Informations et réflexions sur notre SOCIETE

Vendredi 5 septembre 2008 5 05 /09 /2008 10:20

Ce qui peut se produire à Avignon, ou ailleurs. !

 


  Je suis né le 18 septembre 1962 à Genève. Je suis acteur, metteur en scène et auteur. A Genève, je dirige une compagnie, le théâtre Spirale, je co-dirige le théâtre de la Parfumerie et m’occupe également du festival "De bouche à oreille". Dans le cadre de mes activités artistiques, je viens régulièrement au festival d’Avignon pour y découvrir des spectacles du " in " et du " off". Notre compagnie s’y est d’ailleurs produite à trois reprises. Cette année, je suis arrivé dans la région depuis le 10 juillet et j’ai assisté à de nombreux spectacles.

 

  Le lundi 21 juillet, je sors avec mon amie, ma fille et trois de ses camarades, de la représentation d’une pièce très dure sur la guerre en ex-Yougoslavie et nous prenons le frais à l’ombre du Palais des Papes, en assistant avec plaisir à un spectacle donné par un couple d’acrobates.

 

  A la fin de leur numéro, je m’avance pour mettre une pièce dans leur chapeau lorsque j’entends le son d’un Djembé (tambour africain) derrière moi. Etant passionné par la culture africaine, j’ ai monté plusieurs spectacles en Afrique et j’ai eu l’occasion d’y faire des tournées. Je m’apprête à écouter les musiciens. Le percussionniste est rejoint par un joueur de Kamele Ngoni (sorte de contrebasse surtout utilisée par les chasseurs en Afrique de l’Ouest.)

 

  A peine commencent-ils à jouer, qu’un groupe de C.R.S se dirige vers eux pour les interrompre et contrôler leur identité. Contrarié, je me décide à intervenir. Ayant déjà subi des violences policières dans le même type de circonstances il y a une vingtaine d’année à Paris, je me suis adressé à eux avec calme et politesse, le souvenir de ma précédente mésaventure bien en tête. Mais je me suis dit que j’étais plus âgé, que l’on se trouvait dans un haut lieu culturel et touristique, dans une démocratie et que j’avais le droit de m’exprimer face à ce qui me semblait une injustice.

 

  J’aborde donc un des C.R.S et lui demande :

  « Pourquoi contrôler vous ces artistes en particulier et pas tous ceux qui se trouvent sur la place ? »

  Réponse immédiate : « Ta gueule, mêle-toi de ce qui te regarde !

  « Justement ça me regarde. Je trouve votre attitude discriminatoire. »

  Regard incrédule. « Tes papiers ! »

   « Je ne les ai pas sur moi, mais on peut aller les chercher dans la voiture. »

   « Mets-lui les menottes ! »

   « Mais vous n’avez pas le droit de... »

 

  Ces mots semblent avoir mis le feu aux poudres.

  « Tu vas voir si on n’a pas le droit. »

Et brusquement la scène a dérapé.

 

  Ils se sont jetés sur moi avec une sauvagerie inouïe. Mon amie, ma fille, ses camarades et les curieux qui assistaient à la scène ont reculé, choqués, alors qu’ils me projetaient au sol, me plaquaient la tête contre les pavés, me tiraient de toutes leurs forces les bras en arrière comme un poulet désarticulé et m’enfilaient des menottes. Les bras dans le dos, ils m’ont relevé et m’ont jeté en avant en me retenant par la chaîne. La menotte gauche m’a tordu le poignet et a pénétré profondément mes chairs. J’ai hurlé :

 

   « Vous n’avez pas le droit, arrêtez, vous me cassez le bras ! »

   « Tu vas voir ce que tu vas voir espèce de tapette. Sur le dos ! Sur le ventre ! Sur le dos je te dis, plus vite, arrête de gémir ! »

 

  Et ils me frottent la tête contre les pavés me tordent et me frappent, me traînent, me re-plaquent à terre.

 

  La foule horrifiée s’écarte sur notre passage. Mon amie essaie de me venir en aide et se fait violemment repousser. Des gens s’indignent, sifflent, mais personne n’ose interrompre cette interpellation d’une violence inouïe. Je suis traîné au sol et malmené jusqu’à leur fourgonnette qui se trouve à la place de l’horloge 500 m plus bas. Ils me jettent dans le véhicule, je tente de m’asseoir et le plus grand de mes agresseurs (je ne peux pas les appeler autrement), me donne un coup pour me faire tomber entre les sièges, face contre terre. Il me plaque un pied sur les côtes et l’autre sur la cheville, il appuie de tout son poids contre une barre de fer.

 

   « S’il vous plait, n’appuyez pas comme ça, vous me coupez la circulation. »

   « C’est pour ma sécurité. »

 

  Et toute leur compagnie de rire de ce bon mot. Jusqu’au commissariat de St Roch.

 

  Le trajet est court mais il me semble interminable. Tout mon corps est meurtri, j’ai l’impression d’avoir le poignet brisé, les épaules démises, je mange la poussière. On m’extrait du fourgon toujours avec autant de délicatesse.

 

  Je vous passe les détails de l’interrogatoire que j’ai subi dans un état lamentable. Je me souviens seulement du maquillage bleu sur les paupières de la femme qui posait les questions.

 

   « Vous êtes de quelle nationalité ? »

   « Suisse. »

   « Vous êtes un sacré fouteur de merde »

   « Vous n’avez pas le droit de m’insulter »

   « C’est pas une insulte, la merde » (Petit rire.)

 

  C’est fou comme la mémoire fonctionne bien quand on subit de pareilles agressions. Toutes les paroles, tout les détails de cette arrestation et de ma garde à vue resteront gravés à vie dans mes souvenirs, comme la douleur des coups subits dans ma chair. Je remarque que l’on me vouvoie depuis que je ne suis plus entre les griffes des CRS. Mais la violence physique a seulement fait place au mépris et à une forme d’inhumanité plus sournoise. Je demande que l’on m’ôte les menottes qui m’ont douloureusement entaillé les poignets et que l’on appelle un docteur. On me dit de cesser de pleurnicher et que j’aurais mieux fait de réfléchir avant de faire un scandale. Je tente de protester, on me coupe immédiatement la parole. Je comprends qu’ici on ne peut pas s’exprimer librement. Ils font volontairement traîner avant de m’enlever les menottes. Font semblant de ne pas trouver les clés. Je ne sens plus ma main droite.

 

  Fouille intégrale. On me retire ce que j’ai, bref inventaire, le tout est mis dans une petite boîte.

 

  « Enlevez vos vêtements ! » J’ai tellement mal que je n’y arrive presque pas.

 

  « Dépêchez-vous, on n’a pas que ça à faire. La boucle d’oreille ! »

 

  J’essaye de l’ôter sans y parvenir.

 

  « Je ne l’ai pas enlevée depuis des années. Elle n’a plus de fermoir. »

 

  « Ma patience à des limites vous vous débrouillez pour l’enlever, c’est tout ! »

 

  Je force en tirant sur le lobe de l’oreille, la boucle lâche.

 

  « Baissez la culotte ! »

 

  Je m’exécute. Après la fouille ils m’amènent dans une petite cellule de garde à vue de 4m de long par 2m de large. Une petite couchette beige vissée au mur. Les parois sont taguées, grattées par les inscriptions griffonnées à la hâte par les détenus de passage. Au briquet ou gravé avec les ongles dans le crépis. Momo de Monclar, Ibrahim, Rachid...... chacun laisse sa marque.

 

  L’attente commence. Pas d’eau, pas de nourriture. Je réclame en vain de la glace pour faire désenfler mon bras. Les murs et le sol sont souillés de tâches de sang, d’urine et d’excréments. Un méchant néon est allumé en permanence. Le temps s’étire. Rien ici qui permette de distinguer le jour de la nuit. La douleur lancinante m’empêche de dormir. J’ai l’impression d’avoir le cœur qui pulse dans ma main. D’ailleurs, alors que j’écris ces lignes une semaine plus tard, je ne parviens toujours pas à dormir normalement.

 

  J’écris tout cela en détails, non pas pour me lamenter sur mon sort. Je suis malheureusement bien conscient que ce qui m’est arrivé est tristement banal, que plusieurs fois par jour et par nuit, dans chaque ville de France, des dizaines de personnes subissent des traitements bien pires que ce que j’ai enduré. Je sais aussi que si j’étais noir ou arabe, je me serais fait cogner avec encore moins de retenue. C’est pour cela que j’écris et porte plainte. Car j’estime que dans la police française et dans les CRS en particulier il existe de dangereux individus qui, sous le couvert de l’uniforme, laissent libre cours à leurs plus bas instincts. Evidemment, il y a aussi des arrestations justifiées, et la police ne fait pas que des interventions abusives. Mais je parle des dérapages qui me semblent beaucoup trop fréquents. Que ces dangers publics sévissent en toute impunité au sein d’un service public qui serait censé protéger les citoyens est inadmissible dans un état de droit.

