Jeudi 5 mars 2009 4 05 /03 /2009 09:57





Publication des comptes 2008 d'Areva - Areva au bord de la faillite : l'argent public ne doit pas renflouer l'industrie nucléaire

 



Pertes colossales sur le chantier de l'EPR de Finlande, facture de 2 milliards du fait du départ de Siemens, plusieurs investissements insensés aux USA, 60% de baisse en bourse en quelques mois, Areva est au bord de la faillite. L'industrie nucléaire française est sinistrée et ne doit pas être renflouée par l'argent public, lequel doit aller aux énergies renouvelables.

L'entreprise nucléaire Areva publie ce soir ses comptes pour l'année 2008. D'ores et déjà, on peut annoncer que ce supposé "fleuron" de l'industrie française est au bord de la faillite et attend que ce soit l'argent public qui, une nouvelle fois en France, vienne au secours d'une industrie nucléaire défaillante.


Areva est à la recherche de près de 3 milliards d'euros pour simplement boucler son budget 2009, et a déjà annulé, le 25 novembre 2008, son projet d'exploitation de la mine d'uranium Midwest au Canada. Autre déconvenue majeure pour Areva qui attendait beaucoup de ce marché : le 5 décembre, l'Afrique du Sud a annulé les 12 réacteurs qu'elle prétendait faire construire.


Pendant ce temps, le chantier EPR d'Areva en Finlande, lancé en février 2005, tourne au désastre : déjà 38 mois de retard et 2,4 milliards d'euros de pénalité demandés par les Finlandais aux Français. Vendu 3 milliards d'euros, ce réacteur coûte donc en réalité 5,4 milliards. En attendant de nouveaux surcoûts...


De plus, le départ de Siemens, annoncé en janvier dernier, a pris au dépourvu Areva qui doit trouver 2 milliards d'euros de plus pour racheter parts détenues par son ancien allié. A la bourse de Paris, la cotation d'Areva est passée de 820 euros en juin dernier à 325 à ce jour - 60% !


Par ailleurs, la plupart des projets de construction de réacteurs annoncés ces derniers mois, et qui pourraient représenter des marchés pour Areva, restent parfaitement virtuels : lors des déplacements à l'étranger de M Sarkozy (Libye, Algérie, Maroc, Abou Dhabi, Arabie Saoudite, Jordanie, Afrique du Sud, Estonie, etc), de simples "accords de coopération" ont été signés : bien qu'il y soit souvent fait mention de l'éventualité de construire des réacteurs EPR, ces documents n'engagent absolument à rien.


Ainsi, les 4 et 24 février dernier, l'Elysée a bluffé en célébrant la supposée "vente" de deux EPR à l'Inde et d' "au moins 4 EPR" à l'Italie : il est facile de faire de telles annonces, bien plus difficile - surtout en ces temps de crise mondiale - de trouver les immenses financements nécessaires pour construire réellement ces réacteurs.


Autre marché visé par Areva et qui tourne à la déconfiture : les USA. Le plan de relance de M. Obama a attribué zéro dollar au secteur nucléaire... qui espérait 50 milliards. La plupart de projets de réacteurs sont gelés, et les rares qui avancent réellement sont portés par les concurrents américano-nippons d'Areva (Westinghouse/Toshiba et General Electric/Hitachi).


Pourtant, Areva investit aveuglément aux USA pour participer à une supposée "renaissance" du nucléaire de plus en plus virtuelle : en mai 2008, Areva a annoncé avoir retenu le site de Bonneville, dans l'Idaho, pour produire du combustible nucléaire. Et en octobre 2008, Areva a annoncé investir plus de 360 millions de dollars dans l'Etat de Virginie pour fabriquer des composants lourds pour le secteur nucléaire américain.


De même, en Grande-Bretagne, Areva est tributaire d'éventuelles commandes d'EDF qui a racheté British energy au prix fort (juste avant la crise mondiale !). Mais EDF est lourdement endettée et a aussi perdu plus de 60% en bourse...


Incapable de reconnaître son échec programmé, Mme Lauvergeon est lancée dans une fuite en avant insensée qui a toutes les chances de se terminer par un désastre industriel et financier. Hélas, Areva étant détenue par l'Etat, ce sont les citoyens de France qui paieront la note le moment venu. Il est encore temps de mettre un coup d'arrêt à cette folie, et d'empêcher M Sarkozy d'utiliser l'argent public pour renflouer Areva. Comme le fait M Obama aux USA, c'est dans les économies d'énergie et dans les énergies renouvelables qu'il faut investir.



Communiqué du Réseau Sortir du nucléaire, le mercredi 25 février 2009


http://www.sortirdunucleaire.org

 

 

 



RAPPEL




Le moyen le plus simple, le plus efficace, le plus économique, immédiatement applicable, et accessible à tous est de diminuer immédiatement et drastiquement sa consommation énergétique : supprimer tout appareil non indispensable (il y en a beaucoup, beaucoup plus que ce que l'on croit...) et utiliser les autres le plus parcimonieusement possible !



De plus, chacun peut changer de fournisseur d'électricité (ET LE FAIRE SAVOIR : EDF, élus, médias, autour de soi)


Aujourd'hui une seule société militante est en mesure de proposer la traçabilité d'une électricité d'origine exclusivement renouvelable (*). Ce projet a été possible grâce à la mobilisation de plusieurs ONG d'environnement et de sympathisants mais l'avenir de son indépendance dépendra du réseau des écologistes à se mobiliser pour innover dans des moyens de production renouvelable et démocratique.

Les énergies renouvelables, comme le soleil, sont disponibles sur toute la planète et accessible à tous ses habitants. C'est en quelque sorte une énergie écologique et pacifique qu'il suffit de cueillir. Sans plus attendre il faut rassembler les personnes, associations, entreprises qui veulent coopérer ensemble pour développer les toits solaires comme une alternative crédible au nucléaire.



Enercoop 


11, rue des réglises
75020 Paris


Tel : 0 811 093 099 (prix d'un appel local)
Fax : 01 78 94 83 99



Par Sortir du nucléaire - Bernard Grignon - Publié dans : Energie
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 4 mars 2009 3 04 /03 /2009 11:34


A l'heure actuelle, 1 homme sur 2 et 1 femme sur 3 seront touchés par le cancer au cours de leur vie. Son incidence a doublé en 25 ans en France ; c'est la 1ère cause de mortalité en France depuis 2004 (depuis 2007 dans le monde), et la progression du cancer de l'enfant de 1% par an en Europe depuis 30 ans.

Malgré les avancées significatives dans les techniques de détection et les traitements, beaucoup de citoyens se posent des questions. Que faut il faire de plus pour empêcher cette maladie de toucher tant de monde, et quelle somme d'évidences scientifiques faut il rassembler avant de passer à l'action ?

Il est indispensable et urgent prévenir les cancers avant même qu'ils ne se manifestent. L'exposition à certaines substances chimiques synthétiques, comme les pesticides, est très probablement en cause dans l'épidémie de cancer, et donc il faut aller plus loin pour éliminer et réduire l'exposition à ces substances.


Une cyber @ction est visible en ligne :


http://www.cyberacteurs.org/actions/action.php?id=363


Êtes-vous inquiets de l'influence de la contamination environnementale sur la santé et sur le risque de développer un cancer ? Si c'est le cas, vous avez l'opportunité d'interpeller directement le gouvernement pour vous assurer que le nouveau Plan Cancer va couvrir ces facteurs de risque.


Aurèle Clémencin HEAL MDRGF*

Alain Uguen Association Cyber @cteurs

 



COMMENT AGIR ?


