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19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 11:10

De la « Liberté d’Expression » à la « Marche Républicaine »

 

Amalgames, manipulations et blanchiment d’images autour de Charlie Hebdo

 

 

Par Philippe Blanchet

 

 

 

"L’assassinat perpétré dans la rédaction de Charlie Hebdo le 7 janvier a donné lieu à un emballement émotionnel bien compréhensible et à un emballement médiatico-politique beaucoup plus suspect, y compris parce que le second a très vite exploité le premier en pratiquant ce qui me semble être des confusions et des instrumentalisations par l’usage de mots ambigus.

 

J’ai moi-même été choqué et abasourdi par cet assassinat et par ses motivations possibles en l’apprenant presque aussitôt le mercredi vers 11h30. Mais dès les informations de la mi-journée, l’intervention du président de la république française et les commentaires qui l’ont accompagnée me laissaient dubitatif. En effet, F. Hollande a interprété l’assassinat, aussitôt sur place puis le soir même à la télévision, comme une attaque terroriste contre « la France », contre « la République », contre « la démocratie », et appelait à « l’unité nationale » contre ce terrorisme et cette atteinte aux « valeurs de la République », affirmation reprise en boucle par de très nombreuses personnes dans les médias qui y ont ajouté leur crainte du « communautarisme » et de « l’islamisme ». Cela a conduit à de très nombreux rassemblements publics, d’abords spontanés, puis appelés par différentes organisations politiques, syndicales, religieuses, associatives, etc. sous des désignations comme, entre autres, « rassemblement citoyen » jusque à la « marche républicaine » du dimanche 11 janvier.

Or, à reprendre ces événements sous ces termes, sans aucune explicitation du sens qu’on attribue à ces termes ni des raisons pour lesquelles on reprend ces événements sous ces termes, on crée au moins des ambiguïtés majeures et même des amalgames très discutables. Lorsqu’en plus on confronte ces discours aux actes qui les complètent ou les mettent en œuvre, qui les exemplifient, on peut y voir des dérives particulièrement inquiétantes, choquantes, scandaleuses.

 

Une attaque de la France ?

 

Une attaque de la liberté d’expression ?

 

Une attaque de la république ?

 

Une attaque de la démocratie ?

 

Une attaque « islamiste » ?

 

L’unité « nationale » et le « communautarisme »

 

Et comment finalement on a aussi parlé de tout autre chose que de l’essentiel

L’analyse des mots employés pour parler de l’assassinat terroriste commis par des extrémistes au sein de la rédaction de Charlie Hebdo montre combien a pu être détourné l’enjeu majeur (à mes yeux) de cet événement abominable. C’est, pour moi, une autre abomination que ces amalgames, cette récupération, cette manipulation non seulement de la mort de ces personnes mais aussi de l’émotion spontanée et pleine d’humanité qu’elle a aussitôt suscitée.

Quand on voit que des gens comme Ali Bongo (fils d’Omar Bongo président-dictateur de la république du Gabon grâce entre autres au néocolonialisme de la France), Benyamin Netanyahou (premier ministre israélien, responsable des massacres de civils palestiniens et d’une politique particulièrement attentatoires aux Droits humains en Palestine), ou Viktor Orban (premier ministre d’extrême-droite de Hongrie et responsable d’une politique particulièrement attentatoires aux Droits humains), ont participé aux côtés du président français à la « marche républicaine » (« nationale et démocratique », on pourrait ajouter « citoyenne », autre terme fourre tout et trompeur), on se dit que, vraiment, ce n’est ni la liberté d’expression, ni la liberté de penser, ni les Droits humains que ces gens-là y ont soutenu, pas plus que l’élan populaire de compassion pour les victimes et leurs proches, ni même la mémoire des dessinateurs et journalistes de Charlie Hebdo qu’ils y ont honoré."

 

Philippe Blanchet (professeur de sociolinguistique à l’Université Rennes 2) le 15 janvier 2015

 

Article publié dans son intégralité sur http://lmsi.net/De-la-Liberte-d-Expression-a-la

 

 

A LIRE EGALEMENT :

 

« La Stratégie du choc », de Naomie Klein - Actes Sud Editions (31 octobre 2013)

 

Vous pouvez aussi consulter le site http://www.les-crises.fr/la-strategie-du-choc/

 

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“Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux.”

[Benjamin Franklin]

Published by Philippe Blanchet - Bernard Grignon
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11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 11:13
​​Un pavé dans la mare de l'abjecte récupération en cours  par les "pompiers pyromanes" qui nous dirigent, qui peut nous aider à dépasser notre bien légitime émotion et à être à la hauteur des multiples et gravissimes enjeux mis à jour par les horreurs commises cette semaine en France.

 


Être ou ne pas être Charlie – là n'est pas la question


 



"Dans le chaos provoqué par l'attentat monstrueux qui a coûté la vie à douze êtres humains, il n'est pas facile de se situer. Entre ceux qui expriment uniquement douleur et colère justifiées, ceux qui « craignent les amalgames » et ceux qui appellent à l'union nationale (et internationale) contre l'Islamisme radical sous la bannière du slogan « je suis Charlie ».

Bien sûr, le crime appelle douleur et colère, mais contre quoi exactement ?

Ce massacre ignoble est revendiqué par des individus qui se disent membres de Al Qaida. La nécessité absolue de combattre les mouvances obscurantistes de l'islamisme radical ne doit pas nous rendre amnésique. Ces courants qui s'imposent par la terreur affirment commettre leurs crimes au nom de l'Islam. Leur développement a été rendu possible par les interventions impérialistes, le démembrement des États et l'utilisation par l'Occident de ce courant contre les forces progressistes. En France, la situation sociale insupportable que vit la population issue de l'immigration post-coloniale, le racisme d'État, l'islamophobie, les discriminations, la stigmatisation ou les contrôles au faciès portent une responsabilité évidente dans l'essor de ce courant qui touche en réalité une frange marginale d'une jeunesse de toutes origines mais sans horizon.

