Agriculture - Alimentation - Agrocarburants

Mercredi 17 septembre 2008 3 17 /09 /2008 09:45

Les Amis de la Terre International ont publié le 10 septembre 2008 un rapport intitulé «Alimenter la destruction en Amérique latine» au regard de l'impact réel des biocarburants sur ce continent. Basé sur des études menées dans 7 pays, il met en évidence l'aggravation des conflits fonciers, l'éviction des populations locales appauvries, les conditions de travail désastreuses et l'augmentation de la déforestation liées au développement des "biocarburants" (plutôt agro., voire nécrocarburants).

 

Le nouveau rapport « Alimenter la destruction en Amérique latine » montre que l'explosion des plantations de "biocarburants" dans les 7 pays étudiés (1) se fait par des monocultures intensives, qui nécessitent de grandes quantités de terres, de produits chimiques et d'eau. Elles poussent les autres types d'agricultures vers les forêts et les savanes, aggravant la déforestation et la destruction de la biodiversité.

 

Lucia Ortiz, des Amis de la Terre Brésil, explique : « Les conditions de travail sont extrêmement faibles, parfois proches de l'esclavage. Le travail forcé des enfants existe dans plusieurs pays. En outre, les superficies de terres exigées par les biocarburants entraînent des déplacements forcés de communautés locales, avec des conflits sur le droit à la terre dans tous les pays étudiés, aggravés par la spéculation foncière et l'usage de la violence dans certains cas»

 

Adrian Bebb, des Amis de la Terre Europe, ajoute : «Les gouvernements introduisent des dispositions extrêmement favorables à l'agrobusiness (exemptions fiscales, droits de propriété, infrastructures). L'absence de planification de l'usage des terres et l'opacité dans le secteur nourrissent la corruption et les conflits d'intérêts, les gouvernements fermant souvent les yeux face à des activités illégales des producteurs et des propriétaires. Les principaux bénéficiaires sont les gros producteurs, traders et investisseurs, aux dépens des populations locales et de l'environnement.»

 

Par contre, les "biocarburants" bénéficient aux multinationales, investisseurs, spéculateurs et grands propriétaires terriens. La cause principale est l'exportation de "biocarburants" vers l'Europe et les Etats-Unis : pour stopper la destruction, l'Union européenne doit rejeter tout objectif contraignant d'incorporation dans les transports, selon les Amis de la Terre.

Sébastien Godinot, coordinateur des campagnes aux Amis de la Terre France, conclut : «Le rapport met en évidence que les biocarburants menacent le modèle d'agriculture familiale indispensable dans ces pays pour la production vivrière. L'Union européenne est une des causes majeures de cette catastrophe (avec les Etats-Unis) : elle doit stopper ses importations de "biocarburants" venant des pays du Sud. Pour répondre à ses enjeux climatiques et énergétiques, elle doit lutter contre la surconsommation de carburants plutôt que d'aggraver les inégalités et les destructions dans d'autres régions du monde. Nous lancerons début octobre avec le CCFD (2) et Oxfam une campagne dans ce sens, ciblant la Présidence française de l'Union européenne.»

En effet, des multinationales européennes et internationales comme Cargill, Bunge, Dreyfus, Beyer, BASF, Syngenta, Botnia, Total et Monsanto (notamment connu pour ses activités sur les OGM) sont très fortement impliquées dans ce nouveau business selon le nouveau rapport des Amis de la Terre.



Intégralité de cet article publié sur http://www.notre-planete.info, le 15 septembre 2008

 

 

En savoir plus

Notes

(1) Brésil, Argentine, Uruguay, Colombie, Costa Rica, Guatemala, Salvador

(2) Le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD) a publié un dossier édifiant sur les faces cachées de l'ethanol au Brésil


Liens

Notre dossier sur les biocarburants

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17/06/2008 Comment nourrir la planète en 2050 ?

03/03/2008 Les prix alimentaires montent : une nouvelle réalité face à l'essor des biocarburants

Auteur

Christophe Magdelaine - notre-planete.info (cliquer ici pour consulter les droits sur cet article)

 

 

 

Pour vous informer encore plus, vous pouvez également lire le livre de Fabrice Nicolino : "La faim, la bagnole, le blé et nous" et aller sur son site http://fabrice-nicolino.com

 

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Pour agir, cette fois, il nous reste à réduire l'utilisation de nos véhicules respectifs aux déplacements strictement indispensables, en y réfléchissant bien avant, à chaque fois…

Par Christophe Magdelaine - Bernard Grignon - Publié dans : Agriculture - Alimentation - Agrocarburants
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Mardi 23 septembre 2008 2 23 /09 /2008 09:18

La florissante industrie horticole nuit à la santé des ouvriers agricoles et à la nature


 

La floriculture est en plein boom au Kenya. En quelques années, le pays est devenu le principal fournisseur – en majorité de roses– de l’Europe. A tel point que cette activité est en passe de détrôner le tourisme et la culture du thé, qui ont fait les beaux jours du pays. Mais cette opportunité économique comporte un pendant inquiétant : la protection de l’environnement et des populations est sérieusement menacée.

 

Pourtant, l’activité florale n’a été créée au Kenya qu’en 1972 et rivalise déjà avec les secteurs traditionnels pourvoyeurs de fortes devises. Son client principal : l’Europe, qui fait venir 15% de ses fleurs, fleurs séchées, feuillages et bulbes du Kenya.


Une menace pour les hommes et l’environnement

Si de grandes firmes horticoles telles que la britannique Flamingo ou la danoise Sher Agencies ont choisi d’investir au Kenya, c’est non seulement pour son fort potentiel mais aussi et surtout pour la souplesse de sa législation. La main d’œuvre y est très bon marché, puisque les ouvriers de l’industrie florale touchent entre un et deux dollars par jour. L'eau douce –celle du lac Naivasha en particulier–- est utilisée sans réel contrôle et les normes environnementales fixées par le gouvernement du pays sont plus que flexibles. Dès lors, l’industrie florissante de la fleur kényane possède son revers humain et environnemental.

