoeuvre.com).
26 01 Informatique, 22/11/02
27 (Le Parisien, 14/01/05
28 cf www.greenpeace.fr
29 www.afom.fr
30 Le Monde, 28/01/05
31 Libération, 5-6/02/05)
32 www.afom.fr
33 Le Monde 2, 19/02/05)
34 www.afom.fr
35 id.
36 Libération 4/12/04)
37 Télérama, 26/01/05)
38 Libération 4/12/04)
Dernier gadget à la mode : "l'écoute-bébé" ou "babyphone".
C'est un appareil qui vous permet à distance, de surveiller votre enfant. Le problème est que les modèles les plus modernes fonctionnent comme des téléphones sans fil, avec une dose d'émission de radiations importante. Or, les cellules d'un bébé sont les plus vulnérables, après celles du fœtus et la surveillance peut irradier l'enfant pendant des heures...
Un gadget à proscrire absolument !
Avec la puce, l'homme devient son propre délateur, juge Jean-Michel Truong, expert en intelligence artificielle.
Psychologue et philosophe de formation, ancien enseignant et chercheur à l'université de Strasbourg, Jean-Michel Truong est le fondateur de Cognitech, première société européenne spécialisée en intelligence artificielle. Il travaille aujourd'hui comme consultant international en transfert de technologies avancées. Il est aussi romancier et essayiste (1).
L'implantation de puces sous la peau n'est pas un phénomène neuf. Mais, avec VeriChip, doit-on craindre une généralisation ?
VeriChip constitue un progrès majeur pour la traçabilité du cheptel humain. On voit clairement comment son usage se répandra. D'abord, en invoquant le prétexte humanitaire. La puce, nous dit-on, permet aux médecins d'intervenir plus vite en cas de problème. C'est ainsi que commencent toutes les dérives technologiques : voyez le clonage humain. Puis se construiront autour d'elle des systèmes toujours plus nombreux, qui justifieront qu'on “empucèle” des couches toujours plus larges de la population. Un jour viendra où l'on ne pourra plus vivre sans elle – comme c'est déjà le cas sur Internet sans carte bancaire. Ce jour-là, on envisagera de l'implanter systématiquement à la naissance. Son port deviendra obligatoire. Se “dépuceler” sera criminel.
D'où vient l'exigence de traçabilité ?
Elle correspond au besoin antique d'assurer l'intégrité des transactions génétiques et commerciales par l'identification rapide des géniteurs sains et des débiteurs fiables, ou de leurs contraires, les individus à risque. La société y pourvoyait par toutes sortes de marquages, à même la peau (tatouages...), sur les vêtements (décorations, étoiles jaunes...) ou au moyen d'accessoires (cartes d'identité, bracelets électroniques, etc.). De nos jours, ce besoin est exacerbé par l'émergence de pressions sociales nouvelles : d'abord, l'idéologie du “zéro-défaut” née dans l'industrie s'est étendue à toute la société qui cherche à écarter les individus défectueux. L'aspiration au “risque zéro” joue dans le même sens. Enfin, la perte de confiance résultant de la multiplication des identités virtuelles sur les réseaux plaide en faveur de moyens d'identification sûrs. VeriChip est une réponse à ces pressions.
VeriChip et les gadgets électroniques faits pour nous traquer ne représentent-ils pas l'avènement de Big Brother ?
Il y a là un saut quantique dont on ne mesure pas encore la portée. Avec son VeriChip incarné au plus intime de lui-même, l'homme n'est plus seulement porteur d'une carte de crédit, il est sa carte de crédit. Avec le VeriChip, je n'ai plus besoin qu'un autre réponde de moi : la petite puce tapie en mon sein répond pour moi et répond de moi. Mais, en même temps, exactement comme jadis j'étais dénoncé par ma carte bancaire en payant au péage, je deviens mon propre délateur. Désormais, Big Brother saura à chaque instant où je me trouve, et avec qui. L'œil de Big Brother pèsera sur moi, certes, mais comme un œil interne, tel celui qui jusque dans la tombe ne cesse de fixer Caïn. VeriChip sera devenu le siège électronique de la conscience.
