Empreinte écolo-Ressources naturelles-Biodiversité

Jeudi 18 janvier 2007

Alerte ! Vers une sixième extinction de masse ?

Lors du Sommet mondial sur le développement durable de 2002, et du troisième congrès mondial sur la biodiversité, en novembre 2004, les ONG et les instances gouvernementales s’étaient fixées comme objectif de réduire le taux de perte de diversité biologique d’ici 2010. Or les moyens pour sauver les espèces animales et végétales sont entre les mains des gouvernements et des citoyens, car les comportements individuels sont aussi déterminants dans cette lutte que les aides financières des gouvernements et les volontés politiques. Il faut donc bien avouer que la nature a encore du souci à se faire ! D’ailleurs, la communauté scientifique tire à nouveau la sonnette d’alarme.

En 1996, une espèce d’oiseaux sur huit, une espèce de mammifères sur quatre étaient menacées d’extinction. Aujourd’hui, il faut ajouter une espèce d’amphibiens sur trois (ces animaux sont très sensibles aux pollutions de l’air et de l’eau), la moitié des espèces de tortues, aussi bien terrestres qu’aquatiques, une espèce de requins sur cinq...

L’UICN estime (tout en sachant que cette estimation doit être inférieure au nombre véritable) que 15.589 espèces sont menacées d’extinction. Il est déjà certainement trop tard pour l’olivier de Sainte-Hélène, la corneille d’Hawaï, le puffin des Baléares, le grand lézard de l’île d’Hispaniola, le bégonia africain. D’autres espèces, toujours extrêmement fragiles, doivent faire l’objet d’une protection maximale si on veut pouvoir les rencontrer encore à l’état sauvage dans une décennie : le rhinocéros blanc, la loutre d’Europe, le pigeon impérial de l’île Christmas, le putois aux pieds noirs, le poisson Napoléon et bien d’autres.

La surexploitation des océans, la déforestation, la destruction des habitats naturels mais aussi le commerce des animaux sauvages, qu’il soit encadré ou illégal, constituent les principales menaces. Le changement climatique est également de plus en plus incriminé dans les causes de disparition des espèces. Or, tous ces facteurs sont dus aux actions humaines. L’homme est seul responsable de cette perte de la biodiversité et malgré les mises en gardes répétées et les rapports alarmistes, les gouvernements, les entreprises de toutes tailles et les citoyens ne semblent guère enclins à prendre des mesures sérieuse et efficaces pour enrayer ce déclin dramatique. Une certaine catégorie de scientifiques avait déjà analysé et prévu ce désastre. La sixième extinction de masse est en route, mais cette fois, elle sera due à l’Homme et non pas aux bouleversements géologiques. Les taux d’extinction actuels sont entre 100 et 1000 fois supérieurs aux taux qualifiés de « naturels ».

Pendant combien de temps encore les gouvernements fermeront-ils les yeux sur cette crise d’extinction majeure des espèces ? Il faut AGIR maintenant sous peine de provoquer un désastre sans précédent.

A lire, l’excellent ouvrage de Richard Leakey et Roger Lewin : la sixième extinction, écrit en 1995 (et oui, déjà !!) et paru aux éditions Champs Flammarion.

 

Sylvie CARDONA, secrétaire générale et trésorière d’AVES France - dimanche 8 janvier 2006

 

Association AVES France

http://www.aves.asso.fr

134 rue du renard - 76000 ROUEN

Tél. : 02.76.00.44.23 - contact@aves.asso.fr

Par Association AVES France
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Samedi 3 mars 2007
Yellow stone en action

Canis Lupus

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

EXTINCTION...

REAPPARITION...

REGULATION...

EXTERMINATION !

 


A l'heure de la sixième disparition de la biodiversité, première consécutive à l'activité humaine, le gouvernement français décide de l'extermination définitive d'une espèce supplémentaire.


         Sous la pression et afin de satisfaire le lobby des chasseurs et les représentants d'une partie des éleveurs dans cette période électorale, le gouvernement a annoncé son nouveau plan « d'expérimentation pour la gestion du loup ». Il s'avère que ce texte annonce, ni plus ni moins, la prochaine extermination légale des loups sur le territoire français. En effet, comme l'a relevé France Nature Environnement, il est clairement envisagé, pour la première fois, l'assassinat d'un nombre non précisé de membres de cette espèce et ce, sans attaque préalable.

         En ce qui concerne les chasseurs, leur seule préoccupation est manifestement de s'assurer le plus grand nombre possible de trophées. Quant aux éleveurs, il est maintenant largement établi qu'il est possible de protéger efficacement les troupeaux d'ovins avec des méthodes simples et reconnues. Les mesures envisagées n'aboutiraient, elles, qu'à subdiviser les meutes et multiplier les attaques, sans jamais régler la question de la cohabitation...



 

 

Strasbourg, le 20 février 2007

 

 

 

Nous avons appris que le chasseur qui a abattu l'ourse Cannelle a bénéficié d'un non lieu. Aussi, F.N.E. et ses associations ont-elles décidé de faire appel de cette décision. L'affaire sera examiné le 9 mars prochain.

Concernant le loup, le 24 novembre dernier, les Ministères de l'écologie et de l'agriculture ont annoncé "préparer l'avenir" en prévoyant des "expérimentations pour la gestion du loup". Il s'agit en fait de définir des zones où la défense des troupeaux sera facilitée et où des tirs préventifs pourront être essayés en 2007, sans mesure d'effarouchement préalable et décidés sur la base des attaques recensées en 2006. Une fois encore, sans rechercher ou expérimenter de nouveaux moyens de protection des troupeaux, ni des avancées scientifiques dans le suivi de l'espèce, la gestion annoncée ne porte que sur une volonté de régulation du prédateur. L'idée principale état de réaliser des tires avant même que des attaques ne se produisent et d'empêcher l'installation de l'espèce sur de nouveaux secteurs.
Nous sommes convaincus que, loin de régler la question des attaques sur les troupeaux, le risque évident d'une telle pratique est l'éclatement des meutes constituées et l'accroissement des attaques sur les troupeaux. Seule la mise en place de mesure de protection effectives ont donné des résultat positifs manifestes et mesurables, alors que les autorisations de tirs sont de pures décisions politiques à destination d'une partie de l'opinion.
Aussi, F.N.E. et ses associations se sont fortement engagées dans les discussions nationales et départementales portant sur ces expérimentations et poursuivront cet investissement jusqu'au mois d'avril prochain, échéance à laquelle les Ministères devraient prendre une décision finale. Nos efforts pour vaincre ne sont pas pour l'instant inutiles et nos interventions répétées, même si elle ne changent pas l'orientation gouvernementale, obligent à donner un cadre serré. La notion de tir purement préventif est pour l'instant abandonnée grâce à notre action, mais ce n'est pas suffisant et nous restons vigilants.
Nous espérons donc vous retrouver tous à nos côtés pour poursuivre notre action résolue, et en vous remerciant par avance, nous vous présentons nos sincères et cordiales salutations.
 
