Samedi 27 juin 2009

Après le "feu d'artifice" de ces derniers jours (et le bouquet final d'hier) d'informations et autres invitations à agir, je vais interrompre mes articles jusqu'à la fin du mois d'août et vous donne rendez-vous "à la rentrée"




En attendant, je vous propose quelques pistes de réflexion pour agrémenter vos longues journées de repos...




Tout d'abord, quelques idées fortes de la "décroissance" :


Un préalable indispensable, "se poser"  et prendre le temps, à commencer par celui de ne rien faire, se retrouver, rêver, penser...

 

 

 


Le PARTAGE


Bien entendu, tout d'abord celui de la planète et de ses "richesses"


Mais aussi celui des activités (dont le "travail", ce qui passe, évidemment, par le refus de toute heure supplémentaire, sauf exception réellement... exceptionnelle !)


Des outils, des livres,...


Etc. etc.

 


La GRATUITE


Tout ce qui compose la nature et l'essentiel de ce qui nous est nécessaire est gratuit et non quantifiable ("Tout ce qui a un prix n'a pas de valeur" disait F. Nietzsche)

 


La RELOCALISATION ("sans les murs")


A ne pas confondre avec un quelconque repli sur soi.


Malgré tout, bannir définitivement tout déplacement en avion et utiliser le moins possible la voiture (et, bien entendu l'autoroute), et même le TGV...


Eviter le plus possible tout produit ou aliment venant "d'ailleurs"

 


La SOBRIETE


De tout ce qui consomme, pollue, peut être nocif à soi-même ou à d'autres ...


Ceci exclue, évidemment tout ce qui est du domaine de la fête (sans accessoires polluant ni excès de consommation), de la joie, de la convivialité (réelle, dans un contact direct de personnes à personnes), ... et "vivre sans modération" !

 


Le bon sens


Ce qui passe par l'acceptation et le respect des limites, en tout premier lieu celles concernant le temps et l'espace, mais aussi celles inhérentes avec la finitude de la planète, de nous-mêmes et de notre nature.


Par exemple, il n'est pas nécessaire de mettre un pull en plein été, pour ne pas subir les effets du froid dégagé par une climatisation dévoreuse d'énergie !

 


Quelques moyens a notre disposition


- En tout premier la Résistance :


A un mode de vie qui nous est imposé et qui ne nous convient pas, mais aussi au scientisme et à ses conséquences multiples (OGM, nanotechnologie, "solutions" technologiques à tous nos problèmes,...) et à l'économisme (se traduisant, entre autre, par une concurrence absurde et suicidaire de tous contre tous et de tous les humains contre le reste de la nature, ainsi que par une quantification et une financiarisation généralisées)

Au sécuritarisme ambiant, au repli sur soi

Etc. etc. (les domaines ne manquent pas !)

 


- La désaccoutumance :


Nous sommes immergés dans une société d'addiction, que cela concerne des objets, des activités multiples et envahissantes sur le corps comme sur l'esprit, ou quelconque produit consommé...

 


- La simplicité volontaire et joyeuse :


Tout un programme...

 


- L'engagement politique


- Les engagements et actions collectifs

 


Un maître mot


Ce chemin n'est en aucun cas limité à ceux qui en auraient les moyens, bien au contraire il doit être à la portée de chacun, où qu'il soit, quel que soit son âge et sa situation

 


Une suggestion


Et si vous commenciez par "mettre en vacances" quelques objets, tellement indispensables (Votre téléphone portable, votre ordinateur et votre poste de télévision par exemple). Vous verrez, on peut même vivre sans !

 


Et pourquoi pas, avec modération toutefois,  un peu de lecture


Revues L'écologiste, La Décroissance et le Sarkophage, Fakir, disponibles en kiosques ; S!lence, sur abonnement


Livres de Serge Latouche, Paul Ariès, Albert Jacquard, mais aussi Jacques Ellul, Ivan Illitch, Théodore Monod,...

Par Bernard Grignon, lanceur d'alertes - Publié dans : ACTIONS POUR L'AVENIR
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Vendredi 26 juin 2009

 

 

 

Un article de Jean Gadrey, économiste et membre du conseil scientifique d'Attac

 




"Nous allons devoir changer de paradigme de développement. La crise nous y conduit. Manifestement, les électeurs y pensent, et pas seulement ceux qui ont voté "écologie". Le paradigme actuel est fondé sur l'impératif de croissance, avec le raisonnement suivant :


1 - Il y aura toujours des gains de productivité du travail, car le progrès technique permet de "produire la même chose avec moins de travail" ;


2 - Pour maintenir l'emploi, il faut donc soit réduire sans cesse la durée du travail au rythme des gains de productivité, soit augmenter la production (c'est la croissance) au même rythme, soit mélanger ces deux solutions.

 


Ce schéma a été vérifié depuis un demi-siècle, bien qu'avec des ratés. Il va s'écrouler. Il faudra créer massivement des emplois sans croissance ni gains de productivité. Pour deux raisons :


La première est que les gains de productivité permettent certes de produire plus de biens avec la même quantité de travail, mais pas avec la même quantité de ressources naturelles, d'énergie et de pollutions diverses. Cela n'était pas trop grave tant que l'on restait loin des seuils d'épuisement ou de renouvellement naturel de ces ressources. Cela devient aujourd'hui le problème majeur. Il va donc falloir privilégier des solutions économisant non plus seulement le travail (gains de productivité), mais aussi, de plus en plus, les ressources naturelles et les rejets (gains de durabilité). Ce qui conduit à la deuxième faille du raisonnement "croissanciste".

Le fait est massif : produire des biens (ou des services) de façon écologiquement durable exige plus de travail que produire les "mêmes" biens en détruisant les ressources naturelles et le climat. Or, les comptes actuels de la croissance et des gains de productivité ne font aucune différence entre ces deux types de production. Supposons qu'on remplace progressivement l'agriculture industrielle, avec ses innombrables dommages collatéraux sur l'environnement et sur la santé, par de l'agriculture biologique de proximité.


A production identique en quantité, il faudrait approximativement 50 % d'emplois en plus. Les comptes nationaux actuels nous diront alors que la croissance est nulle (même quantité produite) et que la productivité du travail baisse. Pourtant, on aura créé de nombreux emplois, il y aura plus de valeur ajoutée agricole, et surtout la qualité et la durabilité de la production auront été bouleversées positivement.


Dans un autre secteur essentiel, celui de l'énergie, le scénario NégaWatt, mis au point par une centaine d'experts, prévoit de produire en 2050 autant de kilowattheures (kWh) qu'aujourd'hui. Les comptes actuels diront donc : croissance zéro dans ce secteur. Pourtant, selon ce scénario, on pourrait doubler les usages pour chaque kWh (et donc il n'y aurait aucune stagnation du bien-être lié à l'énergie), et par ailleurs, on remplacerait progressivement les productions polluantes par des énergies renouvelables, avec nettement plus d'emplois à la clé.