 

Les populations sont réellement en danger. A commencer par les risques liés à l’utilisation de fortes doses de pesticides qui contiennent du chlorure de méthyle, un fumigeant pour sols qui ravage l’organisme. Parmi les femmes qui travaillent dans le secteur de la floriculture, deux sur trois souffrent de nausées dues aux pesticides, note le World Ressource Institute (WRI, une ONG américaine). Les travailleurs peuvent être affectés de différentes façons : maux de tête, problème d’épiderme, vision brouillée, troubles de l’équilibre, de la mémoire, insomnies, dépression entre autres. A plus long terme, cela peut déboucher sur des cancers ou des maladies respiratoires, cardio-vasculaires et nerveuses. La faune et la flore également, sont menacées par la pollution.

 

. La main d’œuvre, très bon marché puisqu’elle est payée entre 1 et 2 dollars par jour, est la première victime de l’explosion du secteur, tant au niveau de l’exploitation dont est l’objet qu’au niveau de l’exposition aux poisons contenus dans les engrais chimiques et autres pesticides.

 

Lauranne ProvenzanoAfrik.com (France)

 

 

Intégralité de l'article publié sur internet le 16-09-2008 (http://www.infosdelaplanete.org)

 




 

 

Une suggestion, cueillir quelques fleurs des champs (en prenant bien soin de ne prendre que les tiges) !

Par Lauranne Provenzano - Publié dans : Agriculture - Alimentation - Agrocarburants
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Vendredi 31 octobre 2008 5 31 /10 /2008 10:53


Les citoyens européens ne veulent pas d'OGM, ni dans leurs assiettes, ni dans leurs champs. Pour essayer de les leur imposer malgré tout, les responsables européens et nationaux manigancent dans leur dos...


Voici le dernier scandale de notre "démocratie génétiquement modifiée".

C. Berdot


The Independant on Sunday, le dimanche 26 octobre par Geoffrey lean (article, en anglais, sur http://www.independent.co.uk/environment/green-living/europes-secret-plan-to-boost-gm-crop-production-973834.html)


Grâce à des documents obtenus confidentiellement, The Independent on Sunday peut révéler que Gordon Brown et d'autres dirigeants européens sont en train de préparer secrètement une campagne sans précédent pour répandre les plantes et les aliments OGM en Grande-Bretagne et sur tout le continent.

Les documents - il s'agit des minutes d'une série de réunions secrètes de représentants des 27 gouvernements - dévoilent les plans pour « accélérer » l'introduction des plantes et aliments OGM et pour « s'occuper » de la résistance que leur oppose l'opinion publique.


Ils montrent aussi que nos dirigeants souhaitent que les « représentants de l'agriculture » et ceux de « l'industrie » - y compris certainement des géants des biotechnologies comme Monsanto - se fassent plus entendre pour contrer les «intérêts matériels» des écologistes. (!)


Alors que les inquiétudes des citoyens vis-à-vis des OGM augmentent, la nouvelle de ces projets secrets, lorsqu'elle sera connue, va provoquer une tempête de protestations, même dans des pays qui les avaient acceptés jusqu'à maintenant.


Les citoyens ont empêché que le moindre OGM ne soit cultivé en Grande-Bretagne. En France, un des 3 seuls pays à les avoir cultivés dans une certaine quantité, a suspendu leur culture et l'opposition se renforce dans les deux autres pays, l'Espagne et le Portugal.


Totalement sur la défensive, l'industrie des biotechnologies, a répondu par une campagne de « public relation », nous expliquant qu'il fallait des OGM pour nourrir le monde, une affirmation plus que contestée. Par contre, elle a eu un certain succès auprès des gouvernements dont les ministres se sont de plus en plus prononcés en faveur de cette technologie, ainsi qu'au sein de la Commission Européenne où les lobbyistes se vantent d'avoir «d'excellentes relations de travail »


Les réunions secrètes étaient convoquées par Jose Manuel Barroso, le président pro-OGM de la Commission et présidées par son chef de cabinet, Joao Vale de Almeida. Il était demandé à chaque Premier Ministre des 27 de nommer un représentant spécial.


Ni la liste des membres du groupe, ni ses objectifs, ni les résultats de ces réunions n'ont été rendus public. Par contre l'Independant on Sunday a obtenu des documents confidentiels, comprenant une liste des présents et les conclusions - rédigées par le président - des deux réunions tenues jusqu'à présent, celle du 17 juillet et celle du 10 octobre, il y a juste 2 semaines.


De cette liste, on peut apprendre que le Président Sarkozy et la Chancelière Merkel ont envoyé des collaborateurs proches. La Grande-Bretagne était représentée par Sonia Phippard, directrice du Département de l'Environnement, Alimentation et Affaires Rurales.


Les conclusions révèlent que les discussions ont essentiellement tourné autour de comment accélérer l'introduction des plantes GM et comment persuader les citoyens de les accepter


Les produits modifiés génétiquement doivent d'abord être autorisés par l'Union Européenne avant de pouvoir être semés ou commercialisés où que ce soit sur son territoire. Mais, bien que les responsables de la Commission leur soient fortement favorables, les gouvernements sont divisés, ce qui provoque un blocage du Conseil des Ministres qui les représente.


Dans ce cas, les technocrates de la Commission les font passer quand même.Ils sont légalement autorisés de le faire, mais cette façon de passer outre leur avis, ne plaît ni aux gouvernements, ni aux groupes écologistes.