Sur le site, cette cyber @ction est signable en ligne :

 


http://www.cyberacteurs.org/actions/lettre.php?id=363



==========

*HEAL (Health And Environment Alliance, www.env-health.org), Alliance Européenne Santé-Environnement, qui travaille pour faire reconnaître les bénéfices sanitaires de la protection environnementale et le MDRGF (www.mdrgf.org) qui travaille plus particulièrement pour la réduction de l'utilisation des pesticides ont récemment lancé une campagne de sensibilisation sur les liens entre cancer et pesticides (www.pesticidescancer.eu).

Cette campagne est soutenue par différentes associations : ARTAC : Association pour la Recherche Thérapeutique Anti-Cancéreuse, WECF France : Women in Europe for a Common Future France, CNMSE : Coordination Nationale Médicale Santé Environnement, ASEF/ASEP : 

Associations Santé-Environnement France et Provence, AMIES : 

Association des Médecins Indépendants pour L'environnement et le Santé Publique, Carole Entraide Cancer (basée à Béthune) et ASS (Action Santé Solidarité - basée à Lons le Saunier).

 

 


  ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

 

 

Pour de plus amples informations concernant les liens entre santé et "environnement", je vous invite à consulter  les émissions "Terre à terre" de février 2009 :


http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/terre_a_terre/archives.php

 


Par cyberacteurs - MDRGF - Publié dans : Santé - Produits chimiques - Nucléaire
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 4 mars 2009 3 04 /03 /2009 11:01



INTOLERANCE AUX CHAMPS ELECTROMAGNETIQUES : LES RECHERCHES DE L'ARTAC


FEVRIER 2009

 



Il y a six mois, je n'avais pas connaissance de ce que de nombreux malades appellent l' "électrohypersensibilité'' indique le Pr Dominique Belpomme, président de l'ARTAC. Après avoir examiné une quarantaine de ces personnes, je me suis rendu compte qu'il s'agissait de vrais malades, comme le sont ceux que je soigne l'Hôpital Européen Georges Pompidou. Au nom du principe de précaution, les pouvoirs publics doivent donc prendre rapidement des mesures sur l'utilisation des technologies sans fil, principalement les antennes relais, le wifi et la téléphonie mobile. Mais au-delà, il faut prendre en charge les personnes qui souffrent, et prévenir la population des risques qu'elle encourt, surtout les enfants et les femmes enceintes, car le foetus est très vulnérable.

L'électrosensibilité est reconnue en Suède et considérée comme un ''handicap''.


En réalité, il faut distinguer l'intolérance aux champs électromagnétiques de la sensibilité aux champs électromagnétiques (électrosensibilité). Le syndrome d'intolérance que nous venons de décrire au plan des symptômes permet l'établissement d'un diagnostic, tandis que la sensibilité aux champs électromagnétiques est caractérisée par des paramètres biologiques, toxicologiques et/ou génétiques expliquant que certains sujets sont malades et d'autres pas. Le syndrome d'intolérance aux champs électromagnétiques pourrait concerner un beaucoup plus grand nombre de nos concitoyens, ajoute le Pr Belpomme.


C'est pourquoi l'ARTAC mettra donc tout en oeuvre pour défendre ces malades aujourd'hui ignorés par les pouvoirs publics, mettre au point des méthodes préventives et thérapeutiques, et tenter de prémunir nos concitoyens contre les graves problèmes de santé publique qui s'annoncent.


Que ceux qui en sont conscients nous rejoignent.


Cliquez ici pour lire la suite [1]


- - - - -

Pour nous aider poursuivre nos travaux sur les liens entre cancer et environnement, vous pouvez retourner l'ARTAC le formulaire disponible sur cette page [2].

------

[1] http://www.artac.info/static.php?op=NAP29.txt&npds=1

[2] http://www.artac.info/static.php?op=BulletinAdhesion.txt&npds=1

 

 

 

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

Pour de plus amples informations concernant les liens entre la dégradation de notre "environnement" et celle de la santé humaine et animale, je vous invite à consulter le site de l'émission Terre à terre  :


http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/terre_a_terre/archives.php

 

 



De plus, de plus amples archives de cette émission sont accessibles sur :


http://terreaterre.ww7.be/


Par ARTAC - Bernard Grignon - Publié dans : Santé - Produits chimiques - Nucléaire
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 2 mars 2009 1 02 /03 /2009 09:10



Face à la crise, les différents pays du monde n'auront qu'une seule solution, s'associer au sein d'unions continentales et mettre en place de nouvelles monnaies communes. Nous assistons donc, et cela va être analysé ici, à la mise en place accélérée de ce que certains nomment « le nouvel ordre mondial ».




I. Les pays d'Europe de l'Est


(...) La BERD (Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement) évalue un volume de défaillance qui devrait atteindre 10% ! Or, selon le quotidien « Le Monde » du 14 février 2009 : « Engagée à hauteur de 230 milliards d'euros, l'Autriche est le premier investisseur européen de la région ».

Le quotidien Der Standard de Vienne a d'ailleurs déclaré : « Un taux de défaillance de 10% conduirait à l'effondrement du secteur financier autrichien ».

Mais, au-delà du problème Autrichien, nous assistons dans cette région à la destruction des monnaies nationales.


(...) Ces monnaies (des pays de l'Europe de l'Est) sont condamnées et seront remplacées par l'euro car il n'y a pas d'autres alternatives. Ceci est d'ailleurs confirmé par les discussions du gouvernement polonais concernant le taux de change ERM-2 qui est surnommé l'anti-chambre de l'Euro.

Nous allons de plus assister à une redistribution géopolitique de la région car une partie des pays de l'Est ne se tourneront pas vers l'Europe mais vers la Russie au sein de la CEEA.



II. La CEEA


La Communauté économique eurasienne est une organisation internationale de coopération économique qui a été créée en 2000. Elle est l'organisation économique de la CEI (regroupant 11 anciens pays du bloc soviétique) dont la Russie et la Biélorussie sont les acteurs principaux. Or, le 3 février, a eu lieu une réunion au Kremlin au cours de laquelle la création d'une monnaie unique, le rouble, ainsi que d'un espace économique commun ont été débattus. (...)


Les conséquences géopolitiques de la crise sont énormes. La Russie profite ainsi de la fragilité économique des USA pour renforcer son hégémonie et seule la Géorgie reste pour le moment la chasse gardée américaine. N'oublions pas que les USA doivent évacuer la grande base de Manas (Kirghizistan) et désirent donc s'installer en Géorgie afin de conserver une présence dans le Caucase du Sud.


(...) Le cours du rouble dépend étroitement du cours du baril de pétrole (qui est au plus bas actuellement à 40 dollars). Il existe cependant un sauveur providentiel pour la Russie : la guerre. En effet, Benyamin Netanyahou a dit : « Quand je formerai le nouveau gouvernement israélien, nous ferons ce que nous avons fait par le passé avec le réacteur de Saddam, ce qui nous a rapporté 20 ans de tranquilité. » Source Norman Salomon (antiwar) le 7 janvier 2006. Sans parler d'Avidgor Lieberman qui a insisté sur le fait que « l'Iran était l'ennemi public numéro 1 ».Source : Jerusalem Post du 10 février 2009.


Fin janvier, 3000 tonnes de munitions (ce qui est totalement inhabituel) envoyées par les USA sont arrivées en Israël. Reuters a ainsi affirmé le 10 janvier 2009 que "ce genre d'affrètement vers Israël est rare."

Le cours du baril explosera alors bien au-delà des 150 dollars, un scénario idéal pour le rouble !

La guerre en Iran (et plus tard au Pakistan) aura donc pour effet de "sauver" l'économie russe, un paradoxe (ordo ab chaos).