Jean-David Abel

En charge de la Mission loup de France Nature Environnement

Par Sébastien Grignon
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Lundi 12 mars 2007

LE PALMIER A L'HUILE ET LA DISPARITION DE L'ORANG-OUTANG


Le programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE) et l'UNESCO viennent de publier un rapport de 52 pages faisant le bilan des menaces qui pèsent sur les orang-outang et leur écosystème en Indonésie. Des menaces dues à la déforestation de plus en plus importante, aux incendies de forêts, aux pillages de parcs nationaux, et à l'augmentation inquiétante des plantations de palmiers à huile.


 

LA COMMERCIALISATION CROISSANTE DE L'HUILE DE PALME ET LA DEFORESTATION

Produits frais, cosmétiques, shampoings... on trouve aujourd'hui l'huile de palme dans nombreux éléments de notre consommation quotidienne. Peu onéreuse, végétale, elle semble avoir tous les atouts. Pourtant elle cache un grave fléau : la déforestation. Car le palmier à huile, dont on extrait la deuxième huile de consommation avec 21% de parts de marché dans le monde derrière l'huile de soja, est cultivé sur des millions d'hectares, au détriment de la forêt tropicale, qui est alors rasée ou brûlée pour laisser sa place à ces immenses cultures.

C'est la Malaisie qui arrive en tête avec 80% de déforestation due à la monoculture du palmier à huile. L'Indonésie rêve de la supplanter, et ce n'est pas tout, aujourd'hui, le Kenya, le Congo, le Nigeria, le Liberia, le Brésil, la Colombie, ou encore le Mexique, tous ces pays sacrifient leur forêt à ce nouvel or liquide qui, rappelons-le, figure dans 10% des produits présents dans nos maisons.

Non seulement ces plantations de palmiers à huile remplacent peu à peu la forêt, mais c'est sans compter les incendies qu'elles provoquent, ravageant régulièrement l'ensemble de l'Indonésie.



UNE DEMANDE INCESSANTE EN BOIS EXOTIQUE


En parallèle, pour répondre au marché mondial du bois, l'industrie forestière pratique régulièrement la coupe sauvage, et donc illégale au sein de la forêt primaire. Et c'est sans scrupules que les bûcherons pénètrent dans les parcs nationaux afin d'abattre plus d'arbres encore. Ce qui en plus, entraînerait, à court terme, la disparition de ces espaces protégés.

Et chaque année les magasins occidentaux se remplissent de meubles en bois exotique. A y regarder de près, parquets, fenêtres, portes et meubles dressent la liste des essences tropicales menacées de disparition. Et pour exemples, la gare TGV d'Avignon est en ipé, iroko et jatoba. La grande bibliothèque de Paris elle, est une forêt tropicale à elle seule, avec plus de 6000 mètres cubes d'essences protégées, débitées en volets, marches et meubles divers.

En conséquence, la biodiversité et les communautés locales sont les premières victimes de ce désastre, qui profite majoritairement aux compagnies forestières, les multinationales. Mais l'Indonésie peine à faire face. Les pays manque de moyens humains et financiers pour pouvoir contrer la déforestation.

On compte aujourd'hui 2155 rangers pour 35 parcs nationaux équivalents à 108.000 kilomètres carrés. Et ils sont peu nombreux à avoir accès à des hélicoptères, des véhicules tout terrain, des moyens de communication efficaces, mais également aux armes, réellement nécessaires pour patrouiller efficacement au coeur des parcs naturels.




DERNIERS REFUGES DES GRANDS SINGES ROUX


La déforestation affecte actuellement 35 des 41 parcs nationaux de l'archipel. Les plus touchés sont les parcs où vivent les orang-outang. Il est aujourd'hui concrètement établi que 98% des forêts tropicales d'Indonésie pourraient disparaître d'ici 2022, mettant en danger toute la faune qui dépend de cet écosystème, en particulier l'orang-outang, le plus menacé des grands singes. En effet, recensé entre 45 à 69.000 individus, l'orang-outang de Bornéo a été classé en danger d'extinction par l'UICN, alors que l'espèce de Sumatra, réduite à 7300 individus est elle, classée en danger critique d'extinction.

La déforestation s'accompagne d'un braconnage accru sur la faune locale. Par ailleurs, les orangs-outangs, sans cesse repoussés vers des zones de plus en plus reculées sont considérés comme extrêmement indésirables par les propriétaires de plantation de palmiers à huile qui s'étendent encore et toujours au détriment de la forêt native. Les singes qui s'aventurent, par obligation, sur ces plantations, sont immédiatement pourchassé et le plus souvent battus à mort par les employés. En 2006, 120 orang-outang ont été récupérés par des centres de soin et des ONG afin d'être localisés dans des zones plus sûres. La plupart souffrait de brûlures, de déshydratation, de problèmes respiratoires, et de blessures infligées par les villageois.

 

Il faut enfin évoquer le commerce illégal de cet animal, qui du fait de la disparition de son habitat devient plus vulnérable et donc plus facile à capturer.



AGIR FACE A CE CONCENTRE DE MENACES


L'Europe, l'Asie et l'Amérique du Nord sont les principaux marchés pour le bois en provenance d'Indonésie. Et il semblerait que peu de choses puissent être mises en place dans un pays où règne encore la corruption des services de l'état, et donc où rares sont les compagnies opérant illégalement dans les forêts et se retrouvant devant les tribunaux. Le rapport des Nations Unies et de l'UNESCO s'adresse alors au consommateur, qui seul peut peser sur l'avenir des forêts.