Dans les conclusions de la première réunion, il était demandé «d'accélérer le processus d'autorisation en se basant sur des évaluations solides, afin de rassurer l'opinion publique », alors que dans la seconde, il était demandé que « les décisions soient plus rapides, sans toutefois compromettre la sécurité ».


Mais de ces documents, il est clair aussi que Mr Barroso va bien au-delà de simples exhortations et qu'il essaye de faire en sorte que les Premiers Ministres passent par-dessus leurs propres ministres de l'Agriculture et de l'Environnement pour favoriser les OGM. On peut y lire que le président a « rappelé l'importance pour les Premiers Ministres de garder une vision plus large », « invité les participants à rapporter le contenu des discussions à leur chef d'Etat »* et *« souligné l'importance d'attirer leur attention sur les discussions en cours, au niveau du Conseil (des Ministres) »


Pour Helen Holder des Amis de la Terre / Friends of the Earth Europe :

« L'objectif de Barroso est de faire rentrer les OGM dans l'Union européenne aussi rapidement que possible. Pour ce faire, il s'adresse directement aux Premiers Ministres et aux Présidents pour les inviter à passer par-dessus leurs ministres et remettre ceux-ci dans le droit chemin »


En ce qui concerne l'opposition de l'opinion publique, les conclusions des réunions sont encore plus incendiaires. Le document réfléchit à « comment s'occuper le mieux de l'opinion publique » et en appelle à « un dialogue non passionnel, basé sur les faits, portant sur les normes très élevées de la politique OGM de l'Union européenne ». Les propos du président y sont rapportés, soulignant « le rôle de l'industrie, des partenaires économiques, de la science pour participer activement à un tel dialogue » Il ajoute que « les citoyens se sentent mal informés » et pour lui, « les représentant de l'agriculture devraient se faire plus entendre ». Et dans une allusion à peine voilée aux écologistes, il rajoute que le débat « ne devrait pas être laissé à certains groupes qui y trouvent un intérêt légitime mais matériel »


http://www.amisdelaterre.org/-Actualite-.html

Par Amis de la Terre - Publié dans : Agriculture - Alimentation - Agrocarburants
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Jeudi 6 novembre 2008 4 06 /11 /2008 10:01

 


Andrew Malone a rencontré les proches de Shankara Mandaukar, un cultivateur indien qui a choisi de mettre fin à ses jours, incapable de rembourser les dettes qu'il avait souscrites pour acheter des semences OGM. Certains estiment à 125 000 le nombre de paysans indiens qui auraient choisis eux aussi de mettre fin à leurs jours. Récolte après récolte, en raison des aléas climatiques mais également du rendement inférieur à ce que promettaient les vendeurs de semences, le fardeau de la dette accumulée a acculé ces hommes au désespoir.

 


Cette crise appelée « Génocide OGM » par les militants a reçu un coup de projecteur lorsque récemment, le Prince Charles affirma que la question des OGM était « une question morale mondiale » et que le moment de mettre une fin à son avancée inexorable était venu.

S'adressant par vidéo à une conférence qui se tenait dans la capitale indienne New Delhi, il provoqua la colère des dirigeants des biotechnologies et de certains politiciens en condamnant « le taux vraiment effroyable et tragique de suicides chez les petits paysans indiens ayant pour cause... l'échec de nombreuses variétés d'OGM ».

En face du Prince, on trouve de puissants lobbyistes pro-OGM et des homme politiques importants qui prétendent que les plantes modifiées génétiquement ont transformé l'agriculture indienne en donnant des rendements plus élevés que jamais. Le reste du monde devrait choisir «l'avenir» et suivre cet exemple.


Les chiffres officiels du Ministère Indien de l'Agriculture confirment que, dans un contexte de crise humanitaire immense, plus de 1000 paysans se suicident chaque mois.

Des petites gens de zones rurales, qui meurent dans une lente agonie. La plupart ingurgite de l'insecticide - une substance bon marché dont on leur avait pourtant promis lorsqu'ils furent obligés de cultiver des plantes GM coûteuses, qu'ils n'en auraient plus besoin.

Il apparaît qu'ils sont très nombreux à être endettés massivement auprès des prêteurs de fonds locaux, après avoir sur-empruntés pour acheter les semences OGM.


Village après village, des familles me racontent comment elles se sont endettées après qu'on les ait convaincues d'acheter des semences GM au lieu des semences de coton traditionnelles. La différence de prix est vertigineuse : 15 euros pour 100 grammes de semences OGM, par rapport à moins de 15 euros pour 100 kilos fois de semences traditionnelles

Mais les vendeurs ainsi que les représentants du gouvernement avaient promis aux paysans qu'il s'agissait de « semences magiques » avec de meilleurs plantes, sans parasites ni insectes.

En fait, dans une tentative pour promouvoir l'adoption des semences OGM, les variétés traditionnelles ont été interdites dans de nombreuses banques de semences gouvernementales.

Les autorités avaient un intérêt matériel dans la promotion de cette nouvelle biotechnologie. En essayant désespérément d'échapper à l'extrême pauvreté des années qui succédèrent à l'indépendance, le gouvernement avait accepté d'autoriser les nouveaux géants des biotechnologies comme le numéro un du marché, l'états-unien Monsanto à vendre leurs nouvelles créations semencières

Déjà dans les années 80 et 90, l'Inde qui avait autorisé l'accès au marché du second pays le plus peuplé de la planète avec plus d'un milliard d'habitants, s'était vu garantir en contre-partie des crédits du fond Monétaire International, ce qui l'a aidé à lancé une révolution économique.


Les semences de coton GM, garanties protégées contre les parasites, se sont révélées ne pas être les semences magiques promises, mais ont été infestées par le vers de la capsule, un parasite vorace.