Notre comptabilité, insensible à la différence entre des kWh "propres" et des kWh "sales", nous dira juste que la productivité baisse, alors qu'une évaluation sérieuse devrait intégrer les gains de durabilité et d'utilité finale ainsi réalisés, sources de valeur ajoutée supplémentaire et d'emplois. De même, le remplacement des grandes surfaces commerciales par des commerces de proximité serait créateur d'emplois et réducteur de dommages collectifs divers.


Pourtant, la croissance de ce secteur n'étant mesurée que par celle du volume des biens vendus, une telle révolution qualitative sera assimilée à une croissance zéro (et à une chute de la productivité) si ce volume ne change pas.


La liste est longue des productions et des secteurs où une stratégie de montée en qualité et en durabilité restera invisible dans nos comptabilités. Les grands gisements d'emploi et de valeur ajoutée du futur résideront dans des transformations qualitatives "hors croissance", dans une économie dont le principe sera de "prendre soin" des personnes (des services de bien-être sans visée de productivité), des biens, de la nature et de la cohésion sociale.


Il y a une contrepartie à cette stratégie alternative pour un plein emploi sans croissance des quantités : les biens et services issus de productions durables sont en moyenne plus chers que les anciens, justement parce qu'ils sont plus riches en emplois et en valeur ajoutée. Mais en réalité, ils ne sont pas plus chers "pour la même chose" (ce qui est la définition de l'inflation). Une tonne de céréales bio n'est pas la même chose qu'une tonne de céréales "polluantes", et il en va de même pour les kWh, les services commerciaux et tout le reste. On paye plus cher, mais pour avoir mieux, sur la base de plus de travail et de moins de dégradations environnementales.


Reste alors une grande question : tant que ces productions "durables" vers lesquelles il faut aller au plus vite, sous peine de crises encore plus graves, seront inaccessibles à une partie de la population, les indicateurs de durabilité resteront dans le rouge, et les créations d'emplois resteront limitées par l'insuffisance du "pouvoir d'achat durable" des ménages modestes.


Pour "sauver la planète", il faut réduire fortement les inégalités, à la fois par le haut (d'autant que ce sont d'abord les riches qui détruisent la planète) et par le bas. La crise écologique pourrait bien y pousser plus vite que les exhortations morales. Et, qu'il s'agisse des inégalités ou de la nécessaire "discrimination positive" pour des productions durables, ce sont les institutions publiques qui détiennent les principales clés. Les moyens existent pour cela. Les seules réductions d'impôts directs décidées depuis 2000 représentent 30 milliards d'euros de manque à gagner par an pour l'action collective. Il n'y a nul besoin de croissance pour les mobiliser au service du bien-être durable, le nouveau ressort de l'emploi."



Jean Gadrey sur "Le monde.fr" du 12 juin 2009 

 

 

 

 


Quand je vous disais que l'on progressait, cette fois même en France, même s'il s'agit d'Attac et non d'une agence officielle !


Il faut bien quand même quelques bonnes nouvelles pour tenir le coup pendant l'été...


Par Jean Gadrey - Bernard Grignon - Publié dans : Décroissance - Croissance économique
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Vendredi 26 juin 2009




Incroyable mais vrai ! Un rapport d'une agence gouvernementale britannique prône la remise en question de la croissance économique !

 



Bien entendu, il ne s'agit là que d'un aspect de la question, mais on progresse... (du moins chez nos amis d'outre Manche, parce qu'en ce qui concerne les gouvernants actuels du "pays des lumières et des droits de l'homme", ils creusent, ils creusent tout comme les shadoks pompaient, pompaient !)

 


Paradoxe des temps modernes. Les extraordinaires avancées des sciences et des techniques ont permis à l'humanité d'accumuler un savoir faire et une capacité de production à même de satisfaire la plupart de ses besoins, et pourtant cette richesse potentielle, loin de se traduire par l'accomplissement des promesses du progrès, s'accompagne aujourd'hui d'une inégalité toujours accrue, d'une énorme demande sociale non satisfaite, et d'une pression croissante sur les conditions d'existence au nom du sacro saint rendement compétitif.

 

 


Mais rendement de quoi ?


Loin de permettre de libérer l'homme, l'intelligence, les énergies mobilisées, les efforts consentis, englués dans un système devenu inefficace, inadapté et dangereux, conduisent l'humanité à sa perte. Le système économique - dont la structure est un archaïsme hérité des temps obscurs où la rareté dominait - poursuit sa trajectoire aveugle et insoutenable  qui nous rapproche inexorablement de l'épuisement des ressources primaires, et de la dévastation de notre planète. « Prosperity Without Growth ? » est un ouvrage (disponible gratuitement en ligne) publié par la Commission du Développement Durable, une agence gouvernementale du Royaume-Uni, qui ose aborder de front cette question brûlante. La croissance, telle que nous la pratiquons, est dans l'impasse. Il faut repenser à nouveaux frais nos modèles de développement, et renoncer à la religion du PIB.

 

 


Cela implique-t-il un retour aux privations ?


Nullement. Les études effectuées de par le monde montrent qu'une fois atteint un niveau de revenu situé entre la moitié et les deux tiers de ce qu'il est aujourd'hui aux USA, le ressenti de bien-être n'augmente plus en relation avec l'accroissement des revenus. Renoncer à la croissance, ce pourrait donc être simplement renoncer au « toujours plus » du consumérisme, à la  recherche vaine de la distinction par les colifichets du « je le vaux bien » narcissique. Une telle révolution, non seulement économique mais également culturelle, est possible, nous dit la Commission Britannique, qui indique, en s'appuyant sur les travaux de l'économiste canadien Peter Victor, que cela permettrait également de travailler moins. (...)




Article complet sur "contre info" : http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2688

Par Charles Siegel - Bernard Grignon - Publié dans : Décroissance - Croissance économique
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Vendredi 26 juin 2009

 

Après "l'événement vert" des élections européennes, une réflexion "poil à gratter" (a posteriori) tout à fait pertinente et à laquelle je souscris entièrement...

 

 

 

 

 


"On nous prend vraiment pour des cons !"





"Il fallait bien s'attendre à ce que tout parte en vrille depuis qu'un pacte écologique livrait pieds et poings liés l'écologisme aux politiques, lesquels s'empressèrent de le dissoudre vite fait dans un attrape-Grenelle sarkozyen. Après tant de mariages de force, l'écologisme est donc devenu soluble dans les discours de toutes les sauces politiques, y compris celles contre-nature. Mais depuis peu, on atteint des sommets !