Si la demande en bois non certifié (FSC) chute, raser les forêts tropicales cessera d'être rentable pour les multinationales.

Soit, tant qu'il y aura de la demande, la forêt continuera de disparaître. Sans compter le rôle crucial que jouent les forêts dans la régulation du climat planétaire.

 

 

Charlotte Dassiou pour Planète Urgence, le 01-03-2007


 

Principes et critères du FSC


Les principes et critères du FSC s'appliquent à toutes les forêts de la planète : tropicales, tempérées et boréales, qu'elles soient anciennes, secondaires ou de plantation.



Les 10 principes du FSC portent sur les thèmes suivants :


Ø      Respect des lois et des principes du FSC.

Ø      Droits et responsabilités foncières et usages.

Ø      Droits des peuples indigènes.

Ø      Droits des ouvriers et relations avec les communautés.

Ø      Ressources forestières.

Ø      Impact sur l'environnement.

Ø      Plan d'aménagement.

Ø      Suivi évaluation.

Ø      Maintien des forêts ayant une grande valeur de conservation.

Ø      Plantations.

 

 

Consulter  http://www.greenpeace.org

Par Charlotte Dassiou
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Vendredi 23 mars 2007

9 OCTOBRE : LE JOUR OU NOUS AVONS EPUISE LES RESERVES DE LA PLANETE




Selon de nouvelles études, la consommation frénétique des ressources naturelles plonge notre planète de plus en plus tôt dans la dette écologique, également appelée ''dépassement''


Le 9 octobre 2006, de nouveaux calculs ont été rendus publics. De ce jour à la fin de l'année 2006, nous avons vécu au-dessus de nos moyens écologiques. Cette étude, effectuée par le groupe américain Global Footprint Network, en collaboration avec la NEF (New Economics Foundation) et Best Foot Forward, révèle qu'à partir de ce moment, l'humanité avait épuisé toutes les ressources que la nature pouvait régénérer pour cette année, et entamé ainsi son capital écologique.

 

Chaque année, le jour de la dette écologique, fréquemment appelé jour du dépassement sur la scène internationale, désigne le moment où l'économie mondiale commence à fonctionner sur le mode du déficit écologique. Il s'agit du moment où les ressources environnementales de la planète tombent dans le rouge : désormais nos chances de régénération des ressources sont quasi nulles.

 

Pour 2006, le jour de la dette écologique est tombé le 9 octobre, aux trois quarts de l'année. Nous vivons donc largement au-dessus de nos moyens environnementaux. Le résultat net est la raréfaction inévitable des ressources. Du 9 octobre jusqu'au 31 décembre, l'humanité a été en situation de dépassement écologique, accumulant une dette toujours plus importante à force de consommer plus que ce que la planète ne peut régénérer.

 

On appelle ce phénomène : le sujet le plus grave dont vous n'avez jamais entendu parler, et pourtant, sa logique est imparable. Si nous mangeons plus que ce qui pousse chaque année, nous devons puiser dans les réserves. Si nous coupons les arbres plus vite qu'ils ne peuvent repousser, nos forêts disparaissent. Si nous pêchons plus de poisson qu'il n'en naît chaque année, la mer se vide de sa faune.

 

Avec une consommation en pleine croissance, le jour où nous commençons à vivre au-dessus de nos moyens débarque sournoisement de plus en plus tôt dans l'année :


        - L'humanité a contracté sa première dette écologique mondiale en 1987,             le jour en question étant le 19 décembre ;


         - En 1995, le 21 novembre, on avait perdu un mois ;


         - Le lundi 9 octobre 2006, les nouvelles estimations basées sur les                     dernières données disponibles indiquaient que nous venions d'épuiser             nos ressources écologiques pour 2006.

Andrew Simms qui dirige la politique de la NEF nous explique que : Nous faisons deux erreurs en vivant autant au-dessus de nos moyens et en contractant des dettes écologiques. Tout d'abord, nous empêchons des millions de personnes dans le monde de pouvoir subvenir à leurs besoins, alors qu'ils manquent déjà de terres, de nourriture et d'eau potable. Ensuite, nous mettons en danger les mécanismes de survie de la planète.

 

Chaque année le réseau Global Footprint calcule l'empreinte écologique de l'humanité (c'est-à-dire la demande mondiale sur les écosystèmes naturels), et la compare avec la biocapacité globale, soit la capacité des écosystèmes à régénérer les ressources et absorber les déchets. Partenaire de Global Footprint, la NEF innove à travers la traduction des bases de données de Global Footprint en un calendrier annuel afin de déterminer le jour exact à partir duquel la population globale commence à vivre avec un déficit écologique.

 

Mathis Wackernagel, directeur de Global Footprint Network a déclaré que L'Humanité n'arrête pas de débiter sa carte de crédit écologique, et cela n'est possible qu'en liquidant les resources naturelles de la planète. On peut vivre dans le rouge de façon temporaire, mais le dépassement nous mène obligatoirement à l'épuisement de resources telles que les forêts, les océans et les terres cultivables sur lesquelles notre économie repose.

 

En d'autres termes, la Terre aura besoin de plus d'un an et trois mois pour régénérer ce que nous utilisons en une seule année. Le réchauffement rapide du climat, la déforestation, l'effondrement de la pêche, la disparition des espèces, l'approvisionnement instable en énergie, le manque d'eau, ou encore le mauvais rendement céréalier, sont tous des conséquences évidentes de ce dépassement écologique.

 

La science de l'épuisement des réserves est sans équivoque. Si nous voulons offrir un futur viable à nos enfants, il faut absolument réduire la demande, améliorer l'efficacité de nos systèmes et passer à l'énergie renouvelable. Faire des calculs pour savoir à partir de quel jour nos ressources globales et personnelles sont épuisées, est un moyen parlant de faire prendre conscience des limites de la planète ajoute Craig Simmons, co-fondateur de Best Foot Forward, autre partenaire de Global Footprint Network basé au Royaume-Uni.