Bien sûr le crime risque de provoquer des amalgames. Mais ces amalgames sont-ils nouveaux ? Charlie Hebdo, qui a longtemps représenté pour nous l'impertinence, l'insolence de mai soixante-huit, Wolinski, Cabu, l'écologie, RESF, ne s'est-t-il pas justement distingué dans l'art graphique et politique de l'amalgame depuis des années ? Et que les choses soient claires, personne ici ne dit qu'il n'avait pas la liberté de le faire et il a eu toute liberté de le faire des années durant.

Avoir la moindre complaisance ou compréhension pour des assassins de dessinateurs ou pour la mise à mort de gens en raison de leurs idées est insensé.

Mais Charlie Hebdo a mené une bataille politique. Et occulter et faire oublier dans quel contexte il publiait ses caricatures faisait partie de sa bataille politique.


Peut-on imaginer des caricatures émanant de journaux progressistes critiquant la religion juive pendant les années trente au moment de la montée de l'antisémitisme et de la persécution des juifs ? Et nous ne parlons pas ici de caricatures antisémites de l'époque mais de caricatures critiquant la religion juive.

Comment la critique des religions pourrait-elle faire abstraction du rapport dominant/dominé ? Critiquer les religions cela se fait aussi dans un contexte, dans un moment politique qui n'est aucunement neutre à l'égard des musulmans. Les actes de Charlie Hebdo, et les caricatures et les articles sont des actes et ont participé au développement de l'islamophobie en France. Développement du mépris et du racisme à l'encontre de tous les musulmans, des lois chargées de protéger « la laïcité à la française » contre eux, des mosquées attaquées, des agressions physiques contre des gens "d'apparence musulmane". Leur désignation comme boucs émissaires de la crise économique et sociale, qu'ils subissent aussi et souvent en première ligne, à l'aide des « amalgames » est en marche depuis des années.

Des ghettos et des discriminations, il n'en est pas question aujourd'hui, l'« union nationale » peut se faire avec le sang de tous ces morts, contre les musulmans, des mosquées brûlent déjà (encore), le terrain a été préparé de longue date.


Le "suicide français" est en marche annonçait le mois dernier un autre Charlot.

"L'Union Nationale" et "l'Union Sacrée" que l'émotion autour du massacre qui vient d'être commis essaie de nous imposer, manipulent les sentiments d'horreur et de révolte légitimes au service d'autres significations bien plus complexes et douteuses. La liberté d'expression n'est pas menacée en France, même la plus raciste. Nous ne sommes pas dans le camp de ceux qui soutiennent le racisme d'État ou les interventions impérialistes. Nous n'acceptons pas le "choc des civilisations" et la logique "terrorisme/antiterrorisme". Nous refusons d'avance toutes les nouvelles lois "sécuritaires" et toutes les nouvelles formes de discrimination ou d'injonction à l'égard des musulmans que cette union nationale ne peut manquer de produire. .

Alors aujourd'hui craindre l'amalgame nous semble plus qu'insuffisant. La France se dit un État de droit, les criminels doivent être arrêtés et jugés pour leurs crimes. Mais leur crime va bien au-delà, il vient en réalité de libérer la politique de l'amalgame, et du bouc émissaire. En ce sens les bourreaux comme les victimes de l'attentat étaient partie prenante de la guerre des civilisations. En ce sens, si les assassins nous font horreur, Charlie n'était pas et n'est pas pour autant notre ami et « nous ne sommes pas Charlie ». Si notre solidarité et notre profonde compassion vont à tous les journalistes, salariés, policiers, victimes innocentes de cette tragédie et à leurs familles, l'union qu'il faut construire aujourd'hui est celle d'une France qui accepte d'être enfin celle de tous ses citoyens, musulmans inclus. La bataille contre le terrorisme passera par la bataille pour l'égalité, la justice, la reconnaissance de la France d'aujourd'hui dans toute sa diversité source d'immense richesse. Pour qu'au bout de cette nuit, le jour se lève, nous devons être aujourd'hui des musulmans."


Bureau national de l'UJFP (Union des Juifs Français pour la Paix), le 9 janvier 2015

 

 

Nous apprenons à l'instant la prise d'otage d'un supermarché casher de la Porte de Vincennes, à Paris, qui semble liée à une attaque de plus grande envergure. Plus que jamais notre travail à l'UJFP sera de construire du « commun » autour des valeurs universelles que nous venons d'énoncer. Comme juifs, nous serons toujours du côté du dominé, du racisé, du discriminé, qu'il soit musulman, Rrom, juif...


UJFP  :

http://www.ujfp.org/spip.php?article3760

 

 

 

 

 

Prenons garde également à l'émotion sélective et n'oublions jamais les milliers de victimes de ces criminels (principalement de religion musulmane), depuis de nombreuses années et bien ailleurs qu'en France...
Published by UJFP - Bernard Grignon - dans Défense des droits humains
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10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 18:12

Par Jean ORTIZ, universitaire.

 

"Les monstres qui ont commis ce crime inqualifiable au siège de Charlie Hebdo, l’hebdo insoumis, provocateur, antiraciste, humaniste (mais qui fut injuste envers ce site où j’écris), sont des hommes formatés par des courants religieux fascisants, par des Etats théocratiques « fondamentalistes », « amis de la France », pour faire taire l’esprit critique, l’humour, l’anticonformisme, la pensée libre, la laïcité, la création sans rivages... Ils n’ont aucune excuse.