Nous le voyons ici, le lien entre la guerre et l'économie est direct. Il va falloir, et je le répète à chacun de mes articles, créer ce que Paul Jorion nomme "une constitution pour l'économie" qui nous préserve des monstruosités à venir.


En conclusion, il est toujours intéressant d'avoir un regard extérieur sur ce que nous sommes et ce regard-là est impitoyable.


"Fort étrangement, ils ont dans l'esprit la volonté de cultiver le sol, et l'amour de posséder est chez eux une maladie. Ce peuple a fait des lois que les riches peuvent briser mais non les pauvres. Ils prélèvent des taxes sur les pauvres et les faibles pour entretenir les riches qui gouvernent. Ils revendiquent notre mère à tous, la terre, pour eux seuls et ils se barricadent contre leurs voisins. Ils défigurent la terre avec leurs constructions et leurs rebuts. Cette nation est comme le torrent de neige fondue qui sort de son lit et détruit tout sur son passage."


Sitting Bull grand chef des sioux.



Gilles Bonafi



(Intégralité de l'article sur : http://www.legrandsoir.info/, le 2 mars 2009)


 

 

 





A la lecture de cet article, et de bien d'autres, et d'une réflexion qui me semble évidente, il m'apparaît qu'il est plus que jamais temps de prendre conscience que les détenteurs de "l'ordre mondial" (économique, politique, militaire, religieux,...) actuel sont prêts à tout, sans aucune limite, pour défendre une organisation de la société qui ne sert en réalité que leurs propres intérêts.


La seule véritable Solution passe inévitablement par un rapprochement et une action commune des peuples, dépassant pour une fois leurs divergences habituelles et dramatiquement stériles.



Le jeu n'en vaudrait-il pas la chandelle ?


Les signes avant coureurs d'un cataclysme à l'échelle mondiale ne sont-ils pas encore suffisamment évidents ?


A quoi évaluons-nous notre liberté et notre vie ?



Il y a extrême urgence, ne croyez-vous pas, à sortir de notre torpeur et à créer - et profiter de - toutes les initiatives allant dans le sens de la dénonciation de ces "plans" absurdes et gesticulations hypocrites, s'appuyant sur des idéologies et des politiques archaïques, qui ne visent en fait qu'à pérenniser un système qui ne peut nous mener qu'au chaos et à son lot de barbarie.



FRERES DE TOUS PAYS, UNISSONS-NOUS !!!



L'heure de mettre en place les conditions nécessaires à l'établissement d'une société humaine de "l'après-développement" est arrivée. A chacun de nous d'en prendre conscience et d'agir en conséquence. N'attendons pas que "les autres" fassent le premier pas ; ne nous contentons pas de suivre des mots d'ordre politiques, syndicaux ou autres. Il en va de notre avenir à tous et à court terme...




Aujourd'hui plus que jamais, "se rebeller est juste, désobéir est un devoir, agir est indispensable" !


Par Gilles Bonafi - Bernard Grignon - Publié dans : S'INFORMER et AGIR
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 28 février 2009 6 28 /02 /2009 17:14





Le 14 août 2006, nous avons neutralisé une parcelle d'essai Monsanto sur la commune de Villereau ( Loiret ). Il s'agissait de la variété de maïs NK 603 MON 810 ( gène de résistance au roundup + gène insecticide Bt). Après notre mise en garde à vue, un jugement de première instance (février 2007 ) et un jugement d'appel (décembre 2007 ), notre pourvoi en Cassation a été rejeté en novembre 2008. Nous sommes donc définitivement condamnés au regard de la législation française pour destruction du bien d'autrui commise en réunion.

 Les peines se composent de prison avec sursis ( 3 à 4 mois ) et d'amendes qui vont de 1500 à 3000 euros, somme à laquelle il faut ajouter pour 16 d'entre nous 300 euros pour refus de prélèvement d'A.D.N., soit un total de 60300 euros qui n'inclut pas les frais (270 euros par personne ).

Or, au moment où notre pourvoi en Cassation était rejeté, le Conseil d'Etat a déclaré illégales les autorisations d'essais O.G.M. accordées en 2006.

L'essai que nous avons neutralisé n'aurait donc jamais dû être autorisé. Entre la décision suprême du Conseil d'Etat et nos condamnations successives, la Justice est contradictoire. Notre situation est donc scandaleuse

Par ailleurs, à la suite du Grenelle de l'environnement, le gouvernement français a décidé de suspendre en janvier 2008 la culture du MON 810 ( gène insecticide Bt ), ce qui légitime encore plus notre action.

Comble d'injustice, cette condamnation permet à Monsanto de réclamer des dommages et intérêts qui risquent d'être substantiels.
Considérant que nous n'avons pas agi par intérêt personnel mais en état de nécessité et pour le Bien Commun, nous faisons appel en urgence à la solidarité financière de chacune et de chacun, même sous forme de petits chèques (de 1 à 10 euros) libellés à l'ordre du Trésor public ( notez au verso "solidarité Villereau" ).

Votre contribution, même minime, participera à donner tout son sens à notre action


Avec nos remerciements,


Les 32 de Villereau

Envoyez au plus tôt vos chèques à l'adresse suivante :
Anne Martin - Gilles Guellier
Ferme de La Guilbardière 41120 MONTHOU SUR BIEVRE

Nous invitons les associations à diffuser cet appel et à nous contacter pour leurs dons (seuls les particuliers peuvent faire un chèque à l'ordre du Trésor Public)

Vous pouvez télécharger la version pdf imprimable de cet appel sur : http://www.monde-solidaire.org/spip/IMG/pdf/Appel_32_Centre.pdf

 

 

 

Merci de nous soutenir et de diffuser largement cet appel.

Par monde solidaire - Publié dans : S'INFORMER et AGIR
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 27 février 2009 5 27 /02 /2009 10:39

 

 


Chaque jour, la planète se peuple de 200 000 nouvelles bouches à nourrir. D'ici à 2050, la population mondiale devrait atteindre 9,2 milliards d'individus contre 6,7 milliards aujourd'hui. La réponse la plus courante à ce défi est de dire qu'il faudra augmenter la production alimentaire mondiale de 50 % d'ici là.

Ce n'est pas celle que retient le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) dans son rapport consacré à la crise alimentaire, publié mardi 17 février à l'occasion de sa réunion annuelle à Nairobi. Pour sortir du piège de besoins alimentaires croissants, l'organisation privilégie le recyclage des millions de tonnes d'aliments aujourd'hui perdus ou gaspillés, et affirme qu'une meilleure efficacité de la chaîne de production alimentaire permettrait à elle seule de nourrir le surcroît de population attendu à l'horizon 2050. "Cette voie a jusqu'à présent été très peu explorée alors qu'elle aurait de plus l'avantage de réduire la pression sur les terres fertiles et de limiter la déforestation", déplore le PNUE.

 

 

 


CONCURRENCE POUR LES TERRES


Le rapport cite en rafale des exemples qui, s'ils ne sont pas tous nouveaux, illustrent bien la faiblesse de beaucoup d'agricultures de pays du Sud, exposées aux pestes végétales, aux médiocres moyens de stockage, au manque de transport... mais aussi le gaspillage de nos sociétés d'abondance. Au Royaume-Uni, plus du tiers de la nourriture achetée n'est pas consommé (proportion qui se retrouve, au minimum, dans l'ensemble des pays "riches" - disons plutôt prédateurs -) et, aux Etats-Unis, les pertes observées au niveau des différents systèmes de distribution sont estimées à environ 100 milliards de dollars par an. A titre de comparaison, les besoins du Programme alimentaire mondial, qui vient au secours des populations souffrant de la faim, se sont élevés à 3,5 milliards de dollars (2,77 milliards d'euros) en 2008.