On n'avait pas prévenu les paysans non plus que ces variétés nécessitaient deux plus d'eau. C'est ce qui a fait la différence entre la vie et la mort. Avec l'absence de pluie, ces deux dernières années, les plantes GM ont tout simplement séché et sont mortes, laissant les paysans paralysés par les dettes et sans moyen pour les rembourser.

Comme l'argent a été emprunté à des prêteurs locaux à des taux d'usuriers, des centaines de milliers de petits paysans se sont vus perdre leurs terres lorsque les semences coûteuses ont été un échec.

Dans le passé, lorsqu'une récolte était mauvaise, les paysans pouvaient toujours conserver des graines et les replanter l'année suivante.

Par contre cela n'est pas possible avec les semences GM qui contiennent la technologie « Terminator », ce qui signifie qu'elles ont été modifiées génétiquement afin que la plante ne puisse plus produire de semences viables.

De ce fait, les paysans doivent chaque année acheter de nouvelles semences au même prix exorbitant. Pour certains il s'agit là aussi de la différence entre la vie et la mort.


Durant le cours de mes enquêtes au Maharashtra, je rencontrai trois observateurs « indépendants » parcourant les villages pour se renseigner sur les suicides. Ils insistèrent sur le fait que les semences GM n'étaient que 50% plus chères - mais admettaient plus tard que la différence était de 1000%.


Les paysans indiens commencent à se battre. Alors qu'ils ont pris en hôtage des distributeurs de semences et organisé des protestations de masse, un gouvernement attaque Monsanto en justice à cause du prix exorbitant de ses semences.

Tout cela arrive trop tard pour Shandakar Mandaukar qui devait 80 000 roupies (1 500 euros) lorsqu'il s'est suicidé. « Je lui ai dit que nous pouvons survivre » nous dit sa veuve, ses deux enfants toujours à ses côtés, alors que la nuit tombe. «Je lui ai dit qu'on trouverait un moyen de s'en sortir. Il a juste répondu qu'il valait mieux qu'il meure».

Mais la dette ne meurt pas avec lui : à moins qu'elle ne trouve un moyen de la rembourser, elle ne pourra plus payer l'éducation des enfants. Ils vont perdre leur terre et rejoindre les hordes que l'ont voit mendier par milliers, le long des routes de ce pays immense et chaotique.

Ici, dans la ceinture indienne des suicides, le coût de l'avenir modifié génétiquement est meurtrièrement élevé...



Andrew Malone, Daily Mail, 3 novembre 2008 traduction Les Amis de la Terre


Intégralité de l'article sur : http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2321

Par Andrew Malone - Publié dans : Agriculture - Alimentation - Agrocarburants
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Lundi 12 janvier 2009 1 12 /01 /2009 10:58


La loi d'Orientation Agricole de janvier 2006, en faisant l'amalgame entre tous les produits phytopharmaceutiques, y compris naturels, relançait une « Guerre de l'Ortie », dont la première escarmouche datait de 2002.

Le nouveau texte affiche une nette volonté répressive : deux mois de prison(s) ferme, 75 000 euros d'amende, pour celui qui vend ou donne un produit non homologué, en détient des bidons ou en diffuse la recette.


Alors que les députés, à l'occasion de la loi Grenelle I, s'apprêtent à discuter de faciliter l'accès aux PNPP ("Produits Naturels Peu Préoccupants") dans nos champs et nos jardins, article 28, nous apprenons qu'un avis publié au JO du 21 août 2008 (JORF n°0194,  page 13129, texte n°81) interdit  l'usage d'Extrait de Prêle (Equisetum) à partir de fin 2009. Les deux assemblées, députés et sénateurs, de droite comme de gauche, ont voté un amendement à la loi sur l'eau en décembre 2006 pour corriger les excès de la Loi d'Orientation Agricole du 06 janvier 2006 à l'origine de "La Guerre de l'Ortie". C'était la reconnaissance des PNPP. Deux ans plus tard, en réponse, c'est un nouvel interdit qui nous est signifié. Après deux ans de travaux en commission pour mettre en application l'amendement de décembre 2006, seulement 3, voire 5 dossiers maximum, sont à l'étude et les produits correspondants (qui relèveront du domaine public) ne seront, officiellement autorisés (s'ils sont recevables) que dans deux ou trois ans dans le meilleur des cas.

Par Association Kokopelli - Publié dans : Agriculture - Alimentation - Agrocarburants
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Jeudi 15 janvier 2009 4 15 /01 /2009 11:06

Une petite commune du Vaucluse, Le Thor, vient de voir consacré par la justice administrative son droit à s'opposer aux OGM, aux termes d'un jugement du tribunal administratif de Nîmes dont l'AFP a obtenu copie lundi.


Le tribunal a rejeté une demande de la préfecture du Vaucluse qui voulait faire annuler une délibération du 20 mai 2008 par laquelle le conseil municipal du Thor déclarait s'opposer à toute culture de plantes génétiquement modifiées sur son territoire. La préfecture a indiqué qu'elle ne comptait pas faire appel.

Le jugement qui remonte au 5 décembre, note que le conseil municipal était fondé à agir car la question des OGM "du fait de son impact éventuel sur la santé publique et l'environnement intéresse la commune du Thor, à vocation essentiellement agricole".


"Nous sommes la première commune à avoir un jugement sur le fond", a déclaré à l'AFP Jacques Olivier, maire (Verts) de cette commune de 7.600 habitants qui a eu connaissance du jugement début janvier. "C'est une victoire pour l'ensemble des gens qui se battent pour la vie et la biodiversité, pour une agriculture de qualité et de proximité".