 

J’ai du mal à concevoir que des hommes aient pu à ce point s’aliéner, s’avilir, se fanatiser, se laisser manipuler, s’animaliser, pour produire une telle barbarie.

 

Je suis en deuil. Le crime de ces assassins vise notre République, celle des Lumières, du contrat social, des droits de l’homme, de l’égalité entre eux, de la liberté pleine et entière... Cette « gueuse » que sociaux-démocrates et néolibéraux n’ont de cesse, depuis plus de trente ans, de dépecer, de démonter, d’affaiblir par l’explosion des inégalités, le communautarisme, l’instrumentalisation du racisme, la concurrence à tout crin, par le rabougrissement de l’Etat, la multiplication des brisures sociales, la ruée contre les services publics et les biens communs, la casse de l’ascenseur social scolaire, jadis intégrateur, la pratique de l’amalgame délétère « Islam = terrorisme » , le « no future » pour des millions de jeunes Français, quelle que soit leur origine.

 

Et on voudrait aujourd’hui que je défende, au nom de la douleur, ma République sociale et démocratique bras-dessus bras-dessous avec ses fossoyeurs, avec ceux qui, à force de déifier le marché, de le débrider toujours plus, de tout marchandiser, de dépolitiser, ont laissé le champ libre aux intégrismes de toutes sortes ?

 

Oui, je crois à la nécessaire, à l’urgente unité populaire et républicaine, mais avec tous les Républicains sincères, tous ceux qui partagent ces valeur de base, la tolérance, l’ouverture à l’autre, la justice sociale, le débat sans corsets, la liberté sans demi-mesure, et notamment celle des médias ; oui, je crois à l’unité avec tous ceux qui défendent le pluralisme de l’information..... pas avec les hypocrites qui pleurent aujourd’hui sur la République menacée et qui n’ont cessé d’attiser les haines raciales, les vieilles peurs, de stigmatiser l’autre, de détruire toute espérance progressiste...

Qu’ont-ils fait pour éradiquer la Bête ?

 

Que viennent-ils pleurnicher aujourd’hui sur la liberté de la presse alors que Charlie Hebdo était sur le point de déposer le bilan, que le pouvoir rend chaque jour la vie plus difficile, par des dispositions mortifères à « l’Humanité », au « Monde Diplomatique » ? De quelle liberté d’information parle-t-on ? De celle sous la coupe des marchands d’armes, des bétonneurs, des chiens de garde de l’oligarchie, du latifundium médiatique désinformateur, de la pensée unique et cynique.

 

Oui, je crois à l’unité populaire et républicaine face à la barbarie, mais avec tous ceux qui consacrent beaucoup d’énergie à solidariser, à « faire pays » quand les autres l’atomisent, le livrent à la guerre de tous contre tous, le blessent, le défigurent, en font une jungle. Je me souviens que lorsque Charlie Hebdo nous gratifiait de quelques « unes » décapantes, les moralisateurs venaient faire la leçon à ces « dangereux agitateurs ».

 

Alors, oui, je suis en deuil, je l’assume, je le revendique. Il y a danger, il faut se rassembler. Oui, j’ai mal, mais je ne veux pas partager ce deuil et cette douleur avec ceux qui ont contribué à créer le climat nauséabond et létal qui ronge notre pays depuis des années. Oui, l’islamisme, comme tous les intégrismes, est un danger. Mais qui arme et entraîne ces monstres ? Le Qatar, l’Arabie Saoudite, les Emirats, ces Etats voyous, extrémistes, obscurantistes, valets de l’impérialisme français, qui blanchissent les milliards sales dans des paradis fiscaux, garantissent aux multinationales occidentales une chasse gardée pétrolière, piétinent les droits de l’homme et des femmes, combattent les laïques et la gauche... Comment peut-on à la fois s’ériger en gendarme international contre les groupes terroristes, et livrer, par exemple, le Paris-Saint-Germain au Qatar ?

 

Alors, oui, je manifesterai, le cœur et la colère gros, mais en prenant soin d’éviter les infréquentables. Je ne veux pas, je le redis, partager ce deuil et cette douleur avec eux."

 

Jean Ortiz

 

 

 

 

 

Ensemble et avec nos différences, refusons la compassion orchestrée et l'émotion récupérée et respectons dignement la mémoire de Mustapha, Jean,  Bernard, Philippe, Bernard, Elsa, Franck, Georges, Frédéric, Michel,  Stéphane, Ahmed et également Yoav, Yohan, Philippe et François-Michel et toutes les autres victimes innocentes de la barbarie humaine. N'oublions pas non plus Raef Badawi, jeune blogueur saoudien condamné à 1.000 coups de fouets par un régime abject avec lequel "nous" entretenons les meilleurs relations commerciales...

13 juin 2014 5 13 /06 /juin /2014 11:45

 

 

Gardée à vue !

 

 

Dominique Henry, « institutrice et paysanne en retraite », raconte ici sa garde à vue après son arrestation, le 28 mai dernier, à l'issue d'une action militante contre le projet agro-industriel de ferme aux mille vaches, à Drucat, près d'Abbeville (Somme).

 



Quand j'ai entendu parler de cette action à l'usine des 1 000 vaches, je n'ai pas hésité. Cet endroit où 1 000 vaches et 750 veaux et génisses seront enfermés en permanence me donne la nausée.

Le projet imaginé par Michel Ramery, entrepreneur en BTP déjà patron de 3 500 salariés, prévoit de produire de l'électricité à partir d'un immense méthaniseur alimenté par le lisier, le fumier, des résidus de céréales et autres végétaux. Le méthane libéré par la fermentation alimente un générateur électrique d'une puissance équivalente à 25 éoliennes. Le courant sera racheté par EDF. Encouragé par les primes, le méthane agricole est un nouvel agro-business.

