Energie

Lundi 3 décembre 2007 1 03 /12 /2007 09:32

Jean Ziegler, Rapporteur spécial sur le droit à l’alimentation, s’est inquiété vendredi 26 octobre devant la presse de l’augmentation du nombre d’affamés dans le monde et a dit craindre que la production massive de biocarburants comme l’éthanol n’aggrave encore le problème en diminuant les surfaces agricoles consacrées aux cultures vivrières.

 

Jean Ziegler a appelé à un moratoire de cinq ans, le temps nécessaire, a-t-il espéré, pour que la recherche trouve le moyen de tirer de l’éthanol des déchets agricoles, essentiellement des parties non comestibles de plantes comme le maïs ou le blé. « Il est légitime de vouloir fabriquer des biocarburants mais le résultat va être désastreux dans l’immédiat. » Il n’a pas hésité à parler d’un « crime contre l’humanité qui est commis lorsque l’on convertit un sol productif pour l’alimentation en terre à produire du biocarburant ».

M. Ziegler, qui s’est aussi exprimé le 25 octobre devant la Troisième Commission, chargée des questions sociales, humanitaires et culturelles, a dit craindre que le premier Objectif du Millénaire pour le développement, la réduction de l’extrême pauvreté et de la faim, ne soit pas atteint à l’échéance de 2015. Il a rappelé que le nombre de personnes souffrant de la faim et de la malnutrition a augmenté tous les ans depuis 1996 pour dépasser les 850 millions, alors que l’on estime que la Terre pourrait nourrir 12 milliards d’êtres humains, soit deux fois la population mondiale actuelle. En réponse à l’argument selon lequel le nombre d’affamés n’a en fait pas augmenté, en chiffres relatifs par rapport à la croissance de la population mondiale, l’universitaire suisse a répondu: « Je n’accepte pas ce raisonnement car un enfant qui meurt de faim n’est pas une statistique ».

Selon les estimations de l’ONU, six millions d’enfants de moins de cinq ans meurent chaque année dans le monde à cause de la malnutrition et des maladies associées. Parlant d’un « massacre de la faim qui n’obéit pas à la fatalité », il a estimé qu’un « enfant qui meurt de faim est assassiné ». M. Ziegler a mis en cause en particulier les subventions agricoles européennes qui permettent d’inonder les marchés africains à prix bradés et qui entraînent la ruine des agriculteurs locaux. Selon lui, « l’Union européenne crée de la faim en Afrique par son dumping agricole ».

Le Rapporteur spécial est aussi alarmé par l’augmentation des « réfugiés de la faim » qui tentent de gagner l’Europe et l’Amérique du Nord pour survivre et qui sont considérés comme des délinquants lorsqu’ils arrivent à destination quand ils ont la chance de ne pas mourir en chemin. Il a estimé qu’il est grand temps de renforcer les mécanismes de protection nationaux et internationaux en réaffirmant concrètement « le droit de se nourrir ». Les droits de l’homme ne sont pas uniquement politiques et civiques, a–t-il souligné, mais ils touchent aussi à l’économique, au social et à la culture. Jean Ziegler a estimé que l’Europe doit trouver une réponse autre que militaire pour repousser les miséreux à ses frontières. Il a proposé de créer un nouveau droit de l’homme –le droit d’accueil provisoire– qui protégerait les réfugiés de la faim », dont l’existence n’est actuellement pas reconnue dans les conventions internationales.


 

A consulter sur :    http://www.notre-planete.info/actualites

Par notre-planète.info - Publié dans : Energie
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Jeudi 20 décembre 2007 4 20 /12 /2007 10:25

Les records de consommation d'électricité consacrent l'échec de l'option nucléaire française


"Malgré la nécessité d'économiser l'énergie, la France vient une nouvelle fois de battre son record de consommation d'électricité avec une puissance appelée de 88,9 GW à 19h, lundi 17 décembre et de 88,2 GW, mardi 18 décembre à 19h. Pourtant, si les températures sont fraîches, elles ne sont pas extrêmes. Alors comment expliquer une telle consommation qui contraint la France à importer de l'électricité ?