 

  J’ai un casier judiciaire vierge et suis quelqu’un de profondément non violent, par conviction, ce type de mésaventure me renforce encore dans mes convictions, mais si je ne disposais pas des outils pour analyser la situation je pourrais aisément basculer dans la violence et l’envie de vengeance. Je suis persuadé que ce type d’action de la police nationale visant à instaurer la peur ne fait qu’augmenter l’insécurité en France et stimuler la suspicion et la haine d’une partie de la population (des jeunes en particulier) face à la police. En polarisant ainsi la population, on crée une tension perpétuelle extrêmement perverse.

 

  Comme je suis un homme de culture et de communication je réponds à cette violence avec mes armes. L’écriture et la parole. Durant les 16h qu’a duré ma détention, (avec les nouvelles lois, on aurait même pu me garder 48h en garde à vue), je n’ai vu dans les cellules que des gens d’origine africaine et des gitans. Nous étions tous traité avec un mépris hallucinant. Un exemple, mon voisin de cellule avait besoin d’aller aux toilettes. Il appelait sans relâche depuis près d’une demi heure, personne ne venait. Il s’est mit à taper contre la porte pour se faire entendre, personne. Il cognait de plus en plus fort, finalement un gardien exaspéré surgit.

 

   "Qu’est ce qu’il y a ? »

   « J’ai besoin d’aller aux chiottes. »

   « Y a une coupure d’eau. »

   "Mais j’ai besoin. »

   « Y a pas d’eau dans tout le commissariat, alors tu te la coinces, pigé. »

 

  Mon voisin qui n’est pas seul dans sa cellule continue de se plaindre, disant qu’il est malade, qu’il va faire ses besoins dans la cellule.

 

  « Si tu fais ça on te fait essuyer avec ton t-shirt. »

 

  Les coups redoublent. Une voix féminine lance d’un air moqueur. « Vas-y avec la tête pendant que tu y es. Ca nous en fera un de moins. » Eclats de rire dans le couloir comme si elle avait fait une bonne plaisanterie.

 

  Après une nuit blanche, vers 9h du matin,on vient me chercher pour prendre mon empreinte et faire ma photo. Face, profil, avec un petit écriteau, comme dans les films. La dame qui s’occupe de cela est la première personne qui me parle avec humanité et un peu de compassion depuis le début de ce cauchemar. « Hé bien, ils vous ont pas raté. C’est les CRS, bien sûr. Faut dire qu’on a aussi des sacrés cas sociaux chez nous. Mais ils sont pas tous comme ça. » J’aimerais la croire.

 

  Un officier vient me chercher pour que je dépose ma version des faits et me faire connaître celle de ceux qui m’ont interpellé. J’apprends que je suis poursuivi pour : outrage, incitation à l’émeute et violence envers des dépositaires de l’autorité publique. C’est vraiment le comble. Je les aurais soi-disant agressés verbalement et physiquement. Comment ces fonctionnaires assermentés peuvent ils mentir aussi éhontement ? Je raconte ma version des faits à l’officier. Je sens que, sans vouloir l’admettre devant moi, il se rend compte qu’ils ont commis une gaffe. Ma déposition est transmise au procureur et vers midi je suis finalement libéré. J’erre dans la ville comme un boxeur sonné. Je marche péniblement. Un mistral à décorner les bœufs souffle sur la ville. Je trouve un avocat qui me dit d’aller tout de suite à l’hôpital faire un constat médical. Je marche longuement pour parvenir aux urgences ou je patiente plus de 4 heures pour recevoir des soins hâtifs. Dans la salle d’attente, je lis un journal qui m’apprend que le gouvernement veut supprimer 200 hôpitaux dans le pays, on parle de couper 6000 emplois dans l’éducation. Sur la façade du commissariat de St Roch, j’ai pu lire qu’il allait être rénové pour 19 millions d’Euros. Les budgets de la sécurité sont à la hausse, on diminue la santé, le social et l’éducation. Pas de commentaires.

 

  Je n’écris pas ces lignes pour me faire mousser, mais pour clamer mon indignation face à un système qui tolère ce type de violence. Sans doute suis-je naïf de m’indigner. La plupart des Français auxquels j’ai raconté cette histoire ne semblaient pas du tout surpris, et avaient connaissance de nombreuses anecdotes du genre. Cela me semble d’autant plus choquant. Ma naïveté, je la revendique, comme je revendique le droit de m’indigner face à l’injustice. Même si cela peut paraître de petites injustices. C’est la somme de nos petits silences et de nos petites lâchetés qui peut conduire à une démission collective et en dernier recours aux pires systèmes totalitaires. Nous n’en sommes bien évidement heureusement pas encore là.

 

  Depuis ma sortie, nous sommes retournés sur la place de Papes et nous avons réussi à trouver une douzaine de témoins qui ont accepté d’écrire leurs versions des faits qui corroborent toutes ce que j’ai dit. Ils certifient tous que je n’ai proféré aucune insulte ni commis aucune violence. Les témoignages soulignent l’incroyable brutalité de l’intervention des CRS et la totale disproportion de leur réaction face à mon intervention. J’ai essayé de retrouver des images des faits, mais malheureusement les caméras qui surveillent la place sont gérées par la police et, comme par hasard, elles sont en panne depuis début juillet. Il y avait des centaines de personnes sur la place qui auraient pu témoigner, mais le temps de sortir de garde à vue, de me faire soigner et de récupérer suffisamment d’énergie pour pouvoir tenter de les retrouver, je n’ai pu en rassembler qu’une douzaine. J’espère toujours que peut-être quelqu’un a photographié ou même filmé la scène et que je parviendrai à récupérer ces images qui prouveraient de manière définitive ce qui c’est passé.

 

  Après 5 jours, soudain, un Monsieur africain m’a abordé. C’est l’un des musiciens qui avaient été interpellés. Il était tout content de me retrouver car il me cherchait depuis plusieurs jours. Il se sentait mal de n’avoir rien pu faire et de ne pas avoir pu me remercier d’être intervenu en leur faveur. Il était profondément touché et surpris par mon intervention et m’a dit qu’il habitait Grenoble, qu’il avait 3 enfants et qu’il était français. Qu’il viendrait témoigner pour moi. Qu’il s’appelait Moussa Sanou.

 

   « Sanou , c’est un nom de l’ethnie Bobo. Vous êtes de Bobo-Dioulasso ? »

   « Oui. »

 

  Nous avons souri et je l’ai salué dans sa langue en Dioula.

 

  Il se trouve que je vais justement créer un spectacle prochainement à Bobo-Dioulasso au Burkina-faso. La pièce qui est une adaptation de nouvelles de l’auteur Mozambicain Mia Couto s’appellera « Chaque homme est une race » et un des artistes avec lequel je vais collaborer se nomme justement Sanou.

 

  Coïncidence ? Je ne crois pas.

 

  Je suis content d’avoir défendu un ami, même si je ne le connaissais pas encore.

 

  La pièce commence par ce dialogue prémonitoire.

 

  Quand on lui demanda de quelle race il était, il répondit : « Ma race, c’est moi. »

 

  Invité à s’expliquer il ajouta  « Ma race, c’est celui que je suis. Toute personne est à elle seule une humanité. Chaque homme est une race, Monsieur le policier. »

 

  Patrick Mohr

 

Par Patrick Mohr - Publié dans : Informations et réflexions sur notre SOCIETE
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Mardi 7 octobre 2008 2 07 /10 /2008 09:16


Alerte antifasciste !


 

Le Journal du dimanche d'aujourd'hui 5 octobre 2008 annonce « en exclusivité » l'incroyable programme pour les lycées, applicable dès la rentrée 2009. « En juin prochain, le lycée d'aujourd'hui aura vécu. »

« Poussé par l'Elysée », le ministre Darcos va annoncer officiellement très prochainement trois révolutions jamais vues :

1 - Une réduction importante des horaires en lycée : 27 heures hebdomadaires au lieu de 28 à 35 (Ne dites pas que c'est pour accompagner les suppressions de postes de profs, ça ferait de la peine à TF1.)

2 - Une formule compliquée d'options (« modules exploratoires » ou d' « accompagnement ») qui aura l'originalité d'être à rythme semestriel, soit deux demi-années scolaires au lieu d'une, et donc la fin du groupe classe comme facteur de socialisation et de solidarité. C'est selon le propre aveu de Darcos le « lycée à la carte ». Il ne fera pas bon pour un professeur de s'être montré exigeant et trop peu démagogique au premier semestre, s'il veut retrouver des élèves candidats au module du seconde semestre... Autant faire noter les profs tout de suite par les élèves et les payer selon les résultats.