Le lait n'est qu'un sous-produit du lisier, du lait low cost, vendu 20% en dessous du prix du marché.

Un projet démesuré, aux conséquences environnementales et sociales inadmissibles, pour le profit d'une seule personne (Michel Ramery fait partie des 350 personnes les plus riches de France). Antidémocratique.

Le maire de Drucat, le village concerné, est contre; les villageois ont monté une association pour défendre leur cadre de vie (Novissen). Les villageois ne peuvent se faire entendre; les agriculteurs, prônant une agriculture paysanne créatrice d'emplois et fournissant des produits de qualité, sont mis au rebut. Il est temps de provoquer un débat public sur l'orientation de l'agriculture dans notre pays.



Action.


Mercredi 28 mai au petit matin, nous sommes une soixantaine, motivés, à nous approcher des immenses bâtiments. Démonter, dévisser, déboulonner, ne rien casser bien sûr. Tout reste sur place sauf une partie du matériel qui doit être remis à Stéphane Le Foll, qui déjeune le jour même à la Villette (Paris) avec Ségolène Royal. Un groupe part assez rapidement dans ce but.

Un ouvrier arrive, agressif. Bien sûr, c'est son outil de travail. Certains essaient en vain de discuter. Les journalistes arrivent, plusieurs d'entre nous sont interviewés. Les forces de police ne tardent pas et vont directement vers quatre personnes pour relever leur identité. Tous les militants présents s'étonnent et donnent leur carte d'identité, pour cette action revendiquée collectivement.

Dès que tous les journalistes attendus sont venus, nous décidons de lever le camp. En arrivant aux véhicules, on aperçoit les fourgons qui déchargent les CRS. J'ai à peine le temps de comprendre qu'ils sont sur moi pour m'embarquer.

Des militants s'interposent, montrent leurs outils, demandent à être arrêtés mais rien n'y fait.

Je me retrouve embarquée avec trois gendarmes dans un fourgon qui roule à vive allure vers Hallencourt.

Le temps est suspendu.


9h30. Je suis placée en garde à vue. Interrogatoire : qu'est-ce que je faisais là ? Dans quel but ? Comment ? Etc, etc. Une seule réponse : le silence ! L'adjudant tape plein de choses sur son ordi, me réinterroge, retape... Vu mon refus de répondre, les questions se font plus rares.


12h00. Je demande si j'ai le droit de manger, ce n'est visiblement pas prévu, j'ai quand même droit à une barquette réchauffée d'une bouillie indéfinissable. Pour les toilettes je suis accompagnée, porte ouverte, super !


13h00. Transfert à Abbeville à un train d'enfer avec 3 gendarmes. J'aperçois quelques manifestants à l'arrivée de la gendarmerie, ça réchauffe le cœur. Je ne sais pas combien ont été arrêtés. L'interrogatoire recommence. On me dit que si je ne dis rien, la garde à vue va durer. On me laisse mon sac pour l'instant, je peux dessiner entre les questions.

Je peux voir mon avocat. Il m'explique que la garde à vue peut durer 24 heures. Je commence à comprendre que je dois m'armer de patience.


18h00. On m'emmène à une confrontation avec un ouvrier du site qui a photographié 4 personnes en action. C'est comme ça qu'ils ont choisi.


19h30. Convocation devant le substitut du procureur qui me reproche dégradation et vol en réunion. Ma garde à vue est prolongée jusqu'à 9h30 le jeudi.


On me transfère à Hallencourt pour la nuit. On m'ouvre la porte d'un « cachot » (comment appeler ça autrement?) où je réalise que je vais devoir passer la nuit. Un sommier en béton, un « matelas » en plastique de 5 cm d'épaisseur, des couvertures de l'armée, un trou au fond pour les besoins (sans chasse d'eau). On me retire toutes mes affaires. On m'explique que je pourrais me suicider; j'ai beau expliquer que je ne suis pas du tout suicidaire, que j'ai 4 enfants et 6 petits-enfants, rien n'y fait. Quand la lourde porte se referme sur moi (combien de verrous ? 4 au moins) je suis sous le choc. Je ressens une telle inhumanité. J'aime écrire, lire, mais on ne me laisse rien. Je suis face à 4 murs sales et à un trou. J'ai quelques instants le sentiment que je ne suis plus rien. Il ne s'agit pas seulement de privation de liberté, c'est autre chose; dans quel but agissent-ils ainsi ? Je pleure un bon coup puis je m'organise pour gérer mon temps : quelques mouvements de yoga, que passer en revue dans ma tête pour que ce temps se déroule au mieux. Je réussis à dormir. Le lendemain matin je demande à faire ma toilette; ce n'est visiblement pas prévu non plus, on me trouve 2 lingettes minuscules. Pas d'eau.

Jeudi 29 mai, 9h00. Re transfert à Abbeville. Je comprends que la garde à vue est prolongée de 24 heures. Je suis blasée. Mais les manifestants sont là, je les entends et je les aperçois même par la fenêtre, ça fait vraiment chaud au cœur. Ils ne désarment pas. Je vois sur les journaux laissés sur le bureau que le porte-parole de la Conf a été arrêté en revenant pour nous soutenir. (J'apprendrai plus tard comment il a été plaqué au sol par les gardes du corps de Stéphane Le Foll et la violence de son arrestation). Les médias sont bien présents. Entre les questions, je dessine : notre ferme, les champs, les vaches, chacune avec son nom et son caractère. Les militants me font porter des sandwichs, trop bien.