Kevin Warwick, le professeur d'Oxford, rêve que les cerveaux humains soient directement reliés entre eux. Fantasme ou projet ?
Techniquement parlant, ces applications sont tout ce qu'il y a de plus faisable. La technologie à la base du VeriChip est même déjà obsolète. Les nanotechnologies permettent de franchir un pas supplémentaire dans cette direction. Mais l'avenir de ce type d'application réside dans les biotechnologies. Après tout, nos cellules sont emplies d'une substance particulièrement apte à mémoriser et traiter des informations, l'ADN. La majeure partie de cette mémoire demeure inexploitée – l'ADN mitochondrial, notamment. Reste à développer un lecteur-graveur capable d'y inscrire des informations et de les retrouver. Une version CD réinscriptible de l'ADN. On disposerait ainsi d'un équivalent non intrusif du VeriChip.
À quelle cadence se fera “l'empucelage” de la société ?
Cela dépendra de l'évolution de ces pressions, et de l'intensité des résistances et des modes qui se feront jour. Selon qu'être empucelé sera ou non vécu comme glamour, branché ou sexy, cela pourra prendre de quelques années à plusieurs décennies.
Propos recueillis par Laure Noualhat, Libération 11/12 mai 2002
(1) Dernier ouvrage : Totalement inhumaine, Les Empêcheurs de penser en rond, Paris, 2001.
Dans un rapport rendu public le 1er mars 2007, le CCNE (Comité Consultatif National d'Ethique pour les sciences de la vie et la santé) alerte sur la question des nanotechnologies :
"En 2005, 10 milliards de dollars ont été consacrés à la recherche et au développement dans le domaine des nanotechnologies, mais seulement 400 millions l'ont été à des fins de recherches sur les effets secondaires éventuels."
Le CCNE recommande à la France d'engager au niveau européen une réflexion pour aboutir à la mise en place d'une "loi européenne semblable à Reach" pour les produits chimiques.
Avant toute poursuite des recherches et productions :
1) Se poser la question de la véritable nécessité des nanotechnologies pour le mieux-être de tous les êtres humains nés et à naître (mettre le "pourquoi" avant le "comment" et se demander à quoi elles vont véritablement servir et à qui elles vont réellement profiter)
2) Se poser la question de savoir si le financement demandé permettra de les mettre à la disposition de tous les habitants de la planète, sans exception
3) Faire la comparaison entre le montant des investissements demandés et les besoins des plus pauvres, de manière à être certain que cet argent ne pourrait pas être utilisé de manière plus utile pour permettre à ces derniers de vivre décemment
4) Etudier les effets de cette recherche, comme de leur éventuelle production, utilisation, retraitement ou recyclage après utilisation, sur la nature (quantité d'eau et d'énergie nécessaire ; autres ressources naturelles demandées ; pollution directe et indirecte ; …) ainsi que la santé de ceux qui seront à leur contact. Faire ensuite la balance entre les éléments positifs et négatifs
5) Ne poursuivre les recherches que si les réponses positives à chacune de ces questions l'emportent largement sur les conséquences négatives
6) Se poser les mêmes questions pour les OGM (chaque Organisme Génétiquement Modifié) et toute autre recherche envisagée et en cours (dans le domaine de la génétique, de la chimie ou du nucléaire, par exemple) avant toute production, commercialisation et utilisation des technologies ainsi découvertes
A CONSULTER POUR EN SAVOIR PLUS SUR LES PUCES, LE FICHAGE ET LA SURVEILLANCE DES POPULATIONS
MAGAZINES, REVUES, BROCHURES :
S!lence n° 347, de juin 2007
Ecorev n° 24, automne 2006 (http://ecorev.org/)
Libertés, revue trimestrielle éditée par l'association pour la protection de la vie privée, de l'image, contre l'informatisation de la société, contre la carte vitale, la vidéosurveillance et tout traçage de la vie privée (ACIS VIP – 9, route de Toulouse 31180, Castelmaurou) - 1,50 euros