 

Le déficit écologique fait grimper chaque année la dette écologique globale. Avec une facture souvent payée par ceux qui sont le moins en cause. La seule façon d'équilibrer notre budget et d'en finir avec les dépassements est d'en demander moins à notre planète.

 

Il est possible d'arrêter les dépassements. En contrôlant dans un premier temps l'état de nos ressources à l'aide d'outils tels que l'empreinte écologique, également en travaillant ensemble dans le but d'équilibrer notre budget écologique. Nous devons protéger nos écosystèmes et améliorer leur productivité, augmenter l'efficacité de l'utilisation de nos ressources, et diminuer la consommation individuelle là où la surconsommation est devenue la règle. Si nous respectons ces principes, alors nous pourrons réduire notre empreinte globale et notre dette écologique.

 

 

Traduction : Karine Belhache pour Planète Urgence

 

http://www.infosdelaplanete.org - New Economics Foundation, le 09-10-2006


Par Planète urgence
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Mercredi 4 juin 2008


Texte original de René TREGOUËT (www.tregouet.org), sur http://www.notre-planete.info le 2 juin 2008, repris et annoté par Bernard Grignon

 

Avec un baril de pétrole dont le prix a quintuplé en 5 ans et qui se rapproche inexorablement du seuil symbolique de un dollar le litre (159 dollars le baril), nous entrons bien plus rapidement que prévu dans une nouvelle ère (économique) dont le (un des) grand défi est devenu la substitution de l’énergie par l’information à tous les niveaux de production et d’organisation de nos sociétés (ceci étant une toute partie de l'immense problème global auquel nous sommes confrontés)

 

On estime qu’il reste environ 160 milliards de tonnes de pétrole conventionnel à extraire. En supposant que la consommation mondiale reste à son niveau actuel - 4 milliards de tonnes par an - il nous reste donc à peine plus de 40 ans de consommation. Or, selon l’Agence Internationale de l'Energie, la consommation mondiale de pétrole pourrait passer de 4 à 6 milliards de tonnes d’ici 2030 à cause notamment du développement économique accéléré de l’Asie…

Certes, ces estimations ne tiennent pas compte des réserves sous forme de pétrole non conventionnel, schistes bitumineux, pétrole profond, ni des progrès qui peuvent intervenir dans le taux de récupération des gisements mais ces variables ne changent pas fondamentalement la donne et ne pourront que nous faire gagner une ou deux décennies supplémentaires. L’exploitation de ce pétrole non conventionnel a, en outre, un coût énergétique et environnemental considérable.

Globalement la consommation énergétique de l’humanité s’élève à un peu plus de 10 gigatonnes d’équivalent pétrole par an et le pétrole représente donc, à lui seul, près de 40 % de cette consommation mondiale.

Nous pouvons bien sûr parier, comme le font les Etats-Unis, sur l’innovation technologique, pour accélérer le basculement vers "l’après pétrole" mais s’en remettre exclusivement à la technologie (qu’il s’agisse du charbon "propre, de la séquestration de carbone, de l’hydrogène ou des énergies renouvelables), sans remettre en cause fondamentalement nos modes de vie, relève à mon sens de l’illusion dangereuse. Nous devons en effet changer radicalement de perspective d’approche et admettre que le vrai défi consiste d’abord à réorganiser nos économies et nos sociétés de manière à réduire à la source nos besoins en énergie et à instaurer en principe généralisé la recherche de la sobriété énergétique et d’une croissance économique écocompatible (oups !)[1].

Sachant qu’un humain sur deux vit à présent dans les villes, cela suppose notamment une réorientation profonde de nos conceptions et politiques d’urbanisme, d’aménagement du territoire et de transports afin de contenir l’étalement urbain et de repenser nos villes de façon à optimiser leur efficacité énergétique et leur empreinte écologique en concevant des unités urbaines qui intégreront, au lieu de les dissocier, les pôles de travail, de logement et de loisirs [2].

Cette question de l’urbanisme et des transports est capitale en matière énergétique et environnementale. Une étude du MIT a par exemple montré que la consommation énergétique moyenne d’un habitant d’Atlanta, ville américaine (états-unienne) à l’urbanisme dispersé, était 7 fois plus grande que celle d’un habitant de Barcelone, ville méditerranéenne à l’urbanisme dense. Même si cela n’est pas facile dans un pays où beaucoup de familles rêvent de vivre dans une maison individuelle, nos responsables politiques doivent avoir le courage d’ouvrir ce débat sur la densification urbaine. En trente ans, la distance moyenne parcourue en voiture pour se rendre de son domicile à son travail a été multipliée par trois et nous devons absolument inverser cette tendance qui n’est plus tenable (l'a –t- elle jamais été ?), ni économiquement ni écologiquement.

Nous devons également avoir le courage d’ouvrir un vrai débat démocratique sur la question de la restriction de l’usage de l’automobile dans les centres ville et de l’instauration de péages urbains modulables en fonction du nombre de passagers, de l’heure ou du type de véhicule. On peut imaginer aller plus loin en accordant des réductions d’impôts ou de taxes aux entreprises ou particuliers particulièrement sobres en matière énergétique. Il faut également, grâce à un cadre législatif et fiscal adapté, favoriser l’essor du télétravail afin qu’il représente d’ici 10 ans 20 % du temps consacré aux activités de services publics et privés. [3]

De récentes études scientifiques montrent que, compte tenu des délais liés à l’inertie thermique des océans, si nous voulons stabiliser le climat, il nous faut non seulement réduire de moitié au niveau mondial nos émissions de gaz à effet de serre mais tendre à une production énergétique totalement décarbonnée d’ici la fin de ce siècle.[4]

Pour atteindre de tels objectifs, le développement massif, même de plusieurs ordres de grandeur, de la production d’énergie renouvelable (y compris le nucléaire[5]), bien qu’absolument nécessaire, n’est qu’une réponse partielle et insuffisante et nous devons d’abord réorganiser en profondeur nos économies et nos sociétés autour du concept de sobriété énergétique et de productivité informationnelle et cognitive en réduisant à la source nos besoins globaux en énergie et en améliorant de manière considérable l’efficacité et le rendement énergétique dans l’ensemble des activités humaines.