Cette situation est la conséquence directe du « tout nucléaire » imposé en France depuis trente ans : pour légitimer la construction de 58 réacteurs, EDF et l'Etat ont mis en place le plus grand parc de chauffage électrique d'Europe [1], qui entraîne une surconsommation d'électricité et qui, par ailleurs, est un mode de chauffage ruineux pour les consommateurs. Le chauffage électrique qui obère le pouvoir d'achat des ménages les plus pauvres est d'ailleurs interdit au Danemark dans toutes les constructions neuves.

Le nucléaire, dont la production manque de souplesse, est incapable de répondre aux pointes de consommation dont il est pourtant responsable. De fait, quand il fait froid comme actuellement, il faut faire fonctionner des centrales au charbon et au fioul fortement émettrices de CO2, mais aussi importer au tarif fort de l'électricité depuis les pays voisins. Mais ces derniers pourront-ils toujours fournir l'électricité manquante à la France ? La France n'est-elle pas sous la menace d'une pénurie d'électricité en cas de nouvelles baisses de la température et/ou d'indisponibilité de moyens de production ?

Or, il est possible de sortir rapidement de cette impasse énergétique. Selon l'étude sur des sorties du nucléaire en 5 ou 10 ans  publiée par le Réseau « Sortir du nucléaire » [2], une campagne vigoureuse d'économies d'énergie et d'énergies renouvelables sur 5 ans pourrait diminuer la consommation électrique de la France de 20 %. Pour cela, il faudrait lancer un programme d'isolation du bâti ancien et remplacer les équipements les plus gourmands en énergie (électroménager et éclairage) par des appareils sobres. Il faudrait aussi remplacer le chauffage électrique et les chauffe-eau électriques par des installations de chauffage utilisant la biomasse (bois, résidus de récolte, déchets organiques) et par des panneaux solaires thermiques.

Economies d'énergie et énergies renouvelables permettraient à la France d'améliorer réellement son indépendance énergétique et diminueraient sensiblement sa facture énergétique. Ces programmes créeraient en outre beaucoup plus d'emplois que la construction du réacteur nucléaire EPR à Flamanville, un investissement inutile et dangereux."

Réseau Sortir du Nucléaire

[1] 7 millions de ménages se chauffent à l'électricité en France.
[2] <http://www.sortirdunucleaire.org/>

 

QUE DIRE DES LOCAUX SURCHAUFFES ET DES MAGASINS DONT LES PORTES SONT LAISSEES GRANDES OUVERTES, DES ORDINATEURS BRANCHES EN PERMANENCE, DES TELEVISEURS "EXTRA LARGES" DEVOREURS D'ELECTRICITE, DES ECLAIRAGES URBAINS ET DES GUIRLANDES ET AUTRES DECORATIONS LUMINEUSES DE NOËL TANT PUBLIQUES QUE PRIVEES... DANS UNE PERIODE OU ON PARLE DE PLUS EN PLUS D'ECONOMIE D'ENERGIE !

UNE SUGGESTION DONC, PASSONS DES BELLES PAROLES AUX ACTES, EN COMMENCANT PAR SOI-MEME ; par exemple, nous pouvons refuser d'acheter dans les magasins concernés et expliquer pourquoi au personnel, réapprendre à mettre des pulls et à s'habiller en fonction de la saison, dans des maisons moins chauffées, interpeller les élus,...

Si vous êtes à cours d'idées, vous pouvez aller jeter un coup d'eil à l'article " Actions pour une électricité non polluante" dans la rubrique ACTIONS A MENER de ce blog.

Une autre piste à explorer, quitter EDF pour ENERCOOP : ainsi, vous ne contribuerez plus à financer l'énergie d'origine nucléaire tout en payant votre électricité un peu plus cher, ce qui vous évitera peut-être d'acheter quelques objets nocifs pour la nature et l'avenir de vos enfants.