Des moutons et des hommes. Contre l'identification électronique des animaux et des humains (2007). A commander chez Nicolas Bonnani – 10, rue Yves Farge 38600, Fontaine)
LIVRES :
Globalia, roman d'anticipation de Jean-Christophe Ruffin (Gallimard – 2005)
L'horreur sécuritaire. Les trente honteuses, de Jean-Marc Fédida (Privé – 2006)
SITES :
http://1984.over-blog.com (collectif George Orwell, contre la biométrie)
http://souriez.info (collectif "Souriez vous êtes filmés", contre la vidéosurveillance)
www.jameh.org (collectif belge "Jamais avec la manipulation électronique de l'humain)
www.piecesetmaindoeuvre.com (nombreux textes et brochures téléchargeables sur les technologies de contrôle)
http://refusadn.free.fr (site ressource pour le refus du prélèvement d'ADN)
http:// bigbrotherawards.eu.org
Inconscientes les femmes enceintes ? Plus une cellule est jeune, plus elle est sensible aux radiations. Les foetus sont donc particulièrement sensibles aux ondes électromagnétiques dégagées par les téléphones portables. Et pourtant, il n'est pas rare de voir des femmes enceintes sortir leur téléphone mobile d'un sac qui pend sur le côté de leur ventre arrondi !
S!lence n°347 de juin 2007
ECOUTE-BEBES, PIRE QUE LE TELEPHONE PORTABLE !
Dernier gadget à la mode : "l'écoute-bébé" ou "babyphone". C'est un appareil qui vous permet de surveiller votre enfant à distance. Le problème est que les modèles les plus modernes fonctionnent comme des téléphones sans fil, avec une dose d'émission de radiations importante. Or, les cellules d'un bébé sont les plus vulnérables (après celles du foetus) et la surveillance peut irradier l'enfant pendant des heures.
Un gadget à proscrire absolument !
S!lence n°343 de février 2007
ALZHEIMER A 35 ANS ?
Dans son ouvrage "Les jeunes et le portable - Alzheimer à 35 ans ?" (Editions Santé publique - 2006 - 96 p - 10 euros), Annie Lobé, reprenant les études actuelles sur l'évolution du cerveau, rappelle que l'on pense maintenant que celui-ci n'atteint sa taille adulte que vers 25 ans et que l'exposer avant à des ondes nocives peut être catastrophique !
S!lence n°345 d'avril 2007
CONCERTS ASSASSINS
Nouvelle manière de pousser à la consommation : les sociétés de téléphonie mobile proposent aux jeunes d'écouter la retransmission de concerts sur leur téléphone portable !
Quand on sait qu'il est recommandé d'avoir des conversations les plus courtes possible pour éviter l'échauffement du cerveau et les risques pour la santé, ce genre d'initiatives ne devrait-il pas être interdit ?
S!lence n°347 de juin 2007
Appels unanimes à la prudence
Depuis 1980, plus de 400 études scientifiques dans le domaine de la communication micro-ondes et hyperfréquences, donc liée aux téléphones mobiles et aux antennes-relais, ont été publiées dans le monde. Toutes concluent que les risques de conséquences sanitaires sont probables, certaines montrent un lien avec l'augmentation de leucémies infantiles, d'autres avec des tumeurs cérébrales. Cependant, pour tout compliquer, il a été déterminé que toutes les personnes ne sont pas sensibles de la même façon.
A la suite de ces études, de multiples appels à la prudence ont été lancés par des médecins et des scientifiques qui, tous demandent l'application du principe de précaution.
En France, le CRII-Rem demande, entre autre, la présence de "zones blanches", c'est-à-dire sans communication sans fil, afin de servir de lieu d'accueil pour les personnes hypersensibles aux champs électromagnétiques…
La Belgique a adopté une nouvelle norme d'exposition aux champs électromagnétiques générés par la téléphonie mobile abaissée à 3 volts par mètre. Rappelons qu'en France, les normes autorisent des émissions de 41 à 61 volts par mètre !