3 - Et pour finir, cette nouvelle inouïe. La suppression pure et simple de l'histoire-géographie du « tronc commun »« dominante sciences »« Humanité et arts ». (Au fait, pourquoi pas d's à « humanités » ? Une faute de frappe du Journal du Dimanche ? Mystère.) obligatoire en première et en terminale. Certes, ce sera aussi le cas des maths, mais ceux-ci n'en souffriront pas, restant matière dominante à sélection pour la filière Scientifique, hypocritement rebaptisée pour les futurs cadres de la société, tandis que la filière L deviendra

 

Supprimer l'histoire géographie pour tous et toutes à partir de l'âge de 15 ans constitue une rupture majeure avec tous les siècles précédents d'humanisme scolaire, de l'Ancien régime jusqu'à nos jours.

Cette suppression pourrait permettre un jour à un gouvernement populiste et vichysto-compatible de...

... Célébrer Guy Môquet tout en faisant ignorer pourquoi est-il mort ;

... Réunir les ministres européens à Vichy (en novembre prochain ! Une première ! Une idée d'Hortefeu ! Les ministres européens en charge de... l'Immigration ! ) pour en finir enfin avec l'antifascisme culturel, avec le tabou vichyste et vichyssois, et faire oublier de quoi cette ville fut la capitale et le symbole ;

... Mieux faire admirer le colonialisme, le paternalisme et le cléricalisme d'antan tout en jetant pudiquement aux oubliettes des siècles de patients combats émancipateurs pour les droits humains, sociaux, démocratiques, féministes, etc ;

... Épargner aux sarkoboys l'apprentissage de tant de dates funestes et qui portent malheur : 1789, 1830, 1848, 1936, 1944, 1945...

... Esquiver trop de questions gênantes des géographes sur l'habitat humain, le climat, l'écologie, et le remodelage des paysages et de la planète par les flux financiers et mafieux ;

... Flatter les mémoires particulières et communautaristes pour mieux ruiner définitivement la culture historique commune, base de citoyenneté et du Vivre ensemble ;

 

Bref, il est quand même flatteur de comprendre que Sarkozy veut personnellement prendre soin de nos enfants.

Que, malgré tout, malgré l'intensif bourrage de crânes des médias aux ordres, Sarkozy nous trouve encore trop intelligents et cultivés, encore trop peu obscurantistes, encore trop peu oublieux des leçons de notre Histoire. Mais heureusement, Darcos est là.

Merci de faire passer ce message urgent...

Le ministre Darcos tente donc un essai, pour tester notre réaction. (Tant qu'il est encore temps, faut-il alerter immédiatement les députés UMP qui ont gardé un souvenir attendri de leurs leçons d'histoire-géographie ?)

 

A consulter sur le blog : http://lucky.blog.lemonde.fr

Par Journal du dimanche et autres observateurs et critiques - Publié dans : Informations et réflexions sur notre SOCIETE
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Mercredi 8 octobre 2008 3 08 /10 /2008 08:39


Le gouffre financier du Pentagone !

 


Alors que le débat sur la plan Paulson faisait rage, le Sénat US a voté comme un seul homme les 600 milliards du budget de la défense. N’y a-t-il aucune relation entre ces deux évènements ? Ce budget gargantuesque du Pentagone est indéfendable et ruineux, estime Chalmers Johnson. Il est temps de remettre en cause le militarisme qui prévaut aux USA et de mettre un terme aux désastreuses expéditions Afghanes et Irakiennes, dont la poursuite ne fait qu’empirer la situation dans ces deux pays.

 

On a entendu force plaintes et récriminations indignées au sujet des 700 milliards de dollars que le gouvernement envisage de distribuer aux riches banquiers New Yorkais qui nous ont détroussé ces dernières années avant que leur cupidité ne conduise leurs entreprises dans le ravin. Pourtant, nous distribuons des montants comparables chaque année au titre des budgets destinés à l’armée, au complexe militaro-industriel et aux élus influents qui se sont alliés avec le Pentagone.

Mercredi 24 Septembre, en pleine controverse sur les milliards de dollars que les contribuables allaient octroyer à Wall Street, la Chambre des représentants a adopté le projet de loi budgétaire 2009 pour la défense, d’un montant de 612 milliards, sans un murmure de protestation ni aucun commentaire dans la presse. Le New York Times n’a consacré au sujet que trois courts paragraphes enfouis au milieu d’un article traitant du budget.

(…) C’est une honte pour la nation. Dépenser des centaines de milliards de dollars pour des guerres présentes et futures qui n’ont rien à voir avec notre sécurité nationale est tout simplement obscène. Et pourtant le Congrès a été corrompu par le complexe militaro-industriel qui lui a fait croire qu’en votant en faveur d’un accroissement des dépenses militaires, ils procurent des « emplois » pour l’économie. En fait, ils ne font que détourner vers des armements tout à fait inutiles les maigres ressources qui seraient désespérément nécessaires pour la reconstruction de l’infrastructure américaine et pour d’autres dépenses cruciales. Si nous ne parvenons pas à réduire ces dépenses militaires toujours croissantes depuis trop longtemps, alors la faillite des États-Unis est inévitable. Comme l’actuelle débâcle de Wall Street en a fait la preuve, ce n’est plus une abstraction, mais une éventualité de plus en plus probable. Il ne nous reste plus beaucoup de temps.

Chalmers Johnson, le 7 octobre 2008

 

Chalmers Johnson est professeur émérite à l’Université de San Diego. Il a publié récemment Blowback (2000), The Sorrows of Empire (2004), et Nemesis : The Last Days of the American Republic (2006).

 

Intégralité de l'article sur : http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2232

 



Pensez-vous encore sincèrement que la "démocratie" représentative permet de répondre aux véritables besoins et préoccupations de la majorité de la population (voir ce qui se passe en ce moment à l'Assemblée Nationale concernant le projet de loi "Grenelle1") ?

 

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"Si tu veux la paix, prépare la paix"  (Théodore Monod)

Par Chalmers Johnson - Bernar Grignon - Publié dans : Informations et réflexions sur notre SOCIETE
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Lundi 13 octobre 2008 1 13 /10 /2008 11:35


"Le capitalisme touche à sa fin"





Questions à Immanuel Wallerstein, chercheur au département de sociologie de l'université de Yale, ex-président de l'Association internationale de sociologie



  Comment replacez-vous la crise économique et financière actuelle dans le "temps long" de l'histoire du capitalisme ?


Immanuel Wallerstein : Fernand Braudel (1902-1985) distinguait le temps de la "longue durée", qui voit se succéder dans l'histoire humaine des systèmes régissant les rapports de l'homme à son environnement matériel, et, à l'intérieur de ces phases, le temps des cycles longs conjoncturels, décrits par des économistes comme Nicolas Kondratieff (1982-1930) ou Joseph Schumpeter (1883-1950). Nous sommes aujourd'hui clairement dans une phase B d'un cycle de Kondratieff qui a commencé il y a trente à trente-cinq ans, après une phase A qui a été la plus longue (de 1945 à 1975) des cinq cents ans d'histoire du système capitaliste.

Dans une phase A, le profit est généré par la production matérielle, industrielle ou autre ; dans une phase B, le capitalisme doit, pour continuer à générer du profit, se financiariser et se réfugier dans la spéculation. Depuis plus de trente ans, les entreprises, les Etats et les ménages s'endettent, massivement. Nous sommes aujourd'hui dans la dernière partie d'une phase B de Kondratieff, lorsque le déclin virtuel devient réel, et que les bulles explosent les unes après les autres : les faillites se multiplient, la concentration du capital augmente, le chômage progresse, et l'économie connaît une situation de déflation réelle.

Mais, aujourd'hui, ce moment du cycle conjoncturel coïncide avec, et par conséquent aggrave, une période de transition entre deux systèmes de longue durée. Je pense en effet que nous sommes entrés depuis trente ans dans la phase terminale du système capitaliste. Ce qui différencie fondamentalement cette phase de la succession ininterrompue des cycles conjoncturels antérieurs, c'est que le capitalisme ne parvient plus à "faire système", au sens où l'entend le physicien et chimiste Ilya Prigogine (1917-2003) : quand un système, biologique, chimique ou social, dévie trop et trop souvent de sa situation de stabilité, il ne parvient plus à retrouver l'équilibre, et l'on assiste alors à une bifurcation.

La situation devient chaotique, incontrôlable pour les forces qui la dominaient jusqu'alors, et l'on voit émerger une lutte, non plus entre les tenants et les adversaires du système, mais entre tous les acteurs pour déterminer ce qui va le remplacer. Je réserve l'usage du mot "crise" à ce type de période. Eh bien, nous sommes en crise. Le capitalisme touche à sa fin.


Y a-t-il des précédents à la phase actuelle, telle que vous la décrivez ?