Notre civilisation va devoir apprendre à produire et à transformer le maximum d’informations en connaissance et en richesses en utilisant le minimum d’énergie et en recherchant systématiquement la valeur ajoutée écologique qui devra simultanément préserver la biodiversité gravement menacée, valoriser et utiliser les matériaux et produits naturels et intégrer le recyclage et l’ecocompatibilité de l’ensemble des productions industrielles et humaines dès leur conception. [6]

Mais, à ce stade de réflexion, il faut éviter tout malentendu idéologique ou philosophique : un tel objectif ne signifie nullement la soumission au mythe dangereux du retour à une nature idéalisée, toute puissante et vierge qui n’a jamais existé. Depuis le néolithique, l’homme n’a cessé de transformer profondément la nature et son environnement pour survivre puis améliorer ses conditions de vie et ceux qui, s’enfermant dans de nouvelles formes d’intégrisme et de conservatisme, et remettent en cause la nécessité de l’innovation et du progrès scientifique, notamment dans les sciences du vivant, se trompent de combat et veulent répondre de manière simpliste et dogmatique à des défis planétaires complexes et globaux.

Pour réussir cette mutation de civilisation, l’espèce humaine doit plus que jamais mobiliser toutes ses capacités d’innovation, non seulement dans les domaines scientifiques et techniques

[7] mais aussi dans les domaines sociaux, économiques et démocratiques, pour concevoir de nouveaux modes et outils de gouvernance, de régulation et de contrôle socio-politiques. Il nous appartient, sans nous enfermer dans des cadres de pensée réducteurs, de faire preuve d’audace créatrice et d’être à la hauteur morale et intellectuelle des immenses défis que notre planète (plutôt l'humanité ; la planète, elle, se portera certainement beaucoup mieux si nous lui fichons la paix !) doit relever.

 


    A LIRE :


        Pétrole apocalypse, d'Yves Cochet  (Fayard – septembre 2005)



    REMARQUES :


        - Bien que les recherches continuent et qu'il y a des champs inconnus, les ressources         prouvées par les compagnies pétrolières sont plus près des 25 ans que des 40 !


        - L'hydrogène n'est pas une source, mais un  simple VECTEUR d'énergie. Il faut                     l'extraire de la molécule d'eau, ce qui demande un peu plus d'énergie (compte tenu             des pertes inévitables) que celle que l'on peut ensuite récupérer par sa combustion, ou         son utilisation dans une pile à combustible…


        - Un aspect n'est pas évoqué dans ce texte : La raréfaction et l'augmentation accélérée         du prix du pétrole (inéluctable, il faudra donc que pêcheurs, routiers, taxis, agriculteurs,         et bientôt nous tous, intègrent cette donnée !), provoquent déjà un retour vers le                     charbon, dont les réserves sont largement supérieures à celles des hydrocarbures. Ce         qui est, - et surtout sera- catastrophique pour le climat et l'environnement. Sans                     compter sur le fait que l'on profite maintenant de la fonte des glaces polaires                         -conséquence du dérèglement climatique en cours (provoqué par notre sur-activité             inconséquente et suicidaire)- pour en exploiter le sous-sol et utiliser des voies                         maritimes jusque là impraticables, ce qui aboutira inévitablement à en accélérer et en         accentuer les conséquences !!!

        - Tout encouragement à continuer à consommer des produits d'origine fossile ne peut         aboutir qu'à entretenir la croyance que notre mode d'organisation peut continuer                     indéfiniment et qu'il est bénéfique pour l'humanité. De plus, souvenons-nous qu'à                 chaque fois que nous remplissons le réservoir de notre voiture, nous contribuons à                 alimenter l'exploitation des peuples, les guerres et la misère dans le monde !

 

En conséquence, il nous faut apprendre, chacun et dés aujourd'hui, à vivre autrement, (en tout premier lieu en diminuant drastiquement notre consommation de tout produit dérivé de quelconque énergie fossile) ce qui veut dire essentiellement d'une manière solidaire et en partageant les richesses de "notre" planète, de manière à permettre à chacun de ses habitants, d'aujourd'hui et à venir, de vivre, tout simplement (l'expression n'est pas de moi, mais de Gandhi…)

 

Il existe au moins une réflexion globale allant dans ce sens et porteuse d'avenir, en tant qu'alternative avec un système suicidaire, celle que certains appellent "décroissance" (terme en aucun cas figé autour d'une pensée ouverte et en permanente évolution…)

 

 

En effet, comme le disait si bien Albert Einstein :

 

"On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l'ont engendrés"

 

 

 

 

 

 

Bernard Grignon

(Informations sur divers thèmes –en particulier sur l'approche de la "décroissance"- et présentation d'actions, à consulter sur ce blog)

 



[1] D'une part cette dernière perspective est fondamentalement absurde en soi, mais elle fait abstraction du fait que cette fameuse croissance n'est en rien créatrice de bonheur pour les 20% "privilégiés" qui peuvent en "bénéficier" et qu'elle se réalise au détriment des 80% du reste de l'humanité qui, eux, n'en verront jamais que les pires conséquences !

 

[2] C'est une vision bien trop restrictive de cet immense problème. Il est, en effet, plus que temps de s'attaquer aux causes profondes qui ont provoqué cette situation : création d'une compétition internationale ne profitant qu'à une petite minorité de profiteurs sans scrupules ; "globalisation" des échanges de marchandises et des capitaux, en même temps qu'un repli sur soi généralisé ; extension à la planète d'un "modèle" de société entièrement fondé sur le profit et l'égoïsme aboutissant,  entre autre à une "marchandisation" universelle ; négation de toutes limites et exacerbation d'une toute-puissance humaine autant illusoire que suicidaire, se traduisant, entre autre, par un scientisme dénué de toute humilité et dont la notion même de doute est maintenant totalement absente ; perte de vue du sens de la notion même de progrès ; coupure de plus en plus grande entre l'espèce humaine et le reste de la nature ; au bout du compte, oubli de l'indispensable recherche de sens à notre vie, tant sur le plan individuel que collectif ;…

[3] Toutes ces pseudo-solutions ne sont, au mieux, que des "emplâtres sur une jambe de bois". La seule alternative est de sortir de nos multiples croyances -les découvertes scientifiques vont résoudre nos problèmes,  la mondialisation du mode de vie occidentale est bonne pour l'humanité, l'idéologie économiste et croissanciste n'a pas d'alternative, notre système "démocratique" est bon et le seul possible, l'extension du mode de vie "occidental" est bon pour l'Homme,…-

[4] Tout ceci est loin de la réalité ! Si l'on veut parvenir à cet objectif, le seul compatible avec la poursuite de "l'aventure humaine", il faut diviser immédiatement par 4 la totalité des émissions de gaz à effet de serre…

[5] Sans commentaire sur la nocivité absolue de cette énergie, dont il faut nous débarrasser au plus vite ;  les nuisances déjà produites sont amplement suffisantes comme "cadeau" laissé à nos descendants !