Cette OPA des affairistes sur l'écologi(sm)e est un évident marché de dupes aux ficelles énormes. Les étiquettes écolo & bio font donc les choux gras d'un capitalisme en fin de course. La crise écologique fait l'objet d'une grande lessive et le blanchiment vert touche autant les produits que les esprits.


Côté cour et lobbies, Hulot et YAB, hélicolporteurs de quelques maîtres du monde en mal de reverdir leurs boutiques, se sont toujours prêtés au double-jeu illusionniste qu'exige une ambition Al Gorienne. C'est à prendre ou à laisser.

Mais côté jardin et désobéissance civile, vous, Bové et Cohn-Bendit, aux légitimes combats d'un passé tout récent, quel mépris vous anime soudain pour en arriver à tomber si bas dans cette déchéance électoraliste susceptible d'arrondir vos scores ? Ne pouviez-vous pas nous épargner, par exemple, cette facilité racoleuse de si piètre qualité : http://www.dailymotion.com/video/x992du_lipdub-europe-ecologie_music


Quel foutage de gueule, quelle surenchère, quelle honte, quelle éco-ringardise ! Comme il est loin le Larzac ! Le Cohn-Bendit de ma jeunesse et l'altermondialiste de Seattle se seraient probablement insurgés devant un tel outrage au talent et à l'intelligence.


Courage intellectuel et politique volontariste ne sont pas au rendez-vous de cette grand' messe de l'art de décevoir. Maintenant, vous aussi vous cherchez à nous embobiner, à nous rouler dans la farine, vous aussi vous nous prenez pour des cons, vous aussi vous ne dites pas tout ce que vous devriez dire, vous prenez les fourbes précautions d'usage pour caresser dans le sens du poil de l'électeur farouche, vous mettez un nez rouge pour suborner, leurrer, ratisser le plus large possible. « L'élection encourage le charlatanisme », disait Ernest Renan. « La propagande est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures », ajoute Noam Chomsky.


Bas les masques !


Écologistes soi-disant militants, têtes de listes, animateurs, producteurs ou marchands : dites la vérité !


Écologistes, au moins vous, dites la vérité, toute la vérité !


Par concession, par séduction, par compromission, ne pratiquez pas la langue de bois ! Sinon, nous changerons de trottoir.

Ayez l'aplomb d'aborder les sujets qui fâchent. Parce que ce sont les sujets majeurs et que les esquiver est grossièrement malhonnête. Même s'ils sont difficiles à avaler pour votre public ou vos électeurs, même s'ils gênent aux entournures vos commanditaires.


Annoncez la couleur !

 


Ne faites donc pas l'impasse sur la surpopulation, la consommation de viande, la dictature vaccinale, la condition animale, l'agro-terrorisme, les circuits longs (fini les fraises d'hiver dans le métro !), l'industrie automobile, car ils sont là les vrais problèmes pour notre planète. Et la biodiversité en déclin, cette sixième phase d'extinction massive, ce n'est pas un sujet électoraliste ?


Comme vous savez que les gens souhaitent tous un meilleur pouvoir d'achat, vous évitez soigneusement de prononcer le vocable DÉCROISSANCE, un « gros mot » qui pourrait signer l'échec cuisant du candidat. Comme dénatalité... !


Où le bât blesse, dans le filon écolo, c'est que les thèmes primordiaux ne sont nullement populaires et ne risquent pas de recueillir l'assentiment des électeurs...

Vous êtes pris au piège ? Alors, vous mettez de l'eau dans votre pinard, vous mentez comme des arracheurs de dent, vous faites dans l'écologisme sournois. Comme les autres, comme ceux que vous dénoncez, vous mystifiez, vous trichez, vous esquivez effrontément parce que vous voulez vendre votre salade, parce que vous voulez être élus coûte que coûte, avoir ce pouvoir qui rend mégalo, ivre et cruel.


Votre écologisation est donc illusoire, manipulatrice, cosmétique, frelatée, bidon, fourbe et vendue. Pour être écolo sans déplaire, il suffit de ne pas l'être.


Vous ressemblez trait pour trait aux monstres ploutocrates qui nous gouvernent et qui, inexorablement, par un douloureux effet idiocratique, nous gouverneront toujours, jusqu'à l'effondrement final.

Entre-temps, vous êtes là pour faire votre beurre. Rien de plus. Et pitié, ne nous faites plus le coup du développement durable, marre de cet oxymore stupide, ou alors dites soutenable, ce sera moins insupportable à l'oreille. Ce subterfuge, ultime lubrifiant ultralibéral, est parfaitement identifié dans la grande galerie des faux-semblants.


Le gobe-tout n'est pas une espèce protégée.

Ce n'est pas parce que plus de dix millions de lobotomisés volontaires sont avides de télé réalité, qu'autant d'écervelés lisent des magazines people qu'il faut nous prendre pour des cons. Ce n'est pas parce que nous avons un cerveau-estomac qu'il faut nous confondre avec des bovidés. Ce n'est pas parce que nous en trimballons une sacrée couche qu'il faut nous faire miroiter n'importe quoi !!


Le projet démocratique consiste-t-il à hisser le citoyen vers l'érudition et la lucidité, ou à l'enfoncer vers l'incurie et la médiocrité ?

 


Ceux de 1789, ils n'étaient pas fute-fute, non ? Pourtant, ils se servirent de leurs fourches mieux que nous ne nous servirons jamais de notre Internet.


Ah ! ça ira ?"


Michel Tarrier (tarrieri@wanadoo.es), le 1er juin 2009 


 


> Attention, ils vont voter !

> http://www.koreus.com/video/futur-evolution-humaine.html

> Hommage à la bêtise humaine :

> http://www.dailymotion.com/video/x97iwx_mourir-pour-la-voiture-13_news

> http://www.dailymotion.com/video/x97j0s_mourir-pour-la-voiture-23_news

> http://www.dailymotion.com/video/x97k5d_mourir-pour-la-voiture-33_news

> La viande n'est pas verte, désolé pour les agapes charcutières de 

> José Bové :

> http://www.dailymotion.com/video/x8blkt_la-terre-devoreedevor-the-

> earth-dev_news

> http://www.dailymotion.com/video/x8k8rm_logique-vegetarienne_animals

> http://www.dailymotion.com/video/x2dslz_le-vegetarisme-la-sante-au-

> quotidie_animals

 

 

 

 

 

 

Et oui, le chemin de "l'écolo-décroissance" non plus n'est pas un long fleuve tranquille !