Devant la justice administrative, Les représentants de la commune a insisté sur le fait que de nombreux agriculteurs dont la production est labellisée "agriculture biologique" vivent sur son territoire et pourraient voir leurs efforts réduits à néant par l'existence de cultures OGM. En outre, la Sorgue, classée en zone de protection Natura 2000, traverse la commune et des vins d'appellation AOC Côtes du Rhône et Coteaux d'Avignon y sont élevés. Les représentants de la commune ont également souligné que le préfet n'avait pris aucune mesure contre un arrêté du maire du 2 juin 2008 suivant la délibération du 20 mai et interdisant la culture en plein champ d'OGM sur le territoire communal.


Le Thor qui a organisé mi-décembre une fête de la biodiversité paysanne et des variétés anciennes, s'est déclaré "commune sans OGM" en posant symboliquement un panneau affichant cette qualité le 4 octobre 2008.

Par Faucheurs volontaires - Publié dans : Agriculture - Alimentation - Agrocarburants
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Mardi 3 février 2009 2 03 /02 /2009 17:03
Faut-il avoir peur de l'eau ? Celle qui coule dans les rivières et rejoint les océans ou les nappes phréatiques. Celle qui abreuve les cheptels et irrigue les cultures. Celle, même, que nous buvons au robinet...

 


(...) Des chercheurs canadiens de l'université de Montréal viennent ainsi de mettre en évidence, dans le fleuve Saint-Laurent, de faibles concentrations de molécules utilisées contre le cholestérol, l'hypertension ou le cancer. Une "pharmacie à ciel ouvert", rapporte Radio-Canada.

De nombreuses études, aux Etats-Unis, au Brésil, en Allemagne, en Italie, en Grande-Bretagne, en Finlande ou en France, décrivent des situations similaires. "La présence de traces de substances médicamenteuses ou de leurs dérivés a été largement établie à l'échelle mondiale, en particulier dans les eaux superficielles et souterraines, dans les eaux résiduaires, dans les boues des stations d'épuration utilisées en épandage agricole et dans les sols", souligne l'Académie nationale de pharmacie française dans un rapport rendu à l'automne 2008.

Toutes les eaux sont contaminées, y compris celles "destinées à la consommation humaine".


L'origine de cette pollution est double. Elle provient, d'une part, des urines et des selles humaines - ainsi que de celles des animaux de compagnie - évacuées dans les eaux domestiques, où se retrouvent aussi des médicaments non utilisés dont, malgré les systèmes de collecte, une partie est directement jetée dans les toilettes ou les égouts. Elle résulte, d'autre part, des rejets de l'industrie chimique et pharmaceutique, des élevages industriels d'animaux et des piscicultures - gros consommateurs d'antibiotiques et d'hormones de croissance -, mais aussi, paradoxalement, des hôpitaux.

Ces derniers, qui utilisent en grande quantité non seulement des médicaments, mais aussi des molécules de diagnostic et des réactifs de laboratoire, sont les principaux responsables de la dissémination de produits anticancéreux et radiopharmaceutiques, qui se retrouvent, avec les excréments des malades, dans leurs effluents. Une étude, conduite par l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset), a montré que des molécules anticancéreuses très actives, présentant "un danger potentiel pour la santé humaine et l'environnement", sont présentes "à des quantités non négligeables" dans les effluents hospitaliers, mais aussi en aval de la station d'épuration qui recueille ceux-ci.

Toutes les eaux d'évacuation, d'origine domestique, industrielle ou hospitalière, sont pourtant traitées - du moins dans les pays développés - par des stations d'épuration. Mais ces installations, qui éliminent les pollutions azotées, carbonées ou phosphorées, n'ont dans leur cahier des charges aucune obligation concernant les résidus médicamenteux. Ceux-ci ne sont que "partiellement" détruits, reconnaît une entreprise spécialisée dans la distribution et l'assainissement de l'eau.

Cette situation est due à des questions de coût et non de technique, puisqu'il existe des procédés de filtration ultrafine par des systèmes membranaires utilisés pour le dessalement de l'eau de mer, ou de piégeage par du charbon actif. Selon les classes de médicaments, l'efficacité du traitement des eaux usées varie de près de 100 % à... 0 %.


Ce sont donc des eaux chargées en traces d'antibiotiques, d'anticancéreux, d'analgésiques, d'antidépresseurs, d'anti-inflammatoires, d'hormones ou de bêta-bloquants qui retournent dans les ruisseaux, les rivières et les eaux souterraines, où ces molécules se diluent, sans toutefois disparaître. Si bien qu'elles se retrouvent ensuite dans les réseaux d'eau potable et à la sortie du robinet. Car les traitements de potabilisation, qui prennent en compte une soixantaine de paramètres, notamment microbiologiques, laissent eux aussi de côté les substances pharmaceutiques.

Quels sont les risques pour la santé humaine ? Les concentrations, indique l'Académie de pharmacie, peuvent atteindre plusieurs centaines de microgrammes (millionièmes de gramme) par litre dans les effluents et les eaux résiduaires urbaines, et quelques nanogrammes (milliardièmes de gramme) par litre dans les eaux superficielles, les eaux souterraines et les eaux de consommation.


Les quantités sont donc très inférieures à celles absorbées en cas de prescription médicale, qui sont de l'ordre de quelques dizaines ou centaines de milligrammes. Le problème est que les effets de l'ingestion régulière de faibles doses sur une longue période - toute une vie -, ainsi que du mélange des molécules dans un "cocktail thérapeutique" incontrôlé, sont aujourd'hui totalement inconnus. "Il n'existe pas de données permettant d'établir un lien de cause à effet entre ces résidus et des pathologies chez l'homme, mais il est légitime de se poser la question. Nous en sommes au stade de l'évaluation des risques sanitaires", commente Jean-Nicolas Ormsby, du département d'expertises en santé, environnement et travail de l'Afsset. On sait toutefois que, chez certains poissons, des substances médicamenteuses, en particulier hormonales, peuvent provoquer une altération des caractères sexuels, voire un changement de sexe.