[6] Hypothèse absurde ! Peut-être pourrions-nous simplement penser que le véritable défi à relever est de comprendre que seuls le partage et  la solidarité universelle, appliqués sans délai, permettront à tous les humains de vivre et de satisfaire leurs véritables besoins, maintenant et dans l'avenir.

[7] Avons-nous vraiment besoin de plus de robots, aliments et vêtements "intelligents", téléphones ultra-poly fonctionnels, sondes spatiales, ascenseurs lunaires,… pour donner du sens à notre vie et en profiter simplement et en bonne intelligence universelle ? Et si nous nous posions systématiquement et sans aucune restriction la question du "pourquoi" (les objectifs recherchés et leur pertinence) avant celle du "comment" (faire pour y parvenir) ? Et si nous refusions, comme d'autres (autrement plus sages) l'ont fait avant nous, d'utiliser certaines découvertes, compte tenu de la nocivité de leur application, voire de l'incertitude quant aux conséquences éventuelles ou même imprévisibles de leur mise en œuvre ?

Par René TREGOUËT - Bernard Grignon
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Vendredi 26 septembre 2008


Mardi 23 septembre, rien n'a changé dans le quotidien des Terriens. Pas de pénurie dans les magasins d'alimentation, pas de coupure d'eau ou d'électricité inhabituelle. Pourtant, selon l'organisation non gouvernementale canadienne Global Footprint Network, le 23 septembre, un événement important a eu lieu. C'était le "Global Overshoot Day", littéralement "le jour du dépassement global". Il signifie que, entre le 1er janvier et le 23 septembre, l'humanité a consommé les ressources que la nature peut produire en un an. A partir du 24 septembre, et jusqu'à la fin de l'année, l'humanité vit en quelque sorte au-dessus de ses moyens. Pour continuer à boire, à manger, à se chauffer, à se déplacer, elle surexploite le milieu naturel et compromet sa capacité de régénération. Elle entame donc son capital.

 

Le "jour du dépassement", image destinée à frapper les esprits, a été inventé par les créateurs du concept d'empreinte écologique. Dans la foulée du Sommet de la Terre de Rio, en 1992, les universitaires William Rees et Mathis Wackernagel ont mis au point une méthode permettant de mesurer l'impact des activités humaines sur les écosystèmes. Il s'agit de quantifier les surfaces biologiquement productives nécessaires pour construire villes et infrastructures, pour fournir les ressources agricoles, aquatiques et forestières que nous consommons et pour absorber les déchets que nous produisons, y compris le CO2 issu de la combustion des énergies fossiles. L'unité de mesure utilisée pour calculer l'empreinte écologique d'un individu, d'une ville, ou d'un pays est l'"hectare global", dont les capacités de production et d'absorption de déchets correspondent à la moyenne mondiale.

Selon les calculs de Global Footprint Network, les besoins de l'humanité ont commencé à excéder les capacités productives de la Terre en 1986. Depuis, sous l'effet de l'augmentation de la population mondiale, la date à laquelle l'humanité a épuisé les ressources théoriquement produites en un an n'a cessé d'avancer. En 1996, notre consommation dépassait de 15 % la capacité de production du milieu naturel, et le "jour du dépassement" tombait en novembre. En 2007, c'était le 6 octobre (en 2006, le 9 octobre...)

DISPARITÉS

L'outil utilisé par le Global Footprint Network permet de quantifier l'évolution de la consommation de ressources dans le temps et de sensibiliser aux conséquences de leur surexploitation. Il autorise aussi des comparaisons entre régions du monde. Les habitants des Emirats arabes unis ont l'empreinte écologique la plus élevée : chaque habitant consomme chaque année l'équivalent de 12 hectares globaux. Les Américains les suivent de près, avec 9,5 ha. La France se situe au 12e rang mondial, avec un peu moins de 6 ha. Les habitants du Bangladesh, de la Somalie et de l'Afghanistan sont les plus petits consommateurs de ressources au monde, avec moins d'un demi-hectare.

 

Gaëlle Dupont, article paru dans lemonde.fr du 25.09.08

 

 

 

attention, une "crise" peut en cacher une autre !

(d'une gravite incomparable)



 

et quand on voit la panique actuelle qui regne chez les "elites" de la planete, il est plus que temps de comprendre que l'heure est venue de prendre notre destin en main et de transformer des aujourd'hui et radicalement notre maniere de penser et de se comporter en redonnant avec bon sens et anticipation.

 

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"On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l'ont engendré"

(Albert Einstein)

 

 

"Il ne s’agit pas de préparer un avenir meilleur mais de vivre autrement le présent"

François Partant

Par Gaelle Dupont - Bernard Grignon
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Vendredi 24 octobre 2008


 

Attention : une crise systémique peut en cacher... une autre. Tel est le message que nous délivre un de nos amis, administrateur de la Ligue ROC que je préside. Plutôt que de le plagier, il est plus correct de lui laisser la parole. Son nom: Emmanuel Delannoy. Le site Internet de l'association dont il est le directeur: www.inspire-bio.org. Comme nous, il n'est ni optimiste, ni pessimiste mais déterminé à agir...

 

De rebondissement en rebondissement, la crise des subprimes ressemble de plus en plus à cette crise systémique que certains experts semblaient craindre par-dessus tout.