Au total, près de la moitié de la production alimentaire mondiale est aujourd'hui perdue, mise de côté parce qu'elle ne correspond pas à des normes de marchés ou gaspillée lors de la consommation. Le PNUE relève ainsi que 30 millions de tonnes de poisson sont rejetées à la mer chaque année. Des volumes qui suffiraient, selon l'organisation, à assurer la moitié des besoins supplémentaires de pêche d'ici à 2050 pour maintenir le niveau de consommation de poisson par habitant au niveau actuel.

Le PNUE plaide par ailleurs pour que la valorisation de ces "déchets" serve à nourrir le bétail, afin qu'une part croissante de la production mondiale de céréales ne finisse pas dans l'alimentation animale. Un tiers des céréales y est aujourd'hui destiné, 50 % le seront d'ici à 2050 si les tendances se poursuivent. Cela pourrait avoir des conséquences graves sur l'approvisionnement des populations dont, rappelle l'organisation, l'apport calorique journalier dépend en moyenne pour moitié des céréales.


Mais le rapport ne s'arrête pas là. Il suggère aussi que le recyclage des déchets soit orienté vers la production d'agrocarburants afin de limiter, là encore, la concurrence pour l'exploitation des terres à l'origine de la flambée des prix et de la crise alimentaire.



Laurence Caramel



Article paru dans l'édition du 19.02.09. http://www.lemonde.fr/

 

 


REMARQUES :


 

- Non seulement nous, habitants nantis des pays enrichis sur le dos de l'immense majorité de l'humanité, jetons plus du tiers des aliments que nous achetons, mais notre mode d'alimentation est à l'origine d'un immense gâchis (dates de péremption absurdes ; aliments "frais" vendus sous emballages en plastique ; refus de consommer des fruits et légumes non calibrés ou non "parfaits" ; etc. etc.)

 

- Non seulement notre mode d'alimentation carnée entraîne une déperdition considérable de végétaux qui sont utilisés pour nourrir les animaux, mais il est en grande partie responsable du dérèglement climatique en cours

 

- Les agrocarburants sont, eux aussi, extrêmement nuisibles tant sur le plan alimentaire, en détournant des aliments potentiels vers les réservoirs de nos véhicules et en utilisant des surfaces considérables de terres arables, mais ils participent également largement à la dégradation de la nature (déforestation ; cultures intensives ; OGM ; ...)

 

 

 

Sur tous ces sujets, et bien d'autres, consulter les articles s'y référant sur ce même blog

 


Par PNUE - Bernard Grignon - Publié dans : Agriculture - Alimentation - Agrocarburants
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 26 février 2009 4 26 /02 /2009 11:27



La quasi totalité des emprunts des pays d'Europe de l'Est, d'un montant équivalent à 1700 milliards de dollars, sont détenus par des banques européennes. Lourdement endettés à court terme, ces pays devront rembourser ou refinancer l'équivalent de 400 milliards de dollars cette année. La défaillance de l'un d'entre eux aurait des conséquences catastrophiques sur le système bancaire européen, avertit Evans-Pritchard ("The Telegraph", 15 février 2009)


 


Si la classe politique mondiale ne la gère pas convenablement, la débâcle Est-Européenne est assez forte pour abattre les systèmes bancaires fragilisés des pays d'Europe occidentale et déclencher la deuxième phase de notre catastrophe financière.

Le Ministre des Finances autrichien Josef Pröll a déployé des efforts frénétiques la semaine dernière pour mettre en place un plan de sauvetage de 150 milliards d'euros pour les pays de l'ex-bloc soviétique. Il a bien fait. Les banques autrichiennes ont prêté 230 milliards d'euros dans la région, ce qui équivaut à 70% du PIB de l'Autriche.

« Un taux de défaillance de 10% conduirait à l'effondrement du secteur financier autrichien, » écrit le quotidien Der Standard de Vienne. Malheureusement, c'est sur le point de se produire.


La Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD), estime que le volume de créances douteuses devrait atteindre 10% et pourrait s'élever jusqu'à 20%. La presse viennoise indique que la Bank Austria et sa maison mère italienne Unicredit font face à un « Stalingrad monétaire » à l'Est.

M. Pröll a essayé d'obtenir pour son plan de sauvetage le soutien des ministres des finances de l'Union européenne la semaine dernière à Bruxelles. L'idée a été balayée par le ministre allemand Peer Steinbrück : ce n'est pas notre problème, a-t-il dit. Nous verrons si c'est le cas.

Stephen Jen, le responsable du secteur devise chez Morgan Stanley, indique que l'Europe de l'Est a emprunté l'équivalent de 1 700 milliards de dollars à l'étranger, dont la plus grande partie sous la forme de crédit à court-terme. Ces pays devront rembourser - ou refinancer - 400 milliards de dollars cette année, somme égale à un tiers du PIB de la région. Avec une fenêtre de crédit aujourd'hui refermée, souhaitons leur bonne chance !

La Russie elle même ne parvient que difficilement à honorer les 500 milliards de dollars de dettes de ses oligarques lorsque le cours du pétrole stagne aux alentours de 33 dollars le baril. Le budget a été bâti sur une estimation de prix de 95 dollars pour le brut de l'Oural. La Russie a dépensé 36% du total de ses réserves de change depuis le mois d'août pour la défense du rouble.

(...)

La quasi totalité des dettes du bloc de l'Est sont dues à l'Europe de l'Ouest, en particulier en Autriche, Suède, Grèce, Italie, et aux banques belges. En plus de cela, les Européens détiennent un étonnant 74% sur l'ensemble des 4 900 milliards de créances sur les marchés émergents.

Ils sont cinq fois plus exposés à ce secteur que les banques américaines ou japonaises, et leur effet de levier est supérieur de 50% selon les données du FMI.

L'Espagne est engagée jusqu'au cou en Amérique latine, qui a fini par être atteinte à son tour par le marasme. Au Mexique la production automobile a chuté de 51% en Janvier, et le Brésil a perdu 650.000 emplois en un mois. Quand à la Grande-Bretagne et la Suisse elles sont très présentes en Asie.


Que cela prenne quelques mois ou quelques semaines, le monde va bientôt s'apercevoir que le système financier européen est coulé (...)


C'est l'Europe de l'Est qui explose aujourd'hui.

 

Les gouvernements européens ne font qu'empirer la situation. Certains font pression sur leurs banques pour qu'elles se dégagent de leurs filiales en Europe de l'Est. Athènes a ordonné aux banques grecques de se retirer de la région des Balkans.


Les sommes nécessaires sont au-delà des fonds dont dispose le FMI, qui a déjà aidé la Hongrie, l'Ukraine, la Lettonie, la Biélorussie, l'Islande et le Pakistan - et la Turquie sera la prochaine. Ses réserves de 200 milliards de dollars ( 155 mld d'euros) s'épuisent rapidement. Nous en sommes presque au point où le FMI pourrait devoir imprimer de l'argent pour le monde entier, en utilisant le pouvoir que lui donnent les droits de tirage spéciaux.

Son sauvetage de l'Ukraine à hauteur de 16 milliards de dollars n'a pas produit les effets escomptés. Le pays subit une contraction du PIB de 12% avec l'effondrement du cours de l'acier et poursuit sa chute vers le défaut de paiement, laissant Unicredit, Raffeisen et ING dans le pétrin. Le Pakistan réclame à nouveau 7.6 milliards de dollars. Le gouverneur de la banque centrale de Lettonie a déclaré que son économie était « cliniquement morte » après une baisse du PIB de 10,5% au quatrième trimestre. Les manifestants s'en sont pris au Parlement et au Trésor.

« C'est bien pire que la crise de l'Est Asiatique dans les années 1990 », déclare Lars Christensen, de la Danske Bank.