Il y en a eu beaucoup dans l'histoire de l'humanité, contrairement à ce que renvoie la représentation, forgée au milieu du XIXe siècle, d'un progrès continu et inévitable, y compris dans sa version marxiste. Je préfère me cantonner à la thèse de la possibilité du progrès, et non à son inéluctabilité. Certes, le capitalisme est le système qui a su produire, de façon extraordinaire et remarquable, le plus de biens et de richesses. Mais il faut aussi regarder la somme des pertes - pour l'environnement, pour les sociétés - qu'il a engendrées. Le seul bien, c'est celui qui permet d'obtenir pour le plus grand nombre une vie rationnelle et intelligente.(...)

Les plus intelligents ont déjà compris qu'il fallait mettre en place quelque chose d'entièrement nouveau. Mais de multiples acteurs agissent déjà, de façon désordonnée et inconsciente, pour faire émerger de nouvelles solutions, sans que l'on sache encore quel système sortira de ces tâtonnements.

Nous sommes dans une période, assez rare, où la crise et l'impuissance des puissants laissent une place au libre arbitre de chacun : il existe aujourd'hui un laps de temps pendant lequel nous avons chacun la possibilité d'influencer l'avenir par notre action individuelle. Mais comme cet avenir sera la somme du nombre incalculable de ces actions, il est absolument impossible de prévoir quel modèle s'imposera finalement. Dans dix ans, on y verra peut-être plus clair ; dans trente ou quarante ans, un nouveau système aura émergé. Je crois qu'il est tout aussi possible de voir s'installer un système d'exploitation hélas encore plus violent que le capitalisme, que de voir au contraire se mettre en place un modèle plus égalitaire et redistributif.



Les mutations antérieures du capitalisme ont souvent débouché sur un déplacement du centre de "l'économie-monde", par exemple depuis le Bassin méditerranéen vers la côte Atlantique de l'Europe, puis vers celle des Etats-Unis.

Le système à venir sera-t-il centré sur la Chine ?

La crise que nous vivons correspond aussi à la fin d'un cycle politique, celui de l'hégémonie américaine, entamée également dans les années 1970. Les Etats-Unis resteront un acteur important, mais ils ne pourront plus jamais reconquérir leur position dominante face à la multiplication des centres de pouvoir, avec l'Europe occidentale, la Chine, le Brésil, l'Inde. Un nouveau pouvoir hégémonique, si l'on s'en réfère au temps long braudélien, peut mettre encore cinquante ans pour s'imposer. Mais j'ignore lequel.

En attendant, les conséquences politiques de la crise actuelle seront énormes, dans la mesure où les maîtres du système vont tenter de trouver des boucs émissaires à l'effondrement de leur hégémonie. Je pense que la moitié du peuple américain n'acceptera pas ce qui est en train de se passer. Les conflits internes vont donc s'exacerber aux Etats-Unis, qui sont en passe de devenir le pays du monde le plus instable politiquement. Et n'oubliez pas que nous, les Américains, nous sommes tous armés...


Propos recueillis par Antoine Reverchon le11.10.08 (Intégralité de l'article sur lemonde.fr)







Même si je ne suis pas aussi convaincu que la "fin du capitalisme" soit pour tout de suite (malheureusement !), il est certain qu'une page de l'histoire de l'humanité est en train de se tourner. Le problème est que, enfermés dans nos certitudes, notre confort égoïste et nos illusions aveugles, nous ne nous sommes absolument pas préparés à une alternative salutaire. Alors, une fois de plus, allons-nous laisser la place à des opportunistes sans scrupules ? Nous avons également la possibilité de nous saisir de cette opportunité pour contribuer à élaborer dés maintenant et ensemble un projet de société véritablement fondé sur des valeurs génératrices de bien-être pour tous, maintenant et à venir : Solidarité, Respect, Justice

 

A nous de choisir !

 

 

 

 

"Il faut relever l'esprit de l'homme. Le tourner vers la conscience, vers le beau, le juste, le vrai, le désintéressé et le grand ... "

(Victor Hugo)

Par Immanuel Wallerstein - Bernard Grignon - Publié dans : Informations et réflexions sur notre SOCIETE
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Mercredi 22 octobre 2008 3 22 /10 /2008 08:19


Connaissez-vous le principe de la grenouille chauffée ?

 


Imaginez une marmite remplie d'eau froide dans laquelle nage tranquillement une grenouille.

Le feu est allumé sous la marmite, l'eau chauffe doucement. Elle est bientôt tiède. La grenouille trouve cela plutôt agréable et continue à nager.

La température continue à grimper. L'eau est maintenant chaude. C'est un peu plus que n'apprécie la grenouille, ça la fatigue un peu, mais elle ne s'affole pas pour autant.

L'eau est cette fois vraiment chaude. La grenouille commence trouver cela désagréable, mais elle s'est affaiblie, alors elle supporte et ne fait rien.

La température continue à monter jusqu'au moment où la grenouille va tout simplement finir par cuire et mourir.

Si la même grenouille avait été plongée directement dans l'eau à 50°, elle aurait immédiatement donné le coup de patte adéquat qui l'aurait éjectée aussitôt de la marmite.



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Cette expérience montre que, lorsqu'un changement s'effectue d'une manière suffisamment lente, il échappe à la conscience et ne suscite la plupart du temps aucune réaction, aucune opposition, aucune révolte.

Si nous regardons ce qui se passe dans notre société depuis quelques décennies, nous subissons une lente dérive à laquelle nous nous habituons.

Des tas de choses qui nous auraient horrifiés il y a 20, 30 ou 40 ans, ont été peu à peu banalisées, édulcorées, et nous dérangent mollement à ce jour, ou laissent carrément indifférents la plupart des gens. AU NOM DU PROGRÈS et de la science, les pires atteintes aux libertés individuelles, à la dignité du vivant, à l'intégrité de la nature, à la beauté et au bonheur de vivre, s'effectuent lentement et inexorablement avec la complicité constante des victimes, ignorantes ou démunies.

Les noirs tableaux annoncés pour l'avenir, au lieu de susciter des réactions et des mesures préventives, ne font que préparer psychologiquement le peuple à accepter des conditions de vie décadentes, voire dramatiques ; le gavage permanent d'informations de la part des médias sature les cerveaux qui n'arrivent plus à faire la part des choses...

Tout ceci n'est pas pour demain, il s'agit déjà de notre réalité d'aujourd'hui !


Alors, si cette métaphore vous semble, à vous aussi, particulièrement pertinente, si vous n'êtes pas, comme la grenouille, déjà à moitié cuit, il est urgent que vous donniez le coup de patte salutaire avant qu'il ne soit trop tard.

Le premier (tout petit) geste à accomplir peut être de diffuser largement ce texte ; il ne reste "plus ensuite qu'à" agir en conséquence et à rentrer en résistance contre ce système fondamentalement absurde et suicidaire fondé sur un égoïsme forcené, la cupidité, l'ignorance et l'illusion absurde et entretenue de la toute-puissance de l'espèce humaine.


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"Dans la vie, il n'y a pas de solutions. Il y a des forces en marche. Il faut les créer et les solutions suivent."

 


(Antoine de Saint-Exupéry)


Par Bernard Grignon - Publié dans : Informations et réflexions sur notre SOCIETE
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Mercredi 5 novembre 2008 3 05 /11 /2008 09:46

 


Mauvais coups contre les libertés publiques



par Corinne Lepage, le 4 novembre 2008


Le proverbe dit : le sage montre la lune, l'imbécile regarde le doigt. La crise nous conduit à une situation contraire où l'imbécile regarde la lune pendant que le sage montre le doigt. En effet, tout se passe comme si la crise économique était le moment rêvé pour procéder aux mauvais coups contre les libertés publiques pendant que les braves citoyens sont tout occupés à se préoccuper des cours de bourse sur lesquels ils ne peuvent rien.

De nombreux exemples fondent cette crainte à commencer par l'extension du champ d'application du secret défense alors que depuis des années le débat public portait sur sa restriction et son encadrement plus strict. Le scandale d'Etat que constitue l'affaire des frégates dans laquelle l'usage du secret défense a permis l'obstruction de la justice et un non lieu qui garantit ainsi l'immunité aux heureux bénéficiaires des rétro-commissions aura pour seule conséquence de faire voter un renforcement du secret ! En effet, la loi de programmation militaire interdit désormais les perquisitions permettant au juge d'instruction d'accéder aux documents classifiés, le président de la commission consultative du secret de la défense nationale posant les scellées sur tout document pour examen...avant d'envisager une hypothétique levée du secret défense. Ainsi, il suffira d'opposer le secret défense à toute affaire pouvant gêner le pouvoir ou un de ces amis pour s'affranchir de la justice. La France s'éloigne ainsi encore davantage du modèle des Etats luttant contre la corruption et pour la transparence à l'instar de l'Italie de Berlusconi.

