Jeudi 1 juin 2006 4 01 /06 /2006 10:36

Les 4 idées-forces de l'écologie politique

 

La décroissance soutenable

 

Une croissance économique infinie sur une planète aux ressources limitées est irréaliste. Ce concept irrationnel ne perdure que grâce à l'exclusion du paramètre écologique de la science économique. Aujourd'hui, 20 % de la population mondiale, les pays riches, dont la France , consomment 80 % des ressources planétaires. Le coût de ce niveau de « développement » est le pillage des ressources naturelles et l'asservissement économique de populations entières. Pour un partage de manière équitable et durable, entre tous, des ressources renouvelables d'une planète dont nous avons largement dépassé les limites, les populations « surconsommatrices » doivent réduire leur production et leur consommation. Toute surconsommation d'un individu ou d'un groupe, dans un univers terrestre aux ressources non-extensibles, ne peut se faire qu'au détriment des autres, présents et futurs. Ainsi, seule la décroissance permettra à chacun et à chacune de trouver une place sur la planète. Cette décroissance passe par la relocalisation de l'économie et le démantèlement des multinationales. Produire et consommer localement, en privilégiant les échanges humains, est une priorité locale et planétaire.

 

Se libérer de la société de consommation

 

Le propre de la « société de consommation » est de considérer cette consommation comme une fin en soi et non comme un moyen. La publicité et les grands médias, aux mains des multinationales, imposent un modèle idéologique orwellien dans lequel l'humain est réduit à sa seule dimension économique : consommateur. Cette idéologie est humainement destructrice, socialement déstructurant et criminogène, écologiquement suicidaire, politiquement antidémocratique et économiquement nocive. Rompre avec ce discours totalitaire est la condition pour tendre vers un monde plus "humain", fraternel, juste, démocratique et respectueux des limites naturelles. Nous devons réaffirmer le primat de nos dimensions poétique, culturelle, philosophique et politique sur le moyen économique.

 

Le progrès en question

 

La « technique » est la nouvelle religion de notre civilisation. Il est paradoxal que la science, fondée sur le doute, soit passée au rang de croyance, de nouvel obscurantisme, pour les sociétés « modernes ». Pourtant, toute évolution technique n'est pas un « progrès » pour l'humain. « Science sans conscience n'est que ruine de l'âme » et le « nouveau » n'est pas une valeur en soi. Le nucléaire, l'automobile, les OGM . . . représentent autant de périls pour l'humanité que pour la biosphère. La crise écologique, comme les problèmes humains et sociaux ne trouveront des réponses que de manière très partielle dans les techniques économiques ou scientifiques, du type développement durable. Les vraies réponses sont politiques, culturelles, philosophiques. De plus, apporter des solutions inadaptées à une problématique ne fait qu'aggraver les problèmes.

 

 

Resituer le pouvoir

 

Ecolo se situe clairement dans une démarche d'inflexion, et non de prise du pouvoir. Il convient de distinguer le pouvoir formel du pouvoir réel : plus un homme ou une femme, politique monte dans la pyramide de la démocratie représentative, plus sa marge de man?uvre se réduit. Il devient « gestionnaire » de contraires : intérêts, lobbies, corporatismes . . . A contrario, une personne n'ayant aucune charge représentative dispose d'une marge de man?uvre maximale et peut opérer des ruptures radicales par ses choix de vie. Il ne s'agit en aucun cas de dévaloriser la fonction du politique, bien au contraire, mais de relativiser la notion de pouvoir et de faire partager la responsabilité de la conduite de la société à l'ensemble des individus qui la composent. Un changement non-violent, non-autoritaire n'est possible que grâce à un engagement actif des individus, permettant d'aller vers une démocratie plus participative.

 

Néanmoins, l'engagement en politique demeure fondamental, car toute évolution collective n'est désirable que si elle est librement consentie, c'est à dire au travers du système démocratique, seul garant de nos libertés individuelles.

 

 

Si les pays riches de la planète, c'est-à-dire l'Europe, le Japon et l'Amérique du Nord, ne rompent pas radicalement avec l'idéologie de la croissance illimitée, l'humanité tout entière encourra alors le plus grand des dangers et risque de disparaître. Ces pays représentent 20 % de la population mondiale et consomment 80 % des ressources naturelles de la planète.