« Il y a des accidents en attente de se produire dans la région, mais les institutions de l'Union Européenne n'ont pas de cadre pour faire face à cette situation. Le jour où ils décident de ne pas venir en aide l'un de ces pays sera l'élément déclencheur d'une crise massive qui se propagera à l'UE ».


L'Europe est déjà bien plus en difficulté que les dirigeants de la BCE ou de l'UE ne l'avaient prévu. En Allemagne l'activité s'est contractée à un taux annuel de 8.4% au quatrième trimestre.

Si la Deutsche Bank est correcte dans ses prévisions, l'économie aura diminué de près de 9% avant la fin de cette année. C'est le genre de niveau qui déclenche des révoltes populaires.

Les conséquences sont évidentes. Berlin ne va pas sauver l'Irlande, l'Espagne, la Grèce et le Portugal, au fur et à mesure que l'effondrement de leurs bulles de crédit conduira à une augmentation des défauts de paiement. L'Allemagne ne sauvera pas non plus l'Italie en acceptant la création d'« obligations Européennes » si les investisseurs prennent peur en raison de la hausse de la dette publique de l'Italie (elle atteindra 112% du PIB l'an prochain, estimation récemment révisée à la hausse de 11%). Elle n'acceptera pas non plus de sauver l'Autriche des Habsbourg de son aventurisme.


Nous en sommes donc réduits à attendre et observer ces dangereux feux de brousse qui se rapprochent.

Si une étincelle atterrit au delà de la ligne de la zone euro, nous aurons une crise systémique globale dans les jours suivants. Les pompiers sont prêts ?



Publication originale The Telegraph, traduction Contre Info



[1] Ndt : Règle utilisée par les banquiers centraux pour déterminer le niveau des taux d'intérêts en fonction de l'inflation et du différentiel entre PIB réel et potentiel.




Autres articles complémentaires sur : http://contreinfo.info/

 

 

 

 

 

C'est tout de même étonnant, après un pareil constat, d'imaginer que ce sont les fous furieux pyromanes qui nous dirigent qui vont avoir à la fois la volonté et la capacité d'éteindre l'incendie qu'ils ont allumé et qu'ils continuent à alimenter !

 


 

Voir les conclusions du précédent article ("La phase de dislocation géopolitique mondiale est en vue !!!"), ainsi que les nombreuses suggestions déjà formulées sur ce même blog...

Par Evans-Pritchard - Bernard Grignon - Publié dans : Analyses économiques
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 26 février 2009 4 26 /02 /2009 09:24

4° trimestre 2009 - Début de la phase 5 de la crise systémique globale : la phase de dislocation géopolitique mondiale

 

 

 

Communiqué public GEAB (Global Europe Anticipation Bulletin) N°32  -Dimanche 15 Février 2009



Depuis Février 2006, LEAP/E2020 avait estimé que la crise systémique globale se déroulerait selon 4 grandes phases structurantes, à savoir les phases de déclenchement, d'accélération, d'impact et de décantation. Ce processus a bien décrit les évènements jusqu'à aujourd'hui. Mais notre équipe estime dorénavant que l'incapacité des dirigeants mondiaux à prendre la mesure de la crise, caractérisée notamment par leur acharnement depuis plus d'un an à en traiter les conséquences au lieu de s'attaquer radicalement à ses causes, va faire entrer la crise systémique globale dans une cinquième phase à partir du 4° trimestre 2009 : la phase dite de dislocation géopolitique mondiale.

Selon LEAP/E2020, cette nouvelle phase de la crise sera ainsi façonnée par deux phénomènes majeurs organisant les évènements en deux séquences parallèles, à savoir :

A. Deux phénomènes majeurs :
1. La disparition du socle financier (Dollars + Dettes) sur l'ensemble de la planète
2. La fragmentation accélérée des intérêts des principaux acteurs du système global et des grands ensembles mondiaux

B. Deux séquences parallèles :
1. La décomposition rapide de l'ensemble du système international actuel
2. La dislocation stratégique de grands acteurs globaux.

Nous avions espéré que la phase de décantation permettrait aux dirigeants du monde entier de tirer les conséquences de l'effondrement du système qui organise la planète depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Hélas, à ce stade, il n'est plus vraiment permis d'être optimiste en la matière (1). Aux Etats-Unis comme en Europe, en Chine ou au Japon, les dirigeants persistent à faire comme si le système global en question était seulement victime d'une panne passagère et qu'il suffisait d'y ajouter quantité de carburants (liquidités) et autres ingrédients (baisse de taux, achats d'actifs toxiques, plans de relance des industries en quasi-faillite,...) pour faire repartir la machine. Or, et c'est bien le sens du terme de « crise systémique globale » créé par LEAP/E2020 dès Février 2006, le système global est désormais hors d'usage. Il faut en reconstruire un nouveau au lieu de s'acharner à sauver ce qui ne peut plus l'être.


L'Histoire n'étant pas particulièrement patiente, cette cinquième phase de la crise va donc entamer ce processus de reconstruction mais de manière brutale, par la dislocation complète du système préexistant. Et les deux séquences parallèles, décrites dans ce GEAB N°32, qui vont organiser les évènements promettent d'être particulièrement tragiques pour plusieurs grands acteurs mondiaux.

Selon LEAP/E2020, il ne reste plus qu'une toute petite fenêtre de tir pour tenter d'éviter le pire, à savoir les quatre mois à venir, d'ici l'été 2009. Très concrètement, le Sommet du G20 d'Avril 2009 constitue selon notre équipe la dernière chance pour réorienter de manière constructive les forces en action, c'est-à-dire avant que la séquence cessation de paiement du Royaume-uni, puis des Etats-Unis ne se mette en branle (2). Faute de quoi, ils perdront tout contrôle sur les évènements (3), y compris, pour nombre d'entre eux, dans leurs propres pays, tandis que la planète entrera dans cette phase de dislocation géopolitique à la manière d'un « bateau ivre ». A l'issue de cette phase de dislocation géopolitique, le monde risque de ressembler à l'Europe de 1913 plus qu'à la planète de 2007.

Ainsi, à force de tenter de porter sur leurs épaules le poids toujours croissant de la crise en cours, la plupart des Etats concernés, y compris les plus puissants, ne se sont pas rendu compte qu'ils étaient en train d'organiser leur propre écrasement sous le poids de l'Histoire, oubliant qu'ils n'étaient que des constructions humaines, ne survivant que parce que l'intérêt du plus grand nombre s'y retrouvait. Dans ce numéro 32 du GEAB, LEAP/E2020 a donc choisi d'anticiper les conséquences de cette phase de dislocation géopolitique sur les Etats-Unis et l'UE.

Il est donc temps pour les personnes comme pour les acteurs socio-économiques de se préparer à affronter une période très difficile qui va voir des pans entiers de nos sociétés telles qu'on les connaît être fortement affectés (4), voire tout simplement disparaître provisoirement ou même dans certains cas durablement. Ainsi, la rupture du système monétaire mondial au cours de l'été 2009 va non seulement entraîner un effondrement du Dollar US (et de la valeur de tous les actifs libellés en USD), mais il va aussi induire par contagion psychologique une perte de confiance généralisée dans les monnaies fiduciaires. C'est à tout cela que s'attachent les recommandations de ce GEAB N°32.

Last but not least, notre équipe considère désormais que ce sont les entités politiques (5) les plus monolithiques, les plus « impériales », qui vont être les plus gravement bouleversées au cours de cette cinquième phase de la crise. La dislocation géopolitique va ainsi s'appliquer à des états qui vont connaître une véritable dislocation stratégique remettant en cause leur intégrité territoriale et l'ensemble de leurs zones d'influences dans le monde. D'autres états, en conséquence, seront projetés brutalement hors de situations protégées pour plonger dans des chaos régionaux.