 

 

 


 

Pour vous en convaincre un peu plus, je vous suggère d'écouter l'excellente émission "Là-bas si j'y suis" du 25 juin, intitulée "Home" (...) sur :


 

http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1719


ou bien sur :


http://www.la-bas.org/archives-browser/

 

 


Par Michel Tarrier - Bernard Grignon - Publié dans : Décroissance - Croissance économique
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Vendredi 26 juin 2009


I - LA DECROISSANCE EN KIOSQUE LE 1er JUILLET 2009


Le numéro de juillet-août de La Décroissance « Listes Cohn-Bendit : Ils ont vendu l'écologie » sera en kiosque le mercredi 1er juillet 2009. Reportage au salon du "luxe et du développement durable". Serge Orru, du WWF, décoré de l'ordre de l'écotartuferie.


http://www.ladecroissance.net



II - EXPEDITION DE LA DECROISSANCE LE 29 JUIN 2009


Le numéro 61 de La Décroissance sera expédié le Lundi 29 juin 2009 de 14h à 20h dans le local de Casseurs de pub-La Décroissance : la Fondation Nicolas Bertrand, 52 rue Crillon, Lyon 6e. Nous expédions le journal sous bande papier grâce à votre aide, ce qui évite l'emballage plastique. N'hésitez pas à passer nous prêter main-forte, de une demi-heure à toute la soirée. Un repas ensemble clôture la soirée.

Fondation Nicolas Bertrand, 52, rue Crillon, Lyon 6e. Métro Masséna.

http://www.ladecroissance.net/



III - LE VRAI VISAGE DE DANIEL COHN-BENDIT : LE FILM


Pour Daniel Cohn-Bendit, les objecteurs de croissance, « c'est des cinglés. (...) La décroissance c'est un gros mot. Les gens, y vivent la décroissance aujourd'hui. (...) J'ai pas envie d'en parler. Moi, je dis, ce débat là personne le comprend. Donc, il est terminé pour moi. » Global Mag, Arte, 6-6-2009. Mais qui est réellement « L'enfant chéri des médias »  ? A voir à ce sujet le film éclairant « Le vrai visage de Daniel Cohn-Bendit » sur le site de l'IEESDS : où vous retrouverez toute l'actualité de la Décroissance :


http://www.decroissance.org/



IV - SOUTENEZ LE PORTE-PAROLE DU RESEAU SORTIR DU NUCLEAIRE


Merci de signer l'appel pour un classement "sans suites" en faveur de Stéphane Lhomme, porte-parole du Réseau "Sortir du nucléaire", menacé de 5 ans de prison pour avoir révélé la vulnérabilité du réacteur nucléaire EPR en cas de crash d'avion de ligne :

http://www.sortirdunucleaire.org/index.php?menu=actualites&sousmenu=dossiers&soussousmenu=slhomme&page=index



V - COMMENT CASSEURS DE PUB A CONTRIBUE A LA SUPPRESSION DU GRAND-PRIX DE FRANCE DE FORMULE 1


C'est aussi grâce à Casseurs de pub que vous serez épargné du Grand Prix de France de Formule 1 ce début d'été. Casseurs de pub raconte en images cette victoire :

http://www.casseursdepub.org/

 


VI - PANNEAUX PUBLICITAIRES : LA DELINQUANCE CONTINUE


Le rapport sur la publicité extérieure, remis mercredi 17 juin à la secrétaire d'État chargée de l'Écologie, envisage notamment de dessaisir le préfet de ses pouvoirs de police en matière d'affichage publicitaire. Si elle était retenue, cette mesure aurait pour principale conséquence de décupler la délinquance environnementale en organisant une quasi-impunité pour les afficheurs. Lire plus :

http://paysagesdefrance.org/



VII - AFFICHAGE PUBLICITAIRE : 6 PROPOSITIONS CITOYENNES


RAP et les Déboulonneurs lancent un appel à soutien citoyen autour de 6 propositions, pour lutter contre la pollution visuelle, la privatisation de l'espace public, pour protéger les enfants et les écoles, pour lutter contre le gaspillage énergétique et la pollution émise par ces dispositifs publicitaires, pour retrouver la beauté des villes et reconquérir les espaces péri-urbains.

http://www.antipub.org/spip.php?article35

 


VIII - QUELQUES SITES AMIS ANTIPUB


http://www.paysagesdefrance.org/

http://www.deboulonneurs.org/

http://www.antipub.org/

http://www.bap.propagande.org/

http://www.adbusters.org/

http://www.respire-asbl.be

http://www.cacheursdepub.be

http://www.les-renseignements-genereux.org/

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http://www.sortirdunucleaire.org/

http://www.decroissance.org/

Par Casseurs de pub - Publié dans : POUR S'INFORMER
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Vendredi 26 juin 2009


Les urgentistes amis de l'AMUF entrent en résistance et proposent également une pétition et un beau texte introductif.

Certes, c'est une pétition de plus, mais il faut soutenir tout ce qui va dans le bon sens : assurer un accès à une santé de qualité pour toutes et tous, partout et à toute heure sur le territoire.



Signez massivement :


http://www.amuf.fr/index.php?option=com_joomlapetition&func=viewcategory&catid=2




Les médecins urgentistes entrent en résistance



Nous,


> médecins urgentistes de toute la France, annonçons dès maintenant, que quelque soit l'avenir de la loi HPST, en parfaite conscience de la gravité de notre geste, demain nous entrerons en résistance.


> Nous continuerons à accomplir la mission que le Conseil National de la Résistance a souhaitée pour l'hôpital public.


> Nous accueillerons à l'hôpital public, en tout temps, en tout lieux, tous les hommes et toutes les femmes qui se tourneront vers le service public de la santé.


> Aucun patient n'est une marchandise, nos hôpitaux ne sont pas des entreprises où un pseudo PDG pourra demain décider quels sont les bons et les mauvais soins, quel est le projet médical que les médecins "à la botte" devront mettre en oeuvre.


> Notre dignité est de refuser de choisir les patients "qui valent la peine". Notre dignité est de voir dans chacun de ceux et celles qui se tournent vers nous des hommes et des femmes souffrant qu'il faut aider au nom de l'humanité, qui n'est pas une valeur de marché.



 Nous appelons tous les soignants, s'il le faut, demain, à désobéir à la logique qui nous est imposée malgré tous nos appels à la raison.


> Nous préférons la légitimité à la légalité.


> Nous préférons les valeurs humaines à la loi.


> Nous préférons la dignité aux honneurs.


> Il n'existe pas de délit de solidarité.


> Nous entrons en résistance parce que nos valeurs sont différentes de celles de cette loi, nos valeurs sont celle du Conseil National de la Résistance et de notre république : "Liberté, Egalité, Fraternité ".