Revue "S!lence" n°345 d'avril 2007
Alors que les Suédois ont déjà mis en évidence la corrélation entre l'usage du téléphone et des tumeurs dans le nerf optique ou le cerveau, les études internationales se multiplient sur le sujet. Certains chercheurs annoncent déjà les difficultés qu'ils rencontrent du fait de la multiplication d'autres ondes comme celles émise par les fours à micro-ondes et les systèmes "wi-fi", qui peuvent interférer avec le téléphone portable…
Revue "S!lence" n°341 de décembre 2006
Dangers confirmés
Une équipe de recherche de l'Université de Clermont-Ferrand, travaillant dans le cadre d'une programme de recherche lancée par le Ministère de la recherche en juillet 2004, a mis en évidence les effets du rayonnement électromagnétiques sur le fonctionnement génétique de végétaux. Des pieds de tomates soumis à une courte exposition (5 à 15 minutes) à des champs de 900 M Hz (fréquence la plus utilisée en téléphonie mobile) à une intensité de 5 v/m (contre 41v/m autorisé en France !) présentent des effets biochimiques comparables à ceux que l'on observe après un choc ou une blessure. Les conclusions de l'enquête vont dans le même sens que d'autres menées au niveau international sur des cellules végétales, animales ou humaines. "Agir pour l'environnement" et "Priartem", deux associations qui rendent publiques ces multiples études, demandent aux ministères de la santé et de l'écologie d'en tirer les conséquences…
Revue "S!lence" n°346 de mai 2007
Vieillissement de la peau
Le Journal of Investigative Dermatology d'Avril 2007, revue des professionnels de la cosmétique, a publié une étude montrant que l'exposition de la peau aux ondes des téléphones portables, entraîne une accélération du vieillissement naturel des cellules de l'épiderme.
Revue "S!lence" n°347 de juin 2007
Ondes contre sommeil
Les études sur la chronobiologie montrent que l'on a de plus en plus de mal à trouver le sommeil. S'il existe des causes liées au décalage de notre mode vie par rapport aux heures d'ensoleillement, les spécialistes ont mis en évidence l'influence néfaste des ondes produites par les écrans d'ordinateur, le téléphone portable et la télévision... ces ondes gênent la production de mélatonine, une hormone qui favorise l'endormissement.
Revue "S!lence" n°341 de décembre 2006
Téléphone d'intérieur sans fil : danger !
Jusqu'à quelques années, les téléphones d'intérieur sans fil utilisaient une technique dite analogique (norme CT1+), qui émettait des ondes relativement éloignées de celles considérées comme dangereuses. Avec la nouvelle génération de ce genre de téléphone, dit D.E.C.T. (Digital Enhanced Cordless Telephone), il n'en est rien : le boîtier émet des ondes proches de celles des antennes-relais, cela marche 24 h sur 24 h et cela peut atteindre 1.900 MHz de puissance maximale. Des mesures effectuées par la revue écologiste belge Imagine montre que l'on est, à 1m, au-dessus des normes de 3 V/m recommandée au téléphone au niveau international. Dossier très complet sur le téléphonie mobile à commander à : Imagine, 23, rue Pierreuse, B 4000 Liège (6 euros).
Revue "S!lence" n°342 de janvier 2007
Encore plus dangereux lorsqu'on se déplace
Le téléphone mobile ne fonctionne bien … qu'en étant immobile ! En effet, si vous bougez en téléphonant, le téléphone perd le contact avec l'antenne-relais et coupe la communication. Comme il cherche désespérément à ne pas couper, il émet un maximum d'ondes nocives. En conclusion, si vous devez téléphoner avec ces appareils toxiques, faites-le sans bouger (ni en voiture, ni en train, ni à bicyclette ou à scooter… et en avion ?)
Revue "S!lence" n°342 de janvier 2007
Que dire de ceux qui n'ont rien demandé, qui refusent ce gadget et qui "bénéficient" malgré tout de toutes les émissions des antennes-relais de tous types largement réparties sur le territoire et fonctionnant sur de très hautes fréquences (en France, les antennes-relais peuvent légalement émettre de 41 à 56 Volts par mètre) !
Qu'en disent les compagnies d'assurance ?