De la même manière, alors que le Conseil d'Etat vient de considérer qu'il n'y a pas d'urgence à suspendre le fichier Edvige au motif avancé par le Ministère de l'Intérieur que le décret ne serait pas appliqué, la réalité est que les données peuvent être collectées sur la base de ce fichier depuis plusieurs mois et pourront être archivées, c'est-à-dire consultables sans aucune garantie. Pourquoi prendre autant de temps pour l'annuler ?!

Sans parler de CRISTINA, STIC et JUDEX, fichiers existants qui concernent , aux dires du rapport Bauer qui date de trois ans, 7,5 millions de personnes, ni du futur EDVIRSP dont la nécessité n'est toujours pas établie.

Dans la même logique du contrôle des citoyens et de la liberté de nuire, il faut citer l'absence de la protection des lanceurs d'alerte et de la création d'une Autorité indépendante de l'expertise dans la loi d'orientation Grenelle 1. Ainsi, en toute quiétude, rétention d'information sur la toxicité de produits, études bidon et désinformation pourront prospérer alors que les lanceurs d'alerte pourront continuer, malgré les procès gagnés, à être poursuivis, licenciés ou privés de crédits de recherche.

Il faut y ajouter la déconstruction programmée et la mise sous tutelle de l'audiovisuel public par la suppression de la publicité donc des ressources autonomes d'une part et par la nomination du Président de France Télévisions par le chef de l'exécutif d'autre part. La disparition volontaire d'une information publique indépendante porte la marque d'un régime de plus en plus autoritaire qui refuse de laisser à des citoyens responsables le soin de juger en connaissance de cause.

Enfin, n'oublions pas dans cet inventaire à la Prévert le projet de loi visant à contrôler le piratage des oeuvres sur Internet et à protéger les droits d'auteur, projet qui en l'état ne comporte absolument pas les garanties nécessaires pour le respect de la vie privée et porte atteinte aux libertés individuelles.

Cette évolution de nos institutions, vers moins de libertés pour les citoyens et plus d'autorité et de pouvoir pour l'exécutif est bien entendu à l'opposé du discours dominant qui, au prétexte d'une nécessaire unité nationale, rend illégitime toute critique, dans quelque domaine que ce soit. Ainsi, canalisée sur la crise, l'opinion publique se trouve détournée des enjeux sur lesquels elle pourrait effectivement agir efficacement-la mobilisation anti-Edvige l'a prouvé- et donne une parfaite illustration de la technique de l'écrevisse qui plongée dans l'eau froide ne s'aperçoit pas qu'elle est entrain de bouillir lorsque la température de l'eau monte.

Il est plus que temps de sortir de l'anesthésie démocratique dans laquelle nous sommes plongés pour refuser que la crise ne serve de prétexte à conduire des réformes qui entravent insidieusement les libertés individuelles, l'indépendance de la justice et des médias, rétablissent la censure et permettent de maintenir, voire de renforcer en réalité un système hypercapitaliste en pleine déconfiture.


Par Corinne Lepage - Publié dans : Informations et réflexions sur notre SOCIETE
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Vendredi 14 novembre 2008 5 14 /11 /2008 08:00


Extrait de l'entretien entre Jean Ziegler et Benito Perez, pour "le Courrier" (Suisse),

le 8 novembre 2008


En quoi La Haine de l'Occident que vous décrivez diffère-t-elle de l'anti-occidentalisme qui guida dès les années 1950 le mouvement des non-alignés et la décolonisation ?

Jean Ziegler : L'anticolonialisme des années 1950-1960 était une libération territoriale. Le combat opposait une puissance occupante et un peuple occupé. Aujourd'hui, le sujet collectif est le Sud ; paradoxalement, l'unité tricontinentale s'est réalisée sous l'effet du capitalisme de la jungle. A la lutte contre l'occupant s'est substitué un rejet du système de domination globalisé. Quand Sartre disait : « Pour aimer les hommes, il faut haïr ce qui les opprime », tout est dans le « ce ». La réaction n'est pas dirigée contre un groupe d'hommes ou des individus mais contre les mécanismes de l'oppression. C'est la différence entre la haine que j'appelle raisonnée et la haine pathologique véhiculée par certains groupes comme al-Qaida.


Quels sont les ressorts de cette « haine raisonnée » de l'Occident ?

Cette haine s'enracine dans le souvenir des systèmes d'oppression précédents - la conquête de l'Amérique latine, le commerce triangulaire, le colonialisme, le travail forcé, etc. Elle combine cette mémoire des souffrances passées, qui remonte à la surface et demande réparation et repentance, avec le rejet d'un système complètement nouveau, mais dont les racines plongent dans les systèmes d'oppression précédents : le capitalisme globalisé. Edgar Morin parle de « filiation abominable ». Les enfants ne meurent plus dans les bateaux transatlantiques ou sous les bombes de la légion étrangère, comme à Sétif, ils meurent de faim. Toutes les cinq secondes, un enfant de moins de 10 ans succombe.


Ne faut-il pas parler de fierté, indigène en l'occurrence, plutôt que de haine de l'Occident ?

Non. Le rejet est total, on le voit aux Nations Unies, dont les mécanismes sont totalement paralysés. Toute la superstructure qui légitimait la domination occidentale est emportée par cette haine. L'universalité des droits de l'homme est ainsi remise en cause, notamment du fait du double langage des Occidentaux, qui les invoquent à bien plaire et les appliquent de façon sélective. Quand un ambassadeur américain à l'ONU ouvre la bouche pour parler de la démocratie, il suscite de la haine ! De même que l'ambassadeur français lorsqu'il défend le droit à l'alimentation, alors même que la France est la force principale au sein de l'Union européenne qui organise le dumping des produits agricoles par les subventions à l'exportation. Il est inacceptable d'entendre l'Europe prôner la lutte contre la faim quand elle la propage en détruisant l'agriculture africaine.


En tant que tiers-mondiste, vous devriez être heureux de voir le Sud entrer en action. Pourquoi lancer cet avertissement à l'Occident ?

Je suis frappé par l'extraordinaire aveuglement de l'Occident. Face à cette mémoire blessée, il oppose une mémoire arrogante. L'Occident pratique le négationnisme le plus total. Prenez Sarkozy qui va à Dakar justifier le colonialisme, car les Français ont construit des routes, des centres de santé, etc. Il y a une indécence à vouloir justifier les centaines de milliers de morts... C'est le dernier avatar du colonialisme : la colonisation de l'histoire coloniale !


Que pourraient faire les démocraties occidentales pour atténuer cette haine et jeter des ponts vers le Sud ?

Cabral disait : « C'est seulement quand le nombre de cadavres de l'oppresseur est suffisamment grand qu'il commence à écouter... » Il n'y a pas de dialogue possible entre l'opprimé et l'oppresseur. Ce qu'il faut, c'est la justice ! La première chose à faire pour l'Occident, c'est de reconnaître les crimes commis, de s'excuser et de faire réparation, en démantelant les structures d'oppression. Par exemple, en revenant à la négociation des prix des matières premières.


Après l'Irak et la Palestine, l'ONU a-t-elle encore un rôle à jouer ?

Pour l'instant, sa crédibilité est ruinée. L'ONU politique, le coeur du réacteur, a fondu. Les droits de l'homme sont un vaste champ de ruine. Les pires dictateurs du tiers monde se sentent légitimés. Si on leur reproche quelque chose, ils disent : « Et Guantanamo ? » A côté des droits humains, la Charte des Nations Unies a deux autres piliers. La sécurité collective : en cas d'agression armée, l'ensemble de la société planétaire doit réagir. Avec la guerre préventive pratiquée par les Américains, ce principe est par terre. Le troisième - la justice sociale planétaire - ne se porte pas mieux. Les inégalités se creusent, plus d'un milliard de personnes vivent dans un bidonville. La malaria progresse, la faim aussi. Près d'un milliard d'humains sont gravement sous-alimentés ; chaque jour, 100 000 personnes meurent de faim ou de ses suites immédiates. La FAO (l'organisme spécialisé de l'ONU pour l'alimentation, ndlr) affirme pourtant que l'agriculture mondiale, dans son stade actuel de développement (sans OGM), pourrait nourrir 12 milliards d'êtres humains. Il n'y a aucune fatalité à ce massacre quotidien sauf cet ordre capitaliste du monde.


Comme critique du capitalisme, comment réagissez-vous à la crise financière actuelle ?

Alphonse Allais disait : «Quand les riches maigrissent, les pauvres meurent.» Le Sud va souffrir infiniment plus. Sarkozy vient de supprimer 55% des programmes d'aide au développement. Au Darfour, l'ONU est contrainte de distribuer des rations quotidiennes de 1500 calories au lieu des 2200 minimales requises pour la survie, car les contributions des donateurs sont tombées.