Par Réseau Sortir du Nucléaire et Bernard Grignon - Publié dans : Energie
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Vendredi 26 septembre 2008 5 26 /09 /2008 09:22

 

 

LE SAVIEZ-VOUS ?

Pour extraire l'uranium du sous-sol nigérien, en territoire touareg, Areva et les autres prédateurs de l'industrie nucléaire, utilisent des centrales électriques … à charbon !

 

Rappels :

- Le Niger est répertorié par l'ONU comme le pays le plus pauvre de la planète (la population plutôt !)

- Il paraît que l'énergie nucléaire est  une "énergie propre" (ça doit être vrai, c'est celui pour lequel les français ont voté massivement il y a un an qui le dit !)

pour en savoir plus :

Si vous souhaitez d'avantage d'informations sur la situation des touaregs, vous pouvez réécouter l'émission Terre à terre (sur France culture, chaque samedi de 7 à 8 h) du samedi 20 septembre dernier sur :

http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/terre_a_terre/index.php?emission_id=40

 

 

Par Bernard Grignon - Publié dans : Energie
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Mercredi 19 novembre 2008 3 19 /11 /2008 09:33


 «Les tendances actuelles dans l'approvisionnement et la consommation d'énergie sont manifestement non soutenables - écologiquement, économiquement et socialement. Elles peuvent et doivent être modifiées», avertit Nobuo Tanaka, le directeur exécutif de l'Agence Internationale de l'Energie. Mettant en garde contre les tensions prévisibles en raison du déclin accéléré des gisements et de la hausse de la demande - il faudra mettre en production l'équivalent de 6 Arabie Saoudite d'ici 2030 - il estime que «l'ère du pétrole bon marché est terminée.» Sur le volet de la lutte contre le réchauffement climatique, les difficultés ne s'annoncent pas moindres. Même si les pays de l'OCDE réduisaient à rien leurs émissions, la limite des 450 ppm d'équivalents-CO2 serait malgré tout dépassée. Extraits du dernier rapport de l'Agence, voici les faits, les chiffres et les tableaux qui décrivent l'ampleur de la tâche.


Agence Internationale de l'Energie, le 12 novembre 2008 :

«Nous ne pouvons pas laisser la crise financière et économique retarder l'action politique requise d'urgence pour assurer la sécurité de l'approvisionnement énergétique et réduire l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre. Nous devons effectuer une révolution mondiale dans le domaine de l'énergie[1] consistant en une amélioration de l'efficacité énergétique et l'augmentation de la mise en oeuvre d'énergies pauvres en carbone», a déclaré Nobuo Tanaka, directeur exécutif de l'Agence Internationale de l'Energie (AIE) à Londres à l'occasion de la présentation du "World Energy Outlook (WEO) 2008" - la nouvelle édition de la publication de l'agence qui dresse un tableau prospectif sur les questions énergétiques.


Intégralité de l'article à lire sur : http://contreinfo.info/




[1] De même que dans tous les autres domaines : politique, social, économique, écologique et sociétal, en résumé mettre en place les conditions permettant de faire évoluer la société humaine vers la "décroissance"

Par AIE - Bernard Grignon - Publié dans : Energie
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Mardi 16 décembre 2008 2 16 /12 /2008 09:51



EDF investit pour prolonger la durée de vie de ses centrales nucléaires

 


PARIS (AFP) - EDF va investir 400 millions d'euros par réacteur en vue de prolonger la durée de vie de son parc nucléaire français au-delà de 40 ans, selon des documents publiés jeudi sur son site internet.

Le groupe français d'électricité dispose d'un parc nucléaire de 58 réacteurs, répartis sur 19 sites, d'un âge moyen de 22 ans.

Deux centrales, celles de Fessenheim en Alsace et du Tricastin dans la Drôme, atteindront trente ans en 2009.

EDF a d'ores et déjà engagé "des plans d'action industriels et de recherche et développement dans l'objectif de prolonger la durée de vie du parc au-delà de 40 ans", indique le groupe, en précisant que ces plans représentaient un investissement d'environ 400 millions d'euros par réacteur.

