Crise, vous avez dit crise...
Crise : Sortir du cercle vicieux
Par Wolfgang Münchau, Financial Times du 29 mars 2009
"Je suis plus inquiet aujourd'hui que je ne l'étais il y a un mois. Le principal problème, ce sont ces boucles de rétroaction entre l'économie réelle et le secteur
bancaire, qui sont vraiment effrayantes", s'alarme Wolfgang Münchau, éditorialiste au Financial Times, qui prévoit que la crise, en frappant de plein fouet l'économie réelle, va provoquer une
recrudescence de défaillance de ménage et d'entreprises, fragilisant encore plus des banques qui n'ont pas encore fini de restaurer leurs fonds propres après la première saignée de dépréciation
des actifs toxiques. Ni le plan Geithner, ni les mesures d'urgence prises en Europe ne prennent en compte cette deuxième vague, avertit-il, avant de conclure que les européens, qui ont déjà
commis de "nombreuses erreurs d'appréciations" devront mettre en oeuvre un nouveau plan, tout comme les USA. (...)
Intégralité de l'article à lire sur : http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2619
Capitalisme suicidaire
Par William Pfaff, TruthDig du 24 mars 2009
"La plupart des économistes tombent en syncope lorsque le mot protectionnisme est prononcé. C'est une folie, disent-ils, pour deux raisons : c'est une recette
assurée pour provoquer l'appauvrissement de tous, en réduisant les échanges, et le chacun pour soi qu'il implique est porteur des vents mauvais du nationalisme.
Le second argument mérite à coup sûr d'être entendu. Mais quid du premier ? La logique sous-jacente est celle-ci. L'économie nous apprend que la spécialisation
de chacun pour un type de tâche donné permet d'accroître la production disponible pour tous. Etendu aux nations, cet argument est celui de l'avantage comparatif, qui, exposé à dessein de façon
naïve, peut se décrire ainsi : laissons aux suisses la production des coucous dans laquelle ils excellent, aux français l'élevage des grands crus, et échangeons ensemble les fruits de nos
savoirs faire.
Mais cette apologie du doux commerce et de l'approfondissement des génies nationaux correspond-t-elle à la réalité ? Car les progrès des réseaux, le nouveau
type de production segmentée qui s'est installé dans la période récente a dissocié l'ancienne solidarité de fait qui existait dans les processus entre savoir faire et production. Avec l'avènement
du modèle d'entreprises sans usines, la production est maintenant externalisée, souvent délocalisée. Et le savoir faire, lui aussi, est désormais délocalisable, sinon délocalisé.
La liberté de circulation des capitaux, la taille acquise par les entreprises mondialisées, leur permettent bien souvent de développer hors sol l'infrastructure qui
cristallise leur excellence concurrentielle. Ainsi, des trois facteurs de production, capital, organisation, et travail, plus aucun n'a de réel enracinement territorial, et lorsque les coûts
d'installation et de transaction sont acceptables, il est désormais tout à fait possible de mettre en concurrence toute les nations sur la localisation et le coût de chaque composant, afin de
maximiser les retours. Dans cette logique, l'effet de levier que procure l'avantage comparatif n'appartient plus au capital immatériel, aux externalités, à la géographie propre aux sociétés. Il
est privatisé au bénéfice d'une étroite minorité qui l'accapare presque entièrement à son profit, lui aussi hors sol, et dispose ainsi d'un avantage absolu sur toute société, soumise à
l'incessant chantage au départ.
Ainsi, nous sommes aujourd'hui fort éloignés de l'heureux modèle de la « richesse des nations » chère à Adam Smith. Plus encore, cette masse de signes, de
créances, extraite des circuits locaux de production et d'échange, virevoltant de façon incessante à travers le monde à la recherche du meilleur rendement pour préserver et amplifier sa valeur,
est une contradiction en elle même. Elle doit son existence à la pression croissante exercée sur les sociétés humaines grâce à leur mise en concurrence, mais ne peut conserver sa valeur que tant
que celles-ci parviennent à prospérer. Différemment dit : peut-on raisonnablement espérer vendre longtemps des chaussures de sport à 200 euros en ne distribuant en contrepartie que 2 euros
de salaire, qui plus est en Chine ? Si le mot protectionnisme, fait scandale, laissons le là. Mais faut-il pour autant s'interdire de penser cette nouvelle réalité qui est devenue la nôtre,
où l'idée même d'un contrat social implicite, seul gage de la possibilité du vivre ensemble, a été réduite en miette par les avancées de la science, de la maîtrise technique - et de la
dérégulation - qui ont dissout l'ancienne solidarité de fait qui liait le destin des hommes et les contraignait heureusement à négocier un partage équitable du fruit des efforts de tous ?
Dans le texte que nous publions aujourd'hui, William Pfaff, qui fut longtemps éditorialiste à l'International Herald Tribune, n'emploie pas le mot de protection. Mais l'idée qu'il faille protéger
les sociétés des processus de déliaison délétères à l'oeuvre dans la mondialisation sous tend toute sa réflexion. (...)
