Les Amis de la Terre publient aujourd’hui la version 2008-2009 de leur guide éco-citoyen «Environnement : comment choisir ma banque ?», en partenariat avec la CLCV. L’association a analysé les impacts environnementaux et sociaux des différentes activités des grandes banques françaises afin d’informer les citoyens de l’utilisation qui est faite de l’argent qu’ils confient à leur banque, et les pousser à modifier leurs pratiques. Ceci sera t'il persuasif dans un monde où la crise financière mine les places de marché et inquiète les consommateurs ?
La publication du guide « Environnement : comment choisir ma banque ? 2008/2009 » intervient un an et demi après la première version. Basé entre autres sur l’expertise de BankTrack, le réseau international d’ONG travaillant sur la finance dont les Amis de la Terre sont membres, le guide 2008-2009 confirme ce que son prédécesseur révélait déjà : de trop nombreuses banques françaises sont impliquées dans des projets controversés aux impacts sociaux et environnementaux lourds. Yann Louvel, chargé de campagne Finance privée aux Amis de la Terre, résume les résultats obtenus : «Les grandes banques de réseau françaises ont des activités et des métiers extrêmement diversifiés, aux impacts aussi disparates. Les analyses que nous avons menées ont permis de distinguer trois groupes de banques bien différents en fonction des impacts induits par leurs activités.»
Le classement des Amis de la Terre
Les banques françaises les plus risquées sont BNP Paribas, la Société Générale et le Crédit Agricole. Elles font partie des plus grandes banques internationales de par leur activité de banque de financement et d’investissement, et sont chacune impliquées dans plus d’une dizaine de projets controversés à travers le monde. Le guide développe deux exemples : la centrale nucléaire de Belene, en Bulgarie et le projet pétrolier et gazier de Sakhaline II, en Russie. Sébastien Godinot, coordonnateur des campagnes aux Amis de la Terre, explique : « Malgré de nombreuses manifestations et un engagement du PDG du groupe, Baudouin Prot, BNP Paribas est toujours impliqué dans le projet dangereux et obsolète de Belene. De même, malgré une controverse internationale depuis plusieurs années, BNP Paribas a décidé de financer le projet Sakhaline II en juin dernier au mépris de toute considération environnementale et sociale. L’étude d’impact environnemental du projet a même été falsifiée par Shell, comme l’a révélé The Guardian au début du mois. Auparavant, la Société Générale avait déjà financé Gazprom dans le projet, à hauteur d’un milliard de dollars».
On retrouve ensuite la Banque Postale, la Banque Populaire, la Caisse d’Epargne et le Crédit Mutuel-CIC, dont l’impact des activités est faible à modéré. Certaines caisses régionales des établissements mutualistes, ou certaines de leurs filiales (Natixis surtout) sont en effet impliquées dans certains projets controversés, mais leurs activités restent principalement limitées à la banque de détail et au territoire français.
Enfin, les activités de la Nef et du Crédit Coopératif ont des impacts positifs. Yann Louvel conclut : « La Nef est la seule institution financière à avoir pour mission de ne financer que des projets dans les domaines environnemental, social et culturel. De plus, elle est également la seule à publier chaque année la liste des projets qu’elle finance, avec le montant du prêt octroyé et une description des activités financées.»
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