"Toutes les tranches nucléaires françaises qui fonctionnent ont été conçues pour garantir une durée de vie de 40 ans.

Aujourd'hui, nous avons suffisamment d'éléments probants pour considérer qu'aller à une durée de vie de 50 voire 60 ans est quelque chose de tout à fait raisonnable", a indiqué Serge Massart, directeur de la division production nucléaire chez EDF, au cours d'une présentation du groupe diffusée sur internet à l'occasion d'une journée d'information des investisseurs.

"Nous avons déposé un certain nombre de dossiers à l'autorité de sûreté nucléaire (ASN, ndlr) qui montre de manière claire que notre matériel vieillit bien, qu'il vieillit très bien", ajoute-t-il. Le groupe précise en effet qu'il appartient à l'ASN "de se prononcer centrale par centrale dans le cadre des visites décennales sur une autorisation de fonctionner dix ans supplémentaires".


 



Question : Les lois de la physique obéiront-elles aux brillants stratèges d'EDF ?


Réponse dans une seconde, un mois, un an,...

 

 

 

Et si chacun de nous réduisait drastiquement sa consommation d'électricité et quittait EDF dés aujourd'hui ? (voir précédents articles consacrés à cette question)

Par AFP - Bernard Grignon - Publié dans : Energie
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Vendredi 19 décembre 2008 5 19 /12 /2008 11:15


Le rapport 2008 de l'Agence Internationale de l'Energie marque une inflexion majeure dans le discours qu'elle a tenu jusqu'alors. Elle prévoit désormais un taux de déclin annuel de la production de 8,7% dans les champs en exploitation et mentionne sans donner de date la perspective du plateau de production pétrolière. George Mombiot a demandé à Fatih Birol, l'économiste en chef de l'AIE de dater l'arrivée de ce plateau de production des pétroles conventionnels. Réponse : 2020. Si l'on se souvient du rapport Hirsh, qui évaluait à 20 ans le temps nécessaire pour la conversion des infrastructures en direction des énergies alternatives, on mesure le retard déjà pris. Alors, on commence quand ?

Par George Monbiot, The Guardian, 15 décembre 2008


(...) Dans son rapport 2008 l'AIE suggère pour la première fois que l'approvisionnement mondial de pétrole pourrait toucher ses limites.

(...) Pour la première fois, lors de l'interview que j'ai réalisée avec Fatih Birol, l'économiste en chef de l'agence nous a donné une date. Et elle devrait effrayer quiconque en comprend les implications.

(...) Puis, je lui ai posé une question pour laquelle je ne m'attendais pas à obtenir de réponse : pouvait-il me donner la date précise à laquelle il s'attend à ce que les approvisionnements en pétrole conventionnel cessent de croître ?

« En termes hors OPEP [les pays en dehors du cartel des grands pays producteurs de pétrole] », m'a-t-il répondu, « nous nous attendons à ce que dans trois, quatre ans, la production de pétrole conventionnel arrive à un plateau, et commence à diminuer. ... En termes de situation globale, en supposant que l'OPEP investisse en temps voulu, le pétrole conventionnel peut encore durer, mais nous nous attendons toujours à ce qu'il atteigne un plateau vers 2020, ce qui n'est bien sûr pas une bonne nouvelle du point de vue de l'offre globale de pétrole. »

Autour de 2020. Cela transforme radicalement la question. La date avancée par M. Birol, si elle est correcte, nous donne environ 11 ans pour nous préparer. Si le rapport Hirsch a raison, nous avons déjà manqué le rendez-vous. M. Birol indique que nous avons besoin d'une « révolution énergétique mondiale » afin d'éviter une pénurie pétrolière, en incluant un vaste effort mondial pour exploiter les pétroles non conventionnels (désastreux pour l'environnement), comme les sables bitumineux canadiens. Mais rien de cette ampleur n'a encore été entrepris, et Hirsch suggère que même si cette révolution commençait aujourd'hui, les investissements nécessaires et les transformations de l'infrastructure ne pourraient intervenir à temps. « Je crois que le temps ne joue pas là en notre faveur, » m'a confié Fatih Birol.

