Selon de nouvelles études, la consommation frénétique des ressources naturelles plonge notre planète de plus en plus tôt dans la dette écologique, également appelée ''dépassement''
Le 9 octobre 2006, de nouveaux calculs ont été rendus publics. De ce jour à la fin de l'année 2006, nous avons vécu au-dessus de nos moyens écologiques. Cette étude, effectuée par le groupe américain Global Footprint Network, en collaboration avec la NEF (New Economics Foundation) et Best Foot Forward, révèle qu'à partir de ce moment, l'humanité avait épuisé toutes les ressources que la nature pouvait régénérer pour cette année, et entamé ainsi son capital écologique.
Chaque année, le jour de la dette écologique, fréquemment appelé jour du dépassement sur la scène internationale, désigne le moment où l'économie mondiale commence à fonctionner sur le mode du déficit écologique. Il s'agit du moment où les ressources environnementales de la planète tombent dans le rouge : désormais nos chances de régénération des ressources sont quasi nulles.
Pour 2006, le jour de la dette écologique est tombé le 9 octobre, aux trois quarts de l'année. Nous vivons donc largement au-dessus de nos moyens environnementaux. Le résultat net est la raréfaction inévitable des ressources. Du 9 octobre jusqu'au 31 décembre, l'humanité a été en situation de dépassement écologique, accumulant une dette toujours plus importante à force de consommer plus que ce que la planète ne peut régénérer.
On appelle ce phénomène : le sujet le plus grave dont vous n'avez jamais entendu parler, et pourtant, sa logique est imparable. Si nous mangeons plus que ce qui pousse chaque année, nous devons puiser dans les réserves. Si nous coupons les arbres plus vite qu'ils ne peuvent repousser, nos forêts disparaissent. Si nous pêchons plus de poisson qu'il n'en naît chaque année, la mer se vide de sa faune.
Avec une consommation en pleine croissance, le jour où nous commençons à vivre au-dessus de nos moyens débarque sournoisement de plus en plus tôt dans l'année :
- L'humanité a contracté sa première dette écologique mondiale en 1987, le jour en question étant le 19 décembre ;
- En 1995, le 21 novembre, on avait perdu un mois ;
- Le lundi 9 octobre 2006, les nouvelles estimations basées sur les dernières données disponibles indiquaient que nous venions d'épuiser nos ressources écologiques pour 2006.
Andrew Simms qui dirige la politique de la NEF nous explique que : Nous faisons deux erreurs en vivant autant au-dessus de nos moyens et en contractant des dettes écologiques. Tout d'abord, nous empêchons des millions de personnes dans le monde de pouvoir subvenir à leurs besoins, alors qu'ils manquent déjà de terres, de nourriture et d'eau potable. Ensuite, nous mettons en danger les mécanismes de survie de la planète.
Chaque année le réseau Global Footprint calcule l'empreinte écologique de l'humanité (c'est-à-dire la demande mondiale sur les écosystèmes naturels), et la compare avec la biocapacité globale, soit la capacité des écosystèmes à régénérer les ressources et absorber les déchets. Partenaire de Global Footprint, la NEF innove à travers la traduction des bases de données de Global Footprint en un calendrier annuel afin de déterminer le jour exact à partir duquel la population globale commence à vivre avec un déficit écologique.
Mathis Wackernagel, directeur de Global Footprint Network a déclaré que L'Humanité n'arrête pas de débiter sa carte de crédit écologique, et cela n'est possible qu'en liquidant les resources naturelles de la planète. On peut vivre dans le rouge de façon temporaire, mais le dépassement nous mène obligatoirement à l'épuisement de resources telles que les forêts, les océans et les terres cultivables sur lesquelles notre économie repose.
En d'autres termes, la Terre aura besoin de plus d'un an et trois mois pour régénérer ce que nous utilisons en une seule année. Le réchauffement rapide du climat, la déforestation, l'effondrement de la pêche, la disparition des espèces, l'approvisionnement instable en énergie, le manque d'eau, ou encore le mauvais rendement céréalier, sont tous des conséquences évidentes de ce dépassement écologique.
La science de l'épuisement des réserves est sans équivoque. Si nous voulons offrir un futur viable à nos enfants, il faut absolument réduire la demande, améliorer l'efficacité de nos systèmes et passer à l'énergie renouvelable. Faire des calculs pour savoir à partir de quel jour nos ressources globales et personnelles sont épuisées, est un moyen parlant de faire prendre conscience des limites de la planète ajoute Craig Simmons, co-fondateur de Best Foot Forward, autre partenaire de Global Footprint Network basé au Royaume-Uni.
Le déficit écologique fait grimper chaque année la dette écologique globale. Avec une facture souvent payée par ceux qui sont le moins en cause. La seule façon d'équilibrer notre budget et d'en finir avec les dépassements est d'en demander moins à notre planète.
Il est possible d'arrêter les dépassements. En contrôlant dans un premier temps l'état de nos ressources à l'aide d'outils tels que l'empreinte écologique, également en travaillant ensemble dans le but d'équilibrer notre budget écologique. Nous devons protéger nos écosystèmes et améliorer leur productivité, augmenter l'efficacité de l'utilisation de nos ressources, et diminuer la consommation individuelle là où la surconsommation est devenue la règle. Si nous respectons ces principes, alors nous pourrons réduire notre empreinte globale et notre dette écologique.
Traduction : Karine Belhache pour Planète Urgence
http://www.infosdelaplanete.org - New Economics Foundation, le 09-10-2006
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