Une chose est certaine: les dégâts économiques seront considérables. Au plan mondial, ce sont au bas mot des centaines de milliards de dollars de pertes qu'il faudra d'une manière ou d'une autre assumer.


Conséquences humaines

Des conséquences humaines terribles sont à craindre. Déjà, il y a quelques mois, les émeutes de la faim étaient la conséquence, entre autres causes, d'un report de la spéculation depuis des produits dérivés devenus trop risqués vers les matières premières et les denrées alimentaires.

Plus discret dans le bruit de fond médiatique, un autre effondrement pourrait lui aussi finir en crise systémique. Le déclin continu des populations d'abeilles et celui des pollinisateurs sauvages ne resteront pas sans conséquences : 35% de la production mondiale d'aliments d'origine végétale (fruits, légumes, oléagineux) dépend de leur travail. Une étude récente évalue le poids économique mondial de la pollinisation à 153 milliards d'euros.

Les conséquences de cette crise-là sont déjà tangibles : aux États-Unis, une baisse de production de fruits et légumes a été constatée cette année, due à une pénurie des ruches louées pour polliniser champs et vergers. Cette baisse de production s'est immédiatement répercutée sur les prix des fruits et légumes.

Crise financière contre déclin des pollinisateurs: les conséquences économiques sont comparables.

Les conséquences humaines des deux crises s'additionnent: les émeutes de la faim prendront une nouvelle dimension si, en plus des effets de la crise financière, la production agricole venait à chuter, faute de pollinisation.


Abeilles et bourdons

Mais si le système financier a plusieurs fois surmonté des crises majeures, qu'en sera-t-il des abeilles et des bourdons, si aucun programme visant à restaurer leurs habitats et limiter les pollutions chimiques n'est mis en œuvre ? Pour les espèces disparues, la question ne se pose plus. Elles le sont à jamais.

60% des services rendus gracieusement à l'humanité par les écosystèmes sont dégradés, selon le Millenium Ecosystem Assessment. La pollinisation en est un, parmi une longue liste comprenant, entre autres, la stabilité et la fertilité des sols, la régulation du climat et des intempéries, le cycle de l'eau et du carbone, ou encore la stabilisation de la composition chimique des océans. Laisser sans réagir se poursuivre le déclin de ces services écologiques serait la pire des attitudes possibles: les conséquences économiques et sociales seraient telles qu'en comparaison, le chaos des places boursières de ces dernières semaines pourrait bien prendre des allures de léger divertissement.

Les États et les institutions financières internationales savent se mobiliser en situation d'urgence. Quand les enjeux ont été correctement évalués, les doctrines ne sont plus des obstacles aux décisions pragmatiques.

Ce que nous avons fait pour le système financier mondial, saurons-nous le faire à temps pour les écosystèmes, si indispensables au développement humain ?


Hubert Reeves & Emmanuel Delannoy pour Le Journal de Montréal (Canada) Le 12-10-2008 (Publié sur internet le 23-10-2008)

Par Emmanuel Delannoy
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Vendredi 21 novembre 2008



La société humaine se dirige de manière dangereuse au-delà des limites naturelles de la planète. Le changement climatique, la rareté de l'eau et de la nourriture, la sécurité énergétique et les dangers de la pollution sont parmi les problèmes urgents, de surcroît en cours d'aggravation accélérée, concernant la globalité du système qu'est la Terre.


C'est ce que confirment les participants au sommet organisé par le Programme International Géosphère-Biosphère (PIGB) et le Partenariat des Sciences du Système Terrestre. Ils notent le fait alarmant, selon les mesures récentes, de l'émission globale de carbone qui a crû plus vite que ce qui était prévu dans les scénarios du GIEC ne datant que de 5 ans.

Aujourd'hui, les conséquences de la crise financière menacent le système économique. Les conséquences de la crise du système écologique seront bien pires dans un laps de temps juste un peu plus long, fait remarquer le professeur Thomas B Johansson, expert en énergie de l'Université Lund. Alors qu'il est question de régler un problème à court terme, il faudrait saisir l'opportunité de régler ces problèmes de long terme, ajoute-t-il.

Les nouveaux accords économiques peuvent et doivent tenir compte des limites naturelles et mettre le rétablissement global sur une voie plus économe en carbone et ressources. Sur la base des tendances économiques récentes, il devrait y avoir une augmentation globale des températures de 4 à 6 degrés d'ici 2100, niveaux considérés comme catastrophiques selon le GIEC.

Des sociétés plus vertes permettraient de réviser les risques à la baisse tout en procurant une meilleure qualité de vie, en éliminant la pauvreté et en favorisant la cohésion sociale. A contrario, l'utilisation de la mesure conventionnelle de croissance par le PIB comme principal indicateur des politiques nationales a gravement induit en erreur, déclare le professeur Robert Costanza, économiste écologique à l'Université du Vermont. De nouvelles politiques devraient s'attacher à résoudre les problèmes en utilisant une approche intégrée des systèmes de la Terre, incluant toutes les interactions de l'homme avec l'environnement.

Le sommet, une activité de l'initiative de recherche « La planète en 2050 » du PIGB, réunit quatre groupes de travail : technologie énergétique, utilisation de terres, culture-développement-économie, et échanges avec le système Terre, dans le but de définir des visions souhaitables de la planète en 2050 et identifier les moyens, obstacles et opportunités. Il publiera bientôt un rapport public.

La situation requiert une action urgente, l'équivalent d'une mobilisation de temps de guerre. Il s'agit de mettre en œuvre des solutions collectives à travers de meilleures politiques gouvernementales, de meilleures pratiques industrielles et de meilleurs comportements de la part des consommateurs. Des mesures immédiates sont aujourd'hui indispensables, rappelle le professeur Guy Brasseur, de l'US National Center for Atmospheric Research et un des initiateurs de la rencontre. A long terme, des systèmes d'éducation différents sont requis, afin de réconcilier les êtres humains avec le reste de la nature, ajoute-t-il.


Sur http://www.notre-planete.info/, le 20/11/2008


Par Planète info
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Lundi 16 février 2009







« Les données de cette étude portent sur nos espèces d'arbres les plus stables, les plus résistantes, » précise Jerry Franklin, l'un des coauteurs de l'étude publiée par le journal "Science".