(...) Que pouvons-nous faire ? Nous pouvons chercher refuge à la campagne. Nous pouvons aussi espérer et prier pour que Hirsch se soit trompé sur cette période de 20 ans et entreprendre aujourd'hui un programme d'urgence sur l'efficacité énergétique et l'usage de l'énergie électrique.


Intégralité de l'article à lire sur http://contreinfo.info/

 

 

 

 

 

Il est vraiment curieux que cette information ne fasse pas l'objet d'une communication de notre gouvernement, informant la population de mesures d'urgence lui permettant de faire face à ce qui entraînera une totale révolution dans notre manière de vivre.

Mais sans doute, est-ce pour ne pas la traumatiser un peu plus en cette période de "fêtes" !

 

 



Pour plus d'informations, vous pouvez tout de même aller consulter, entre autre, le site de l'ASPO, http://aspofrance.org/


Je vous suggère également vivement de lire "Pétrole apocalypse", d'Yves Cochet

Par George Monbiot - Bernard Grignon - Publié dans : Energie
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Jeudi 5 mars 2009 4 05 /03 /2009 09:57





Publication des comptes 2008 d'Areva - Areva au bord de la faillite : l'argent public ne doit pas renflouer l'industrie nucléaire

 



Pertes colossales sur le chantier de l'EPR de Finlande, facture de 2 milliards du fait du départ de Siemens, plusieurs investissements insensés aux USA, 60% de baisse en bourse en quelques mois, Areva est au bord de la faillite. L'industrie nucléaire française est sinistrée et ne doit pas être renflouée par l'argent public, lequel doit aller aux énergies renouvelables.

L'entreprise nucléaire Areva publie ce soir ses comptes pour l'année 2008. D'ores et déjà, on peut annoncer que ce supposé "fleuron" de l'industrie française est au bord de la faillite et attend que ce soit l'argent public qui, une nouvelle fois en France, vienne au secours d'une industrie nucléaire défaillante.


Areva est à la recherche de près de 3 milliards d'euros pour simplement boucler son budget 2009, et a déjà annulé, le 25 novembre 2008, son projet d'exploitation de la mine d'uranium Midwest au Canada. Autre déconvenue majeure pour Areva qui attendait beaucoup de ce marché : le 5 décembre, l'Afrique du Sud a annulé les 12 réacteurs qu'elle prétendait faire construire.


Pendant ce temps, le chantier EPR d'Areva en Finlande, lancé en février 2005, tourne au désastre : déjà 38 mois de retard et 2,4 milliards d'euros de pénalité demandés par les Finlandais aux Français. Vendu 3 milliards d'euros, ce réacteur coûte donc en réalité 5,4 milliards. En attendant de nouveaux surcoûts...


De plus, le départ de Siemens, annoncé en janvier dernier, a pris au dépourvu Areva qui doit trouver 2 milliards d'euros de plus pour racheter parts détenues par son ancien allié. A la bourse de Paris, la cotation d'Areva est passée de 820 euros en juin dernier à 325 à ce jour - 60% !


Par ailleurs, la plupart des projets de construction de réacteurs annoncés ces derniers mois, et qui pourraient représenter des marchés pour Areva, restent parfaitement virtuels : lors des déplacements à l'étranger de M Sarkozy (Libye, Algérie, Maroc, Abou Dhabi, Arabie Saoudite, Jordanie, Afrique du Sud, Estonie, etc), de simples "accords de coopération" ont été signés : bien qu'il y soit souvent fait mention de l'éventualité de construire des réacteurs EPR, ces documents n'engagent absolument à rien.


Ainsi, les 4 et 24 février dernier, l'Elysée a bluffé en célébrant la supposée "vente" de deux EPR à l'Inde et d' "au moins 4 EPR" à l'Italie : il est facile de faire de telles annonces, bien plus difficile - surtout en ces temps de crise mondiale - de trouver les immenses financements nécessaires pour construire réellement ces réacteurs.