--------
Notes:

(1) Barack Obama comme Nicolas Sarkozy ou Gordon Brown passent leur temps à invoquer la dimension historique de la crise pour mieux cacher leur incompréhension de sa nature et tenter de se dédouaner à l'avance de l'échec de leurs politiques. Quant aux autres, ils préfèrent se persuader que tout cela se règlera comme un problème technique un peu plus grave que d'habitude. Et tout ce petit monde continue à jouer selon les règles qu'ils connaissent depuis des décennies, sans se rendre compte que le jeu est en train de disparaître sous leurs yeux.

(2) Voir GEAB précédents.

(3) En fait il est même probable que le G20 aura des difficultés croissantes à tout simplement pouvoir se réunir, sur fond de « chacun pour soi ».

(4) Source : New York Times, 14/02/2009

(5) Et cela nous paraît vrai également pour les entreprises.




Intégralité de l'article sur http://www.leap2020.eu/

 

 

 

 

 

Ils se montrent incapables de faire face aux "crises" dont ils sont eux-mêmes responsables, afin d'essayer de sauver leur propre système !!!


 

 

C'est maintenant à nous tous, ensemble et solidaires d'imposer une conception radicalement nouvelle d'organisation d'une société "post-développement" (voir le "Manifeste pour des sociétés post-capitalistes" sur ce même blog)

Par GEAB - Bernard Grignon - Publié dans : Analyses économiques
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 24 février 2009 2 24 /02 /2009 08:13





Depuis plusieurs mois, la presse fait largement écho d'un phénomène inquiétant pour des millions de petits paysans ayant toujours vécu dans l'extrême pauvreté et d'autant plus affaiblis par la crise alimentaire mondiale actuelle : le rachat massif de terres agricoles  dans les pays du Sud par des Etats tiers et des investisseurs privés.

 


Motifs annoncés : sécuriser l'approvisionnement alimentaire et investir dans une valeur sûre en période de crise.


Au détriment de qui ?


Des populations locales - en particulier des petits paysans - qui ne sont malheureusement pas les bénéficiaires de ces investissements dont les produits sont destinés aux pays d'origine des capitaux. Dans ce monopoly de la terre au niveau mondial, le cas de Daewoo est particulièrement révélateur. En novembre 2008, l'entreprise sud-coréenne annonçait en effet avoir signé dès juillet 2008 avec le gouvernement malgache un accord portant sur l'exploitation d'1,3 millions d'hectares de terres, pour la production de maïs et d'huile de palme à destination de la Corée du Sud. Dans un contexte politique aujourd'hui très tendu à Madagascar, Daewoo et le gouvernement malgache multiplient les déclarations contradictoires, mais les organisations de la société civile malgaches sont particulièrement  inquiètes et appellent à la transparence et au respect du droit des paysans à la terre.


Face à cet accaparement des terres agricoles, dont l'Affaire Daewoo est emblématique, et dans un climat de durcissement politique à Madagascar, les organisations de la société civile et la population demandent des réponses claires et précises et en appellent à notre  solidarité.


Appel lancé en lien avec la Fédération Peuples Solidaires


Et en partenariat avec les Amis de la Terre

 

 

 

Soutenons le Collectif pour la Défense des Terres Malgaches !


 


Cette cyber @ction est signable en ligne :



http://www.cyberacteurs.org/actions/lettre.php?id=377




Par cyberacteurs - Publié dans : PETITIONS - LETTRES - INTERPELLATIONS
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 19 février 2009 4 19 /02 /2009 10:44

 



Le manifeste de neuf intellectuels antillais pour "des sociétés post-capitalistes"

 




Neuf intellectuels antillais, Ernest Breleur, Patrick Chamoiseau, Serge Domi, Gérard Delver, Edouard Glissant, Guillaume Pigeard de Gurbert, Olivier Portecop, Olivier Pulvar, Jean-Claude William ont rédigé ce "Manifeste pour les 'produits' de haute nécessité".



 

Le manifeste de neuf intellectuels antillais pour "des sociétés post-capitalistes"

Neuf intellectuels antillais, Ernest Breleur, Patrick Chamoiseau, Serge Domi, Gérard Delver, Edouard Glissant, Guillaume Pigeard de Gurbert, Olivier Portecop, Olivier Pulvar, Jean-Claude William ont rédigé ce "Manifeste pour les 'produits' de haute nécessité".

 

C'est en solidarité pleine et sans réserve aucune que nous saluons le profond mouvement social qui s'est installé en Guadeloupe, puis en Martinique, et qui tend à se répandre à la Guyane et à la Réunion. Aucune de nos revendications n'est illégitime. Aucune n'est irrationnelle en soi, et surtout pas plus démesurée que les rouages du système auquel elle se confronte. Aucune ne saurait donc être négligée dans ce qu'elle représente, ni dans ce qu'elle implique en relation avec l'ensemble des autres revendications. Car la force de ce mouvement est d'avoir su organiser sur une même base ce qui jusqu'alors s'était vu disjoint, voire isolé dans la cécité catégorielle -- à savoir les luttes jusqu'alors inaudibles dans les administrations, les hôpitaux, les établissements scolaires, les entreprises, les collectivités territoriales, tout le monde associatif, toutes les professions artisanales ou libérales...

Mais le plus important est que la dynamique du Lyannaj - qui est d'allier et de rallier, de lier relier et relayer tout ce qui se trouvait désolidarisé - est que la souffrance réelle du plus grand nombre (confrontée à un délire de concentrations économiques, d'ententes et de profits) rejoint des aspirations diffuses, encore inexprimables mais bien réelles, chez les jeunes, les grandes personnes, oubliés, invisibles et autres souffrants indéchiffrables de nos sociétés. La plupart de ceux qui y défilent en masse découvrent (ou recommencent à se souvenir) que l'on peut saisir l'impossible au collet, ou enlever le trône de notre renoncement à la fatalité.

 


GRÈVE LÉGITIME


Cette grève est donc plus que légitime, et plus que bienfaisante, et ceux qui défaillent, temporisent, tergiversent, faillissent à lui porter des réponses décentes, se rapetissent et se condamnent.

Dès lors, derrière le prosaïque du "pouvoir d'achat" ou du "panier de la ménagère", se profile l'essentiel qui nous manque et qui donne du sens à l'existence, à savoir : le poétique. Toute vie humaine un peu équilibrée s'articule entre, d'un côté, les nécessités immédiates du boire-survivre-manger (en clair : le prosaïque) ; et, de l'autre, l'aspiration à un épanouissement de soi, là où la nourriture est de dignité, d'honneur, de musique, de chants, de sports, de danses, de lectures, de philosophie, de spiritualité, d'amour, de temps libre affecté à l'accomplissement du grand désir intime (en clair : le poétique). Comme le propose Edgar Morin, le vivre-pour-vivre, tout comme le vivre-pour-soi n'ouvrent à aucune plénitude sans le donner-à-vivre à ce que nous aimons, à ceux que nous aimons, aux impossibles et aux dépassements auxquels nous aspirons.

La "hausse des prix" ou "la vie chère" ne sont pas de petits diables-ziguidi qui surgissent devant nous en cruauté spontanée, ou de la seule cuisse de quelques purs békés. Ce sont les résultantes d'une dentition de système où règne le dogme du libéralisme économique. Ce dernier s'est emparé de la planète, il pèse sur la totalité des peuples, et il préside dans tous les imaginaires - non à une épuration ethnique, mais bien à une sorte "d'épuration éthique 1" (entendre : désenchantement, désacralisation, désymbolisation, déconstruction même) de tout le fait humain.