Une surveillance s'impose, "notamment pour les populations les plus sensibles comme les enfants ou les femmes enceintes", estime l'Académie de pharmacie. Elle préconise, face à un "problème mondial", une véritable "politique de prévention".


Pierre Le Hir


Intégralité de l'article sur http://www.lemonde.fr/planete/ du 2 février 2009


Par Pierre Le Hir - Publié dans : Agriculture - Alimentation - Agrocarburants
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Vendredi 27 février 2009 5 27 /02 /2009 10:39

 

 


Chaque jour, la planète se peuple de 200 000 nouvelles bouches à nourrir. D'ici à 2050, la population mondiale devrait atteindre 9,2 milliards d'individus contre 6,7 milliards aujourd'hui. La réponse la plus courante à ce défi est de dire qu'il faudra augmenter la production alimentaire mondiale de 50 % d'ici là.

Ce n'est pas celle que retient le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) dans son rapport consacré à la crise alimentaire, publié mardi 17 février à l'occasion de sa réunion annuelle à Nairobi. Pour sortir du piège de besoins alimentaires croissants, l'organisation privilégie le recyclage des millions de tonnes d'aliments aujourd'hui perdus ou gaspillés, et affirme qu'une meilleure efficacité de la chaîne de production alimentaire permettrait à elle seule de nourrir le surcroît de population attendu à l'horizon 2050. "Cette voie a jusqu'à présent été très peu explorée alors qu'elle aurait de plus l'avantage de réduire la pression sur les terres fertiles et de limiter la déforestation", déplore le PNUE.

 

 

 


CONCURRENCE POUR LES TERRES


Le rapport cite en rafale des exemples qui, s'ils ne sont pas tous nouveaux, illustrent bien la faiblesse de beaucoup d'agricultures de pays du Sud, exposées aux pestes végétales, aux médiocres moyens de stockage, au manque de transport... mais aussi le gaspillage de nos sociétés d'abondance. Au Royaume-Uni, plus du tiers de la nourriture achetée n'est pas consommé (proportion qui se retrouve, au minimum, dans l'ensemble des pays "riches" - disons plutôt prédateurs -) et, aux Etats-Unis, les pertes observées au niveau des différents systèmes de distribution sont estimées à environ 100 milliards de dollars par an. A titre de comparaison, les besoins du Programme alimentaire mondial, qui vient au secours des populations souffrant de la faim, se sont élevés à 3,5 milliards de dollars (2,77 milliards d'euros) en 2008.


Au total, près de la moitié de la production alimentaire mondiale est aujourd'hui perdue, mise de côté parce qu'elle ne correspond pas à des normes de marchés ou gaspillée lors de la consommation. Le PNUE relève ainsi que 30 millions de tonnes de poisson sont rejetées à la mer chaque année. Des volumes qui suffiraient, selon l'organisation, à assurer la moitié des besoins supplémentaires de pêche d'ici à 2050 pour maintenir le niveau de consommation de poisson par habitant au niveau actuel.

Le PNUE plaide par ailleurs pour que la valorisation de ces "déchets" serve à nourrir le bétail, afin qu'une part croissante de la production mondiale de céréales ne finisse pas dans l'alimentation animale. Un tiers des céréales y est aujourd'hui destiné, 50 % le seront d'ici à 2050 si les tendances se poursuivent. Cela pourrait avoir des conséquences graves sur l'approvisionnement des populations dont, rappelle l'organisation, l'apport calorique journalier dépend en moyenne pour moitié des céréales.


Mais le rapport ne s'arrête pas là. Il suggère aussi que le recyclage des déchets soit orienté vers la production d'agrocarburants afin de limiter, là encore, la concurrence pour l'exploitation des terres à l'origine de la flambée des prix et de la crise alimentaire.



Laurence Caramel



Article paru dans l'édition du 19.02.09. http://www.lemonde.fr/

 

 


REMARQUES :


 

- Non seulement nous, habitants nantis des pays enrichis sur le dos de l'immense majorité de l'humanité, jetons plus du tiers des aliments que nous achetons, mais notre mode d'alimentation est à l'origine d'un immense gâchis (dates de péremption absurdes ; aliments "frais" vendus sous emballages en plastique ; refus de consommer des fruits et légumes non calibrés ou non "parfaits" ; etc. etc.)

 

- Non seulement notre mode d'alimentation carnée entraîne une déperdition considérable de végétaux qui sont utilisés pour nourrir les animaux, mais il est en grande partie responsable du dérèglement climatique en cours

 

- Les agrocarburants sont, eux aussi, extrêmement nuisibles tant sur le plan alimentaire, en détournant des aliments potentiels vers les réservoirs de nos véhicules et en utilisant des surfaces considérables de terres arables, mais ils participent également largement à la dégradation de la nature (déforestation ; cultures intensives ; OGM ; ...)

 

 

 

Sur tous ces sujets, et bien d'autres, consulter les articles s'y référant sur ce même blog

 


Par PNUE - Bernard Grignon - Publié dans : Agriculture - Alimentation - Agrocarburants
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Vendredi 6 mars 2009 5 06 /03 /2009 08:31

 



OGM : Nourrir les pauvres ou engraisser les géants des biotechnologies ?

 

 


 

 


Entre 2007 et 2008, le prix moyen des plantes alimentaires augmenta de façon dramatique : le maïs de 60%, le soja de 76%, le blé de 54% et le riz de 104% (Runge & Senaier, 2008). La Banque Mondiale prévoit que ces prix extraordinairement élevés des céréales vont persister au minimum 5 ans et ensuite descendre quelque peu, à partir de 2015, vers des niveaux dépassant toujours ceux de 2007 (Banque Mondiale 2008) . D'après le président de la Banque Mondiale, Robert Zoellick, ces énormes flambées des prix ont déjà poussé dans la famine et la pauvreté 100 millions d'humains supplémentaires.