Intégralité de l'article à lire sur : http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2621
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"Lorsqu'un gouvernement est dépendant des banquiers pour l'argent, ce sont ces derniers, et non les dirigeants du gouvernement qui contrôlent la situation, puisque
la main qui donne est au dessus de la main qui reçoit. [...] L'argent n'a pas de patrie ; les financiers n'ont pas de patriotisme et n'ont pas de décence ; leur unique objectif est le
gain."
Napoléon Bonaparte (1769-1821), Empereur des Français
"Les pays sous-peuplés d'Afrique sont largement sous-pollués. La qualité de l'air y est d'un niveau inutilement élevé par rapport à Los Angeles. Il faut encourager
une migration plus importante des industries polluantes vers les pays les moins avancés ¼ et se préoccuper d'avantage d'un facteur aggravant les risques d'un cancer de la prostate dans un pays où
les gens vivent assez vieux pour avoir cette maladie, que dans un autre pays où deux cents enfants sur mille meurent avant d'avoir l'âge de cinq ans. Je pense que la logique économique qui veut
que des masses de déchets toxiques soient déversées là où les salaires sont les plus bas est imparable."
(Lawrence Summers, ancien membre du staff de la Banque mondiale, chef des conseillers économiques du Président Clinton, président de l'Université de Harvard et
actuel responsable du conseil économique du Président Barack Obama)
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Ils sont tellement obnubilés par leurs intérêts immédiats (réélection, conservation et extension de leur pouvoir, avidité, vanité, ...), tellement empêtrés dans la
recherche de la satisfaction immédiate, tellement convaincus qu'aucune limite ne n'applique à eux, qu'ils sont eux-mêmes incapables de résoudre les problèmes dont ils sont eux-mêmes à
l'origine.
Nous sommes donc dans une impasse totale :
Soit leur "relance" est effective (jusqu'à la prochaine "crise", dont l'ampleur sera encore plus dévastatrice et néfaste pour les plus démunis) et ce sera le
redémarrage d'une machine absurde qui accentuera et perpétuera les injustices indignes d'une espèce dite "évoluée", les guerres, les atteintes aux libertés individuelles et collectives, la
destruction généralisée de la nature, ce qui nous conduira, de toute façon, tout droit à des catastrophes majeures.
(Remarque : cette échéance sera un peu moins rapide, mais encore plus destructrice avec la "croissance verte" et le "développement durable")
Soit cela ne "marche" pas et c'est l'immense majorité des exploités de la Société humaine qui en fera les frais. Afin d'éviter le pire, il est plus que probable que
les peuples se réfugieront alors dans les bras de beaux parleurs populistes et sécurisants. En effet, ceux-ci leur promettront monts et merveilles, en échange de leurs libertés et de l'ensemble
des avancées sociales si durement gagnées, brûlées sur le bûcher de la "modernité", du "développement" et du "progrès".
Si vous voulons nous sortir de ce choix absurde et suicidaire, une seule alternative s'offre à nous :
Prendre la seule voie porteuse d'avenir et de mieux-être universel, celle de la maturité, de la sagesse et de la paix
v Prendre conscience de cette situation et réhabiliter les véritables Valeurs (fraternité, partage, générosité, respect, justice,
amour,...).
v Agir immédiatement d'une manière cohérente avec nos connaissances et nos aspirations (Remettre en question nos modes de vie, sans attendre
- travail, vie en famille, toute consommation, habitat, alimentation, transports,...-).
v Apprendre à vivre "autrement", dans la simplicité, le partage, la coopération et le respect de l'ensemble de la nature (commencer par
apprendre à se passer de l'immense majorité des objets inutiles, voire nuisibles, qui nous entourent).
v Commencer par remettre nous-mêmes en question dans nos comportements quotidiens les 3 piliers de notre système économique que sont :
la publicité - entraînant la frustration permanente, la nécessité de gagner toujours plus d'argent, la frénésie de consommer, la volonté de
posséder plus que les autres,... ; l'endettement (qui nous rend esclave du système, nous empêche de le remettre en question, nous amène à accepter
toutes les destructions sociales, nous pousse à accepter n'importe quel "travail" - y compris dans les secteurs les plus nuisibles - et nous permet de repousser sans cesse les limites de nos
désirs sans fins) ; et l'obsolescence (programmée ou simplement ressentie) de tous les objets qui nous
entourent - qui nous pousse sans cesse à vouloir les remplacer par d'autres toujours plus "modernes", performants", voire faussement "écologiques",...-.
v Participer à tous les mouvements de résistance à cette politique mondiale suicidaire (enseignement, justice, santé, "sans papiers",
anti-guerres, fauchage d'OGM, ...).
v Prendre nous-mêmes notre destin en main, passer outre les autorités instituées (gouvernements en place, partis politiques traditionnels,
syndicats -"partenaires sociaux"-, responsables d'une économie tournée vers l'unique objectif de la recherche du profit, ...) et imaginer de nouveaux modes d'organisation collective.
v Se regrouper et (re)créer des liens à tous les niveaux
Tout ceci ne constituant que le début de ce processus salvateur... ...
Je vous invite, par ailleurs à (re)lire et à méditer, avant d'agir sans plus attendre :
(http://decroissance.over-blog.org/article-19691477.html)
ainsi que le :
(http://decroissance.over-blog.org/article-28113741.html)