Puis c'est la douche froide : ils parlent de me remettre en cellule d'isolement. Je me jette sur la fenêtre et je hurle qu'on va m'enfermer. Les potes en-dessous font le bazar. Ils me ramènent dans ce cachot, je vois les militants postés à la grille. Courage ! Quatre heures dans ce cachot, avec rien, enfermée par 2 gendarmes qui ont l'âge de mes enfants. On ne me laisse pas un gobelet d'eau sous prétexte que je pourrais le découper et l'avaler…? Ils disent qu'ils ne sont pas psychologues, dommage. Je vais chanter, ma France de Ferrat, des chansons d'amour et de lutte, ça résonne pas si mal; le temps passe.


Re transfert. Je demande à voir mon avocat qui m'annonce que je serai présentée au juge d'Amiens le lendemain.


Le retour en cellule est une horreur. Je sais que ça ne durera pas, que ce n'est rien comparé à d'autres. Ma tête raisonne mais les larmes coulent toutes seules. Je réussis à gérer. Je m'endors mais un abruti me réveille en pleine nuit pour savoir si je vis toujours.

Vendredi 30 mai. Transfert à Amiens. Avant de partir j'offre à certains gendarmes mes dessins, ils ne paraissent pas insensibles. Je comprends qu'on va me menotter. Ils sont sur les dents. Départ donc menottée encadrée de 3 gendarmes armés jusqu'aux dents avec des gilets pare-balles. On part en convoi, sirènes hurlantes, avec 2 motards qui ouvrent la route, ils ont ordre de ne pas s'arrêter. Que doivent penser les personnes qu'on croise ? Que j'ai commis un infanticide ou découpé mon amant en morceaux ? J'essaie d'avoir de l'humour pour prendre du recul !

Arrivée à Amiens, je vois mes potes et je lève les poignets dans leur direction; on me tire à une telle allure dans le palais de justice que je manque tomber à terre. On attend les 5 dans des « cages ». Les gendarmes se marrent entre eux. Je chante !

Verdict : je suis placée sous contrôle judiciaire jusqu'au procès qui doit avoir lieu le 1er juillet avec interdiction de rencontrer mes « complices » sinon c'est la prison immédiatement m'a dit le juge. En clair on nous empêche de préparer notre défense ensemble. Ils ne connaissent pas (et n'aiment pas) l'action collective.


Ainsi l'objectif est clair :

- faire passer individuellement les 5 personnes interpellées pour de dangereux illuminés

- éviter tout débat démocratique et museler les opposants au projet

- orienter l'agriculture vers une industrialisation avec des coûts les plus bas possible.


Des campagnes vidées de leurs paysans, sans vaches dans les champs, parsemées de grands bâtiments-usines ! Des scandales sanitaires à répétition, l'eau et le sol irrémédiablement pollués ! (comme c'est le cas pour les rivières de Franche-Comté)

Mais attention : trop de citoyens conscients vivent dans les campagnes pour qu'un tel projet passe. On est bien dans une action collective et pour un enfermé 10 le remplacent.


 

Publié le 11 juin 2014 par Les invités de Mediapart

 


 

Published by Dominique Henry - dans Défense des droits humains
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23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 08:07

Europe-Décroissance présente 5 listes aux élections européennes 2014

"Europe-Décroissance est un groupe de personnes qui ne cède pas à la sinistrose ambiante. C’est pourquoi nous nous engageons avec ces élections européennes, dans une campagne qui prône une rupture radicale écologique et sociale.

Alors que notre société accumule les impasses, environnementale, économique, sociale, culturelle et politique, nous refusons la solution de l’éternelle course à la Croissance. Face à l’absurdité de ce modèle de société, qui épuise les ressources naturelles, accroit les inégalités et génère des désastres industriels, sociaux et écologiques, nous affirmons que la croissance n’est pas la solution. La croissance est le problème."

 

Si vous souhaitez en savoir plus, vous pouvez consulter le site http://www.partipourladecroissance.net/?p=8824

 

 

 

 

 

 

 

ATTENTION !

 

 

 

.Les bulletins de vote ne seront pas présents dans les bureaux de vote,
Ils sont à télécharger sur le site http://decroissance-elections.
fr/ et sur les sites locaux

 

 

 

 

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Pour alimenter une réflexion oh combien d'actualité, vous pouvez également lire

"Contre les élections", de David VAN REYBROUCK (Babel - Actes Sud - 9,50€)

Published by Parti pour la décroissance - ernard Grignon - dans EVENEMENTS à venir
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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 15:10


Le livre intitulé "Pourquoi l'égalité est meilleure pour tous" est le résultat de l'analyse de plusieurs centaines d'articles parus dans des revues académiques parues dans le monde entier, observant les liens entre les inégalités de revenus et la santé de la population. Ces études ont permis de suivre un nombre extrêmement important d'individus, certaines sur des décennies. L'une d'elle, par exemple, combine des données individuelles provenant de 60 millions de personnes, contrôlant les revenus année après année, évaluant d'autres facteurs, avec des analyses mathématiques sophistiquées, extrêmement complexes.


Or, elles parviennent toutes à des constats concordant concernant les liens directs entre inégalités et dégradation de la qualité de la vie, la baisse de l'espérance de vie, la dégradation de la santé de la population, les actes de délinquance…

 


UNE DEMONSTRATION EDIFIANTE ET IMPARABLE !