En même temps, il y a une chose extrêmement positive : l'effondrement de l'obscurantisme néolibéral. Les masques sont tombés et qu'est-ce qui apparaît : la vrai gueule du capitalisme, sanglant, arrogant, obsédé, avide.


Sur quoi cela peut-il déboucher ?

La raison analytique qui était anesthésiée par cet obscurantisme, cet irrationalisme total, va retrouver sa place. Des gens vont souffrir, mais de la souffrance naît la connaissance. Et de la connaissance naît la révolte. Les choses vont bouger en Occident et la jonction pourra se faire avec ce mouvement de révolte qui vient du Sud. La rencontre entre cette force historique déjà constituée au Sud, et la révolte de l'Occident qui va naître. Quelle force sociale la portera ? C'est encore difficile à dire, mais cela émergera de la société civile, non des partis ou des syndicats.


Intégralité de l'article sur : http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2340

Dernier ouvrage de Jean Ziegler : "La haine de l'occident" - Fayard -

 



Une fois de plus, n'est-il pas grand temps de se réveiller ?

Par Jean Ziegler - Publié dans : Informations et réflexions sur notre SOCIETE
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Lundi 17 novembre 2008 1 17 /11 /2008 08:44

Les ministères de l'Education Nationale et de l'enseignement supérieur et de la recherche viennent de lancer un marché pour surveiller l'opinion.


Voici le document :




CCP n° 2008/57 du 15 octobre 2008 - page 1/8



Secrétariat général


Délégation à la communication

110, rue de Grenelle - 75357 PARIS 07 SP


Cahier des clauses particulières


CCP n° 2008 / 57 du 15 octobre 2008


Appel d'offres ouvert passé en application des articles 57 à 59 du code des marchés publics


Objet : Veille de l'opinion


Le présent cahier des clauses particulières comporte 8 pages, numérotées de 1 à 8

CCP n° 2008/57 du 15 octobre 2008 - page 2/8


ARTICLE 1 - OBJET DES MARCHES ET MODE DE PASSATION


Les présents marchés portent sur la veille de l'opinion dans les domaines de l'éducation, de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Ils sont passés en application des dispositions des articles 57 à 59 du code des marchés publics, relatives à l'appel d'offres ouvert.


ARTICLE 2 - ALLOTISSEMENT ET FORME DES MARCHES


L'appel d'offres comporte deux lots. Il s'agit de marchés à bons de commande passés en application de l'article 77 du code des marchés publics :


Lots Montant estimatif HT

Lot n° 1 : Veille de l'opinion pour le compte du ministère de l'éducation nationale (MEN)

100 000 € HT/an

Lot n° 2 : Veille de l'opinion pour le compte du ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche (MESR)

120 000 € HT/an


ARTICLE 3 - PIECES CONSTITUTIVES DU MARCHE


Chaque marché est composé des pièces suivantes, par ordre décroissant de priorité :

- l'acte d'engagement et le bordereau des prix ;

- le présent cahier des clauses particulières ;

- le cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de fournitures

courantes et de services (approuvé par décret n° 77-699 du 27 mai 1977 modifié) ;

- la proposition du titulaire.


ARTICLE 4 - DUREE DU MARCHE


Chaque marché est conclu du 1er janvier 2009 ou à partir de la date de notification (si celle-ci est

postérieure au 1er janvier 2009) jusqu'au 31 décembre 2009. Il pourra ensuite être renouvelé pour une nouvelle période d'une année sans que sa durée totale puisse excéder deux ans.


ARTICLE 5 - DESCRIPTION DES PRESTATIONS


5.1 Présentation

5.1.1 Objectif

Le dispositif de veille en question vise, en particulier sur Internet, à :

􀂃 Identifier les thèmes stratégiques (pérennes, prévisibles ou émergents)

􀂃 Identifier et analyser les sources stratégiques ou structurant l'opinion

 

CCP n° 2008/57 du 15 octobre 2008 - page 3/8

􀂃 Repérer les leaders d'opinion, les lanceurs d'alerte et analyser leur potentiel d'influence et leur capacité à se constituer en réseau

􀂃 Décrypter les sources des débats et leurs modes de propagation

􀂃 Repérer les informations signifiantes (en particulier les signaux faibles)

􀂃 Suivre les informations signifiantes dans le temps

􀂃 Relever des indicateurs quantitatifs (volume des contributions, nombre de commentaires, audience, etc.)

􀂃 Rapprocher ces informations et les interpréter

􀂃 Anticiper et évaluer les risques de contagion et de crise

􀂃 Alerter et préconiser en conséquence

 

Les informations signifiantes pertinentes sont celles qui préfigurent un débat, un « risque opinion »potentiel, une crise ou tout temps fort à venir dans lesquels les ministères se trouveraient impliqués.


5.1.2 Sources surveillées

La veille sur Internet portera sur les sources stratégiques en ligne : sites « commentateurs » de l'actualité, revendicatifs, informatifs, participatifs, politiques, etc. Elle portera ainsi sur les médias en ligne, les sites de syndicats, de partis politiques, les portails thématiques ou régionaux, les sites militants d'associations, de mouvements revendicatifs ou alternatifs, de leaders d'opinion. La veille portera également sur les moteurs généralistes, les forums grand public et spécialisés, les blogs, les pages personnelles, les réseaux sociaux, ainsi que sur les appels et pétitions en ligne, et sur les autres formats de diffusion (vidéos, etc.)


Les sources d'informations formelles que sont la presse écrite, les dépêches d'agences de presse, la presse professionnelle spécialisée, les débats des assemblées, les rapports publics, les baromètres, études et sondages seront également surveillées et traitées.

Les interactions entre des sources de nature différente, les passages de relais d'un media à l'autre seront soigneusement analysés.


5.1.3 Finalités

L'analyse attendue des principaux arguments, des critiques et des tendances, à partir du corpus défini, tous les canaux étant pris en compte, donnera lieu à des notes de synthèse (rapport quotidien, note de synthèse hebdomadaire, cartographie commentée des acteurs et débats en présence).

Plus particulièrement en matière de veille Internet, l'analyse permettra un suivi précis de l'évolution de l'opinion internaute et des arguments émergents relayés et commentés sur ce canal.


5.2 Prestations à réaliser

5.2.1 Définition des thèmes

Les thème(s) pérennes ou prévisibles sont prédéfini(s) par la personne publique. Ils varient selon l'actualité, le calendrier de travail des deux ministères, en fonction des échéances (parlementaires, médiatiques, événementielles...) auxquelles sont soumis le ministre chargé de l'Education nationale et le ministre chargé de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.

Les thèmes émergents sont signalés par le prestataire. Les thèmes émergents seront identifiés dans le cadre de l'activité de veille Internet qui permettra de mieux anticiper les mouvements d'opinion et les critiques et de détecter systématiquement les signaux faibles de crise.

CCP n° 2008/57 du 15 octobre 2008 - page 4/8

Toute nouvelle veille thématique donne lieu à une réunion de lancement, à la constitution du corpus à observer et analyser, à une cartographie détaillée de ce corpus et des types d'arguments et de critiques en présence.

Un plan de veille constituera le référentiel commun entre le ministère et le prestataire. Il sera formalisé et mis à disposition du ministère.

 

5.2.2 Livrables attendus

La veille est active : quotidienne, hebdomadaire et accompagnée de recommandations (ou non).

La veille doit être avant tout anticipatrice, analytique et synthétique (et non descriptive). Elle apportera des indicateurs tant qualitatifs que quantitatifs.

Plusieurs produits de veille pourront être élaborés suivant une périodicité hebdomadaire,

quotidienne ou autre (à définir en fonction de l'actualité) :

- la note de veille éducation (tous sujets confondus)

- la note de veille enseignement supérieur (tous sujets confondus)

- la note de veille recherche (tous sujets confondus)

- la note de veille thématique (un seul sujet couvert)

- la cartographie commentée des acteurs et des débats en présence (un seul thème ou un seul

acteur couvert)

Clé de voûte du dispositif de veille, le passage en « mode alerte » visera à transmettre

systématiquement les informations stratégiques ou les signaux faibles susceptibles de monter de manière inhabituellement accélérée.

Les notes de veille pourront porter ou sur l'ensemble des canaux (média traditionnels et Internet formel et informel) ou être limitées à l'internet (cf. liste des produits au bordereau des prix).

Les vidéos, pétitions en ligne, appels à démission, doivent être suivis avec une attention particulière et signalées en temps réel.

Des éléments quantitatifs (nombre d'interventions, nombre de commentaires, mots les plus fréquemment cités) seront systématiquement inclus. L'audience et l'influence des sources et des relais seront précisées.

Aucune donnée brute ne sera transmise. Les informations recueillies seront toujours analysées, recoupées, synthétisées, mises en perspective, et comparées dans le temps. Les verbatims auront une valeur d'exemple ou d'illustration. Les synthèses devront être lisibles et facilement appropriables. Une présentation qui facilite la lecture et l'appropriation, tout en préservant la profondeur de l'analyse et l'exhaustivité du corpus, sera fortement appréciée.