Autre marché visé par Areva et qui tourne à la déconfiture : les USA. Le plan de relance de M. Obama a attribué zéro dollar au secteur nucléaire... qui espérait 50 milliards. La plupart de projets de réacteurs sont gelés, et les rares qui avancent réellement sont portés par les concurrents américano-nippons d'Areva (Westinghouse/Toshiba et General Electric/Hitachi).


Pourtant, Areva investit aveuglément aux USA pour participer à une supposée "renaissance" du nucléaire de plus en plus virtuelle : en mai 2008, Areva a annoncé avoir retenu le site de Bonneville, dans l'Idaho, pour produire du combustible nucléaire. Et en octobre 2008, Areva a annoncé investir plus de 360 millions de dollars dans l'Etat de Virginie pour fabriquer des composants lourds pour le secteur nucléaire américain.


De même, en Grande-Bretagne, Areva est tributaire d'éventuelles commandes d'EDF qui a racheté British energy au prix fort (juste avant la crise mondiale !). Mais EDF est lourdement endettée et a aussi perdu plus de 60% en bourse...


Incapable de reconnaître son échec programmé, Mme Lauvergeon est lancée dans une fuite en avant insensée qui a toutes les chances de se terminer par un désastre industriel et financier. Hélas, Areva étant détenue par l'Etat, ce sont les citoyens de France qui paieront la note le moment venu. Il est encore temps de mettre un coup d'arrêt à cette folie, et d'empêcher M Sarkozy d'utiliser l'argent public pour renflouer Areva. Comme le fait M Obama aux USA, c'est dans les économies d'énergie et dans les énergies renouvelables qu'il faut investir.



Communiqué du Réseau Sortir du nucléaire, le mercredi 25 février 2009


http://www.sortirdunucleaire.org

 

 

 



RAPPEL




Le moyen le plus simple, le plus efficace, le plus économique, immédiatement applicable, et accessible à tous est de diminuer immédiatement et drastiquement sa consommation énergétique : supprimer tout appareil non indispensable (il y en a beaucoup, beaucoup plus que ce que l'on croit...) et utiliser les autres le plus parcimonieusement possible !



De plus, chacun peut changer de fournisseur d'électricité (ET LE FAIRE SAVOIR : EDF, élus, médias, autour de soi)


Aujourd'hui une seule société militante est en mesure de proposer la traçabilité d'une électricité d'origine exclusivement renouvelable (*). Ce projet a été possible grâce à la mobilisation de plusieurs ONG d'environnement et de sympathisants mais l'avenir de son indépendance dépendra du réseau des écologistes à se mobiliser pour innover dans des moyens de production renouvelable et démocratique.

Les énergies renouvelables, comme le soleil, sont disponibles sur toute la planète et accessible à tous ses habitants. C'est en quelque sorte une énergie écologique et pacifique qu'il suffit de cueillir. Sans plus attendre il faut rassembler les personnes, associations, entreprises qui veulent coopérer ensemble pour développer les toits solaires comme une alternative crédible au nucléaire.



Enercoop 


11, rue des réglises
75020 Paris


Tel : 0 811 093 099 (prix d'un appel local)
Fax : 01 78 94 83 99



Par Sortir du nucléaire - Bernard Grignon - Publié dans : Energie
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Jeudi 24 septembre 2009 4 24 /09 /2009 11:19




Robert Hirsch est un éminent spécialiste des questions énergétiques qui a travaillé durant toute sa carrière dans les différents secteurs de cette industrie, d’abord en tant que serviteur de l’Etat, puis dans le privé. M. Hirsch est à l’initiative d’une célèbre étude sur le pic pétrolier publiée en 2005 par le Ministère de l’Energie des USA (DOE). Répondant ici aux questions de Steve Andrew, pour l’ASPO, il revient sur son parcours professionnel, les circonstances de la publication du rapport du DOE, et la réaction pour le moins embarrassée des autorités devant les résultats de son étude. M. Hirsch estime qu’entre 10 et 20 ans seront nécessaires pour effectuer les transformations des infrastructures, équipements, processus et modes de vie qui seront requises avec la raréfaction du pétrole. Après plusieurs années passées à étudier ce dossier, il estime aujourd’hui que nous disposons de moins de cinq ans avant que la production pétrolière mondiale ne commence à décliner, provoquant à coup sûr une récession de grande ampleur. Il est grand temps, dit-il, que les responsables politiques aient le courage de faire face aux mauvaises nouvelles en provenance du secteur énergétique et osent enfin aborder cette question de front.