Dans les pays riches, augmenter la "richesse" (le PIB) ne se traduit par aucun gain supplémentaire en matière d'espérance de vie, bien au contraire ! Ainsi, aux Etats-Unis, dont le PIB par habitant est le plus élevé (plus de 40.000 dollars par an et par habitant), l'espérance de vie est inférieure à celle d'autres pays dont le revenu par habitant est 2 fois moindre ! Et ceci, en dépit de dépenses de santé  pouvant aller jusqu'à 3 fois celles des Japonais, des Israéliens ou des Finlandais, pour vivre moins longtemps que ces derniers ! Cherchez l'erreur, ou plutôt les véritables bénéficiaires de ces dépenses colossales…


En résumé, plus la croissance économique (mesurée par l'augmentation de ce fameux PIB d'une année sur l'autre) augmente, moins les populations en bénéficient. Cependant, les problèmes sanitaires et sociaux s'accroissent avec les inégalités. Par exemple, les habitants des sociétés les plus inégalitaires (Etats-Unis, Portugal, Royaume-Uni…) ont 5 fois plus de risques d'être emprisonnés, 6 fois plus d'être obèses, et le ratio des homicides est encore plus élevé !


Il en résulte le constat incontestable que ce n'est pas la croissance économique qui améliore le sort des populations, mais bien un environnement social plus égalitaire. De plus, c'est cette course effrénée à toujours plus de production de "richesses" qui est à l'origine de la destruction en cours de la planète telle qu'elle a permis l'existence de la vie, et donc de l'humanité… Comment se fait-il alors que cette fameuse croissance soit considérée par les gouvernements du monde entier comme la solution à tous nos problèmes et la clé du bonheur présent et à venir ? Là encore, cherchons qui en sont les véritables bénéficiaires…

 


Il s'agit là d'une véritable démonstration, dénuée de tout  a priori dogmatique ou idéologique, de toute appréciation moralisatrice, aboutissant à 2 constats incontournables :


- D'une part le maintien d'une planète (la seule à notre disposition !) durablement habitable par l'humanité est absolument incompatible avec la croissance économique (y compris une quelconque "croissance verte" ni son absurde corollaire appelé "développement durable"), mais elle va, par contre, de pair avec la justice sociale !


- D'autre part, une fois la satisfaction des besoins vitaux assurée à tous, ce n'est pas cette même croissance qui permet d'améliorer la qualité de vie des populations et de préparer l'avenir de leurs enfants. Mais ce sera bien, part contre, un mode de vie fait de cohésion sociale, de coopération, de convivialité et de relations pacifiées entre les peuples, ceci accompagné de sobriété et de partage équitable des richesses innombrables mises à notre disposition, gratuitement, par notre planète, pour peu que l'on sache la protéger et lui permettre de se régénérer…


Il s'agit alors de remettre l'économie à sa place, non comme une fin en soi, génératrice d'une fuite en avant aussi stérile que sans avenir dans un système planétaire qui, lui, est bien limité, mais comme le simple moyen de satisfaire nos véritables besoins, ce qu'elle n'aurait jamais dû cesser d'être.

Le tout est de ne pas se tromper d'objectifs et de savoir ce que nous recherchons vraiment, au-delà des discours et des vœux pieux de ceux qui profitent de cette situation…

 

 

 

 

 

 

"Il y a assez de tout dans le monde pour satisfaire aux besoins de l'homme, mais pas assez pour assouvir son avidité."


(Mahatma Gandhi)

 

 

 

 

 

PROPOSITION DE LECTURES :


- L'article passionnant consacré à la présentation de cette analyse dans Fakir n°64 - Février à Avril 2014 – (Revue totalement indépendante, en vente dans tous les bons kiosques et les tout aussi bons buralistes) - http://www.fakirpresse.info/

 

- "Pourquoi l'égalité est meilleure pour tous", de Richard Wilkinson et Kate Pickett (Les Petits matins)

 

- "Anti manuel d'économie" -Tome 2 "Les Cigales" (lire également le tome 1 "Les fourmis"), de Bernard Maris (Bréal)

 

- "Quand la misère chasse la pauvreté", de Majid RAHNEMA (Actes Sud)

 

- "Comment les riches détruisent la planète", d'Hervé Kempf (Seuil)

 

- Les nombreux articles diffusés régulièrement par l'observatoire des inégalités sur le site : http://www.inegalites.fr/

 

- De nombreux autres articles publiés sur ce même blog http://decroissance.over-blog.org/

5 avril 2014 6 05 /04 /avril /2014 11:55

Quelques éléments de réflexion à propos de la "mystérieuse disparition" du boeing de la Malaysia airlines


Quelques rappels quelque peu édifiants :


Afin de nous aider à relativiser cet événement, rappelons-nous qu'il concerne 239 personnes (victimes bien réelles, bien entendu) parmi les plus "privilégiés" qui utilisent ce moyen de transport. (Afin de faciliter cette réflexion, il est possible de mettre en parallèle le fait que, en 2008, sur 1,3 milliard de paysans dans le monde, moins de 1,5% disposaient d'un tracteur, 13% d'une traction animale et donc 85,5% de rien d'autre que de leur seule force !)


Des DONNEES COMPARATIVES


- EAU :

 

*1,5 milliards d'êtres humains n'ont pas accès à l'eau potable

 

*  2,6 milliards d'êtres humains n'ont pas accès à l'assainissement

 

*  34.000 personnes meurent jour du fait de manque d'eau potable

 

*  1,8 millions d'enfants meurent chaque année d'infections transmises par de l'eau insalubre (= 2ème cause de mortalité infantile dans le monde)


(Cette situation était celle de début 2010, en constante dégradation)


- MALNUTRITION ET MISERE :


Un enfant de moins de 10 ans meurt de faim toutes les 5 secondes (100.000 personnes par jour !) Selon les estimations de l’ONU, six millions d’enfants de moins de cinq ans meurent chaque année dans le monde à cause de la malnutrition et des maladies associées.