Ce système a confiné nos existences dans des individuations égoïstes qui vous suppriment tout horizon et vous condamnent  à deux misères profondes : être "consommateur" ou bien être "producteur". Le consommateur ne travaillant que pour consommer ce que produit sa force de travail devenue marchandise ; et le producteur réduisant sa production à l'unique perspective de profits sans limites pour des consommations fantasmées sans limites. L'ensemble ouvre à cette socialisation anti-sociale, dont parlait André Gorz, et où l'économique devient ainsi sa propre finalité et déserte tout le reste. Alors, quand le "prosaïque" n'ouvre pas aux élévations du " poétique ", quand il devient sa propre finalité et se consume ainsi, nous avons tendance à croire que les aspirations de notre vie, et son besoin de sens, peuvent se loger dans ces codes-barres que sont "le pouvoir d'achat" ou "le panier de la ménagère". Et pire : nous finissons par penser que la gestion vertueuse des misères les plus intolérables relève d'une politique humaine ou progressiste. Il est donc urgent d'escorter les "produits de premières nécessités", d'une autre catégorie de denrées ou de facteurs qui relèveraient résolument d'une "haute nécessité".
Par cette idée de "haute nécessité", nous appelons à prendre conscience du poétique déjà en œuvre dans un mouvement qui, au-delà du pouvoir d'achat, relève d'une exigence existentielle réelle, d'un appel très profond au plus noble de la vie.

 


Alors que mettre dans ces "produits" de haute nécessité ?


C'est tout ce qui constitue le cœur de notre souffrant désir de faire peuple et nation, d'entrer en dignité sur la grand-scène du monde, et qui ne se trouve pas aujourd'hui au centre des négociations en Martinique et en Guadeloupe, et bientôt sans doute en Guyane et à la Réunion.

D'abord, il ne saurait y avoir d'avancées sociales qui se contenteraient d'elles-mêmes. Toute avancée sociale ne se réalise vraiment que dans une expérience politique qui tirerait les leçons structurantes de ce qui s'est passé. Ce mouvement a mis en exergue le tragique émiettement institutionnel de nos pays, et l'absence de pouvoir qui lui sert d'ossature. Le "déterminant" ou bien le "décisif" s'obtient par des voyages ou par le téléphone. La compétence n'arrive que par des émissaires. La désinvolture et le mépris rôdent à tous les étages. L'éloignement, l'aveuglement et la déformation président aux analyses. L'imbroglio des pseudos pouvoirs Région-Département-Préfet, tout comme cette chose qu'est l'association des maires, ont montré leur impuissance, même leur effondrement, quand une revendication massive et sérieuse surgit dans une entité culturelle historique identitaire humaine, distincte de celle de la métropole administrante, mais qui ne s'est jamais vue traitée comme telle. Les slogans et les demandes ont tout de suite sauté par-dessus nos "présidents locaux" pour s'en aller mander ailleurs. Hélas, tout victoire sociale qui s'obtiendrait ainsi (dans ce bond par-dessus nous-mêmes), et qui s'arrêterait là, renforcerait notre assimilation, donc conforterait notre inexistence au monde et nos pseudos pouvoirs.


Ce mouvement se doit donc de fleurir en vision politique, laquelle devrait ouvrir à une force politique de renouvellement et de projection apte à nous faire accéder à la responsabilité de nous-mêmes par nous-mêmes et au pouvoir de nous-mêmes sur nous-mêmes. Et même si un tel pouvoir ne résoudrait vraiment aucun de ces problèmes, il nous permettrait à tout le moins de les aborder désormais en saine responsabilité, et donc de les traiter enfin plutôt que d'acquiescer aux sous-traitances. La question békée et des ghettos qui germent ici où là, est une petite question qu'une responsabilité politique endogène peut régler. Celle de la répartition et de la protection de nos terres à tous points de vue aussi. Celle de l'accueil préférentiel de nos jeunes tout autant. Celle d'une autre Justice ou de la lutte contre les fléaux de la drogue en relève largement... Le déficit en responsabilité crée amertume, xénophobie, crainte de l'autre, confiance réduite en soi... La question de la responsabilité est donc de haute nécessité. C'est dans l'irresponsabilité collective que se nichent les blocages persistants dans les négociations actuelles. Et c'est dans la responsabilité que se trouve l'invention, la souplesse, la créativité, la nécessité de trouver des solutions endogènes praticables. C'est dans la responsabilité que l'échec ou l'impuissance devient un lieu d'expérience véritable et de maturation. C'est en responsabilité que l'on tend plus rapidement et plus positivement vers ce qui relève de l'essentiel, tant dans les luttes que dans les aspirations ou dans les analyses.


Ensuite, il y a la haute nécessité de comprendre que le labyrinthe obscur et indémêlable des prix (marges, sous-marges, commissions occultes et profits indécents) est inscrit dans une logique de système libéral marchand, lequel s'est étendu à l'ensemble de la planète avec la force aveugle d'une religion. Ils sont aussi enchâssés dans une absurdité coloniale qui nous a détournés de notre manger-pays, de notre environnement proche et de nos réalités culturelles, pour nous livrer sans pantalon et sans jardins-bokay aux modes alimentaires européens. C'est comme si la France avait été formatée pour importer toute son alimentation et ses produits de grande nécessité depuis des milliers et des milliers de kilomètres. Négocier dans ce cadre colonial absurde avec l'insondable chaîne des opérateurs et des intermédiaires peut certes améliorer quelque souffrance dans l'immédiat ; mais l'illusoire bienfaisance de ces accords sera vite balayée par le principe du "Marché" et par tous ces mécanismes que créent un nuage de voracités, (donc de profitations nourries par " l'esprit colonial " et régulées par la distance) que les primes, gels, aménagements vertueux, réductions opportunistes, pianotements dérisoires de l'octroi de mer, ne sauraient endiguer.

 


VICTIMES D'UN SYSTÈME FLOU, GLOBALISÉ


Il y a donc une haute nécessité à nous vivre caribéens dans nos imports-exports vitaux, à nous penser américain pour la satisfaction de nos nécessités, de notre autosuffisance énergétique et alimentaire. L'autre très haute nécessité est ensuite de s'inscrire dans une contestation radicale du capitalisme contemporain qui n'est pas une perversion mais bien la plénitude hystérique d'un dogme. La haute nécessité est de tenter tout de suite de jeter les bases d'une société non économique, où l'idée de développement à croissance continuelle serait écartée au profit de celle d'épanouissement ; où emploi, salaire, consommation et production serait des lieux de création de soi et de parachèvement de l'humain. Si le capitalisme (dans son principe très pur qui est la forme contemporaine) a créé ce Frankenstein consommateur qui se réduit à son panier de nécessités, il engendre aussi de bien lamentables "producteurs" - chefs d'entreprises, entrepreneurs, et autres socioprofessionnels ineptes - incapables de tressaillements en face d'un sursaut de souffrance et de l'impérieuse nécessité d'un autre imaginaire politique, économique, social et culturel. Et là, il n'existe pas de camps différents. Nous sommes tous victimes d'un système flou, globalisé, qu'il nous faut affronter ensemble. Ouvriers et petits patrons, consommateurs et producteurs, portent quelque part en eux, silencieuse mais bien irréductible, cette haute nécessité qu'il nous faut réveiller, à savoir : vivre la vie, et sa propre vie, dans l'élévation constante vers le plus noble et le plus exigeant, et donc vers le plus épanouissant. Ce qui revient à vivre sa vie, et la vie, dans toute l'ampleur du poétique.

On peut mettre la grande distribution à genoux en mangeant sain et autrement.

On peut renvoyer la Sara et les compagnies pétrolières aux oubliettes, en rompant avec le tout automobile.