>

> http://www.amuf.fr/index.php?option=com_joomlapetition&func=viewcategory&catid=2

 



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Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité


> Fondée à Saint Affrique en 2004

> Siège : 1 rue Jean Moulin 70200 LURE - Site : http://www.coordination-nationale.org - Adresse : Postmaster@coordination-nationale.org

> Association agréée N2008AG0003 - Arrêté du 14/08/2008 - SIREN : 503 711 988 - SIRET : 503 711 988 00017

>

> Président Michel ANTONY - Michel.Antony@wanadoo.fr

> Adresse personnelle : 3 rue Labarbe 70200 MAGNY VERNOIS - Tel.03.84.62.91.65 - 09.62.51.02.57 - 06.63.82.28.24

> Vice-Présidente : Françoise NAY - jean.rostandivry@wanadoo.fr - tel. 01.46.72.63.82 - 06.07.89.06.57

Par AMUF et Coordination nationale - Publié dans : PETITIONS - LETTRES - INTERPELLATIONS
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Vendredi 26 juin 2009

 


La Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité appelle tous ses membres, amis, associés et sympathisants... à signer la Pétition du Mouvement de Défense de l'Hôpital Public et à diffuser l'information le plus largement possible.


 

 

 Texte ci-dessous et adresse internet : http://petition-mdhp.fr/

>

> Cependant, nous aurions pour notre part :


> 1- Rappelé notre ferme volonté de RETRAIT TOTAL DU PROJET BACHELOT-SARKOZY (HPST)


> 2- Rajouté la condamnation des fermetures de lits, de services et de sites, et dénoncé les restructurations sauvages en cours, et celles projetées, car toutes ces fermetures réduisent dramatiquement l'accès à une santé de qualité, pour toutes et tous, partout sur le territoire.


> 3- Réaffirmé au nom d'une vraie démocratie sanitaire aujourd'hui laminée, notre demande de Réels États Généraux de la Santé, ouverts à tous les partenaires concernés et notamment les usagers, les personnels, et les élus, d'autant que ces trois groupes sont dans le projet de loi de moins en moins impliqués.

>

>

Décisions prises à l'unanimité lors de nos 12° Rencontres de Creil - 17 mai 2009

> ************************************************************

>

> L'HÔPITAL PUBLIC EST VOTRE HÔPITAL, DEFENDEZ LE AVEC NOUS !

>


> - Défendez le parce qu'il assure des soins de qualité pour tous quels que soient les moyens de chacun.

>

> - Défendez le parce que c'est là que se font les grandes recherches d'aujourd'hui qui permettront les progrès de demain.

>

> - Défendez le parce que c'est lui qui assure 80% des urgences, c'est lui qui a fait face hier à l'épidémie de SIDA et à la canicule et qui pourra faire face à une pandémie grippale.

>

> - Défendez le parce que c'est lui qui prend en charge les cas les plus graves ou les plus complexes à tous les âges de la vie.

>

> - Défendez-le parce que les autres pays nous l'envient.

>

> La loi HPST dite loi Bachelot a supprimé l'appellation de « Service Public Hospitalier ». Elle ne parle plus que d' « Etablissement de Santé ». Elle cherche à transformer l'hôpital public en entreprise. Pour être rentable l'hôpital devra sélectionner les pathologies et les patients, et diminuer le nombre de personnels : moins d'infirmières, moins d'aides soignantes, moins de médecins, moins de secrétaires, moins d'assistantes sociales. Il est prévu se supprimer 20 000 emplois dans l'ensemble des hôpitaux.

>

>

>


> NE LAISSEZ PAS FAIRE !

>

POUR DEFENDRE VOTRE HÔPITAL PUBLIC ASSURANT L'ACCES EGAL POUR TOUS A DES SOINS DE QUALITE,SIGNEZ LA PETITION NATIONALE QUI SERA ADRESSEE AU PARLEMENT ET AU GOUVERNEMENT:

>

>

> « Je défends l'Hôpital Public, lieu de formation des professions médicales et paramédicales, de l'innovation et des progrès thérapeutiques, qui offre à tous, sans discrimination, des soins de qualité. Je m'oppose à son démantèlement qu'annoncent d'une part un nouveau mode de direction qui aura pour souci principal la rentabilité, d'autre part des suppressions d'emplois non justifiées qui altèreront la qualité des soins. L'Hôpital Public doit avoir un financement lui permettant de remplir ses missions. »

 

Vous pouvez signer directement sur le site : www.petition-mdhp.fr

>

> ou ci-dessous :

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> Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité


Fondée à Saint Affrique en 2004

> Siège : 1 rue Jean Moulin 70200 LURE - Site : http://www.coordination-nationale.org - Adresse : Postmaster@coordination-nationale.org

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Par Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité - Publié dans : PETITIONS - LETTRES - INTERPELLATIONS
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Vendredi 26 juin 2009

Prénom, Nom

Adresse




Monsieur le Premier Ministre

Hôtel Matignon

57, rue de Varenne

75007 Paris


, le       juin 2009




LR / AR


Objet :Décret n°2009-427 du 16 avril 2009

            Recours administratif




     Monsieur le Premier Ministre,



Par un décret n°2009-427 du 16 avril 2009 publié au journal officiel du 19 avril suivant  vous avez assuré la publication d'un accord entre la République française et le Saint-Siège relatif - à en suivre la seule dénomination - à la reconnaissance des grades et diplômes dans l'enseignement supérieur, accord signé à Paris le 18 décembre 2008.


Ce décret, pour les motifs ci-après développés, me semble illégal et je vous invite donc à l'abroger.


Par une décision d'assemblée du 3 février 1989 qui est venu préciser et étendre la portée d'une précédente décision du 10 janvier 1930 (CE, Despujol, Rec. CE, p.30 D. 1930 III 41 Note Alibert), le Conseil d'Etat a en effet jugé que « l'autorité compétente, saisie d'une demande tendant à l'abrogation d'un règlement illégal, est tenue d'y déférer, soit que ce règlement ait été illégal dés sa signature, soit que l'illégalité résulte de circonstances de droit ou de fait postérieures à cette date » (CE Ass., Alitalia, Rec. CE p.44, concl. N. Chahid-Nouraï, RFD adm. 1989 p.391). D'une façon générale, l'abrogation d'un règlement illégal s'impose de ce fait toujours à l'administration, soit qu'il ait été illégalement édicté ou qu'il soit devenu illégal par suite d'un changement dans les circonstances de droit ou de fait  Cette abrogation peut ainsi se faire à toute époque, soit par l'administration elle-même agissant de sa propre initiative, soit sur la demande de personnes intéressées par cette abrogation


Tel est l'objet de la présente demande.