La date et l'heure de réception des notes de veille seront fixées par le ministère. Compte tenu de la nature même des objectifs du dispositif de veille (mesurer la compréhension des problématiques en particulier dans les communautés online, détecter les signaux avant-coureurs, identifier les réseaux d'influence) la date et l'horaire de réception des livrables devront être rigoureusement respectés.

Des échanges réguliers entre le prestataire et le ministère pour ajuster les enjeux du moment, commenter la livraison d'une note et partager les connaissances en matière de veille auront lieu régulièrement.

Lorsqu'un thème sera « clos », le prestataire fournira un document récapitulatif de la veille réalisée pour aider le ministère à calculer le retour sur investissement pour cette opération. A l'échéance du marché, le prestataire fournira également un récapitulatif détaillé des prestations réalisées dans l'année.


CCP n° 2008/57 du 15 octobre 2008 - page 4/8






SANS COMMENTAIRES ...

Par MEN et MESR - Publié dans : Informations et réflexions sur notre SOCIETE
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Mercredi 19 novembre 2008 3 19 /11 /2008 09:45


Une série de réflexions et d'initiatives sur les vertus de la "désobéissance civile" des enseignants en ces temps de "réforme", dont cette (vraie) lettre d'un instituteur de Haute Garonne à son inspecteur :


Colomiers, le 6 novembre 2008


Monsieur l'Inspecteur,


Je vous écris cette lettre car aujourd'hui, en conscience, je ne puis plus me taire ! En conscience, je refuse d'obéir.

Depuis un an, au nom des indispensables réformes, un processus négatif de déconstruction de l'Education Nationale s'est engagé qui désespère de plus en plus d'enseignants. Dans la plus grande précipitation, sans aucune concertation digne de ce nom, au mépris de l'opinion des enseignants qui sont pourtant les « experts » du quotidien sur le terrain, les annonces médiatiques de « réformes » de l'école se succèdent, suscitant tantôt de l'inquiétude, tantôt de la colère, et surtout beaucoup de désenchantement et de découragement. La méthode est détestable. Elle témoigne de beaucoup de mépris et d'arrogance vis-à-vis de ceux qui sont les premiers concernés. La qualité d'une réforme se juge autant par son contenu que par la façon dont est elle est préparée, expliquée et mise en oeuvre. L'Education Nationale n'est pas l'armée ! Il n'y a pas d'un côté ceux qui décident et d'un autre côté ceux qui exécutent ! L'honneur de notre métier est aussi de faire oeuvre de raison, de critique et de jugement.

Aujourd'hui, la coupe est pleine ! Le démantèlement pensé et organisé de l'Education Nationale n'est plus à démontrer tant les mesures décidées et imposées par ce gouvernement l'attestent au grand jour : des milliers de suppressions de postes qui aggravent une situation d'enseignement déjà difficile, la diminution du volume horaire hebdomadaire, la préférence accordée à la semaine de 4 jours, pourtant dénoncée par tous les chronobiologistes, l'alourdissement des programmes scolaires malgré une rhétorique qui prétend le contraire, la suppression des IUFM, la disparition annoncée des RASED alors qu'aucun bilan de leur action n'a été réalisé, la réaffectation dans les classes des enseignants travaillant pour les associations complémentaires de l'école, ce qui mettra à bas grand nombre de projets éducatifs dont l'utilité n'est plus à démontrer, la mise en place d'une agence chargée du remplacement avec l'utilisation de vacataires, la création des EPEP où les parents et les enseignants seront minoritaires dans le Conseil d'Administration, la dévalorisation du métier d'enseignant dans les écoles maternelles et les menaces qui pèsent sur celles-ci, la liste est longue des renoncements, des coupes franches et finalement des mauvais coups portés à notre système éducatif. Sans compter, ce qui m'est le plus insupportable, l'insistance à dénoncer le soit disant « pédagogisme », c'est-à-dire les mouvements pédagogiques qui, depuis des décennies, apportent des réponses innovantes, crédibles, raisonnables à l'échec scolaire.

Le démantèlement des fondements de l'Education Nationale est un processus que je ne peux accepter sans réagir. L'objet de ma lettre est de vous informer que je ne participerai pas à ce démantèlement. En conscience, je refuse de me prêter par ma collaboration active ou mon silence complice à la déconstruction d'un système, certes imparfait, mais qui a vocation à éduquer et instruire, à transmettre tout autant un « art de faire » qu'un « art de vivre », en donnant toutes ses chances à chaque élève, sans aucune distinction. (...)


Si aujourd'hui je décide d'entrer en résistance et même en désobéissance, c'est par nécessité. Pour faire ce métier, il est important de le faire avec conviction et motivation. C'est parce que je ne pourrais plus concilier liberté pédagogique, plaisir d'enseigner et esprit de responsabilité qu'il est de mon devoir de refuser d'appliquer ces mesures que je dénonce. Je fais ce choix en pleine connaissance des risques que je prends, mais surtout dans l'espérance que cette résistance portera ces fruits. J'espère que, collectivement, nous empêcherons la mise en oeuvre de ces prétendues réformes. Cette action est une action constructive car dans le même temps il s'agit aussi de mettre en place des alternatives pédagogiques concrètes, raisonnables et efficaces.

Monsieur l'Inspecteur, vous l'avez compris, cette lettre n'est pas dirigée contre vous, ni votre fonction, mais je me dois de vous l'adresser et de la faire connaître. Le propre de l'esprit responsable est d'agir à visage découvert, sans faux-fuyant, en assumant les risques inhérents à cette action. C'est ce que je fais aujourd'hui.

Je vous prie de recevoir, Monsieur l'Inspecteur, l'assurance de mes sentiments déterminés et respectueux.

Alain REFALO

Professeur des écoles

Ecole Jules Ferry, Colomiers (31)

Lettre adressée à Mr l'Inspecteur de l'Education Nationale de la 17ème circonscription de la Haute-Garonne.

Sur le blog http://resistancepedagogique.blog4e...

* * *

Par la newsletter du blog, datée du 10 novembre, on apprenait la suite donnée par l'inspection académique à ce courrier :

"La lettre "En conscience, je refuse d'obéir" d'Alain Refalo a agi comme un déclic chez beaucoup d'enseignants. (...) Des enseignants l'impriment, la diffusent, l'affichent.

(...) Alain Refalo a été convoqué par son Inspecteur de circonscription qui l'a reçu, accompagné d'un représentant de l'Inspecteur d'Académie. L'inspection Académique a reçu ordre du Ministère d'ouvrir une enquête au sujet de cette affaire et de lui transmettre un rapport.

L'entretien a duré 1h30 durant lequel il lui a été demandé s'il confirmait le contenu de la lettre. Alain Refalo a confirmé point par point les sujets sur lesquels il considérait son devoir de désobéir.

Les inspecteurs ont voulu connaître ses motivations. Alain Refalo a dit que depuis des mois les enseignants n'étaient pas entendus, malgré les pétitions, les grèves, les tribunes dans la presse. Il a affirmé avoir posé cet acte de désobéissance en souhaitant que d'autres prennent le relais, que ce mouvement s'amplifie afin de créer un débat public et un rapport de forces avec l'administration.

Il est évident que ce qui embarrasse aujourd'hui le Ministère c'est la publicité donnée à cette lettre, sa diffusion comme une traînée de poudre sur internet.

Une fois le rapport transmis à l'IA, Alain Refalo sera certainement convoqué pour un nouvel entretien avec l'IA.

Aujourd'hui, il apparaît important que cette initiative soit relayée par l'envoi de nombreuses lettres individuelles ou/et collectives pour affirmer notre détermination et rendre difficile la répression et les sanctions. Le blog Résistance pédagogique pour l'avenir de l'école propose un modèle de lettre modulable à envoyer à son inspecteur.

(...)

Intégralité de la lettre d'Alain Refalo sur le site :

http://www.legrandsoir.info/spip.php?article7440

 

 

 

Et si tous les enseignants, soignants, juristes, artistes, fonctionnaires, et tous ceux qui refusent de subir davantage les contre-réformes entreprises par le gouvernement actuel de notre pays se montraient aussi courageux qu'Alain Refalo et refusaient, eux-aussi de se soumettre à son autoritarisme dogmatique destructeur de notre société ?


Par Alain Refalo - Bernard Grignon - Publié dans : Informations et réflexions sur notre SOCIETE
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Lundi 24 novembre 2008 1 24 /11 /2008 08:55




 
 

    Les Ministères de l'Education Nationale et de l'enseignement supérieur et de la recherche viennent de lancer un marché pour surveiller l'opinion.
 