La mortalité a augmenté de façon spectaculaire, concerne toutes les espèces, et ne dépend pas de l'âge ou de la localisation des arbres. Elle a doublé dans les régions nord ouest en 17 ans, en Californie en 25 ans et dans les régions intérieures en 29 ans.

Les forêts sont plus clairsemées, constatent les chercheurs, ce qui écarte la cause d'une compétition entre espèces et cette mortalité accrue concerne également les jeunes sujets.

Les scientifiques attribuent ce phénomène à l'allongement des périodes de sécheresse durant l'été, en corrélation avec le réchauffement climatique. Ils ont étudié la possibilité que la pollution atmosphérique soit responsable de cette mortalité, sans résultat probant.

« Le réchauffement de la région et le déficit hydrique qui en résulte sont parmi les causes vraisemblables de cette augmentation de la mortalité des arbres, » écrivent-ils.



« Nous constatons les effets du réchauffement sur l'ensemble du continent, » déclare Tom Veblen, l'un des coauteurs de l'étude. « Il est très vraisemblable que la mortalité des arbres s'accroisse avec l'augmentation des températures. »

C'est la première fois qu'une étude de ce type est menée. M. Franklin estime que cette augmentation de la mortalité est générale et concerne également les autres forêts américaines.

Les arbres morts libérant du carbone dans l'atmosphère, si cette mortalité continue de croître, les puits de carbone que sont les forêts seront compromis. A l'heure actuelle, l'ensemble des forêts mondiales stocke autant de carbone que la quantité présente dans l'atmosphère.

« Au mieux elles captureront moins de carbone dans l'atmosphère, » indique M. Franklin. « Les forêts les plus anciennes, les plus stables, devraient être préservées. Nous ne devons pas accélérer ce processus. »

Les arbres âgés contiennent beaucoup plus de carbone que les jeunes, précise M. Franklin. Il n'y a aucun moyen de capturer ce carbone qui est libéré lorsqu'on les abat. Il faudrait tenir compte de cette réalité et s'engager à préserver les forêts anciennes lors du prochain sommet sur le climat à Copenhague, dit-il.



Depuis les années 1980, les scientifiques ont constaté que les forêts souffraient également de la pollution, des pluies acides, de l'augmentation du taux d'ozone en surface, ainsi que de l'accroissement du rayonnement ultra-violet. Le déclin des forêts américaine a été décrit dans l'ouvrage « La mort des arbres » publié en 1995 par le scientifique Charles E. Little. Il avait alors prévu que la désertification s'étendrait, et envisageait la disparition des érables dans les forêts du nord ouest du continent américain. Little estimait qu'une limite avait été franchie avec le réchauffement, mettant en péril les forêts.



Tous les experts s'accordent sur le fait qu'il est urgent de réduire les émissions de carbone et de combattre la déforestation.



Article sur http://contreinfo.info/, le 24 janvier 2009









Pour des idées d'actions, voir la rubrique "S'informer et agir" de ce même blog




Par Jerry Franklin
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Mardi 17 février 2009

 


Depuis quelques années, sous la pression des industriels et des agriculteurs, des recherches sont menées pour améliorer certaines caractéristiques d'essence forestières ou fruitières. Ainsi, à titre d'exemple, de nombreux tests sont entrepris pour parvenir à diminuer le taux de lignine (1) de certains arbres. Pour cela, les arbres sont modifiés génétiquement, sachant que les espèces privilégiées sont le peuplier et le bouleau, avec des essais actuellement en cours en France, en Grande-Bretagne et en Finlande, notamment. Ailleurs, en Chine, en Espagne, au Brésil, etc. d'autres essences font l'objet de divers essais visant, par exemple, à augmenter la vitesse de croissance, la résistance aux insectes ravageurs, ou encore la production de fruits. A ces pays, on devrait bientôt pouvoir de nouveau ajouter la Belgique avec un projet d'essai en plein champ de peupliers OGM, manipulés aux fins de produire un biocarburant de deuxième génération.


Si en mai 2008, l'autorisation de cet essai avait été bloquée au motif que le Vlaams Instituut voor Biotechnologie (VIB), l'organisme demandeur, n'avait prévu aucun protocole d'évaluation spécifique des risques environnementaux liés au test, le Conseil d'Etat a débouté les ministres tenants de cette interdiction, en décembre dernier. C'est ainsi qu'hier, le ministre du climat et de l'énergie, Paul Magnette, et son homologue des affaires sociales et de la santé, Laurette Onkelinx, ont reconsidéré leur opposition première.

Notons toutefois que ce revirement a été facilité par l'acceptation, par le VIB, de se conformer, entre autres, au suivi d'un "protocole renforcé d'évaluation environnementale de la faune et de la flore (insectes et sols)".

Néanmoins, la mise en place de ce qui est considéré politiquement comme un "strict encadrement de l'essai" ne répond pas aux risques de contamination et, plus particulièrement, de la dissémination d'un gène marqueur de résistance aux antibiotiques, dont on se demande bien l'intérêt pour la production d'agrocarburants.



Pascal Farcy, sur http://www.univers-nature.com




1- Le bois est principalement composé de cellulose (65 à 80%) et de lignine. La cellulose, à l'origine des fibres du bois, offre une résistance mécanique exceptionnelle en traction et en compression, mais, à l'inverse, ses performances transversales sont quasiment nulles. La cohésion transversale du bois est assurée par la lignine, laquelle imprègne la cellulose pour augmenter sa durabilité (y compris aux insectes et autres champignons) et sa résistance. En conséquence, les papetiers recherchent des bois pauvres en lignine, tandis que les secteurs du bâtiment, de l'ameublement et de l'énergie privilégient les bois qui en comptent le plus.

 

 

 

 

 

 

Pour en savoir plus sur les agrocarburants, les OGM, les problèmes d'alimentation dans le monde et l'effondrement en cours de la biodiversité, vous pouvez lire les articles concernant ces questions sur ce même blog, mais également, entre autres et plus spécifiquement sur les pesticides et les "carburants de subsitution", sur celui de Fabrice Nicolino : http://fabrice-nicolino.com/biocarburants/

 

Par Pascal Farcy
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