D'une part, je vous rappelle, Monsieur le Premier Ministre, qu'examinant ce qui deviendra la loi de 1984, le Conseil d'Etat a considéré que «le principe suivant lequel la collation des grades est réservée aux établissements publics d'enseignement qui remonte à la loi du 16 fructidor an V et que les lois de la République n'ont jamais transgressé depuis 1880 s'impose désormais au législateur aussi a-t-il disjoint du projet de loi sur l'enseignement supérieur un titre autorisant le ministre chargé de l'enseignement supérieur à accréditer des établissements privés à délivrer des diplômes nationaux » (avis publié in E.D.C.E. 1987, p. 138).


Ainsi, s'agissant du monopole de la collation des grades, il n'y a aucune rupture mais tout au contraire une constance et une filiation sans faille entre la loi de 1880 et la loi Savary de 1984. Depuis le début du XIXème siècle ce monopole est de ce fait considéré comme étant consubstantiel à la reconstruction de l'université impériale de 1808 puis républicaine.


C'est ce monopole que l'article 17 de la loi du 26 janvier 1984 puis l'article 137 de la loi du 18 janvier 2002, dont est issu l'article L 613-1 du code de l'éducation, viendront consacrer en disposant on ne peut plus clairement que « l'Etat a le monopole de la collation des grades et des titres universitaires ».


Ce principe, à valeur constitutionnelle (ainsi que la doctrine la plus avertie a pu le relever - conf. par ex. Y. Gaudemet, Les bases constitutionnelles du droit universitaire, RDP 2008/3 p.680 ets., spec. p.696), s'impose donc au législateur et a fortiori au pouvoir réglementaire qui ne pouvait donc en aucune façon ratifier l'accord intervenu avec le Vatican sans avoir préalablement fait réviser la Constitution. Or, tel n'a pas été le cas.


Pour ce premier motif, le décret n°2009-427 du 16 avril 2009 a donc été édicté à l'issue d'une procédure irrégulière.


D'autre part, l'article 53 de la Constitution imposait au Gouvernement de procéder à la ratification de l'accord seulement après en avoir été dûment habilité par la loi. Cet article dispose que les accords internationaux « qui modifient des dispositions de nature législatives [...] ne peuvent être ratifiés ou approuvés que en vertu d'une loi ». Or, je constate que l'accord dont le décret précité assure la publication prétend bien modifier notamment l'article L.613-1 du code de l'éducation. Il ne pouvait donc être ratifié qu'après habilitation législative.


Enfin, l'article 34 de la Constitution dispose que « la loi détermine les principes fondamentaux : - de l'enseignement ». La définition de l'autorité chargée de délivrer les grades et diplômes relève des principes fondamentaux organisant l'enseignement et doit donc faire l'objet d'une loi pour pouvoir être modifiée.


Il en résulte, Monsieur le Premier Ministre, que vous étiez à l'évidence incompétent  pour ratifier sous forme simplifiée un accord international ayant pour effet de modifier des dispositions de natures législatives et constitutionnelles. En y procédant néanmoins, vous avez entaché votre décision d'incompétence et ce faisant d'une illégalité externe qui en justifiera, le cas échéant, la censure par la juridiction administrative.


J'ajoute, Monsieur le Premier Ministre - et sans que cela soit à ce stade décisif - que l'allégation suivant laquelle cet accord n'aurait pour unique objet que d'assurer la reconnaissance des grades et diplômes dans l'enseignement supérieur conformément au processus dit de Bologne, relève d'une véritable dénaturation de l'objet de celui-ci.


L'accord international joint au décret précité accorde en effet au clergé catholique  le pouvoir d'organiser sur le territoire français un enseignement à l'issue duquel peuvent être délivrés des grades et des diplômes.


L'article 2 de cet accord attribue ainsi à la Congrégation pour l'Education catholique autorité pour arrêter la liste des institutions, des grades, et des diplômes que l'enseignement catholique délivrera en France. Cet accord contrevient donc directement au préambule de la Constitution de 1946 qui dispose dans son 13ème alinéa que « l'organisation de l'enseignement public gratuit et laïc à tous les degrés est un devoir de l'Etat. » Il est également contraire à l'article 1er de la Constitution de 1958 qui dispose que « la France est une république indivisible, laïque, démocratique et sociale ». L'attribution de prérogatives de puissance publique aux organisations représentantes d'une autorité religieuse enfreint les principes constitutionnels de laïcité.


Qu'en sera-t-il lorsqu'un autre Etat, représentant également d'une autre communauté religieuse, sollicitera de pouvoir délivrer les mêmes diplômes universitaires ?


Ainsi, contrairement à ce que la lettre du décret attaqué laisse supposer, celui-ci n'a nullement pour objet d'assurer la reconnaissance de diplômes entre Etats - ce qui supposerait leur délivrance préalable ! - mais bien d'autoriser un Etat étranger qui plus est théocratique à délivrer des diplômes profanes sur le territoire de la République ce qui, vous en conviendrez, n'est pas sans poser de nombreux problèmes moraux, diplomatiques, politiques et philosophiques.


Tels sont les éléments, Monsieur le Premier Ministre, que je désirais porter à votre connaissance et au regard desquels je ne doute pas que vous en déduirez que le retrait du décret n°2009-427 du 16 avril 2009 s'impose.


Si tel n'était pas le cas, j'envisagerais de saisir le Conseil d'Etat d'un recours tendant tant à l'annulation du décret attaqué que de la décision elle-même, et plus vraisemblablement celle implicite que vous jugerez nécessaire d'opposer à la présente demande.


Je vous prie de croire, Monsieur le Premier Ministre, en l'expression de ma haute considération.






                                                                Votre signature

Par Collectif - Publié dans : PETITIONS - LETTRES - INTERPELLATIONS
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Vendredi 26 juin 2009

 

 



Parce que ce monde qu'ils nous préparent nous est insupportable

 


Parce que nous croyons dans les valeurs de justice et de droit, destinés à protéger les plus faibles


 

 


Pour en finir avec les dérives "anti-terroristes"




Depuis la remise en liberté de Julien Coupat, le 28 mai dernier, aucun des mis en examen de l'affaire de Tarnac ne se trouve plus incarcéré. Mais la législation anti-terroriste reste en place !


Une pétition lancée par le CALAS - Comité pour l'Abrogation des Lois Antiterroristes - demande que les lois antiterroristes soient purement et simplement abrogées et que la France respecte en la matière la lettre et l'esprit de la Convention européenne des droits de l'homme et du Pacte des Nations Unies sur les droits civils et politiques.





Depuis 1986, date où la législation antiterroriste a été instaurée en France, un empilement de lois successives a construit un système pénal d'exception qui renoue avec les lois scélérates du XIXe siècle et rappelle les périodes les plus sombres de notre histoire.