 
   
 
 
    Voici le document :

 


Secrétariat général


Délégation à la communication


110, rue de Grenelle - 75357 PARIS 07 SP


Cahier des clauses particulières


CCP n° 2008 / 57 du 15 octobre 2008


Appel d'offres ouvert passé en application des articles 57 à 59 du code des marchés publics


Objet : Veille de l'opinion


Le présent cahier des clauses particulières comporte 8 pages, numérotées de 1 à 8



CCP n° 2008/57 du 15 octobre 2008 - page 2/8


ARTICLE 1 - OBJET DES MARCHES ET MODE DE PASSATION

Les présents marchés portent sur la veille de l'opinion dans les domaines de l'éducation, de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Ils sont passés en application des dispositions des articles 57 à 59 du code des marchés publics, relatives à l'appel d'offres ouvert.


ARTICLE 2 - ALLOTISSEMENT ET FORME DES MARCHES

L'appel d'offres comporte deux lots. Ils s'agit de marchés à bons de commande passés en application de l'article 77 du code des marchés publics :

Lots Montant estimatif HT

Lot n° 1 : Veille de l'opinion pour le compte du ministère de l'éducation nationale (MEN)

100 000 € HT/an

Lot n° 2 : Veille de l'opinion pour le compte du ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche (MESR)

120 000 € HT/an


ARTICLE 3 - PIECES CONSTITUTIVES DU MARCHE

Chaque marché est composé des pièces suivantes, par ordre décroissant de priorité :

- l'acte d'engagement et le bordereau des prix ;

- le présent cahier des clauses particulières ;

- le cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de fournitures courantes et de services (approuvé par décret n° 77-699 du 27 mai 1977 modifié) ;

- la proposition du titulaire.


ARTICLE 4 - DUREE DU MARCHE

Chaque marché est conclu du 1er janvier 2009 ou à partir de la date de notification (si celle-ci est postérieure au 1er janvier 2009) jusqu'au 31 décembre 2009. Il pourra ensuite être renouvelé pour une nouvelle période d'une année sans que sa durée totale puisse excéder deux ans.


ARTICLE 5 - DESCRIPTION DES PRESTATIONS

5.1 Présentation

5.1.1 Objectif

Le dispositif de veille en question vise, en particulier sur Internet, à :

􀂃 Identifier les thèmes stratégiques (pérennes, prévisibles ou émergents)

􀂃 Identifier et analyser les sources stratégiques ou structurant l'opinion

CCP n° 2008/57 du 15 octobre 2008 - page 3/8

􀂃 Repérer les leaders d'opinion, les lanceurs d'alerte et analyser leur potentiel d'influence et leur capacité à se constituer en réseau

􀂃 Décrypter les sources des débats et leurs modes de propagation

􀂃 Repérer les informations signifiantes (en particulier les signaux faibles)

􀂃 Suivre les informations signifiantes dans le temps

􀂃 Relever des indicateurs quantitatifs (volume des contributions, nombre de commentaires, audience, etc.)

􀂃 Rapprocher ces informations et les interpréter

􀂃 Anticiper et évaluer les risques de contagion et de crise

􀂃 Alerter et préconiser en conséquence

Les informations signifiantes pertinentes sont celles qui préfigurent un débat, un « risque opinion » potentiel, une crise ou tout temps fort à venir dans lesquels les ministères se trouveraient impliqués.

5.1.2 Sources surveillées

La veille sur Internet portera sur les sources stratégiques en ligne : sites « commentateurs » de l'actualité, revendicatifs, informatifs, participatifs, politiques, etc. Elle portera ainsi sur les médias en ligne, les sites de syndicats, de partis politiques, les portails thématiques ou régionaux, les sites militants d'associations, de mouvements revendicatifs ou alternatifs, de leaders d'opinion. La veille portera également sur les moteurs généralistes, les forums grand public et spécialisés, les blogs, les pages personnelles, les réseaux sociaux, ainsi que sur les appels et pétitions en ligne, et sur les autres formats de diffusion (vidéos, etc.)

Les sources d'informations formelles que sont la presse écrite, les dépêches d'agences de presse, la presse professionnelle spécialisée, les débats des assemblées, les rapports publics, les baromètres, études et sondages seront également surveillées et traitées.

Les interactions entre des sources de nature différente, les passages de relais d'un media à l'autre seront soigneusement analysés.

5.1.3 Finalités

L'analyse attendue des principaux arguments, des critiques et des tendances, à partir du corpus défini, tous les canaux étant pris en compte, donnera lieu à des notes de synthèse (rapport quotidien, note de synthèse hebdomadaire, cartographie commentée des acteurs et débats en présence).

Plus particulièrement en matière de veille Internet, l'analyse permettra un suivi précis de l'évolution de l'opinion internaute et des arguments émergents relayés et commentés sur ce canal.

5.2 Prestations à réaliser

5.2.1 Définition des thèmes

Les thème(s) pérennes ou prévisibles sont prédéfini(s) par la personne publique. Ils varient selon l'actualité, le calendrier de travail des deux ministères, en fonction des échéances (parlementaires, médiatiques, événementielles...) auxquelles sont soumis le ministre chargé de l'Education nationale et le ministre chargé de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.

Les thèmes émergents sont signalés par le prestataire. Les thèmes émergents seront identifiés dans le cadre de l'activité de veille Internet qui permettra de mieux anticiper les mouvements d'opinion et les critiques et de détecter systématiquement les signaux faibles de crise.

CCP n° 2008/57 du 15 octobre 2008 - page 4/8

Toute nouvelle veille thématique donne lieu à une réunion de lancement, à la constitution du corpus à observer et analyser, à une cartographie détaillée de ce corpus et des types d'arguments et de critiques en présence.

Un plan de veille constituera le référentiel commun entre le ministère et le prestataire. Il sera formalisé et mis à disposition du ministère.

5.2.2 Livrables attendus

La veille est active : quotidienne, hebdomadaire et accompagnée de recommandations (ou non).

La veille doit être avant tout anticipatrice, analytique et synthétique (et non descriptive). Elle apportera des indicateurs tant qualitatifs que quantitatifs.

Plusieurs produits de veille pourront être élaborés suivant une périodicité hebdomadaire, quotidienne ou autre (à définir en fonction de l'actualité) :

- la note de veille éducation (tous sujets confondus)

- la note de veille enseignement supérieur (tous sujets confondus)

- la note de veille recherche (tous sujets confondus)

- la note de veille thématique (un seul sujet couvert)

- la cartographie commentée des acteurs et des débats en présence (un seul thème ou un seul acteur couvert)

Clé de voûte du dispositif de veille, le passage en « mode alerte » visera à transmettre systématiquement les informations stratégiques ou les signaux faibles susceptibles de monter de manière inhabituellement accélérée.

Les notes de veille pourront porter ou sur l'ensemble des canaux (média traditionnels et Internet formel et informel) ou être limitées à l'internet (cf. liste des produits au bordereau des prix).

Les vidéos, pétitions en ligne, appels à démission, doivent être suivis avec une attention particulière et signalées en temps réel.

Des éléments quantitatifs (nombre d'interventions, nombre de commentaires, mots les plus fréquemment cités) seront systématiquement inclus. L'audience et l'influence des sources et des relais seront précisées.

Aucune donnée brute ne sera transmise. Les informations recueillies seront toujours analysées, recoupées, synthétisées, mises en perspective, et comparées dans le temps. Les verbatims auront une valeur d'exemple ou d'illustration. Les synthèses devront être lisibles et facilement appropriables. Une présentation qui facilite la lecture et l'appropriation, tout en préservant la profondeur de l'analyse et l'exhaustivité du corpus, sera fortement appréciée.

La date et l'heure de réception des notes de veille sera fixée par le ministère. Compte tenu de la nature même des objectifs du dispositif de veille (mesurer la compréhension des problématiques en particulier dans les communautés online, détecter les signaux avant-coureurs, identifier les réseaux d'influence) la date et l'horaire de réception des livrables devront être rigoureusement respectés.

Des échanges réguliers entre le prestataire et le ministère pour ajuster les enjeux du moment, commenter la livraison d'une note et partager les connaissances en matière de veille auront lieu régulièrement.

Lorsqu'un thème sera « clos », le prestataire fournira un document récapitulatif de la veille réalisée pour aider le ministère à calculer le retour sur investissement pour cette opération. A l'échéance du marché, le prestataire fournira également un récapitulatif détaillé des prestations réalisées dans l'année.



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A CEUX QUI NE L'AVAIENT PAS ENCORE VRAIMENT PERCU, L'HEURE EST TRES GRAVE !


PEUT-ETRE EST-IL TEMPS DE PRENDRE ENFIN CONSCIENCE DE LA SITUATION ET D'AGIR EN CONSEQUENCE ?

Par MEN et MESR - Publié dans : Informations et réflexions sur notre SOCIETE
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