 


Robert Hirsch s’entretient avec Steve Andrews, pour l’ASPO (Association pour l’Etude du Pic Pétrolier), le 7 septembre 2009

 


Question : Quelles ont été vos principaux domaines d’activité au cours de votre carrière dans le secteur de l’énergie ?


Hirsch : J’ai débuté dans l’énergie nucléaire. Puis j’ai fait de la recherche sur la fusion [nucléaire], et dirigé le programme gouvernemental en la matière. J’ai passé beaucoup de temps sur les énergies renouvelables, y compris la gestion du programme fédéral des énergies renouvelables. De là, je me suis dirigé vers l’industrie pétrolière, où j’ai dirigé la recherche à long terme sur le raffinage puis les carburants synthétiques. Plus tard, j’ai dirigé la recherche et le développement sur l’exploration et la production du pétrole et du gaz.  (...)



Question : Quand avez-vous entendu parler du problème du pic pétrolier ?


Hirsch : J’ai pris connaissance du pic pétrolier après ma sortie de l’industrie pétrolière, car on n’en parlait pratiquement pas lorsque j’y étais. (...)

Lorsque la production pétrolière déclinera, cela sera un enjeu déterminant pour l’humanité. Je suis donc impliqué depuis six ou sept ans dans l’analyse du pic pétrolier et des moyens de l’atténuer. (...)

 

 

Question : Comment est née l’étude de 2005 du DOE sur le pic pétrolier ?


Hirsch : Essentiellement à mon initiative. Je travaillais avec le National Energy Technology Laboratory (NETL) du DOE à l’époque, et ils m’ont laissé beaucoup de latitude pour me pencher sur des sujets importants. (...)

Le problème pour les gens du NETL c’est qu’ils subissaient beaucoup de pression pour qu’ils ne soient pas porteurs de mauvaises nouvelles.



Question : pressions de qui ?


Hirsch : De personnes appartenant à la hiérarchie du DOE. Cela a été le cas sous les deux administrations, républicaine et démocrate. Il y a, je crois, de nombreuses preuves, et certains fonctionnaires du DOE sont allé jusqu’à préciser que des membres de la direction du DOE, sous les deux administrations, ont compris qu’il y avait un problème et ont bloqué les travaux sur cette question. Sous le président Bush, nous avions non seulement pu réaliser la première étude, mais également une étude de suivi traitant de la dimension économique de l’atténuation du pic pétrolier. Après cela, la visibilité, est devenue assez grande pour que l’on dise au NETL d’arrêter toute nouvelle recherche sur le pic pétrolier. (...)


L’histoire du pic pétrolier est certainement l’histoire de mauvaises nouvelles. Il n’y a aucun moyen pour embellir la réalité, à l’exception peut-être de ce que j’ai fait parfois, c’est-à-dire de déclarer qu’en 2050, nous aurons réussi, nous aurons traversé la récession due au pic pétrolier - très probablement une très profonde récession. À un certain point, nous allons nous en sortir parce que nous sommes des êtres humains, et que nous ne nous décourageons pas. J’ai foi dans les gens en fin de compte. Mais ce sont de mauvaises nouvelles et tout responsable du gouvernement qui prendra la parole pour annoncer ces mauvaises nouvelles devra enchainer immédiatement en déclarant « voici ce que nous allons faire à ce sujet ». Mais personne ne semble prêt à cela.