Elles refusent toutes, de même que pour le nucléaire, les OGM et les catastrophes naturelles, d'assurer l'ensemble de la téléphonie mobile, y compris les nouveaux téléphones sans fil d'intérieur...
Un maire a même obtenu le démontage d'antennes relais en demandant à l'opérateur copie de son assurance civile !
Cependant, le règlement européen actuel permet d'exclure l'innovation de toute condamnation. Ainsi, si les opérateurs prouvent que les connaissances scientifiques du moment ne permettaient pas de connaître à l'avance les dangers de la téléphonie mobile, ils pourraient bénéficier de cette exception au droit communautaire.
Revue "S!lence" n° 342 de janvier 2007 et 345 d'avril 2007
Vous avez dit principe de précaution !!!
Pas que des problèmes de santé !
L'usage des téléphones portables n'a pas que des effets sur la santé (risque de cancers du cerveau, stérilisation par proximité des testicules ou des ovaires – les téléphones étant fréquemment glissés dans les poches de pantalon -, destruction du nerf optique, électrosensibilité…) mais également de phénomènes psychologiques de dépendance). On estime que 90% des jeunes de 15 à 30 ans sont maintenant sous dépendance de cet appareil, un taux qui baisse avec l'âge, pour n'être plus que de 51% chez les plus de 60 ans.
De plus, une étude de l'association des opérateurs mobiles (donc favorable aux téléphones portables) indique que le téléphone portable pose des problèmes de déchets : la durée de vie d'un téléphone chez les jeunes de moins de 24 ans est de moins d'un an ; chez les plus âgés, cela ne dépasse pas deux ans. Résultat, les "vieux" appareils s'accumulent ou se perdent dans la nature…
Par ailleurs, la téléphonie mobile développe également les actes d'incivilité, les gens parlant n'importe où, cela provoque de l'agressivité, voire des violences entre usagers et non usagers.
Enfin, l'essentiel de la hausse de la "petite" délinquance de ces dernières années est liée aux vols de portables, l'outil coûtant trop cher pour la plupart des jeunes…
Revue "S!lence" n°341 de décembre 2006
Nanotechnologies ou la chronique d'une invasion programmée
Des produits créés à l’aide des nanotechnologies sont en train de contaminer la chaîne alimentaire et ce, en l’absence de tout étiquetage obligatoire, de tout
débat public ou de la moindre réglementation. Les nano-particules fabriquées, les nano-émulsions et les nano-capsules se retrouvent dans les pesticides agricoles, les aliments confectionnés
industriellement, les emballages alimentaires et les matériaux en contact avec les aliments y compris les récipients de stockage, la coutellerie et les planches à couper. Les Amis de la Terre ont
repéré 106 de ces produits actuellement en vente, mais nous pensons qu’il ne s’agit que d’une petite fraction des produits déjà commercialisés.
On définit provisoirement les nanotechnologies comme le domaine relatif aux matériaux, systèmes et process qui opèrent à une échelle de 100 nanomètres (nm) ou moins. Cela inclut la manipulation de matériaux et la création de structures et systèmes à l’échelle de l’atome et des molécules, l’échelle nano. Les propriétés et les effets des particules à l’échelle nano sont très différents de celles de particules de même composition chimique mais de taille plus grande. Les nano-particules peuvent être plus réactives chimiquement et plus bioactives que de grandes particules. Du fait de leur très petite taille, elles peuvent aussi pénétrer beaucoup plus facilement dans nos corps que des particules plus grandes et dans les cellules, les tissus et nos organes. Ces nouvelles propriétés offrent de nombreuses possibilités nouvelles pour des applications dans l’industrie alimentaire comme, des additifs nutritifs puissants, des colorants et des agents de saveur plus forts ou des composants antibactériens pour les emballages alimentaires.