 

 

Durant le XXe siècle, la population de la planète, la production et la consommation ont connu une explosion sans précédent. La planète arrive aujourd'hui au bout de ce qu'elle peut nous donner.

 

 

Les bouleversements climatiques le démontrent. La pression exercée sur la nature par la partie nantie de l'humanité met en péril les équilibres écologiques planétaires. Ces équilibres conditionnent notre survie sur la Terre.

 

Dans 50 ans, au rythme de consommation actuelle, la plupart des ressources fossiles auront disparu ; pétrole, gaz, uranium deviendront rares et inaccessibles. Néanmoins, il est prévu actuellement d'ici à 20 ans le doublement du parc automobile et de la consommation énergétique mondiale !

 

 

"Il n'est pas de croissance infinie possible sur une planète où les ressources sont limitées."

 

Or, le modèle culturel, social et économique de nos sociétés riches demeure assis sur la croyance irréaliste d'une croissance sans fin. Nous baignons dans l'idéologie de la consommation. Ainsi, la publicité, devenue un véritable système de propagande idéologique nous répète inlassablement que le sens de nos existences serait dans une consommation toujours plus effrénée. Notre intérêt est inverse.

 

Les pays riches doivent apprendre au plus vite à consommer mieux pour consommer moins.

 

S'il est fondamental, le système politique ne pourra que partiellement concourir à ce changement radical, sous peine de sombrer dans le totalitarisme. Si nous voulons conserver l'essentiel, c'est-à-dire notre liberté, la réponse devra d'abord être de notre responsabilité. C'est en changeant nos modes de vie individuellement que nous ferons évoluer le système globalement. Ce n'est en effet pas en corrigeant les "excès" de notre monde actuel, grâce à des mesures techniques, que nous y parviendrons, mais bien en inventant une nouvelle civilisation, riche de certaines de nos valeurs actuelles, mais radicalement différente, philosophiquement et culturellement.

 

Nos propositions :

 

- Le partage planétaire des ressources.

 

- La remise en cause de l'idéologie de consommation. Une idéologie basée sur une croyance irrationnelle en la capacité infinie de la nature à absorber notre expansion et au caractère illimité des ressources naturelles. Donc, Ecolo promeut :

 

ü      La réduction drastique de la consommation et le changement radical de mode de consommation des pays riches.

 

ü      Le refus de l'économie de croissance et la re-localisation de l'économie ; le démantèlement des multinationales ; la promotion de petites entités indépendantes (par exemple la distribution : fin des franchises, de la grande distribution, au profit de commerces de proximité indépendants) ; des services publics non-privatisés.

 

ü      Des services publics de base non-privatisable (accès à l'eau, à l'éducation et la culture, aux transports en commun).

 

ü      La réduction de la consommation énergétique des pays riches. L'arrêt de la consommation d'énergies fossiles, la sortie du nucléaire, la promotion des énergies renouvelables.

 

ü      Le refus de l'hyper mobilité. La sortie de l'automobile et de l'aviation. La promotion de la marche à pied, de la bicyclette, des transports en commun, de la marine à voile.

 

ü      La fin de l'agriculture et de l'élevage intensif au profit d'une agriculture paysanne délivrée de la chimie. La fin des aides à l'alimentation carnée.

 

ü      L'accès à l'éducation, à la culture et au logement, pour tous.

 

ü      Le respect de la biodiversité.

 

ü      Le respect du monde animal. Ecolo combat toute forme de cruauté envers les animaux (corridas, élevage intensif, expérimentations inutiles, prélèvement de fourrure et de quelconques organes, ?)

 

- Ecolo souhaite la fin de la résolution des conflits humains par la violence, et notamment la violence armée. Ecolo considère comme une honte pour son pays de devoir l'équilibre de sa balance commerciale à sa position de deuxième ou troisième pays exportateur d'engins de mort et milite pour la suppression de la fabrication des armes guerrières sur la planète.

Site à consulter ? http://www.ecolo.asso.fr/

 

Par Bernard Grignon - Publié dans : Décroissance - Croissance économique
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