L'accusation d'« association de malfaiteurs en vue de commettre une infraction terroriste », inscrite au Code pénal en 1996, est la clef de voûte du nouveau régime. Or, ses contours sont particulièrement flous : il suffit de deux personnes pour constituer un « groupe terroriste » et il suffit d'un acte préparatoire pour que l'infraction soit caractérisée. Cet acte préparatoire n'est pas défini dans la loi, il peut s'agir du simple fait d'entreposer des tracts chez soi. Surtout, n'importe quel type de relation - même ténue ou lointaine, voire amoureuse ou amicale - avec l'un des membres constituant le « groupe » suffit pour être impliqué à son tour. C'est pourquoi, sur dix personnes incarcérées pour des infractions « en rapport avec le terrorisme », neuf le sont sous cette qualification.


De l'aveu même de ses promoteurs, ce droit spécial répond à un objectif de prévention. À la différence du droit commun qui incrimine des actes, la pratique antiterroriste se satisfait d'intentions, voire de simples relations. Suivant le juge Bruguière, cité par Human Rights Watch, "la particularité de la loi est qu'elle nous permet de poursuivre des personnes impliquées dans une activité terroriste sans avoir à établir un lien entre cette activité et un projet terroriste précis". C'est dans cette perspective qu'on a vu la possession de certains livres devenir un élément à charge, car ils constitueraient des indices sur des opinions ; et de l'opinion à l'intention, il n'y a qu'un pas.


A ce flou de la loi pénale, s'associe une procédure d'une extrême brutalité. Il suffit que le parquet choisisse de manière discrétionnaire d'ouvrir une enquête sur une qualification terroriste pour que la police reçoive des pouvoirs d'investigation exorbitants : perquisitions de nuit, « sonorisation » des domiciles, écoutes téléphoniques et interception de courriers sur tous supports...


De son côté, le délai de garde à vue - période qui précède la présentation à un juge - passe de quarante-huit heures en droit commun à quatre-vingt-seize heures, voire cent-quarante-quatre, dans la procédure antiterroriste. La personne gardée à vue doit attendre la 72e heure pour voir un avocat, l'entretien est limité à trente minutes et l'avocat n'a pas eu accès au dossier ! A la suite de cette garde à vue, en attendant un éventuel procès, le présumé innocent pourra passer jusqu'à quatre ans en détention provisoire.


Par ailleurs, la loi centralise à Paris le traitement des affaires « terroristes », confiées à une section du parquet et à une équipe de juges d'instruction spécialisés qui travaillent en relation étroite avec les services de renseignement. Des cours d'assises spéciales ont également été instaurées, où les jurés populaires sont remplacés par des magistrats professionnels. Un véritable système parallèle est ainsi mis en place avec juges d'instruction, procureurs, juges des libertés et de la détention, cours d'assises et bientôt présidents de cours d'assises, juges d'application des peines, tous estampillés antiterroristes.


L'application de plus en plus large des procédures antiterroristes à des affaires d'État montre que l'antiterrorisme est désormais une technique de gouvernement, un moyen de contrôle des populations. En outre - et c'est peut-être le point le plus grave - cette justice exorbitante contamine le droit commun : la législation antiterroriste a servi de modèle dans d'autres domaines pour généraliser la notion de "bande organisée", étendre les pouvoirs des services d'investigation et centraliser le traitement de certaines instructions.


La Convention européenne des droits de l'homme et le Pacte des Nations Unies sur les droits civils et politiques, tous deux ratifiés par la France, garantissent qu'une sanction pénale soit fondée sur une incrimination intelligible la rendant prévisible. En outre, ces textes donnent à chacun le droit d'organiser équitablement sa défense - ce qui passe par la prompte intervention d'un avocat ayant accès au dossier. La procédure, "sœur jumelle de la liberté", doit être contrôlée par un tiers impartial, ce qui est impossible avec une filière spécialisée fonctionnant en vase clos, dans une logique de combat idéologique incompatible avec la sérénité de la justice.


Il est illusoire de demander que ce régime procédural soit appliqué de façon moins large et moins brutale : il est précisément conçu pour être appliqué comme il l'est. C'est pourquoi nous demandons que les lois antiterroristes soient purement et simplement abrogées et que la France respecte en la matière la lettre et l'esprit de la Convention européenne des droits de l'homme et du Pacte des Nations Unies sur les droits civils et politiques. Nous invitons tous ceux qui se préoccupent de libertés à se joindre à notre campagne en ce sens.

 

 

 

 

Pétition à signer sur le site

 

http://calas-fr.net/

 

 


 


Si vous voulez vous faire une idée un peu plus précise de ce qui se prépare sous nos yeux :


 


A voir ou à revoir :


Les films "Fahrenheit 451" (réalisé par François Truffaut en 1966)  et "Minority report" (réalisé par Steven Spielberg en 2002)

 

 


A se procurer, à voir et à diffuser :


Le documentaire "Les mauvais jours finiront" - 40 ans de justice en France aux côtés du Syndicat de la Magistrature - en vente pour 12 euros, sur le site :


http://www.labandepassante.org/

 

 

 



A écouter :


La chronique d'Alain Duhamel, intitulée "Le danger de la dangerosité", dans l'émission "Les matins de France culture" du 25 juin 2009 accessible sur :


http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/matins/fiche.php?diffusion_id=74873

Par CALAS - Bernard Grignon - Publié dans : S'INFORMER et AGIR
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Vendredi 26 juin 2009

 



Deux ou trois choses que j'avais à vous dire



par Yildune Lévy *




C'est un homme, dans un bureau, comme tant d'autres hommes dans tant d'autres bureaux auxquels il ressemble sans ressembler à rien. Celui-là dispose d'un pouvoir spécial, certainement dû au fait que son bureau occupe le dernier étage d'une quelconque tour d'un palais de justice.

On dit qu'il instruit, qui ? quoi ? Il instruit. Il écroue. Il interroge. Il rend des ordonnances, de pâles ordonnances, où quelques articles de loi, une poignée de formules convenues et de considérations vagues se concluent par d'impénétrables mesures de contrôle judiciaire. Benjamin, certainement trop apprécié comme épicier à Tarnac, sera assigné à résidence chez sa mère en Normandie, où il n'a jamais vécu, à 30 ans. Manon et moi, qui partagions tout à Fleury, n'avons plus le droit de nous voir maintenant que nous sommes "libres". Julien peut se mouvoir dans toute la couronne parisienne, non traverser Paris, au cas où lui viendrait la tentation de prendre d'assaut l'Hôtel de Ville, sans doute.