Chaque heure, plus de 1.200 enfants meurent dans le monde, victimes pour la plupart de la misère à laquelle notre système les condamne. C'est l'équivalent de 45 avions de ligne s'écrasant par jour …

 

- Le PALUDISME tue près d'un million de personnes chaque année (un enfant toutes les 30 secondes)


- Les ACCIDENTS DE LA ROUTE tuent 1,2 million de personnes dans le monde chaque année, et en blessent 40 fois plus.


- GUERRES :

Rien qu'en Syrie plus de 150.000 morts en 3 ans


- 24.000 MIGRANTS meurent chaque année à "la porte de l'Europe", du fait de notre refus de les accueillir dans notre cher paradis...

 



Comment cet évènement est-il relayé ?



Un envahissement médiatique et des commentaires multiples dans les médias du monde entier.

Selon les déclarations de son 1er ministre, l'Australie mettra des moyens illimités et tous les moyens techniques dont nous disposons sont utilisés pour en retrouver des traces…

pourquoi tant d'importance ?



QUELQUES PISTES DE REFLEXION

 

- La perfection de la technologie humaine ne peut, doit, pas être mis en défaut


- Dans ce domaine, comme dans bien d'autres, le risque est grand si l'on commence à se poser des questions :


* Utilité de se déplacer de cette façon et (re)prise de conscience de la réalité des limites de distances et de temps


* Remise en question de la confiance des utilisateurs – consommateurs à l'égard de l'outil lui-même, de la Compagnie, des pouvoirs publics, des médias … du "progrès" lui-même ! … et donc des OGM, des nanotechnologies ainsi que de toutes les innovations technologiques dont nous sommes inondés …


* Risque de moindre utilisation des transports aériens et donc de la remise en question des "échanges", du commerce à distance et donc conséquences négatives à craindre sur la croissance économique mondiale elle-même !!! Ex. fleurs et autres produits à durée de vie courte ; l'acheminement d'une calorie de laitue depuis le Chili jusqu'en Grande-Bretagne occasionne la dépense de 127 calories d'énergie en kérosène …


* Etc. …

 

 

- Ce type d'événement est très problématique pour l'image de marque des différents intervenants concernés (fabricants des multiples composants des avions et lobbies du transport aérien, ex. Ryan air, EADS (airbus), Boeing, complexe militaro-industriel et propriétaires de médias (ex. Dassault), partis politiques (lire, pour plus d'information l'article sur le site : http://www.reporterre.net/spip.php?article5630)


 

Ne s'agit-il pas un véritable "Enfumage"à l'échelle mondiale par rapport à tant d'autres sujets autrement plus graves, voire vitaux pour l'avenir de l'humanité ?

 

* Injustices considérables et sans cesse grandissantes, résultant de nos choix économiques, sources de multiples catastrophes humaines

 

* Danger incommensurable de l'utilisation du nucléaire, sous toutes ses formes

 

* Parmi les innombrables catastrophes écologiques en cours auxquels nous conduisent nos choix et notre refus de tenir compte de la réalité :


- Dérèglement climatique (à propos du dernier rapport du GIEC, lire l'article sur le site : http://www.terraeco.net/Cinq-choses-a-savoir-sur-l,54478.html)

 - Pollution généralisée sur l'ensemble la planète (air, mers et eau en général, sols)

- Déforestation et désertification généralisée des sols

- 6ème extinction de la biodiversité en cours

- Raréfaction de l'ensemble des ressources naturelles

- Etc. etc, tout ceci du fait de l'action humaine

 


QUELQUES RAPPELS



Ø      Réalité du transport aérien : Energie et matières premières utilisées pour les infrastructures, es avions eux-mêmes et l'ensemble du matériel utilisé ; bétonnisation et goudronnage à grande échelle, et donc imperméabilisation de surfaces considérables … résultant des aéroports, des parkings et de leurs accès …

Par exemple, un seul aller-retour Paris New York par an représente la totalité de l'empreinte écologique de chaque passager pour cette année (correspondant à la production de rejets en mesure d'être régénérés par la biosphère de notre planète pendant cette période)


Ø      Le kérosène, destiné aux vols internationaux, est exempté de toute taxe depuis la signature de la Convention de Chicago en 1944, alors qu'un avion émet environ 140 grammes de CO2 au kilomètre par passager, contre 100g/km en moyenne pour un automobiliste. (Lire l'article correspondant sur le site : http://www.reporterre.net/spip.php?article5392)


Ø      1 seul litre de carburant provient de 23 tonnes de matière organique transformée au cours d'une période d'1 million d'années !

 

 

 

Alors, enfumage, désinformation, manipulation à grande échelle, complicité de l'immense majorité des médias, tentative d'autoprotection d'une organisation humaine à bout de souffle, … ?

 

 

 

A chacun de prendre un peu de temps pour réfléchir, se poser des questions, s'informer, constater, tenter des réponses,... agir en conséquence et en parler autour de lui !

Published by Bernard Grignon - dans S'INFORMER et AGIR
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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 10:18

 

Il n’est pas ici question de voyants ou autres Nostradamus, mais du constat mené par une équipe de chercheurs soutenue par la Nasa. En s’appuyant sur un nouveau modèle analytique dénommé HANDY, pour Human and Nature Dynamical, un groupe de sociologues et naturalistes emmenés par le mathématicien Safa Motesharri, de la National Science Foundation des Etats – Unis, tend à démontrer que notre civilisation pourrait disparaître dans les 40 à 60 années à venir.

