Empreinte écolo-Ressources naturelles-Biodiversité

Mercredi 11 mars 2009 3 11 /03 /2009 09:13


Les scientifiques réunis à Copenhague en préparation au sommet sur le climat qui s’y tiendra en décembre prochain avertissent que si rien n’est fait, l’acidification des océans due aux émission de CO2 va atteindre un niveau « dangereux », jamais observé depuis 65 millions d’années. L’étude de la géologie montre que par le passé une acidité comparable avait provoqué des extinctions de masse dans la vie marine. « Si nous ne limitons pas fortement et rapidement les émissions de dioxyde de carbone, les conséquences de l’acidification des océans se compareront à celles des grands évènements des temps géologiques. Ces conséquences resteront inscrites dans la géologie et témoigneront d'une civilisation qui avait acquis la sagesse permettant de développer une haute technologie, mais pas celle de l’utiliser à bon escient, » déclare l’océanologue Ken Caldeira.

 

Par David Adam, The Guardian, 10 mars 2009


 

La pollution due à l’homme provoque une acidification si rapide des océans que les prochaines décennies verront s’installer un environnement marin jamais observé sur la Terre depuis l’époque des dinosaures, avertissent aujourd’hui les scientifiques.

Ce processus d’acidification est causé par les énormes quantités de dioxyde de carbone libérées dans l’atmosphère, qui ensuite se dissolvent dans l’océan. La modification chimique induite crée un stress « sans précédent » pour les espèces telles que les crustacés et pourrait provoquer des extinctions massives, mettent-ils en garde. (...)



Le rapport indique que les scientifiques « estiment que le taux futur d’acidification à la surface des océans et la pression environnementale sur le milieu marin des organismes utilisant la calcification sera très probablement sans précédent depuis 65 millions d’années. » Les chercheurs ajoutent que la situation dans les eaux profonde est l’objet d’une préoccupation encore plus forte.

Les chercheurs ont comparé le taux d’acidification actuel avec celui d’une augmentation gigantesque des gaz à effet de serre ayant eu lieu durant la préhistoire et dont les géologues savent qu’elle a provoqué une forte extinction des espèces vivant en eau profonde.

Le résumé de l’étude précise que « puisque les taux d’acidification passés et futurs sont comparables, et qu’il y avait eu une forte disparition des organismes benthiques [1], on doit conclure à un niveau d’extinction probablement le même dans l’avenir ». (...)



Expert dans ce domaine, Ken Caldeira, de l’Institution Carnegie de Californie, annoncera durant la conférence que les prochaines décennies pourraient produire de « profonds » changements dans les océans. « Le choix de continuer à émettre du dioxyde de carbone implique que nous serons l’agent d’une modification de la biologie [marine] d’une force et d’une ampleur dépassées seulement lors des périodes de grandes extinctions de masse. Si nous ne limitons pas fortement et rapidement les émissions de dioxyde de carbone, les conséquences de l’acidification des océans se compareront à celles des grands évènements des temps géologiques. Ces conséquences resteront inscrites dans la géologie et témoigneront d’une civilisation qui avait acquis la sagesse permettant de développer une haute technologie, mais pas celle de l’utiliser à bon escient ».

D’autres experts indiqueront lors du sommet que l’acidification affecte déjà la vie marine dans l’Arctique et l’Antarctique. (...)


Katherine Richardson, biologiste marin à l’Université de Copenhague et organisatrice du sommet scientifique, décrit ce rapport comme « une tentative délibérée d’influencer les politiques ». Elle déclare que de nombreux scientifiques craignent que les responsables politiques n’aient pas compris la gravité de la situation, malgré des prévisions de plus en plus sombres.

Cette conférence publiera une mise à jour du rapport 2007 du Groupe Intergouvernemental d’Experts sur l’Evolution du Climat (GIEC). Un certain nombre d’études publiées depuis le rapport du GIEC ont établi que les émissions de carbone augmentent plus rapidement que prévu et que les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre pourraient ne pas être suffisants pour prévenir une élévation de la température catastrophique.

Il permettra également d’évaluer si les projections d’élévation du niveau de la mer ont été sous-estimés, et s’il existe encore une chance réaliste que l’augmentation de la température mondiale moyenne puisse être limitée à 2 °C.



Publication originale The Guardian, traduction Contre Info



[1] organismes benthiques : vivant en eau profonde

 


 

Intégralité de l'article, et de nombreux autres concernant cette question accessibles sur  : http://contreinfo.info/article.php3?id_article=257

 

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Si vous voulez en savoir un peu plus sur les effets du méthane, vous ne manquerez pas de lire également l'article :


Réduire le Méthane : l'autre défi du changement climatique, par Benjamin Dessus, Bernard Laponche et Hervé Le Treut 11 mars 2009


dont voici un extrait :


Pour mesurer les émissions des gaz à effet de serre, la communauté internationale a adopté par souci de simplification des règles d'équivalence permettant de comptabiliser les effets des différents gaz en équivalent CO2, à horizon d'un siècle. Selon cette norme, le « Potentiel de réchauffement global « du méthane est considéré comme 20 fois supérieur à celui du CO2. Mais l'utilisation généralisée de cette équivalence peut conduire à une importante sous estimation de l'impact de ce gaz pour des périodes de référence inférieures au siècle. Si on compare les effets du méthane à court et moyen terme, le facteur n'est pas 20 mais 60 à vingt ans et 40 à 50 ans. Avec l'évident raccourcissement des délais dont nous disposons pour réduire les émissions, le risque est donc important de sous évaluer grandement les effets du méthane, avertissent les scientifiques. D'autre part, son fort impact sur le réchauffement climatique immédiat remet en cause la validité de politiques qui seraient basées uniquement sur un marché des droits d'émission du carbone.


(A lire sur : http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2581)




 


 

 

Alors, on continue comme si de rien était, en attendant les résultats prometteurs de la "relance" salvatrice promise par nos brillants décideurs ou bien on se met individuellement et collectivement, dés maintenant à changer radicalement notre manière de vivre, dans l'objectif d'une société humaine de "post-développement" ?



A chacun de choisir ... VITE !


Par David Adam - Bernard Grignon - Publié dans : Empreinte écolo-Ressources naturelles-Biodiversité
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