Le nombre d’études scientifiques qui démontrent que certains des nano-matériaux actuellement utilisés dans les aliments et les produits agricoles entraînent de nouveaux risques pour la santé et l’environnement est en forte augmentation. Il a été prouvé par exemple, que les nano-particules d’argent, de dioxyde de titane, de zinc ou d’oxyde de zinc - matériaux actuellement utilisés dans des compléments alimentaires, des emballages alimentaires et des matériaux en contact avec les aliments – sont hautement toxiques pour les cellules dans des tests in vitro. Des études environnementales récentes laissent penser aussi que ces substances peuvent être toxiques pour des espèces écologiquement importantes comme les puces d’eau. Malgré tout cela, il n’y a pour l’instant aucune réglementation particulière pour les nanotechnologies, ni aucun test exigé avant que des nano-matériaux soient utilisés dans les aliments, les emballages ou les produits agricoles.
Des études d’opinion montrent que face à l’ignorance scientifique quant aux risques que représentent les nanomatériaux dans les additifs alimentaires, les ingrédients et les emballages, les gens ne veulent pas manger de nano-aliments. Mais comme aucun règlement n’exige que les nano-produits présents dans l’alimentation ne soient étiquetés nous n’avons strictement aucun moyen pour choisir une alimentation sans nano-produit.
D’une manière plus générale, les nanotechnologies menacent aussi le développement d’une agriculture et de modes d’alimentation durables. Bien que les ventes globales de produits bio et la production de ces mêmes produits connaissent une croissance continue, les nanotechnologies risquent de renforcer la dépendance de l’agriculture à des techniques basées sur la chimie et une forte consommation d’énergie. Alors que sur fond de changements climatiques, il y va de l’intérêt général de réduire les distances entre consommateurs et producteurs, les nanotechnologies vont servir à promouvoir les transports de produits frais ou transformés sur des distances encore plus grandes. Il est à craindre que les nanotechnologies n’accentuent encore le contrôle des grandes entreprises multinationales sur l’agriculture mondiale et les systèmes alimentaires et réduisent encore le pouvoir des paysans à contrôler eux-mêmes, localement, la production alimentaire.
Les risques environnementaux et sanitaires graves et les conséquences sociales liés aux nanotechnologies dans l’agriculture amènent les Amis de la Terre / Friends of the Earth d’Australie, d’Europe, et des Etats-Unis à exiger qu’un moratoire soit mis en place sur toute commercialisation de produits alimentaires, d’emballages alimentaires, de matériaux en contact avec les aliments ou d’agrotoxiques (produits phytosanitaires) contenant des nanomatériaux fabriqués, tant que des réglementations encadrant spécifiquement les nanotechnologies n’auront pas été mises en place et que les citoyens n’auront pas été activement impliqués dans les prises de décision.
Extrait du Rapport des "Amis de la Terre", le 11 mars 2008
QU'ATTENDONS-NOUS POUR INTERPELLER NOS ELUS SUR CETTE QUESTION ?
Si vous ne pouvez pas vous passer de téléphone portable, vous pouvez toujours regarder cette vidéo :
http://www.vivre-a-chalon.com/print.php?2303224d887caadc3642e304ede659b734f79b00
A votre avis, que se passe-t-il dans votre cerveau (à plus forte raison celui de vos enfants) lorsque vous utilisez cette merveilleuse création des temps "modernes ?
Question subsidiaire : Vous souvenez-vous de l'époque préhistorique où vous n'aviez même pas idée de l'existence potentielle d'un tel gadget ?
Petite information, au passage : Plus vous vous déplacez en utilisant un téléphone portable, plus les effets des ondes électro-magnétiques sont nocifs.
Question complémentaire : Vous êtes vous déjà demandé les conséquences écologiques de la fabrication des différents appareils "sans fils" et des infrastructures liées, comment les utilisent les services de police, ainsi que ce qu'ils devenaient "après usage" [1] ?
Question finale : Et si vous réappreniez à vivre sans (non non, pas le nouveau "sans" de nos bien aimés décideurs -pour qui "sans" veut dire avec un peu, mais pas trop quand même, allez, disons jusqu'à 0,9%[2]-, mais le bon vieux "sans" de nos académiciens, je veux dire rien du tout –tant que cette signification figure encore dans nos dictionnaires !-
Dernière information, en passant : Il y en a même qui arrivent à vivre – plutôt bien - en s'en passant…
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