Remarque 1 :


Le but essentiel de la nourriture est de nourrir les gens, mais ce but a été subordonné aux objectifs économiques d'une poignée de multinationales qui monopolisent tous les secteurs de la production alimentaire, de la semence jusqu'aux plus grandes chaînes de distribution. Ces firmes ont été les premiers bénéficiaires de la crise alimentaire. Lorsqu'on regarde les chiffres de 2007, au moment où la crise alimentaire a commencé, on voit que des multinationales comme Monsanto et Cargill - qui contrôle le marché des céréales - ont vu leurs profits augmenter respectivement de 45% et 60%. Les principales compagnies d'engrais comme la Mosaic corporation, une filiale de Cargill, ont doublé leur profit en une seule année.


Alors que les agriculteurs des principales nations exportatrices comme les Etats-Unis gagnent plus pour leurs récoltes, les compagnies qui vendent les semences, les agro-toxiques et autres intrants peuvent faire payer ces produits plus cher. Des agriculteurs, déjà sous pression car ils ont longtemps souffert de prix céréaliers bas, ne profitent pas actuellement de l'augmentation des prix de leurs récoltes - à cause notamment de l'augmentation des prix des engrais et de l'énergie. Monsanto, par contre, est en parfaite position pour tirer des profits. C'est la plus grande firme semencières mondiale. (...)



Monsanto profite de la crise alimentaire de plusieurs façons :


Premièrement, la compagnie a depuis plusieurs années déjà, augmenté le prix de ses semences et de chaque trait (caractère génétique incorporé).


Le prix moyen des semences de soja aux Etats-Unis a augmenté de plus de 50% en à peine deux ans - de 2006 à 2008 - passant de 80,75 à 123 dollars par ha cultivé.On s'attend à ce que les prix des semences de soja continuent de grimper de façon spectaculaire dans les années à venir car Monsanto va sortir en 2009 de nouvelles variétés plus coûteuses que les anciennes semences RoundUp Ready.


Le soja est cultivé sur près de 28 millions d'hectares aux Etats-Unis et près de 90% - soit  25,2 millions d'ha - est du soja RoundUp Ready. Dans les années à venir, Monsanto va progressivement remplacer le soja RR par le soja RR2Y.

Parallèlement à cela, les agriculteurs rapportent qu'ils ont de plus en plus de difficultés pour trouver des semences conventionnelles (non-OGM) de qualité (Roseboro, 2008).


Les prix des semences de coton et de maïs ont grimpé presque aussi vite que ceux du soja - plus de 50% en 3 ans, de 2005 à 2008. D'autres augmentations spectaculaires des prix des semences de riz sont en vue. Monsanto augmente de façon substantielle les prix de tous les types de semences de maïs GM, qu'elles contiennent un seul, deux ou trois traits. Les agriculteurs états-uniens pourraient voir leurs coûts augmenter de plus d'un milliard de dollars à cause de ce maïs triple trait. Il est assez intéressant de constater que la compagnie augmente beaucoup plus le prix des maïs meilleur marché - à trait unique ou double - pour « amener autant de clients que possible vers le maïs triple trait... » et pour « créer une clientèle de base captive pour le lancement en 2010 de son produit octo-traits, le SmartSax »(Goldman Sachs, 2008).

C'est un bon exemple de la manière dont Monsanto maximalise ses profits avec sa stratégie de « pénétration des traits ».

Le produit octo-traits est un maïs GM contenant 8 traits génétiques incorporés différents (six traits insecticides et deux de tolérance à deux herbicides) actuellement développé par Monsanto et Dow. Comme le prix des semences GM augmente d'un cran à chaque trait supplémentaire, le prix du SmartSax va être astronomique et les agriculteurs qui souhaitent des semences conventionnelles plus abordables ou des semences GM avec un seul ou deux traits voir même trois traits risquent de ne plus avoir cette chance.


Non content de l'accroissement de ses profits dû aux augmentations spectaculaires du prix des semences, Monsanto augmente aussi le prix de son herbicide, le Round.

On s'attend à ce que l'augmentation de 134% des prix au détail depuis la fin de 2006, rapporte à Monsanto des centaines de millions de dollars supplémentaires, grâce à son produit phare, le Round.

Cette augmentation du prix du RoundUp est liée à la stratégie de « pénétration des traits » de Monsanto qui se concentre sur le trait RoundUp Ready (tolérance au RoundUp). Actuellement, Monsanto profite triplement de chaque vente de semence contenant le trait RR : une première fois, en encaissant le surcoût de la semence dû au trait, une seconde fois, grâce à l'accroissement des ventes de RoundUp utilisé avec les semences et une troisième fois, grâce aux fortes augmentations du prix du RoundUp. Cela explique pourquoi Monsanto pousse agressivement pour incorporer le trait RoundUp Ready, dans pratiquement toutes les semences que la compagnie commercialise.


Les agriculteurs qui voudraient acheter des semences GM ne contenant que le trait rendant la plante insecticide, se voient de plus en plus souvent forcés d'acheter des semences qui contiennent aussi le trait de tolérance au RoundUp.


Une bonne partie des bénéfices engrangés par Monsanto sert à acheter la concurrence. Monsanto accroît aussi son contrôle sur le marché des semences de maïs, autant aux Etats-Unis que dans le reste du monde. Aux Etats-Unis, Monsanto a accru ses parts du marché des semences de maïs de 43% en 2001, à 61% en 2008, grâce à sa politique agressive d'acquisition de firmes semencières régionales (25 depuis 2004).