Le pic pétrolier est un problème plus important que celui du système de santé, du déficit du budget fédéral, et ainsi de suite. Nous parlons de quelque chose qui, pour prendre une position médiane entre les prévisions apocalyptiques et l’optimisme inconscient de certains, sera extrêmement dommageable pour l’économie américaine et mondiale pour une très longue période. Il n’y a pas de remède miracle.



Question : Comment décririez-vous les enseignements majeurs que vous avez retiré de votre étude de 2005 ?


Hirsch : Ce que nous avons fait, consistait à étudier ce que serait un programme mondial d’urgence pour atténuer les conséquences [du pic]. Nous voulions savoir quel était le maximum de ce qui était humainement possible. (...)


Fondamentalement, notre résultat le plus important, c’était que le lancement d’un programme d’urgence mondial 20 ans avant que le problème n’apparaisse éviterait de graves problèmes. Si on ne commence que 10 ans avant on a beaucoup plus de difficulté, et si on attend jusqu’à la dernière minute, jusqu’à ce que le problème soit devenu évident, alors on est dans le pétrin pendant bien plus longtemps qu’une décennie. Au train où vont les choses, nous ne disposons plus des 10 ou 20 ans de ces deux scénarios. (...)

 


Question : Quelle a été votre sentiment au sujet de l’atelier sur le pic pétrolier tenu par la National Academy of Sciences en octobre 2005 ? Qu’a-t-il produit, selon vous ?


(...) dans ce cas particulier, avec des gouvernements désirant réduire au silence toute discussion ouverte sur le pic pétrolier, aucune suite ne fut donnée.



Question : A l’époque où vous avez publié votre rapport, il me semble que vous étiez resté volontairement neutre quant à la détermination de la date du pic pétrolier, afin que les lecteurs ne se focalisent pas sur cette question. Depuis la publication de l’étude, comment a évolué votre point de vue sur le calendrier du pic pétrolier ?


(...) Il n’y a que depuis environ un an et demi ou deux ans que j’ai commencé à envisager une date probable pour la baisse de la production pétrolière mondiale, quelque part durant les cinq prochaines années.



Question : Etant donné là où nous en sommes aujourd’hui, si vous étiez nommé responsable des questions énergétiques, quelles initiatives politiques prendriez-vous ?


Hirsch : Si je participais au gouvernement à un haut niveau, je défendrais très fermement devant le président l’idée qu’il devrait prendre le leadership sur ce problème au plan national et international. Il faudrait qu’il étudie un peu, afin de saisir l’état de la question - qu’il le fasse tranquillement - et puis qu’il se lève et s’adresse au monde et à la nation : « nous avons un très grave problème et voici ce que mon gouvernement va entreprendre à ce sujet. » C’est en faveur de quoi je plaiderais car quelqu’un doit se lever et dire que le roi est nu. Cela sera très difficile parce que les gens n’aiment pas entendre de mauvaises nouvelles, et c’est une très mauvaise nouvelle. Au fur et à mesure qu’elle sera prise en compte, les marchés vont baisser et il y aura une récession en réaction immédiate, parce que les gens se rendront compte que c’est un problème tellement épouvantable que conserver une vision optimiste sur l’emploi et l’économie serait tout simplement irréaliste. (...)

 



Question : Autre chose, pour conclure ?


Hirsch : J’ai essayé de sortir des sentiers battus pour ce qui est de faire passer le message et d’attirer l’attention de l’opinion. Je n’ai rien trouvé de plus que ce que je suis déjà en train de faire, sinon écrire un livre, ce que nous venons de commencer. Mais d’autres gens ont d’autres idées, possibilités et relations. Je leur suggérerais donc d’imaginer les démarches qui permettraient, de façon rationnelle et raisonnable, que plus de décideurs s’impliquent 1) dans la prise en compte du problème et 2) contribuent à faire qu’il soit pris en compte au plus haut niveau gouvernemental. Ainsi des mesures sérieuses pourraient commencer à être prises.

 

 

Intégralité de l'article à lire sur : http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2792



Par Robert Hirsch pour l'ASPO - Publié dans : Energie
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