Données historiques à l’appui, les chercheurs rappellent que la disparition des civilisations est un phénomène récurrent, et de citer l’effondrement des Mayas, Romains, Mésopotamiens, etc. Leur étude révèle que, à chaque fois, une série de facteurs déclenchant, liés entre eux, est à l’origine de cette disparition. Parmi ces facteurs, la population, l’eau, le climat, l’agriculture, l’énergie, sont les plus redondants. Mieux encore, en ciblant les seules cinq mille dernières années, deux paramètres reviennent systématiquement comme causes majeures de la chute des civilisations : l’aveuglement de la classe dirigeante et la rareté des ressources naturelles causée par la surconsommation qui en a été faite.

En conséquence, les chercheurs ont travaillé à développer ces deux variables dans leur étude, parue dans le Elsevier Journal Ecological Economics. Leur démonstration est implacable. S’appuyant sur la surexploitation des ressources naturelles, l’inégale distribution des richesses et l’aveuglement de la classe dirigeante qui, jusqu’au bout, refuserait de réformer le système sociétal pour conserver ses privilèges, ils ont abouti à deux scénarios possibles nous conduisant, dans quelques décennies, à un effondrement économique auquel notre civilisation ne survivrait pas.

Le premier consiste en une chute importante de la population la plus pauvre, faisant face à une famine mondiale, conduisant in fine à l’effondrement de nos sociétés et des élites, privées de main-d’œuvre. Le second scénario, voit la surconsommation des ressources naturelles comme élément déclenchant. Ici encore, les plus pauvres seraient les premiers touchés, avant d’atteindre les plus riches. En conclusion, le plus grand défi que l’humanité pourrait avoir à affronter en ce XXIe siècle ne serait pas le changement climatique en cours, mais le modèle de civilisation actuel cause d’une disparition des exécutants.

Pour Safa Motesharri, changer de voie pour éviter notre déclin, puis disparition, sera difficile. Il faudrait en effet réduire les inégalités économiques, tout en diminuant notre consommation des ressources, sans oublier d’enrayer la croissance de la population


  Article lu sur le site :

http://www.univers-nature.com/actualite/selon-la-nasa-notre-civilisation-pourrait-ne-pas-voir-la-fin-du-siecle-65742.html

 

 

 

 

 

A lire ou à relire :


 

Un petit livre (par la taille !) de Théodore Monod : "Et si l'aventure humaine devait échouer" (paru en janvier 2002, Théodore Monod étant décédé le 22 novembre 2000  ...)

 

Divers ouvrages d'Albert Jacquard, parmi lesquels : "Réinventons l'humanité - Infinitude et droits de l'homme" ; "De l'angoisse à l'espoir : Leçons d'écologie humaine" ; "Eloge de la différence, La génétique et les hommes" ; "Mon utopie" ; "J'accuse l'économie triomphante" ; ...

 

Published by Safa Motesharri, NASA, Bernard Grignon - dans EVENEMENTS à venir
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6 octobre 2013 7 06 /10 /octobre /2013 16:48

Bonjour à tous,

 

J'ai participé à 2 émissions de radio au printemps dernier

 

 

 

Pour écouter l'émission à propos de la Décroissance, diffusée le 22 mai 2013 sur Radio Campus Avignon , cliquer ici


A écouter à partir de 31'

 



Pour écouter l'émission "Radio pirate" à propos de l'engagement et la création artistique, diffusée le 10 juin 2013 sur Radio Campus Avignon, , cliquer ici

 

 

 

 

Et à bientôt pour de nouvelles informations...

12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 15:14

 

JE CHERCHE L'OR DU TEMPS



 

Je t'écoute parler et te trouve curieux
Ta façon de penser me semble un peu bizarre
Moi, j'épouse la vie, je l'accepte et c'est mieux
Toi, tu cherches toujours des sentiments trop rares
Mais tu ne peux nier que notre société
Est ainsi bien conçue et que l'argent fait vivre
Tout s'achète et se vend, le monde est ainsi fait
Mais toi tu n'auras rien parce que tu te veux libre



Je cherche l'or du temps, et tu ne comprends pas
Je cherche l'or du temps, et la beauté des choses
Une pierre de lune, un été qui s'en va
Le printemps qui revient, dans les plis d'une rose
Je cherche l'or du temps, et tu ne comprends pas




Moi, j'ai de bons amis, un chemin tout tracé
Une femme, un enfant et malgré quelques traites
J'ai un budget réglé ma maison est payée
Et dans quelques années, je serai en retraite
Quand nous étions enfants tu étais tout pareil
Je me souviens de toi, de tes idées étranges
Tu jouais sous la pluie a faire du soleil
Tu disais sans arrêt qu'il fallait que tout change



Je cherche l'or du temps, et tu ne comprends pas
Je cherche l'or du temps, et la beauté des choses
Une ville dorée, qui se dresserait là
Une grande amitié, pour une noble cause
Je cherche l'or du temps, et tu ne comprends pas




Tu improvises trop et fais de l'existence
Une course au trésor qui ne finira pas
Tu n'es qu'un marginal, un homme en transhumance
Un poète un peu fou qui méprise les lois
Le temps, lui, te battra et quand tu seras vieux
Tu seras sans recours toutes amitiés cessantes
Il ne restera rien de tout ce merveilleux
Dont tu pares ta vie et qui parfois me hante



Je cherche l'or du temps, et tu ne comprends pas
Je cherche où est la vie, et en quoi il faut croire
Les hommes magiciens, les voix de l'au-delà
Les raisons de l'amour, les ombres de l'histoire

Je cherche l'or du temps, et tu ne comprends pas
Je cherche l'or du temps, lui seul compte pour moi

 


 

 

 

Paroles de Raymond Mamoudy – Musique de Charles Dumont

 

 

 

 

 

 

Une bouffée d'air pur, pour s'évader et rêver un peu, pendant que c'est encore possible, encore gratuit !

Published by Raymond Mamoudy - Bernard Grignon - dans Poèmes - Chansons et autres Textes
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