Depuis sa création il y a quatre ans, le Collectif Solidarité Migrants Oise et le Réseau Education Sans Fontières (RESF) mènent dans notre département une lutte exemplaire et sans relâche aux côtés des Sans Papiers confrontés à une véritable xénophobie de gouvernement. Cette politique d'une extrême brutalité conduit à l'expulsion de milliers d'étrangers, remet en cause les droits les plus fondamentaux de la personne et sème une telle terreur que certains en arrivent à se défenestrer.
Grâce à l'action militante, les résistances se multiplient pourtant et les luttes des Sans Papiers sont de plus en plus soutenues par l'opinion publique.
De telles avancées n'auraient pas été possibles sans l'implication active de nombreux citoyens et organisations, du syndicalisme enseignant en particulier. Ainsi, lors des moments de mobilisation les plus intenses, quelques militants du RESF ont-ils pu très exceptionnellement bénéficier d'Autorisations Spéciales d'Absence (ASA) délivrées par les Sections de l'Oise de la FSU et et de l'UNSA, organisations membres du RESF. Chaque organisation syndicale représentative se voit en effet attribuer un tel contingent de journées réservés à l'animation de la vie syndicale. Pour les militants du RESF, dont aucun ne bénéficie d'une quelconque décharge de service, c'est là le seul moyen d'être solidairement aux côtés de ceux qui luttent ou sont menacés dès lors que cette présence est indispensable.
Ainsi en a-il été quand les marcheurs Sans Papiers du CSP 59 ont traversé l'Oise pour se rendre de Lille à Paris. Deux militants de la FSU et de Solidarité Migrants Oise ont activement travaillé à l'organisation de leur accueil sur 1 jour pour la première et 2 jours pour le second.
De plus en plus isolé pour appliquer la politique du chiffre (28 000 expulsions en 2008!) dictée par le trio Sarkozy/ Fillon/ Hortefeux, le préfet de l'Oise a choisi la répression, souvent le dernier argument quand on a perdu la bataille des idées. Il a ainsi décidé de sanctionner ces 2 militants en transformant ces ASA en retraits de salaire! Une telle décision est particulièrement grave pour 2 motifs au moins :
- Elle représente un acte de répression visant à abattre l'un des seuls mouvements de résistance qui parvienne à mettre en échec une politique dévastatrice pour les acquis sociaux, les libertés individuelles et collectives. En s'en prenant au RESF, c'est tout le mouvement social que ce gouvernement et ses préfets zélés entendent dompter.
- Elle tend à remettre en cause l'indépendance syndicale même. Les militants syndicalistes n'ont de compte à rendre qu'aux syndiqués et ce n'est évidemment pas à l'employeur de définir les buts et les moyens de l'action syndicale. " Je ne paie pas des fonctionnaires pour qu'ils organisent des manifestations. " aurait déclaré le préfet de l'Oise. Et bien tout au contraire, nous pensons que la protection de nos élèves, fussent-ils étrangers, est sans doute le premier devoir du syndicalisme enseignant.
Un avertissement nous avait déjà été adressé lorsque Solidarité Migrants Oise avait permis la venue de Mr Stéphane HESSEL au Collège Charles Fauqueux de Beauvais. Qu'au moment même où l'on a jamais tant parlé d'éducation à la citoyenneté, les principaux représentants de l'Etat dans ce département dénient toute légitimité à un échange entre des collégiens et un ancien déporté, héros de la résistance et co-rédacteur de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme illustre toute l'hypocrisie des déclarations officielles et la gravité des dérives qu'entraîne cette politique de chasse aux étrangers.
Devant cet acte répressif, nous appelons l'ensemble des organisations de progrès, qu'elles soient syndicales, associatives et politiques, des élus et citoyens à manifester leur désapprobation en adoptant et faisant adopter des motions de solidarité.
Quant aux militants engagés dans cette lutte, que ce gouvernement et ce préfet ne s'y trompent pas, ils n'entendent ni baisser les bras, ni renoncer. La force et la légitimité de leurs convictions et de ce combat ne sauraient être atteintes par des décisions aussi basses et arbitraires.
Plus que jamais, on continue ! Fraternellement.
C/o Jean-Michel BAVARD - 11, rue Mathéas - 60000 Beauvais
Tél.: 03 44 45 25 88/ 06 71 93 15 19 - Mel: jmbavard@club-internet.fr
ou Francis DESCROIZETTE - 13 rue de La Poste - 60155 RAINVILLERS
Tel.: 03 44 84 40 48/ 06 71 43 23 76 - Mel: francis.descroizette@wanadoo.fr
Octobre 2007, Paris18° La Goutte d'or, Ecole élémentaire d'application Cavé: population immigrée ou d'origine 90°/ , Parents en situation dite irrégulière: 30? 50 familles? Plus? Une grande banderole, très haut placée dit la solidarité avec les familles en détresse. En Octobre Un journaliste de Charlie Hebdo suit le quotidien des élèves . Il les croque dans la cour et en classe. Dans le CP de Dominique Piveteaud ce jour là, on a fait de la pâtisserie et on fait le son F, F comme farine. Le journaliste est là aussi le soir, à la réunion parents, enseignants, RESF. Les enfants sont très fiers de se retrouver dans le journal et, à la demande des parents qui pour une fois ont le sentiment d'être reconnus, Dominique Piveteaud enseignant de CP, maître d'application, va leur montrer le journal et s'en servir de support de lecture. Voila son crime résumé en peu de mots.
Dominique Piveteau est menacé par l'inspecteur d'académie de mutation d'office et de se voir retirer sa mission de former les jeunes enseignants parce que ; il fait de la pâtisserie et a osé faire lire sur Charlie Hebdo.
L'inspectrice, Madame Boniface est bien connue de nos services; ses pratiques de harcèlement également. Elle a manifesté à plusieurs
reprise son agacement devant la banderole (trop haut; on ne peut pas y toucher) et devant le fait que la page de Charlie soit affichée dans l'école.
Alors bien entendu, Dominique Piveteaud ne passe pas en justice; on préfèrerait; il pourrait se défendre et l'accusation ne tiendrait pas , il n'est pas non plus menacé de révocation
juste de mutation d'office et de se voir priver de former les futurs enseignants. Mais ne nous y trompons pas ; après lui, viendront les autres; moi ,nous vous. Lorsque sur simple
accès nerveux d'une inspectrice, fusse-t-elle folle à lier, ou pas, on déplacera les enseignants en leur retirant le bénéfice de leurs diplômes professionnels ; l'état de droit aura vécu.
Là, on lie liberté pédagogique et RESF sous le même tir.
Les enseignants de ces quartiers sont pris en tenaille entre une école qui doit protéger et un état qui expulse. Ceux qui ont une haute idée de leur mission, à savoir défendre leurs élèves et les monter haut, hors la misère et la peur, à coups de mots et d'engagements, ceux qui n'ont jamais compté leurs heures sont les vrais héros, l'honneur de la profession; on leur doit respect et solidarité . Signez faxez etc...
Envoyer textes et lettre de soutien à Dominique Piveteau école Cavé rue Cavé Paris 75018
Télécopie : 01 42 23 43 60 ; ils feront suivre.
Protestez aussi auprès de Monsieur Rosselet inspecteur d'académie,
Rectorat de Paris av Gambetta 75020