Tel ami qui le visitait au parloir de la Santé doit se garder de le croiser désormais, sous peine de réincarcération. L'homme au bureau construit un dédale de murs invisibles, un labyrinthe d'impossibilités factices où nous sommes censés nous perdre, et perdre la raison. Il y a un ordre dans cet écheveau d'absurdités, une politique de désorientation sous les accents neutres du judiciaire.

On nous libère en prétextant qu'il n'y a pas de "risque de concertation frauduleuse" pour ensuite nous interdire de nous voir et nous exiler ici ou là, loin de Tarnac. On autorise un mariage tout en en faisant savamment fuiter le lieu et la date. On fragnole (1), à coup sûr, mais pas seulement.


C'est par ses incohérences qu'un ordre révèle sa logique. Le but de cette procédure n'est pas de nous amener à la fin à un procès, mais, ici et maintenant, et pour le temps qu'il faudra, de tenir un certain nombre de vies sous contrôle. De pouvoir déployer contre nous, à tout instant, tous les moyens exorbitants de l'antiterrorisme pour nous détruire, chacun et tous ensemble, en nous séparant, en nous assignant, en starifiant l'un, en faisant parler l'autre, en tentant de pulvériser cette vie commune où gît toute puissance.


La procédure en cours ne produit qu'incidemment des actes judiciaires, elle autorise d'abord à briser des liens, des amitiés, à défaire, à piétiner, à supplicier non des corps, mais ce qui les fait tenir : l'ensemble des relations qui nous constituent, relations à des êtres chers, à un territoire, à une façon de vivre, d'oeuvrer, de chanter. C'est un massacre dans l'ordre de l'impalpable. Ce à quoi s'attaque la justice ne fera la "une" d'aucun journal télévisé : la douleur de la séparation engendre des cris, non des images. Avoir "désorganisé le groupe", comme dit le juge, ou "démantelé une structure anarcho-autonome clandestine", comme dit la sous-direction antiterroriste, c'est dans ces termes que se congratulent les tristes fonctionnaires de la répression, grises Pénélope qui défont le jour les entités qu'ils cauchemardent la nuit.


Poursuivis comme terroristes pour détention de fumigènes artisanaux au départ d'une manifestation, Ivan et Bruno ont préféré, après quatre mois de prison, la cavale à une existence sous contrôle judiciaire. Nous acculer à la clandestinité pour simplement pouvoir serrer dans nos bras ceux que nous aimons serait un effet non fortuit de la manoeuvre en cours.


Ladite "affaire de Tarnac", l'actuelle chasse à l'autonome ne méritent pas que l'on s'y attarde, sinon comme machine de vision. On s'indigne, en règle générale, de ce que l'on ne veut pas voir. Mais ici pas plus qu'ailleurs il n'y a lieu de s'indigner. Car c'est la logique d'un monde qui s'y révèle. A cette lumière, l'état de séparation scrupuleuse qui règne de nos jours, où le voisin ignore le voisin, où le collègue se défie du collègue, où chacun est affairé à tromper l'autre, à s'en croire le vainqueur, où nous échappe tant l'origine de ce que nous mangeons, que la fonction des faussetés, dont les médias pourvoient la conversation du jour, n'est pas le résultat d'une obscure décadence, mais l'objet d'une police constante.


Elle éclaire jusqu'à la rage d'occupation policière dont le pouvoir submerge les quartiers populaires. On envoie les unités territoriales de quartier (UTEQ) quadriller les cités ; depuis le 11 novembre 2008, les gendarmes se répandent en contrôles incessants sur le plateau de Millevaches. On escompte qu'avec le temps la population finira par rejeter ces "jeunes" comme s'ils étaient la cause de ce désagrément. L'appareil d'Etat dans tous ses organes se dévoile peu à peu comme une monstrueuse formation de ressentiment, d'un ressentiment tantôt brutal, tantôt ultrasophistiqué, contre toute existence collective, contre cette vitalité populaire qui, de toutes parts, le déborde, lui échappe et dans quoi il ne cesse de voir une menace caractérisée, là où elle ne voit en lui qu'un obstacle absurde, et absurdement mauvais.


Mais que peut-elle, cette formation ? Inventer des "associations de malfaiteurs", voter des "lois anti-bandes", greffer des incriminations collectives sur un droit qui prétend ne connaître de responsabilité qu'individuelle. Que peut-elle ? Rien, ou si peu. Abîmer à la marge, en neutraliser quelques-uns, en effrayer quelques autres. Cette politique de séparation se retourne même, par un effet de surprise : pour un neutralisé, cent se politisent ; de nouveaux liens fleurissent là où l'on s'y attendait le moins ; en prison, dans les comités de soutien se rencontrent ceux qui n'auraient jamais dû ; quelque chose se lève là où devaient régner à jamais l'impuissance et la dépression. Troublant spectacle que de voir la mécanique répressive se déglinguer devant la résistance infinie que lui opposent l'amour et l'amitié.

C'est une infirmité constitutive du pouvoir que d'ignorer la joie d'avoir des camarades. Comment un homme dans l'Etat pourrait-il comprendre qu'il n'y a rien de moins désirable, pour moi, que d'être la femme d'un chef ?


Face à l'état démantelé du présent, face à la politique étatique, je n'arrive à songer, dans les quartiers, dans les usines, dans les écoles, les hôpitaux ou les campagnes, qu'à une politique qui reparte des liens, les densifie, les peuple et nous mène hors du cercle clos où nos vies se consument. Certains se retrouveront à la fontaine des Innocents à Paris, ce dimanche 21 juin, à 15 heures. Toutes les occasions sont bonnes pour reprendre la rue, même la Fête de la musique.



* Etudiante, Yildune Lévy est mise en examen dans l'affaire de Tarnac" ; elle est la compagne de Julien Coupat.



(1) Il manque assurément au vocabulaire français un verbe pour désigner la passion que met un assis à rendre, par mille manœuvres minuscules, la vie impossible aux autres. Je propose d'ajouter pour combler cette lacune à l'édition 2011 du Petit Robert le verbe "fragnoler" d'où découlent probablement le substantif "fragnolage", l'adjectif "fragnolesque" et l'expression argotique "T'es fragno !" dont l'usage est attesté et ne cesse de se répandre.




Article paru dans l'édition du Monde du 21 juin 2009


 

 




N'hésitez pas à faire suivre...







Merci pour eux, merci pour chacun de nous, résistant, opposant, ou être humain qui, simplement, s'autorise et se donne encore le temps de penser et de redécouvrir ainsi sa capacité d'analyse critique (tous bientôt requalifiés en "terroristes" ?)

Par Yildune Lévy - Annoté par Bernard Grignon - Publié dans : Informations et réflexions sur notre SOCIETE
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