Le contrôle accru de Monsanto sur le marché mondial des semences lui donne encore plus le pouvoir d'incorporer ses traits dans toujours plus de variétés de semences et de retirer les semences conventionnelles du marché. Partout dans le monde, les agriculteurs qui appellent de leurs vœux les semences Monsanto, pourraient rapidement subir le sort de leurs collègues états-uniens : une augmentation spectaculaire du prix des semences, une pléthore de traits coûteux mais non demandés et se voir  rapidement dans l'impossibilité croissante de se fournir en semences conventionnelles de haute qualité.

 


Remarque 2 :


Les Nations-Unies et la Banque Mondiale ont publié une étude scientifique sur l'agriculture mondiale, qui concluait que les plantes GM ont un potentiel très faible pour lutter contre la pauvreté et la faim dans le monde. Ce travail intitulé « Evaluation Internationale des Sciences et Technologies Agricoles pour le Développement »  - en anglais IAASTD - a été mené durant 4 ans, par 400 experts venus de l'industrie, de gouvernements, d'instituts et universités et d'autres partenaires concernés dans la société pour tracer les voies les plus prometteuses afin que les pays pauvres puissent  accroître leur sécurité alimentaire (The Guardian, 2008). Il est intéressant de noter que plusieurs compagnies de biotechnologies se retirèrent de ce processus, juste quelques mois avant la fin, contrariées qu'elles étaient par les mauvaises notes données à leur technologie préférée. Le journal Nature répliqua en se moquant d'elles dans un éditorial intitulé "On abandonne les pauvres ?" (Nature, 2008).


Christian Berdot, le  14 février 2009

 


Intégralité de l'article sur : http://www.amisdelaterre.org/

 

 

 

 

 

Je ne saurais trop vous conseiller à nouveau de lire l'excellente enquête de Marie-Monique Robin ("Le monde selon Monsanto" - La Découverte) et de consulter le site : http://www.arte.tv/fr/Comprendre-le-monde/Le-monde-selon-Monsanto/1912816.html

 

Tout ceci n'est évidemment possible que dans une société où les seuls objectifs des décideurs politiques, au niveau mondial, ont pour nom profit, pouvoir, rentabilité, productivité,... quel qu'en soit le prix pour les populations qu'ils sont sensés représenter et protéger


Il est plus que temps de tourner la page, ne croyez-vous pas ?

 


Par Christian Berdot-Bernard Grignon - Publié dans : Agriculture - Alimentation - Agrocarburants
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Lundi 23 mars 2009 1 23 /03 /2009 08:42

 

 


En février 2009 s'est tenu, dans les locaux de l'INRA (Institut National de la Recherche Agronomique) à Paris, un colloque intitulé « les OGM face aux nouveaux paradigmes de la biologie ». Sous ce titre savant, c'était l'occasion d'entendre les experts faire le point des connaissances (et des ignorances) sur la structure et le fonctionnement du génome des êtres vivants.


Des généticiens ont expliqué que la moitié du génome (46% chez l'homme) est composée d' "éléments transposables" qui se déplacent, se multiplient et modifient le fonctionnement des gènes. Les gènes eux-mêmes apparaissent fréquemment dupliqués (35% chez l'homme) et les différents exemplaires d'un même gène ne fonctionnent pas de façon identique. Les manipulations cellulaires nécessaires pour réaliser la transgenèse (fabrication des OGM) induisent davantage de perturbations que le transgène (gène introduit de force dans l'organisme) lui-même, lequel est souvent contrôlé ou même modifié par des facteurs génétiques ou de l'environnement. Il faut aussi compter avec les "petits ARN" (connus depuis quelques années seulement) qui contrôlent la stabilité du génome et s'activent en réponse à des stress variés : par l'"interférence de l'ARN" les petits ARN régulent ou dégradent les ARN « conventionnels », ceux qui permettent l'expression de l'ADN. En bref, on découvre un génome de plus en plus complexe, instable, soumis à des influences diverses, et dont la connaissance, toujours à venir, relèverait désormais d'un projet interdisciplinaire (biologie systémique) "pour  déchiffrer la complexité de la cellule et de l'organisme vivants".


Pourquoi donc les généticiens étaient-ils les seuls à ne pas avoir compris ça plus tôt , obnubilés qu'ils étaient par la  maîtrise d'un  programme supposé inscrit dans l'ADN considéré comme "le  livre de la vie" ?...


D'autres experts sont intervenus sur les plantes transgéniques (PGM). Alors que les politiques européennes vont promulguer des règles pour la "co-existence" des PGM avec les autres plantes (en fonction d'un niveau arbitraire de contamination inévitable de toutes les cultures, même bio), l'état de la science fait douter de l'efficacité de telles règles puisqu'on ne sait pas même évaluer les flux des gènes entre végétaux. Quant aux toxicologues, ils ont avoué qu'on ne sait pas mesurer non plus le risque sanitaire des PGM  (effets sur le consommateur animal ou humain), tandis que l'expert en statistiques est venu parachever l'état du progrès en  pointant "les faiblesses méthodologiques qui rendent discutables tous les résultats présentés."

 


Que conclure des avancées de la science ?


Comme il était déjà évident (voir "Le vélo, le mur et le citoyen. Que reste t-il de la science" ?  - Ed Belin, 2007) on ne maîtrise pas le génome, ni les effets de la transgenèse, ni la dissémination des transgènes, ni l'évaluation des PGM. Alors, quelle urgence y aurait-il pour disséminer ces PGM, lesquelles ne procurent aucun avantage aux consommateurs ? Et comment prétendre que les opposants à cette dissémination seraient des "obscurantistes" ?...

Pourtant, il n'y a nulle rumeur d'autocritique et le Génopole lance pour la fin de 2009 un colloque sur "Progrès, innovation et société, défiance ou confiance ?" dont l'annonce fustige encore "les lobbies des opposants" aux PGM...


Jacques Testart, dans "La Décroissance" de mai 2009

Par Jacques Testart - Publié dans : Agriculture - Alimentation - Agrocarburants
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