On peut endiguer les agences de l'eau, leurs prix exorbitants, en considérant la moindre goutte sans attendre comme une denrée précieuse, à protéger partout, à utiliser comme on le ferait des dernières chiquetailles d'un trésor qui appartient à tous.

On ne peut vaincre ni dépasser le prosaïque en demeurant dans la caverne du prosaïque, il faut ouvrir en poétique, en décroissance et en sobriété. Rien de ces institutions si arrogantes et puissantes aujourd'hui (banques, firmes transnationales, grandes surfaces, entrepreneurs de santé, téléphonie mobile...) ne sauraient ni ne pourraient y résister.


Enfin, sur la question des salaires et de l'emploi. Là aussi il nous faut déterminer la haute nécessité. Le capitalisme contemporain réduit la part salariale à mesure qu'il augmente sa production et ses profits. Le chômage est une conséquence directe de la diminution de son besoin de main d'œuvre. Quand il délocalise, ce n'est pas dans la recherche d'une main d'œuvre abondante, mais dans le souci d'un effondrement plus accéléré de la part salariale. Toute déflation salariale dégage des profits qui vont de suite au grand jeu welto de la finance. Réclamer une augmentation de salaire conséquente n'est donc en rien illégitime : c'est le début d'une équité qui doit se faire mondiale.

Quant à l'idée du "plein emploi", elle nous a été clouée dans l'imaginaire par les nécessités du développement industriel et les épurations éthiques qui l'ont accompagnée. Le travail à l'origine était inscrit dans un système symbolique et sacré (d'ordre politique, culturel, personnel) qui en déterminait les ampleurs et le sens. Sous la régie capitaliste, il a perdu son sens créateur et sa vertu épanouissante à mesure qu'il devenait, au détriment de tout le reste, tout à la fois un simple "emploi", et l'unique colonne vertébrale de nos semaines et de nos jours. Le travail a achevé de perdre toute signifiance quand, devenu lui-même une simple marchandise, il s'est mis à n'ouvrir qu'à la consommation. Nous sommes maintenant au fond du gouffre. Il nous faut donc réinstaller le travail au sein du poétique. Même acharné, même pénible, qu'il redevienne un lieu d'accomplissement, d'invention sociale et de construction de soi, ou alors qu'il en soit un outil secondaire parmi d'autres. Il y a des myriades de compétences, de talents, de créativités, de folies bienfaisantes, qui se trouvent en ce moment stérilisés dans les couloirs ANPE et les camps sans barbelés du chômage structurel né du capitalisme. Même quand nous nous serons débarrassés du dogme marchand, les avancées technologiques (vouées à la sobriété et à la décroissance sélective) nous aiderons à transformer la valeur-travail en une sorte d'arc-en-ciel, allant du simple outil accessoire jusqu'à l'équation d'une activité à haute incandescence créatrice. Le plein emploi ne sera pas du prosaïque productiviste, mais il s'envisagera dans ce qu'il peut créer en socialisation, en autoproduction, en temps libre, en temps mort, en ce qu'il pourra permettre de solidarités, de partages, de soutiens aux plus démantelés, de revitalisations écologiques de notre environnement... Il s'envisagera en "tout ce qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue". Il y aura du travail et des revenus de citoyenneté dans ce qui stimule, qui aide à rêver, qui mène à méditer ou qui ouvre aux délices de l'ennui, qui installe en musique, qui oriente en randonnée dans le pays des livres, des arts, du chant, de la philosophie, de l'étude ou de la consommation de haute nécessité qui ouvre à création - créaconsommation. En valeur poétique, il n'existe ni chômage ni plein emploi ni assistanat, mais autorégénération et autoréorganisation, mais du possible à l'infini pour tous les talents, toutes les aspirations. En valeur poétique, le PIB des sociétés économiques révèle sa brutalité.


Voici ce premier panier que nous apportons à toutes les tables de négociations et à leurs prolongements : que le principe de gratuité soit posé pour tout ce qui permet un dégagement des chaînes, une amplification de l'imaginaire, une stimulation des facultés cognitives, une mise en créativité de tous, un déboulé sans manman de l'esprit. Que ce principe balise les chemins vers le livre, les contes, le théâtre, la musique, la danse, les arts visuels, l'artisanat, la culture et l'agriculture... Qu'il soit inscrit au porche des maternelles, des écoles, des lycées et collèges, des universités et de tous les lieux connaissance et de formation... Qu'il ouvre à des usages créateurs des technologies neuves et du cyberespace. Qu'il favorise tout ce qui permet d'entrer en Relation (rencontres, contacts, coopérations, interactions, errances qui orientent) avec les virtualités imprévisibles du Tout-Monde... C'est le gratuit en son principe qui permettra aux politiques sociales et culturelles publiques de déterminer l'ampleur des exceptions. C'est à partir de ce principe que nous devrons imaginer des échelles non marchandes allant du totalement gratuit à la participation réduite ou symbolique, du financement public au financement individuel et volontaire... C'est le gratuit en son principe qui devrait s'installer aux fondements de nos sociétés neuves et de nos solidarités imaginantes...

 


NOUS APPELONS À UNE HAUTE POLITIQUE, À UN ART POLITIQUE


Projetons nos imaginaires dans ces hautes nécessités jusqu'à ce que la force du Lyannaj ou bien du vivre-ensemble, ne soit plus un "panier de ménagère", mais le souci démultiplié d'une plénitude de l'idée de l'humain.

Imaginons ensemble un cadre politique de responsabilité pleine, dans des sociétés martiniquaise guadeloupéenne guyanaise réunionnaise nouvelles, prenant leur part souveraine aux luttes planétaires contre le capitalisme et pour un monde écologiquement nouveau.

Profitons de cette conscience ouverte, à vif, pour que les négociations se nourrissent, prolongent et s'ouvrent comme une floraison dans une audience totale, sur ces nations qui sont les nôtres.

An gwan lodyans qui ne craint ni ne déserte les grands frissons de l'utopie.


Nous appelons donc à ces utopies où le Politique ne serait pas réduit à la gestion des misères inadmissibles ni à la régulation des sauvageries du "Marché", mais où il retrouverait son essence au service de tout ce qui confère une âme au prosaïque en le dépassant ou en l'instrumentalisant de la manière la plus étroite.


Nous appelons à une haute politique, à un art politique, qui installe l'individu, sa relation à l'Autre, au centre d'un projet commun où règne ce que la vie a de plus exigeant, de plus intense et de plus éclatant, et donc de plus sensible à la beauté.

Ainsi, chers compatriotes, en nous débarrassant des archaïsmes coloniaux, de la dépendance et de l'assistanat, en nous inscrivant résolument dans l'épanouissement écologique de nos pays et du monde à venir, en contestant la violence économique et le système marchand, nous naîtrons au monde avec une visibilité levée du post-capitalisme et d'un rapport écologique global aux équilibres de la planète...

Alors voici notre vision : Petits pays, soudain au cœur nouveau du monde, soudain immenses d'être les premiers exemples de sociétés post-capitalistes, capables de mettre en œuvre un épanouissement humain qui s'inscrit dans l'horizontale plénitude du vivant...



LEMONDE.FR du 16.02.09










QUEL MAGNIFIQUE PLAYDOYER POUR LA "Décroissance", ou plutôt le "post-développement" !






A nous d'agir, à la fois individuellement et collectivement, pour imaginer avec enthousiasme cette nouvelle société à construire ensemble, nous tous, humains d'aujourd'hui et à venir.


C'est notre responsabilité, c'est notre tâche, c'est le défi que nous avons à relever, car c'est tout simplement de notre avenir commun, proche et plus lointain qu'il s'agit...


Par Collectif antillais - Publié dans : Informations et réflexions sur notre SOCIETE
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés